13° #410012

La neuvième voûte

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C’est après avoir découvert les ruines du temple de Salomon et être descendus au fond d’un puits que les 3 mages traversent 8 voûtes obscures, éclairés seulement par une torche. Chaque voûte les a fait cheminer alternativement de la colonne de la Rigueur à celle de la Miséricorde. Après avoir visité l’intérieur de la terre en passant de porte en porte, en remontant l’arbre des sefirots, leur conscience s’est élargie. Ils atteignent alors la 9è voûte.


Ils sont surpris, effrayés, éblouis car elle est splendidement éclairée. Dans le milieu, 3 lampadaires dont les lampes brillent d’un vif éclat illuminent la merveilleuse architecture de cette voûte taillée dans le roc. Contrairement à une caverne, cette voûte est une œuvre humaine manifestation d’une volonté, d’une intention.


Très impressionnés par la majesté du lieu, ils enlèvent leurs chaussures et rajustent leur coiffure « comme en un lieu saint », puis s’inclinent devant les lampadaires.


La forme circulaire de la 9è voûte c’est la perfection dont le cercle est le symbole. Le monde souterrain sous forme de grotte, de puits ou de caverne suscite l’idée de la crainte d’un danger, d’un péril à traverser. Mais, cette vision du souterrain est ambivalente comme tout symbole car aussi lieu de germination et matrice de la vie.



De sephirah en sephirah, les mages ont progressé vers la lumière, qu’ils découvrent dans toute sa splendeur. Cette voûte est la synthèse de la terre et du ciel. En son centre, là où justement la terre et le ciel s’unissent, se trouve un autel de marbre blanc, de forme cubique et sur cet autel une pierre d’agate.


Ils ont atteint l’espace sacré, retrouvé la Vraie Lumière, tous les outils et symboles de leur construction. Dans ce lieu, ils reçoivent la plénitude de l’initiation : la révélation du Nom ineffable et imprononçable gravé mais caché sous la précieuse pierre d’agate.


Ils sont au « Centre de l’Idée ». Ce Centre est le point le plus profond de chaque initié, de chaque être humain. C’est le lieu où l’on peut rencontrer Dieu après l’avoir longuement cherché.


Le neuf, nombre céleste, dernier de la série unitaire des nombres, annonce à la fois une fin et un recommencement, une transposition sur un autre plan. Nombre de la plénitude, il donne la mesure de la gestation humaine, c’est le couronnement des efforts, l’achèvement d’une création. Il est un symbole de justesse et de perfection, la projection du ternaire multiplié par lui-même.


9 Maîtres sont partis à la recherche d’Hiram.


Tous les âges des ateliers de perfection, en dehors des grades de Maître Parfait et Prévôt et Juge, sont des multiples du nombre 9.


La 9è voûte est éclairée par 3 lampadaires à 3 branches, pourvues chacune de 3 lumières devant lesquels les 3 mages s’inclinent 9 fois.


Ce nombre 9 symbolise l’accomplissement nécessaire au cycle de perfection, avant d’accéder à un autre cercle de connaissance.



La découverte au fond de la neuvième voûte du nom ineffable et la destruction du temple portent un sens en soi. Comme nous l’indique le 12è degré, tout temple est un symbole de l’univers : macrocosme. Le 13è degré nous fait découvrir que ce temple est bâti sur une crypte, voûte sacrée, expression du microcosme qu’est chacune de nous face à ce macrocosme.


En même temps, il nous fait comprendre qu’au fond du fond des 3 fois 3 voûtes, au plus profond de nous même, nous pouvons découvrir le sens transcendant de notre relation à l’Univers.


Cette perception intérieure de la relation du microcosme au macrocosme, de notre intégration intime dans la superbe architecture de l’Univers est une alliance entre l’Homme et l’Univers.


Le temple non seulement peut être détruit, mais il doit l’être car il représente une étape encore exotérique de notre relation avec le Grand Architecte de l’Univers.


Notre alliance intérieure profonde avec lui réside sous la voûte sacrée, au fond de chacune de nous, et nous sommes appelées à nous libérer du temple extérieur pour quitter jerusalem, nous disperser et transmettre. Enseigner et non juger ou régner. Etre un exemple, dans la mesure du possible.



Notre « précieux trésor », l’expression de notre Connaissance, de notre alliance, est propre à chacune de nous. Elle est construite au plus profond de nous même et ne peut pas être enseignée comme une révélation construite, mais seulement transmise de cœur à cœur, lettre par lettre.
Elle n’est pas transmissible comme un savoir, explicitée et construite comme la démonstration du théorème de Pythagore. Nous ne pouvons en transmettre que l’aspiration ainsi que le chemin qui y mène tout en étant attentifs à la progression et aux questionnements de ceux qui nous entourent.


Cette 9è voûte n’est-elle pas un lieu sacré où nous nous retrouvons en paix dans l’intimité de notre cœur, un lieu où nous pouvons contempler le nom de Dieu?


Ne nous ramène t-elle pas à l’époque mythique où la parole n’était pas perdue, où l’homme communiquait encore avec Dieu?


Ce lieu qui nous est transmis par une longue tradition initiée par Enoch, cette voûte sacrée où nous avons contemplé une vision qui nous transcende, se tient à proximité du buisson ardent de la tradition biblique.


Il nous faut hélas quitter cette voûte sacrée, ce lieu de paix, cet Eden qui a été détruit, car nous ne sommes que des humains inscrits dans notre propre histoire. Nous ne pouvons pas comme Enoch vivre éternellement hors du monde. Nous ne pouvons que garder en nos cœurs ce reflet de la transcendance du Principe de l’Univers que nous avons côtoyé, et partir sur les chemins terrestres pour tenter de la transmettre à nos Sœurs.



Cette neuvième voûte, nous la portons en nous, au plus profond de notre cœur, là où nous avons découvert et construit ce que nous avons chacune décidé de considérer comme sacré dans l’expression de notre relation avec l’Univers et de notre amour de l’autre, des autres.


Nous ne serons jamais parfaites, mais nous chercherons toujours à perfectionner notre comportement moral.


Cette vérité de l’Art Royal, n’est-elle pas l’humble affirmation que chaque être humain porte en lui une parcelle de sacré, une petite étincelle qui est le reflet du Grand Architecte de l’Univers? Que cette lumière, chacune pourra l’approcher et la côtoyer mais qu’elle ne l’a trouvera qu’en elle-même, dans son intériorité?



J G



Bibliographie :


Les rituels du 4è au 14è degré


« Symbolique des grades de Perfection » Irène MAINGUY


« La voûte sacrée de la Maîtrise à la Perfection » Alain POZARNIK


« Mystères de la Kabbale » Marc-Alain OUAKNIN


« La symbolique de la Loge de Perfection » Raoul BERTEAUX

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