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Philon D’Alexandrie – Qui est’il ?
Non communiqué
Philon d’alexandrie ( -20 +50) est le représentant le plus éminent de l’école philosophique juived’Alexandrie. Il est né dans une famille juive, il a reçu une éducation complète juive et hellénistique.
Il est connu sous le nom de PhiloAlexandrinus, ou philo Judaeus.
Philon d’Alexandrie, ou Philon le Juif.
Ses écrits, son œuvre, se situent la plupart du temps entre Religion et Philosophie.
Le Christianisme naissant de l’époque, a recueilli l’immense œuvre écrite par ce Juifd’Alxandrie et semble t ilredécouvertedans la bibliothèque de sa ville natale.
Entre philosophie et textes sacrés, les pères de l’Eglise virent en lui un nouveau Platon ou un nouveau Pythagore, commentant avec sûreté les saintes écritures.
Contemporain de Jésus, on pense qu’il a rencontré l’apôtre Pierre, et Jean l’évangéliste.
Entre religion et philosophie, il partait toujours de la bible pour y découvrir une idée philosophique.
Voilà en quelques lignes le portrait de ce personnage.
Après avoir évoqué la ville d’Alexandrie à l’époque, nous parlerons de la politique de l’époque, de Philon face à Caligula,de la traduction desseptantes et du travail réalisé par Philon , et enfin de Philon exégète.
LA VILLE D’ALEXANDRIE
Alexandrie a été fondée par Alexandre le Grand, en –331, et détruite par Dioclétien, en 295.
Pendant les trois premiers siècles de son existence,Alexandrie évoqua ce que la civilisation méditerranéenne avait de plus brillant.
Du port d’Alexandrie partaient tous les navires pour Rome, ou les royaumes helléniques, c’était le port de toute l’Egypte.
Elle possédait l’une des sept merveilles du monde, le phare d’Alexandrie . Contrairement, à ce quel’on aurait pu croire, ce n’est pas le phare d’Alexandrie qui a été trouvé sous l’eau, ce sont en fait des pierres qui ont été utilisées à la construction du port après sa destruction.
PHILON DANS LA TOURMENTE POLITIQUE D’ALEXANDRIE
A la mort de TIBEREen l’an 37, son successeur Caligula avait trouvé un empire immense qui s’étendait jusqu’au RHIN, eten Asie jusqu’à l’Euphrate. A cette époque, la foule désordonnée avait pris le pouvoir à Alexandrie, se livrant à toutes sortes d’excès contre les juifs. Avillius Flaccusétait Préfet d’Alexandrie nommé par Tibère . Flaccus sous l’influence de Caligula fit dissoudre les institutions de la communauté juive d’Alexandrieet fit déchoir les juifs de tout droit civique. Il s’en suivit des scènes de persécution atroces, dont toute la communauté à laquelle appartenait Philon fut victime.
PHILON FACE AU TYRAN CALIGULA
Philon faisait bien sur partie intégrante de la communauté juive d’Alexandrie, et il fut choisi à ce titre avec quatre autres notables pour plaider la cause de ses frères auprès de l’empereur Caligula à Rome.
Il était le chef de cette délégation, le litige devant être arbitré était le droit de cité des Juifs à Alexandrie.
Caligula était un être de nature tyrannique. Dans sa première année de règne, il fit exécuter la plupart de ses proches.
C’est le roi Juif Agrippa, que Philon connaissait, qui transmit à l’Empereur une supplique de la délégation Juive relative à leurs droits dans la cité d’Alexandrie. La dégation suivit l’empereur dans ses déplacements et c’est la qu’ils apprirent que Caligula voulait se faire éleverune statue dans le temple de Jérusalem sous l’apparence de Jupiter.
« TU NE FORGERAS PAS DES IDOLES HUMAINES »
Finalement, après avoirsoulevé unegrande partie dupeuple de Judée, c’est Agrippa le roi juifavec l’aide de Philon qui réussit à faire renoncer Caligula.
La délégation fut enfin reçue à l’automne 40 à Rome cette entrevue n’apportaque peur et humiliation. Ils furent congédiés et Philon eu la confirmation d’un êtrerelatifavec les prétentions de l’Absolu.
« NE PROFANE PAS LE NOM DE VERITE AUX CONCEPTIONS HUMAINES »
LA TRADUCTION DES SEPTANTES
La traduction de la bible en Grec, est un des événements qui ont changé la face du monde.
C’est la lettre d’Aristée à Philocrate qui révèle cet épisode ( IIIème siècle av JC)
Soixante dix sages travaillent sans cesse pendant soixante dix jours. Séparés les uns des autres, sans pouvoir communiquer. A la fin de leur travail, la confrontation faitapparaître un accord total entre toutes les traductions. D’après Philon cela ne pouvait s’expliquer que par un effet du Saint Esprit qui avait lui-même inspiré l’ancien testament et l’évangile ? La traduction des sages représentait la parole de dieu.
Cette traduction concernait ce que les Juifs d’Alexandrie appelaient « o nomos » « la loi » c’est à dire les cinq premiers livres de la Tora connus sous le nom grec de Pentateuque (du grec Penta, cinq, et teuché « rouleaux » . C’est encore par leurs titres Grecs que nous les désignons : Genèse, Exode, Lévitique, Nombres, Deotéronome.
Par ailleurs, en affirmant le caractère inspiré de la Septante, Philon exprime l’opinion de toute sa communauté, d’après lui,la version grecque de l’Ecriture Sainte était devenue à son touruntexte sacré.
Ainsi Juifs et Grecques allaient pouvoir partager les mêmes peines et les mêmes joies, de manière à sembler ne former qu’un être uniqueconstituéde partiesdistinctes ( référence à la loi unique et multiple)
L’embellie qui suivit la légende decettetraduction miraculeuse
devait se poursuivre bien après Philon dans la jeune Eglise Chrétienne et notamment chez les pères de l’églisedepuis Justin, au milieu du IIièmesiècle, et jusqu’à St Augustin au début du Vème siècle et bien au-delà.
PHILON EXEGETE
Grâce à son travail de traduction,et d’exégèse, des textes de la Septante, Philon nous expose de manière implicite ou explicite plusieurs problèmes fondamentaux qui continuent deux mille ans plus tard à se poser au monde en général, et aux Maçons en particulier.
Tout d’abord, le problème de la relation Foi et Raison. Sa réalité et on vécu étaient très différents à l’époque de Philon. En effet, les adeptes d’une foi monothéiste étaient en minorité, face aux polythéistes. Si bien queni le bien ni le mal n’étaient assurés au concept de Dieu.
Dans ce contexte, Philon s’évertue à concilier les exigences de son monothéisme, et celles de sa connaissance philosophique.
Dieu est venu aux hommes en se révélant, en possession de la révélation, il appartient aux hommes de faire le chemin inverse.
Philon était de toute évidence un exégète accompli. Il a refait toute l’exégèse du Pentateuque, il tenait des stoïciens et aussi de l’Egypte, et du judaïsme mystique (la cabale) la technique de la lecture allégorique des livres bibliques. Celle ci a consisté à dire que le texte à un sens caché qui ne peut être révélé que par la connaissance, c’est à dire celui qui connaît.
Une définition de l’exégèse dit ceci :
« c’est une figure qui consiste à parler d’une chose, alors qu’on veut en désigner une seconde toute différente »
Pour Philon, la bible n’est pas simplement un poème antique, elle est la parole de Dieu, dont la partie essentielle est laTora ou Pentateuque
Il aété rédigé d’un bout à l’autre de ses cinq livres par le Grand Législateur Moise.
Philon attribue à Moise la rédaction des cinq livres qui composent le Pentateuque. Moisen’a pu recevoir et transmettre la parole divine que parce qu’il représente lui-même un modèle achevé d’humanité.Il est l’interprète des Saintes Lois « un homme en tout point excellent et parfait »
En conclusion on ne peut que reconnaître que Philon d’Alexandrie est un grand philosophe de son époque pour lequel on ne peut avoir qu’admirationet respect.
Nul doute que son exégèse de la bible a traversé tous les temps, et a été d’un apport précieux à la religion.
Il est pour nous Maçon un exemple dans son attitude derecherche permanente du Sacré nous incitantà parfaire sans cesse notre temple intérieur
JP B
Zoroastre