12° #409012

Un grand voyage avec 7 escales et un atterrissage en cours de finalisation

Auteur:

P∴ V∴

Obédience:
Non communiqué
Loge:
INTIMUM TEMPLUM N°1 à l’Orient de Limoges

A la Gloire du Grand architecte de l’Univers
Ordo ab chao, Deus meumque jus
Au nom de la Franc Maçonnerie Universelle
Sous la juridiction du Suprême Conseil des Origines

1

Sublime G M, mes SS, mes FF

Quinze mois d’Apprentissage (A le 17/12/2004), vingt et un mois et 4 jours de Compagnonnage (C le 17/03/2006), quarante mois de maîtrise en Loge Bleue (M le 21/12/2007) avant de rejoindre les Ateliers de Perfectionnement et d’être élevé au 4ème degré (MS le 21/10/2011).

Approche du grade de Maître Secret pendant moins d’un an suite à démission (du 16/09/2012)  liée aux péripéties G L N F. Régularisation à ce grade (le 24/11/2014) à vos côtés après 26 mois et 8 jours de carence avant d’être propulsé au 12ème degré même pas trois mois plus tard (cérémonie de réception du 23/02/2015) !

Tout ceci pour mettre en exergue la vitesse avec laquelle se déroule mon parcours maçonnique : plus de six années me sont nécessaires pour rejoindre les Ateliers de Perfectionnement et moins d’un trimestre pour devenir Grand Maître Architecte (G M A).

Je suis un peu perdu, déboussolé et m’interroge sur ma place parmi vous : suis-je à la hauteur de vos attentes, de ma propre quête ?

J’avais cru comprendre qu’ initiation, passage, élévation devaient d’être vécus physiquement, intellectuellement, psychiquement, intérieurement pour être appréhendés, sentis et ressentis afin de nous conduire vers l’intelligence intuitive. Me voilà devenu G M A sans avoir bénéficié des cérémonies de réception du 5ème au 11ème grade.

Je suis frustré de ne pas avoir découvert de visu la décoration et les attributs des Officiers en lien avec chacun de ces degrés, de ne pas avoir effectué les voyages correspondants, de n’avoir point été instruit en direct des instructions s’y rapportant (âge, marche, mots de passe, mots sacrés…), des batteries y afférant…

Certes j’ai pu lire et j’ai lu les rituels ponctuant chacun de ces degrés intermédiaires mais je n’ai pas goûté à l’émotion qui peut accompagner chacun de ces moments privilégiés. J’ai le sentiment de savoir ce que symbolisent ces grades sans en posséder pour autant la connaissance. Alors me voici devant vous quelque peu désarmé, je l’avoue. Mon travail se limitera donc à un essai de partage sur ce que je crois avoir assimilé au cours de mon cheminement maçonnique et je compte sur vous pour m’épauler dans cette voie qui m’enrichit chaque jour davantage.

J’ai été reçu Maître Secret (M S) tant au vu de mes qualités de fidélité, d’accomplissement du devoir qu’eu égard à ma faculté à raisonner non seulement intellectuellement mais aussi spirituellement. Ainsi admis au rang des Lévites à ce 4ème degré endeuillé, je me dois de « chercher l’idée sous le symbole ».

Au 5ème grade c’est le nombre 4, celui de la matière, qui l’a emporté : le Maître Parfait (M P) que je suis doit rechercher la Parole perdue (le Paradis) dans le sanctuaire de son temple intérieur, dans son cœur. S’achève la période du deuil et des funérailles avec son urne contenant le cœur embaumé d’Hiram et débute la reprise de la construction !

Me voici devenu Secrétaire Intime (S I) au 6ème degré et « mon zèle a été pris pour de la curiosité » : servir c’est parfois aussi oser, transgresser, vouloir comprendre, entrer dans le secret pour participer à la connaissance et alors l’indiscrétion se fait vertu. Cet épisode qui aurait pu être tragique nous offre la possibilité de reformer le triangle et de repartir vers l’unité (omni présence de Yod).

Le symbolisme de la balance orne mon accession au 7ème degré. Prévôt et Juge (P§ J) me voici, entouré et épaulé, au cœur de cette harmonie entre pensée et action, équilibre entre existence profane et tâche maçonnique, entre Justice divine et celle des hommes qui, pour être impartiale et maintenir concorde et unité, doit être guidée tant par le cœur que par la conscience. Il m’a été confié une clé d’or…mais pour approcher le Saint des Saints,  me faudra passer par les ténèbres figurées par cette boîte d’ébène ! Cette clé qui m’ouvre le chemin de la Sagesse du Maître disparu est un sublime témoignage de confiance puisqu’elle donne l’accès aux plans du Temple

Nommé, au 8ème degré, Intendant des Bâtiments (Id. B), je me substitue à Hiram et l’étoile mystérieuse me guide : je suis éclairé par l’Amour de mes SSet FF et je peux désormais distinguer l’essentiel du futile, le durable du transitoire et je sais maintenant marcher sur le Pavé Mosaïque ! Il m’est confié la décoration du Saint des Saints. Du 5ème au 8ème degré sont prônées l’organisation du temple, la réflexion intérieure : le M P connaît le cercle et sa quadrature, le S I sait faire preuve de discernement, le P§ J apprend à se jauger et à juger sereinement, l’Id. B s’attache à construire son propre temple.

Le 9ème degré aborde les 3 grades dits de vengeance ou degrés noirs où sont promus, par tirage au sort, des élus pour châtier les assassins d’Hiram. Cette caverne n’est pas sans nous rappeler le cabinet de réflexion qui a tant marqué nos esprits lors de notre initiation, mais n’est-il pas nécessaire de passer par les ténèbres pour prétendre accéder à la Lumière ? Ce poignard qui frappe de haut en bas ne s’apparente-t-il pas à l’éclair, à la foudre qui illumine ? La justice lumineuse représentée par la balance n’a-t-elle pas comme autre face le glaive illustrant l’aspect obscur de la vengeance ? Et ce chien présent que nous évoque-t-il ? Avec la légende de l’Elu des Neufs (Ed. N) est traité le thème de la vengeance personnelle impulsive (le vengeur n’est plus un homme libre) mais également celui de la tolérance et de la clémence dont saura faire montre Salomon qui sait entendre le soutien collectif des autres maîtres élus. Cette lame qui pénètre l’un des 3 mauvais C en guise de représailles ne symbolise-t-elle pas, telle un miroir, une descente au plus profond de nous-même pour nous purifier et détruire en nous une partie de nos vices encore ancrés, comme l’ignorance que nous devons remplacer par la Connaissance ?

Le symbolisme du 10ème degré repose sur le nombre de 15 maîtres choisis, dont les 9 susvisés, ayant pour mission de partir à la recherche des 2 autres mauvais compagnons pour qu’ils soient jugés et condamnés. L’Illustre Elu des Quinze (I E d. Q) doit permettre de substituer ainsi la Tolérance au fanatisme et le Détachement à l’ambition démesurée. La barbarie et la cruauté des châtiments peuvent nous interpeller mais ne sont pas sans nous rappeler les punitions évoquées en cas de non respect de nos engagements lors de nos prestations de serments. Observons en outre que cette souffrance de l’autre nous renvoie à notre propre fragilité : les bourreaux éprouve la souffrance des deux suppliciés. Alors amour de la Violence ou violence de l’Amour ?

Le 11ème grade de Sublime Chevalier Elu (S C E) clôture ces grades de vengeance en récompensant 12 d’entre eux qui sont alors nommés « Excellents Emeth » c’est-à-dire « Hommes vrais en toutes circonstances et se voient communiquer le contenu de Tabernacle ainsi que les Tables de la Loi gravée et sont armés de l’épée de Justice pour diriger les 12 tribus d’Israël ». (On peut s’interroger sur l’arbitraire de ce choix à l’origine du Grand Chapitre)

Ces 3 grades de vengeance sont construits à l’image de la voie maçonnique : construction avec ses phases d’élévation, de destruction ramenant aux fondations pour une meilleure progression. L’aboutissement du 11ème degré c’est l’accès enfin au sacré, à la construction non plus du Temple de Salomon mais à celle du peuple élu : choisir un nouveau mode du comment vivre en opposant à la mortalité individuelle l’immortalité collective par la transmission de la Tradition.

Lutter contre la mort physique en spiritualisant notre esprit d’une mission de continuité dans l’univers, comme dans l’ordre des choses. Passer de la connaissance de la Construction à la construction de la Connaissance !

L’Amour doit nous permettre de dépasser les souffrances terrestres pour tenter de nous perfectionner en vue d’approcher la Vérité absolue qui réside dans l’inaccessible.

Voici donc passés en revue, survolés, ces sept grades intermédiaires appréhendés par la seule lecture des rituels, d’ouvrages appropriés et d’une demi douzaine de morceaux d’architecture de SS et FF

Je me devrais maintenant de traiter du 12ème degré de G M A mais le Sublime Grand Maître qui préside à nos travaux tient son chronomètre en mains…

Juste une faveur à vous demander, simplement me donner le bonheur de vous exprimer au travers d’un prochain travail mes impressions sur ce douzième degré… Vous faire part de mon approche de la symbolique du nombre 12, partager ma compréhension de la nouvelle terminologie liée à ce grade si particulier, vous confier ma vision d’un guide suprême (quelque soit le nom qui lui soit donné), découvrir avec vous les secrets de l’étui de mathématiques, vous dire l’importance que revêt à mes yeux le principe de création d’une école d’architecture.

Ce douzième grade qui ouvre la voie au sacré est essentiel pour la transmission et donc pour la réalisation du Beau, du Bien et du Vrai.

G M A, je ne suis plus un simple ouvrier qui exécute car je sais tracer des plans et je suis en capacité de modeler mon propre espace.

J’ai dit.

Sources documentaires et bibliographiques :

Vade-mecum des Hauts Grades de Claude DARCHE (éditions DERVY).
Symbolique des Grades de Perfection par Irène MAINGUY (éditions DERVY).
Rituels des Loges de Perfectionnement du 5ème au 12ème degré R E A A de la G L E F U Loge Intimum Templum
Travaux de SS et FF issus du site internet l’Edifice http://ledifice-edition.net/

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