12°
#409012
Progression, Régression, Transgression
T∴ F∴ P∴ M∴
ORDO
AB CHAO
DEUS MEUMQUE JUS
Au Nom et sous la Juridiction du Suprême Conseil pour la France
des Souverains Grands Inspecteurs Généraux du 33 ème
et dernier degré du Rite Ecossais Ancien et Accepté
DEUS MEUMQUE JUS
Au Nom et sous la Juridiction du Suprême Conseil pour la France
des Souverains Grands Inspecteurs Généraux du 33 ème
et dernier degré du Rite Ecossais Ancien et Accepté
Remarquons tout d’abord que ces 3 mots possèdent en commun le suffixe « gression » duverbelatin « gradior »,qui setraduitpar« marcher »(avecsespieds) qui donne « gradi » au passé et «gressus » à la forme nominale.
Passons rapidement sur « gradi » qui a la même racine que « gradus » mot latin dontsontissusgrade,gradin, gradient,graduationetgraduelenfrançais.
Pour ce qui nous concerne aujourd’hui, nous nous attacherons à « gressus », forme nominalede « gradior » Cette forme nominale donne habituellement naissanceauxsubstantifsfrançaisissusdeverbes latins.
Or« gressus »n’apasgénérédesubstantifdemanièredirecte.
Maisle radical«gression» ( épeler : « G.R.E.S.S.I.O.N »)adonnéseptnomscommunsgrâceàdespréfixes d’unusageassezclassique ;ils’agitd’agression,desoncontrairenon-agression, de digression, de rétrogression, deprogression, de régression, et enfin de transgression.
On remarquera donc qu’en français, il n’existe que ces 7 mots comportant le suffixe «gression», suffixe qui porte en lui la notion de mouvement.
Nous citerons donc rapidement les 4 premiers, avant de développer pluslonguement les3 derniers : progression, régression, et transgression.
Onpeutnoteraupassagequelesmotsfrançaisévoquésci-dessusontune grande proximité avec le langage militaire pour au moins quatre d’entre eux.
Agression. Le«a»deagression n’estpasle«a»privatif, comme dans atome, «qui ne se coupe pas», mais le «ad» latin : vers, en direction de, sur.
L’antonymedumotagression,lanon-agression, consisteenunengagement solennel de ne pas faire appel à quelque type d’agression que ce soit et qui bien souventsurleplandudroitinternationalestconcrétiséparunpacte.
Le« di » dedigressionsignifies’éloignercommedansdivergence.C’estune figurede styledansundiscours,ouunécritquiconsisteenunchangement temporaire de sujet soit pour évoquer une action parallèle ou connexe, soit pour exprimer une opinion soit au contraire pour emprunter des chemins de traverse et nous ramener au coeur du sujet.
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S’agissant de la rétrogression, le mot a été inventé mais n’a pas eu de succès, il est tombé dans l’oubli au profit d’un synonyme, lui encore à consonance militaire, la rétrogradation.
Voyons maintenant en détail les 3 derniers, objet de cette planche :
Progression: C’est la marche vers l’avant. Là encore l’image d’ordre militaire saute aux yeux : ont voit une carte sur laquelle se déplacent des petits drapeaux : d’un côtéunearméeprogresse,del’autrel’adversairebatenretraite.Cemota toutefois un usage plus vaste, il existe en mathématiques, où une progression peut être arithmétique où géométrique. On en a tiré l’idée de suite graduelle, régulière, continue et ininterrompue ; dès 1721 avec les physiocrates on utilise la notion de « progression des revenus », notionillustrée par une courbe toujours ascendante.
Et, bien sûr, est né à peu près à la même époque l’adjectif « progressif ».
Maisbienavantprogressionc’estlemotprogrèsquinaîtaumilieudu16 ème siècle. Le mot est d’abord utilisé au pluriel par les pédagogues dans l’expression « fairedesprogrès »,c’est-à-dire: allerverslemieux.Etcommeausiècledes Lumièresonavaitdéjà «progression »,onagardé «Le progrès » au singulier pour traduirecetteidéenouvelled’unemarcheen avantdel’Humanitéversun terme idéal.
Dès le début du 19 èmesiècle le progrès s’applique au domaine social ; des penseursetdesphilosophesdeviennentdechaudspartisansdecettevision nouvelledel’avenirdel’Humanité.Certainirontmêmejusqu’àfrôlerl’utopieen croyant que le progrès matériel ettechnique aura pour conséquencele perfectionnement de l’âme humaine.
Comme l’adjectif «progressif » existe déjà avec un autre sens, on crée le mot « progressiste » comme substantif et comme adjectif pour caractériser ces partisans du progrès social.
On trouve dans les Constitutions d’Anderson la notion de F.°. M.°.Progressive, c’est-à-dire qu’on y trace soncheminparuneprogressioninitiatique tout au long des 33degréssuccessifs.
Je cite : « Cette société a pour objet l’Union, le Bonheur, le Progrès et le Bien être de la famille humaine en général, et de chaque homme individuellement ».
Etsinotreinstitution est progressiste ce n’est pas par sa nature propre mais c’est au traversde son objet qui est notammentla recherche de la vérité, l’étude de la morale et la pratique delasolidaritétoutautantqueparsontravail à l’amélioration morale, auperfectionnement intellectuel et social de l’individu et del’Humanité.
L’apprenti qui découvre le Temple comprend rapidement cette notion de Progression, au premier coup d’œil, il remarque que le plateau du Second Surveillant est installé sur une marche, celui du Premier Surveillant, sur deux marches, et que le Vénérable Maître doit en gravir trois pour monter à l’Orient .
Le jour de son initiation, on lui a dit, je cite le rituel du premier degré : « Nous travaillons sans relâche à notre amélioration », il lui faudra « travailler constamment à son perfectionnement moral », « il réalisera son propre perfectionnement en avançant dans la voie de la connaissance ». Enfin, il aura entendu le Vénérable Maître, en conclusion de la cérémonie d’initiation, demander au G A D L’U « Qu’il continue à protéger nos travaux et à nous diriger constamment vers la perfection ».
Lors de sa première instruction de tuilage, à la question « que venez vous faire ici ? » Il répondra « Vaincre mes passions, soumettre ma volonté à mes devoirs et faire de nouveaux progrès dans la Maçonnerie »
Il découvrira plus tard, au fur et à mesure des degrés, la symbolique de cette progression. Par lesnombres 3, 5,7 et plus tard 9 et 12 qui s’appliquent aussi bien au nombre de pas à exécuter pour entrer dans le Temple, aux nombres de lumières à allumer, à la batterie, aux coups frappés à la Porte du Temple, aux nombre de « voyages » à exécuter, à l’age maçonnique, à « l’escalier en colimaçon » permettant d’accéder au grade de Maître, divisé en 3 repos séparés par 3, 5 et 7 marches.
Puis il se trouvera devant la Balustrade symbolique … et il devra attendre de progresser pour la franchir et accéder au Saint des Saints.
La régression: C’est le recul, le retour en arrière, c’est d’abord une figure de rhétoriquequijusqu’au19 èmesiècleapoursynonymelaréversion,c’estàdire l’emploidemotsplacésenunordredéterminé,puisenunordreinversepour donnerunrythmeàlaphraseetquelquefoismanier leparadoxe,tels lesquatre vers de Corneille (Epitaphe auCardinal de Richelieu) :
«
Qu’on parle mal ou bien du fameux cardinal
Ma prose ni mes vers n’en diront jamais rien
Il m’a trop fait de bien pour en dire du mal
Il m’a fait trop de mal pour en dire du bien »
Ma prose ni mes vers n’en diront jamais rien
Il m’a trop fait de bien pour en dire du mal
Il m’a fait trop de mal pour en dire du bien »
Dans notre Monde Maçonnique, la régression se matérialise entre autre par une recherche d’humilité, de simplicité, on retire les métaux, on dépouille les vêtements du profane qui entre dans le Temple pour son initiation, et on le fait s’incliner, comme sous « une porte très basse », en signe de soumission.
Lors de la cérémonie d’élévation au Grade de Maître, on fait entrer le Compagnons « à reculons » dans le temple.
Lors de la réception au Grade de Maître Secret, on dépouille l’impétrant des insignes de « Vénérable Maître » en lui signifiant, je cite : « Ce que vous avez appris jusqu’à ce jour en Maçonnerie n’est rien auprès de ce qui vous reste à apprendre. Vous allez être dans cette Loge Secrète comme un apprenti dans une loge du premier degré » … il aura alors 3 fois 27 ans.. Mais il découvrira plus tard, à l’occasion de son passage au 9 éme degré, qu’il n’a plus que 8 et 1an accomplis.
Latransgression, dernier substantif né du verbe « gradior », et de loin le plus riche.C’est le fait de traverser, de passer de l’autre côté, ce qui par extension a donné le sens «d’enfreindre». La transgression consiste donc à ne pas se conformer à une attitude courante et à franchir une barrière éthique ou morale.
Si pour l’enfant transgresser c’est à la fois seposer,s’affirmeretchercherleslimites,engénérall’actetransgressifde l’adulte n’a pas toujours un caractère ostentatoire, il est aussi l’affirmation de ce en quoi il croit, y compris lorsque c’est à contre courant des idées reçues. Et sous ce dernier aspect, c’est à mon sens, une vertu bien maçonnique.
En effet on peut envisager la transgression non pas commeune déloyauté ou une trahisonparrapportàunordreexistantmaisau contrairecommeunélémentà caractèredynamiquequipermetdedépasser,d’aller plusloin, au-delà. L’étymologiedusuffixe« trans » nous y invite, dans le mot « transfrontalier » par exemple.
La transgression est une action.
La transgression est une infraction, elle passe outre la loi (l’interdit), la rend caduque, du moins pendant le temps de la transgression et récupère la liberté d’action que la loi amputait.
On pressent que la valeur de la transgression sera relative (et inverse) à la valeur qu’on reconnaît à ce qui est transgressé.
Dans l’ordre politique ou théologico-politique, quand la loi est tyrannique, ceux qui la transgressent sont célébrés comme les Héros du peuple et de la morale (Robin des bois, Zorro…)
Le 19 Août 1944, le Général Von Choltitz refuse d’exécuter l’ordre de détruire Paris, donné par Hitler en personne … Quand l’obéissance cesse d’être un devoir, la Transgression peut devenir un acte de courage..
Quand Yahoben, s’inquiétant des éclats de voix entre Salomon et Hiram de Tyr, est surpris à écouter derrière la porte, Hiram demande son exécution, par contre Salomon comprend que cette attitude est dictée par le souci de le protéger, et il le nomme Secrétaire Intime.
Plus tard, nouvelle Transgression, Yahoben tuera Aviram, assassin de Hiram-Abif pour le venger. Et il sera pardonné.
La transgression aura doncle sens d’une progression ou d’une régression selon le statut reconnu au monde, qui est garanti par le respect de la règle bafouée.
Beaucoup de formes de progrès scientifique ont impliqué de transgresser des interdits religieux (sur la dissection du corps humain et les recherches alchimiques par exemple).
Ontologiquement le mal naît-il avec la transgression parce que la transgression est une infraction de la loi qui distingue le bien et le mal, le permis et le défendu ? N’y a-t-il rien de mal au sens propre avant cette distinction entre le bien et le mal établie par la loi.
Ou faut-il dire que le mal précède la loi (qui est justement instituée pour tâcher de nous en protéger) ; dès lors la transgression par laquelle j’accomplis le mal (sous la forme de ce qui est défendu) n’est, elle-même, qu’une manifestation d’une malignité plus fondamentale.
La transgression est toujours négation d’une forme d’interdiction. Elle passe outre la limite qui définissait la sphère du permis. La transgression s’accomplissant toujours dans le possible, elle révèle que le possible dépasse la limite du permis. Elle dénonce donc implicitement l’interdit comme ce qui restreint la sphère du possible (quels que soient les arguments qui prétendent justifier cette restriction). Dès lors on ne peut identifier simplement le mal et la transgression (c’est-à-dire la réalisation du défendu) puisque l’interdit peut lui-même être dénoncé comme un mal.
Le mal est-il dans la transgression de l’interdit ou dans l’interdit qui brise le mouvement du désir et brime la liberté de l’individu ?
Mais par là même, l’opposition entre le bien et le mal devient secondaire. La transgression interroge la liberté et l’économie du désir, c’est-à-dire la part d’excès en l’homme.
Interdire c’est vouloir qu’un autre s’abstienne ; c’est un commandement négatif qui manifeste de la part de celui qui interdit une prétention de supériorité en même temps qu’il révèle une forme de dépendance et de vulnérabilité. Mais celui qui interdit a renoncé à convaincre par raison. Il menace de châtiments celui qui transgressera l’interdit. Dès lors nous pouvons douter que ce qui est interdit soit véritablement un mal puisque c’est la crainte d’un autre mal (celui du châtiment) qui est sensé nous éviter de transgresser.
Quand l’interdiction est pensée comme une atteinte à la liberté, la transgression est bonne.
On peut ainsitrouver une justification anarchiste de la transgression :
Les courants anarchistes récusent toute hiérarchie naturelle entre les hommes qui opposerait le sage au troupeau des insensés et reconnaîtrait au premier le droit de veiller au salut du troupeau en lui imposant ses lois.
L’interdiction est la manifestation archétypale d’un pouvoir étranger, distant, qui impose de l’extérieur ses normes (le permis/ le défendu ; le bien / le mal). Ce type de pouvoir est évidemment contesté par les anarchistes. Pour eux, et selon la formule restée célèbre après les manifestations de 1968 en France, « il est interdit d’interdire ». Interdire c’est nier le droit de chacun à comprendre et à se décider en conséquence.
Celui qui n’aurait que le choix d’obéir ou de transgresser les lois serait un esclave.
L’interdiction provoque la transgression.
Il suffit qu’un objet soit défendu pour qu’il suscite le désir de transgresser l’interdit qui le défend, non que l’objet devienne désirable en soi par la simple vertu de l’interdiction mais parce que, d’une part, l’interdiction le désigne et le privilégie parmi les innombrables objets de détermination possible pour ma liberté ; et parce que, d’autre part, celui qui transgresse l’interdiction entend ainsi défier la puissance du législateur et rivaliser avec lui.
L’interdiction, en barrant un possible, le privilégie comme expression de la plénitude de la liberté. C’est pourquoi l’interdiction peut susciter une révolte et un désir de transgression qui paraissent disproportionnés par rapport à l’objet interdit.
Pourquoi la jeune femme de Barbe bleue veut-elle absolument ouvrir la seule porte qui lui soit défendue alors qu’elle jouit de toutes les autres pièces et dépendances du château? Parce que cette interdiction est une restriction patente à sa liberté, elle est aussi comme une insulte, qui lui signifie sa soumission. Toute sa revendication de liberté se cristallise sur cet objet défendu.
L’interdiction appelle et suscite sa propre transgression. L’interdiction provoque la transgression, elle est principe de tentation.
Contrairement au scénario explicite de la Genèse, la transgression du premier homme peut donc faire l’économie du « Malin ». Il n’est pas besoin de « tentateur » attitré. La tentation naît de l’interdiction.
Dira-t-on que Dieu est lui-même tentateur et donc responsable du mal de la transgression ? Il ne s’agit pas de prendre le mythe au pied de la lettre mais de repérer le plus fidèlement les conséquences logiques de ce qui est signifié.
L’interdiction divine comme fondement mythologique de la liberté humaine.
Interdire, comme nous l’avons vu, c’est vouloir que l’autre (celui à qui s’adresse cette interdiction) s’abstienne.
Que signifie interdire pour celui qui pourrait « empêcher » ?
Selon la théologie spéculative, Dieu est le symbole de la toute-puissance. Présenté comme créateur de toutes choses, il aurait pu faire Adam tel qu’il ne pèche point ou, pour reprendre l’image du fruit défendu de l’arbre de la connaissance, tel qu’il eût un dégoût viscéral de ce fruit. Pour un être qui peut tout, ne pas « empêcher » mais seulement « interdire », c’est créer, par cette autolimitation, un espace où apparaît la liberté de l’autre (Adam, l’homme). Dans le cas divin, l’interdiction n’a donc plus comme signification une impuissance à rendre impossible mais le renoncement à exercer sa pleine puissance de détermination. Par ce renoncement divin naît pour l’homme la possibilité d’une autodétermination. L’interdiction, en même temps qu’elle s’adresse au libre arbitre de l’individu, en fonde la réalité. L’interdiction divine crée la liberté de l’homme.
Cette liberté peut logiquement s’actualiser dans la transgression comme dans l’obéissance. Mais psychologiquement, la transgression est prévisible.
L’organisation de la transgression.
La transgression organisée forme avec l’interdit un ensemble qui définit la vie sociale. Tant que la transgression est vécue comme transgression de l’interdit (c’est-à-dire avec la conscience d’enfreindre la règle) elle ne signifie pas du tout une régression à l’animalité. Au contraire dans une telle transgression c’est encore l’humanité qui se manifeste et réaffirme, au moment même de la transgression, que celle-ci ne peut qu’être ponctuelle et limitée
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La transgression rituelle affirme la nécessité de limiter la transgression pour le maintien d’un monde viable. Les excès et la violence sacrée garde leur majesté fascinante mais le monde profane s’en préserve en leur faisant la part du feu, les sacrifices humains, les incestes imposés aux rois primitifs, les orgies des temps de Bacchanales rentrent dans cette vaste économie de l’organisation de la transgression. De nos jours les temps de Carnaval, l’atmosphère de liesse et les excès de consommation des fêtes de fin d’année fonctionnent encore comme des parenthèses sacrées durant lesquelles les comportements se débrident avant de rentrer dans l’ordre.
Dans les systèmes de valeurs primitifs, l’interdit laissait place à certaines transgressions. L’homme gardait un contact avec l’excès sacré des fêtes sauvages.
Avec l’avènement des monothéismes, les schémas se modifient. Le mal fait alors son entrée dans le monde. L’esprit du Christianisme s’oppose à celui de la transgression, il impose le respect de la loi. La transgression n’ouvre plus que sur la malédiction, elle n’est plus pensée comme une expérience du sacré (du divin) elle est disqualifiée comme signe de déchéance et rapportée à une influence maligne (Satan).
Dès lors la transgression a deux destins.
Elle prend des formes sordides : la « basse prostitution » par opposition à « l’érotisme dionysiaque ». Elle revêt aussi des formes redoutables dans les violences commises sur les populations civiles en tant de guerre.
L‘homme occidental découvre alors, hébété, que tout son système de valeurs ne lui permet pas de donner sens à la violence qui se déchaîne dans l’excès : il parle du Mal. Il cherche des causes dans les traumatismes individuels et collectifs (les politiques de discrimination, les revanches historiques, les excès d’autoritarisme).
Dansnosviesetnos préceptesmaçonniques : Nouspratiquonsla tolérance,cequivaàl’encontredecequise pratiqueailleursenparticulierdanslemondeprofanequecesoitdansles domaines politiques , économiques, religieux. Ici nous sommes dans un havre de paix, nos origines et nos pensées diverses nous conduisent à nous écouter et à nousapprécier,àfairenotrecheminensembleenrespectanttoutesnos différencesetenappliquantlamaxime«situdiffèresdemoimonF.°.,cette différence, loin de me gêner, m’enrichit».
Autreaspect : lesecretmaçonniquequidérangebeaucoupcarlemondeprofane voudraitunetransparenceabsolue,àl’imagedecellequiexistedansla « pipolisation »desmédiasactuels.Est-ced’ailleursdela transparenceouau contraire un habile maquillage ?
Or notre secretcommence avec notre initiation, et malgré tous les livres et articles publiés sur notre Ordre, nous ne pouvons pas le partager.
Notretransgression nous a fait passer de l’autre côté du miroir, sans volonté ni d’ostentationnidechoquer,et souventlorsquenousnousdévoilonsnous sommesregardésparlesprofanescommedesbêtesunpeucurieuseset mystérieuses qui vivent certains moments de leur vie dans un monde à part.
L’objetdelaFMc’estnotamment derechercherlaVéritécequiimpliquequenon seulement nous ne la détenons pas mais que c’est une quête sans fin.
Nous pratiquons la vertu, mais avons-nous la possibilitéde devenir des êtres amoraux, voire immoraux ?
Probablement pas carnous avons comme principes: la tolérance mutuelle, le respect des autreset de soi-même et par-dessus tout la liberté absolue de conscience. Jecrois qu’il nous est reconnu,après avoir étudié la morale et en respect des principes que je viens de rappeler, la possibilité de nous bâtir, chacun avec notre intelligence propre et notre sensibilité, une moralequi nous parait la plus appropriée. Cette morale n’est pas le fait d’hommes repliés sur eux-mêmes, enfermésdansunindividualismeforcenéouunepenséeuniqueetuniforme puisque nous nous pratiquons la solidarité et que nous visons l’amélioration et le perfectionnement de l’Humanité dans les domaines moral, intellectuel, matériel et social. Et tout cela dans le respect de nos diversités professionnelles, religieuses politiques et philosophiques que nous traduisons dans notre langage si fleuripar la formule « laisser sesmétaux à la porte du temple ». Ce qui ne signifie pas pour autant que nous abandonnons notre liberté de penser et de penser différemment les uns des autres. C’est dire, au vu de tout ce qui vient d’être énuméré et décrit, si notre champ d’investigation est ouvert pour réfléchir, penser et progresser ensemble.
Si tout cela était déjà transgressif par rapport à l’ordre établi au moment de la rédaction de nos Constitutions, ça l’est encore plus dans un monde qui se durcit, qui nous propose un libéralisme économique absolu, qui glisseverslecommunautarismereligieux,quiadeplusenplusdemoyens de communicationetdanslequellasolituden’ajamaisétéaussigrande.
Ilme semble donc qu’en FM, nous pratiquons allègrement la transgression.
Enfin et pour conclure,selon legrandprincipecontenudansnos Constitutions : « nous nous refusons à toute affirmation dogmatique » ; c’est à dire que, de surcroît, toutcequejeviensdevousraconter,nousn’enfaisonssurtout pasunevérité indiscutable dont nous serionsabsolumentet définitivement sûrs, etnous nous contentons simplement de le proposer à qui en voudra bien…
Cette manière singulière de penser et de faire,je la revendique …et tout à la foisje me réjouis mes Fde pouvoir la partager avec vous.
J’ai dit