12° #409012

Pourquoi les Elus ne transportent-ils que les têtes ?

Auteur:

Y∴ D∴

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Non communiqué

Hiram assassiné par les mauvais compagnons, a été frappé trois fois.

La première fois à l’épaule gauche à l’aide d’une règle, le deuxième coup porté à l’épaule droite avec un levier et le troisième coup fatal porté à la tête avec un maillet.
Sous une forme allégorique la morale de cette mauvaise action représente l’ignorance, le fanatisme et l’ambition des mauvais compagnons. Elle oppose l’incorruptibilité d’Hiram à la bêtise des trois assassins. Sa mort est un éveilleur de conscience. Les trois mauvais compagnons font partie d’Hiram, ils forment un tout. Le devoir du Maître Elu est de partir à la recherche des assassins qui ont tué le maître.

Ils représentent: – L’ignorance –Le fanatisme –l’ambition –La vanité – L’orgueil.

Ces défauts qui sommeillent en chacun de nous doivent être transformés en:

-Connaissance – Tolérance –Détachement –Simplicité – Humilité.

Hiram est passé de la verticale à l’horizontalité, puis revenu à la verticalité comme tous ceux qui renaissent en passant à la maîtrise, et qui perpétuent le mythe d’Hiram.

Salomon ordonna d’aller à la recherche des trois scélérats, et envoya les neuf maîtres zélés. Et c’est un nommé Perignan  qui alla déclarer à Salomon qu’il y avait vu un inconnu se cacher dans une caverne, qui avait faim, dont le nom est Abiram. Cette caverne était cachée par un buisson.

Perignan ou Perignon vient du latin Perigrinus qui signifie l’étranger.

Joaben l’un des Elus arriva le premier. Cette caverne qui représente un caractère mythique : dans le mythe de la caverne de Platon tiré du livre de « La république de Platon », les prisonniers enchaînés prennent pour réalité les ombres projetées sur les parois, qui viennent d’un feu allumé.

Abiram s’est réfugié dans la caverne qui représente le siège de la conscience humaine. Le mythe de la caverne reflète l’image de la condition humaine enchaînée.

Elle représente la matrice régénératrice de l’âme qui doit convertir la cupidité et l’avidité en un désir de connaissance.

Abiram s’est réfugié dans l’image du cabinet de réflexion.

Mais en voyant Joaben, Abiram se saisit du poignard et se perça le cœur. Le sang rouge versé dans la caverne noire semble former une transformation alchimique.

Quand Abiram se perce le cœur il crie NEKAM : « vengeance » à JOABEN. Celui-ci est venu par des chemins obscurs et inconnus pour obtenir vengeanc: mot qui vient du latin VINDICARE.

Peut-être que JOABEN voulait tuer le mauvais compagnon, comme dans la loi du Talion, mais on ne le saura pas.

Dans la religion chrétienne on suggère le pardon. Le musulman ou le juif pourra aussi pardonner ou appliquer la loi du Talion.

Cette caverne dissimulée par un buisson à été découverte grâce au flair du chien et c’est la démonstration encore que le moindre indice permet de déceler le coupable. Les aboiements du chien ont permit de découvrir la grotte, comme les gémissements du chien de maître Jacques dans le compagnonnage, qui remonterait selon certains à la construction du temple de Salomon.

Le chien symbole de la fidélité et du flair, comme ARGUS le chien d’Ulysse qui le reconnut vingt ans après, alors qu’il était déguisé en mendiant.

On retrouve le chien dans la légende d’Osiris par l’intervention D’Anubis Dieu à la tête de chien. Ou Cerbère gardien cruel des enfers. D’ou l’étroite parenté du chien avec l’au-delà. Le chien met Joaben sur la voie de la vengeance.

Joaben trancha alors la tête d’Abiram. Pourquoi cette mise en scène ?

Peut-être qu’il faut symboliquement tuer le père ou le Maître pour acquérir plus de lumière dans la voie de la sagesse.

Le poignard étant aussi bien une arme de justice qu’un moyen de purification.

Les deux autres compagnons qui s’étaient jetés dans une fondrière eurent également les têtes coupées.

C’est lorsque les trois têtes des mauvais compagnons sont tranchées que l’élu peut considérer qu’il a éliminé de lui touts ses tendances négatives.

Les mauvais compagnons sont devenus des corps sans tête et des têtes sans corps. Ils sont coupés en deux. Comme un schizophrène (schizo signifie coupé).

Comme ceux qui ne vivent que pour leur mental, ou d’autres qui hypertrophient leur corps. Symboliquement l’initié doit regrouper ce qui est épars. Il doit réintégrer l’état primordial dans un corps et un esprit de lumière.

La tête, et donc le crâne présent dans le cabinet de réflexion, est le siège de la pensée, du commandement.

Pour une légende Islandaise le crâne du géant YMIR devient à sa mort la voute du ciel.

Parmi les peuples chasseurs les trophées d’animaux ornent leurs demeures. Ils jouent un rôle rituel important car le crâne est le sommet du squelette, il est impérissable et on s’approprie également son âme et son énergie vitale. Les Gaulois déjà coupaient les têtes de leurs ennemis prestigieux. Ils s’en servaient de trophée mais aussi de coupes à boire. Comme avec la tête d’un consul romain: POSTUMIUS, dont la tête fut tranchée lors d’une embuscade.

Il était alors réceptacle de vie pour les alchimistes. Décapiter c’est aussi montrer que le lien de la pensée est séparé du corps qui a commis l’acte.

La mystique du Graal dans la tradition Celtique et les valeurs templières avaient fusionné. La tête tranchée est considérée comme un élément de la culture.

Dans le mythe de Bran le Bienheureux, dont la tête selon la tradition fut ensevelie tel un talisman à l’extérieur de Londres, la face tournée vers la France.

Non seulement elle préservait la ville de toute attaque, mais elle assurait la fertilité de toute la campagne environnante et écartait les épidémies de toute l’Angleterre.

A la même époque les Templiers avaient leur propre «culte» de la tête.

Parmi les charges proférées contre eux était mentionné l’adoration d’une mystérieuse tête tranchée : « BAPHOMET ».

De même quand le 13 octobre 1317 les officiers du Roi entrèrent dans le Temple à Paris, ils trouvèrent un reliquaire d’argent en forme de tête, contenant un crâne de femme.

Dans la chapelle de ROSSLYN, riche en symboles, en Ecosse, construite par William SAINT CLAIR, après la fuite des Templiers  de France, on retrouve une tête en haut des murs Sud et Ouest. La tête avec un sévère coup à la tempe droite et en face la tête de celui qui l’assassina.

La violence de la décapitation est là pour provoquer un choc qui doit nous remettre  au travail contre l’ignorance, le fanatisme, et l’hypocrisie.

La tête sanctifie le lieu où elle a été enterrée. Elle communique avec l’au-delà et devient un intermédiaire dans la chaîne de la solidarité humaine.

Dans l’iconographie chrétienne de nombreux saints qui avaient la tête tranchée continuaient de marcher en portant leur tête entre leurs mains.

Certains se font décapiter pour accéder à l’illumination et la libération comme CUCHELAIN fils du dieu LUG en IRLANDE. Après avoir eu la tête coupée il continuait à donner des conseils aux siens.

Dans la quête du GRAAL, le chevalier GAUVAIN reçoit les conseils de têtes de morts.

La fille d’Hérodias demanda à faire trancher la tête de Saint Jean Baptiste.

Le crâne placé dans le cabinet de réflexion rappelle la fugacité de notre vie.

Mais c’est aussi le crâne de nos ancêtres qui conseille  le postulant.

Puis rappelé dans divers grades maçonniques. On rappelle le salut aux 1ers degrés: « se trancher la tête », où on abandonne son « moi » pour accéder à la plénitude du « Soi ».

Ainsi frapper Hiram à la tête à l’emplacement du chakra du troisième œil, c’est peut-être le signe de l’éveiller dans un autre monde.

Certaines têtes ont des pouvoirs magiques, comme celle de la Méduse, une des trois sœurs Gorgone. Son regard seul, pétrifiait instantanément ceux qui la fixaient.

Persée, fils de Zeus et Danaé fut chargé de ramener sa tête, ce qu’il fit en la ramenant dans un sac, car elle gardait tous ses pouvoirs.

Athéna la fixa sur son bouclier.

De même Hadès dieu des enfers était aidé par un monstre à trois têtes : CERBERE, pour garder la porte des Enfers.

Le crâne est la partie dominante du squelette, demeure de l’âme, principe spirituel de Vie et de Pensée. Dissocié du corps il symbolise la Mort Physique.

Chemin par lequel il faut transiter pour renaître au Plan Spirituel Supérieur.

Il existe d’innombrables formes du culte des crânes. Crânes des ancêtres, crânes trophées: (Nouvelle Calédonie – Papouasie Nouvelle Guinée). A noter la restitution de la tête du grand chef kanak, ATAI, a son clan, par le musée d’histoire naturelle.

Pour eux il y a des analogies entre microcosme humain et macrocosme naturel, il y a aussi des yeux aux luminaires célestes et du cerveau aux nuages du ciel.

En tranchant la tête et en la conservant, le primitif atteint plusieurs buts: d’abord celui de posséder le souvenir direct, et personnel  du défunt, puis celui de s’approprier sa force vitale et ses effets bienfaisants. D’où souvent l’accumulation des crânes comme soutient spirituel de plus en plus important.

Le cannibalisme où l’acte de dévorer son ennemi, et parfois certains morceaux choisis, comme le cœur, le foie, le cerveau, sont une cérémonie liée à la revanche et à l’appropriation des qualités guerrières de ses ennemis : la bravoure et la force surtout.

L’endocannibalisme pratique funéraire est le fait d’ingérer les restes d’un parent décédé. Certains réduisent les os en poudre et mélangés à du manioc les avalent. Ils sont censés contenir les éléments vitaux de l’esprit du mort.

L’appropriation se fait comme symbole de la mort physique le crâne est l’analogue de la putréfaction alchimique, comme le tombeau est celui de l’Athanor.

Ce crâne est formé de 22 formes d’os différents dont trois particulières à la base : l’éthmoïde, le sphénoïde et l’occiput. Là où se coupe la tête.

Chaque forme de ces os à une représentation identique à la forme des chiffres Hébreux : Sehin, Aleph, Mem.

Et ceci se répétant jusqu’à la fin de la colonne vertébrale : le coccyx. L’ensemble représentant une verticalité libérée: « ce qui est en haut est comme ce qui est en bas ».

La lettre Aleph se trouvant aussi bien au niveau du Sphénoïde (base du crâne), que du coccyx.

L’os représenté par une lettre mais aussi par un son, car le fait d’écrire une lettre émet une énergie, une onde de forme le fait de la visualiser en écoutant le son vibratoire intérieur sans la prononcer produit une énergie encore plus considérable comme lorsque les Tibétains prononcent des Mantras, le AUM, qui sont des régulateurs très puissants de l’énergie du corps. Et qui ressemblent aussi étrangement aux finales latines en « UM », des mots utilisés dans nos prières occidentales.

Chaque tête mise sur un homme obéit aux structures du triangle supérieur de l’arbre des Sephirot. Les chinois désignent la tête comme « champs de cinabre crânien », dernier lieu de gestation du divin où l’Homme devenant UN, épouse l’Universel.

Dans l’alphabet Hébraïque on retrouve la vingtième lettre le « RESH », et son sens principal est: la tête.

Celle-ci représente une tête de profil, c’est aussi le Raïs (chef de file au Moyen Orient).

Le RESH est le sommet, l’humilité. Il est le renouvellement des choses par la destruction et la régénération.

C’est aussi la projection des forces divines, symbole de la pensée, de l’intellect, de l’énergie mentale.

On retrouve la lettre RESH sur la 20ème lame du Tarot « le jugement ».

Porter les têtes et donc les crânes des mauvais compagnons pour les exposer c’est aussi ce que faisaient les Aztèques qui empilaient les crânes décapités en l’honneur de leur Dieu soleil.

La décapitation, à la hache, au couteau, à l’épée, est la concrétisation d’un triomphe sur l’ennemie vaincu. Et on l’humilie une seconde fois. Comme les Turco-mongols qui ornaient le cou de leurs chevaux avec des colliers de têtes. Puis les clouaient chez eux aux portes de leurs maisons.

Les Romains réservaient la décapitation aux citoyens les plus respectables, ce que l’on a retrouvé dans la monarchie Française.

Décapiter c’est nier l’humanité de son adversaire. Comme on égorge une bête puis la décapite, on expédie l’individu directement hors du monde des vivants, mais avant cela dans celui des bêtes.

Cette vision de l’humanité se situe dans la tête qui est le siège de la raison. Le visage est une partie de la chair que l’on laisse à nu, une expression du MOI.

Ainsi dans le respect du visage de l’autre ou dans sa destruction, l’individu apprend sa responsabilité face à ses semblables.

Levinas disait « Le visage s’impose à moi sans que je puisse cesser d’être responsable de sa misère. La conscience perd sa première place».

Les maîtres ont décapités les mauvais compagnons pour ramener que leurs têtes au roi SALOMON. Pourquoi que leurs têtes ?

La tête en fait correspond au ciel entre le microcosme et le macrocosme. C’est la connaissance l’autorité, l’autorité spirituelle, c’est l’origine du corps et du mouvement.

La rondeur de la tête nous rappelle celle de l’œuf cosmique universel.

Symboliquement après la décapitation la tête nouvelle porte un autre regard sur le monde.

On l’observe lors de l’adoubement et la décollation symbolique des Chevaliers au Moyen-âge, suivit de la formule « Réveille-toi du sommeil de la malice et veille dans la foi du Christ ». On peut parler d’un rite de passage d’un état existentiel à un autre.

La décapitation des mauvais compagnons signifie que ceux-ci n’ont plus leur place dans la société.

Il n’y a plus de lien entre eux et le monde céleste.

Les têtes furent ramenées à Jérusalem et présentées au roi Salomon, qui aurait voulu les mauvais compagnons vivants afin de les juger.

Après avoir sermonné les Maîtres il fit répartir les têtes sur des piques.

La première au midi avec une lettre S (de STERKIN), une autre à l’occident avec un O (OTERFUT), la troisième à l’orient avec un H (HOBEN) ou aussi (ABIRAM).

Ce sont les noms des assassins. Avec au pied des têtes l’arme de leur crime.

Les têtes exposées aux intempéries étaient posées aux portes où furent commises les trois attaques lors de l’assassinat d’HIRAM.

L’exposition de leurs têtes représente une privation de sépulture violente et montre celles-ci  comme des objets.

Cette action provoque une rupture d’identification du cadavre, de la personne et de l’homme en tant que tel. La mise en œuvre de l’exposition force la vue de ces têtes par tout le monde. Ce qui en fait un exemple explicite. On ne doit ressentir aucun respect pour eux, aucune dignité. Le corps sans tête est une dislocation du « MOI ».

Le corps est réduit à l’état de déchet.

Les têtes et les corps sont laissés à la putréfaction. La chair quitte les os où la chair est corrompue. La nature terrestre doit être détruite pour pouvoir renaître. Comme Dionysos, Isis, Jésus et Hiram.

Tout est désunit et la dissolution alchimique des restes nous rappelle le mot sacré dont les initiales sont MB.

Contrairement à une personne digne, il n’y aura pas d’oraison funèbre. Dans le Talmud il faut enterrer au tombeau le jour même. Dans l’ancien testament tous ceux qui entraient en contact avec un mort devenaient impurs.

A moins d’appartenir à la tribu des LEVITES. Seuls prêtres à pouvoir s’occuper des morts.

La putréfaction appartenant à la symbolique de l’alchimie. C’est le deuxième  processus sur les sept étapes qui conduisent à la transformation de la matéria prima à l’or, c’est-à-dire au Grand Œuvre.

La fusion des métaux est considérée comme une mort. Les 4 éléments participent à l’apparition du métal : la terre dont il est extrait, le feu, l’air qui attise, et l’eau dans laquelle il est trempé.

Tubalcaïn le forgeron de l’Univers annonce Hiram.

Le crime ne peut être impuni. Le premier assassin s’est fait justice lui-même, les deux autres sont tombés dans une fondrière en voulant s’échapper et se sont tués.

Aucun des justiciers ne s’est couvert de sang.

La loi du talion a été respectée, la justice a été rendue grâce à la providence .En chambre de préparation on propose à la méditation des maximes:

A: le crime ne peut être impuni, il est répondu que «le crime est puni», représenté par la tête d’Abibalc avec le maillet.

A: la conscience est un juge inflexible, il est répondu que « la punition est certaine», représenté par la tête du deuxième meurtrier avec la pince.

A: sans un pouvoir légitime la vengeance est criminelle, il est répondu que « le ciel nous juge », représenté par la tête du troisième meurtrier, avec la règle.

Le juste châtiment  consiste à établir un équilibre entre le bien individuel et le bien social.

Le châtiment des assassins d’Hiram consiste à s’être exclu d’eux-mêmes de la chaîne d’union fraternelle qui les reliait à l’ensemble du groupe.

J’ai dit. CR

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