13° #410012 Les Degrés de perfection Auteur: D∴ H∴ Obédience:Non communiqué Loge: Non communiqué Le temps qui m’est imparti pour traiter ce sujet, si vaste, ne me permet pas, bien sûr, d’en évoquer toute la richesse. J’essaierai donc d’en extraire deux idées que je crois importantes :·La recherche de l’unité·La complémentarité de la verticale et de l’horizontaleIl y a, visiblement une continuité du 1er au 14ème degré, de l’apprenti qui taille sa pierre informe au Grand Elu de la Voûte Sacrée qui se trouve dans le temple de Salomon…Quel chemin parcouru…en principe !La loge de perfection est hantée par le souvenir de Hiram Abi et dominée par la grande figure de Salomon.Elle nous invite à la liberté intérieure seule garante de toute autre libération. C’est sous la 9ème arche que le cherchant parvient au centre de l’Idée. Là où il acquiert une parcelle de liberté intérieure. Là le sentiment de l’authentique le pousse, chevalier vainqueur, à affirmer sereinement : « Je suis qui je suis » « je suis ce que je suis ». Et alors le chevalier s’illumine de sa lumière divine.La Loge de Perfection, où plutôt de perfectionnement livre sa finalité spirituelle dès le 4ème degré. On va y chercher l’harmonie entre le Moi et le Soi, entre le conscient et l’inconscient, et avec les autres. C’est la recherche de l’unification de la personne de l’initié, la montée vers le Un, la cause première. Il va falloir briser nos chaînes, nos angoisses pendant ces voyages dans les profondeurs que représente la descente de notre conscient vers notre inconscient. Car la lumière aime l’obscurité, angoissante et terriblement fascinante. Toute descente en soi appelle le combat avec le gardien du trésor, nécessite le renoncement sacrificiel sanglant ou sublimé (dépouillement) et s’achève, si les processus initiatiques ont été menés avec bonheur, par la conquête du trésor. Avec l’Elu des Douze, le mythe du sacrifice achève un cycle. Après le sacrifice et la découverte des trésors, il se trouve en un centre, le centre même de l’état humain. Le Moi conscient s’est assimilé une parcelle divine du soi, de l’inconscient collectif et s’est trouvé de ce fait recentré. L’Elu des Douze se trouve dans l’intégralité de son être, son humanité. Il est consacré Nasia Emeth que l’on peut traduire par Homme de Vérité. Si cet homme n’est pas roi du moins est-il Prince. Nous verrons avec les 13ème et 14ème degré une nouvelle étape s’annoncer dans la réalisation spirituelle, dans l’élargissement de la conscience.En effet, dès le 4ème degré tout converge vers l’archétype de l’unité, du principe, de l’absolu.Le rituel nous dit :« La lumière que vous portez »« Nous vous rendons la lumière »Le chemin de la lumière est donc dans la quête intérieure. Chacun de nous est bien le dépositaire ignorant, car dans les ténèbres, de la connaissance. Après le meurtre d’Hiram, les Maîtres Secrets et les Maîtres Parfaits ressentent angoisse et culpabilité, et c’est dans le devoir et, par-là, dans la recherche de l’unité, de la Parole perdue qu’ils tenteront de résoudre les poussées contradictoires qui sont en eux, en les assumant et en les vivant sur un autre plan, celui de la quête.Il s’agit de prendre conscience de notre capacité d’appréhender le mystère qui est en nous avec amour, dans la beauté. Il s’agit de faire en sorte que l’objet sur lequel nous portons notre attention devienne sujet, c’est à dire ne fasse plus qu’un avec nous dans une communion complète avec lui. Le sceau de Salomon est le symbole de l’ouverture de la transformation spirituelle. Il est aussi un des symboles de la montée vers l’Un.Le nombre 9 est un autre de ces symboles de cette montée. Il structure la Loge de Perfection. C’est le nombre de la perfection des perfections humaines, les limites même de ce que nous ne saurions dépasser car après est le 10 c’est à dire le 1,l’ Unité.Je voudrais maintenant vous faire part d’un état étrange qui prend naissance en moi lorsque j’étudie ces grades de Perfection. Difficile à expliquer : c’est comme une onde qui part de l’intérieur de moi prend de l’expansion puis se rétracte en revenant à son origine telle une respiration ample.J’avais déjà ressenti ces symptômes lors de ma planche d’élévation au 3ème degré dont le titre était l’Etoile Flamboyante. Celle-ci m’attirait et en même temps répandait une énergie telle que mon corps battait à l’unisson.Etoile, fenêtre du monde, porte étroite qui mène au ciel.Etoile, foyer d’un univers en expansion.Cettesensation de régression et d’expansion est présente à tous les degrés de la Loge de Perfection.La régression se ressent au 4ème et 5ème degré, étape de recueillement de ressourcement, comme un mouvement de centration de l’individu vers l’essence de son être. La pénétration de l’Elu des 9 dans la caverne exprime ce même retour sur soi et va même jusqu’à l’origine, la matrice, la conscience du monde, époque fabuleuse où la conscience se noyait dans la béatitude de la fusion primordiale. Ce mythe de la descente, ici vers le centre de son être, est sublimé au 13ème degré qui oriente cette descente vers un centre spirituel évoquant l’idée de l’Unité ramassée en un point équidistant de toutes les manifestations.L’Apprenti se doutait déjà qu’il y avait, métaphysiquement, un centre en déambulant autour du tableau de loge. Le Chevalier de Royal Arch sait qu’il y a un centre et peut dire « Je suis au centre……Je suis le centre ».Les 4ème, 5ème,9ème, 10ème, 11ème, et 13ème degrés renouvellent, en les confondant, la portée symbolique de la perpendiculaire et du tertre de terre noire où est enseveli Hiram.Il s’agit bien d’un retour aux sources, aux eaux mères de la Genèse.Elles seules permettent au Pèlerin, fatigué de marcher sur la terre des hommes, de se désaltérer et, au sens figuré, de se ressourcer. Ce ressourcement est indispensable à notre développement dans la relation avec nos frères ; la fraternité, l’amour lui en sont redevables. Une des beautés essentielles du REAA est de prévoir ces moments de ressourcement.Mais, qu’ils soient Prévôts, Juges, Intendants des Bâtiments, Grands Maîtres Architectes où Grands Elus de la Voûte Sacrée, ces Maîtres, œuvrant sur la terre des hommes, se doivent de bâtir la cité des hommes. Ils sont voués au service d’autrui, leurs œuvres élèvent l’Autre. Ces degrés sont marqués par le signe du voyage et celui du partage. Ils établissent un lien entre les hommes, fondent la loi, la transmission. Tout entier, tournés vers la réalisation de l’Oeuvre, ils s’épanouissent dans le regard serein de l’autre. Ils appartiennent à la lignée du Compagnon. Ils s’inscrivent dans un mouvement horizontal.Retour sur soi : contractionPartage : expansionLa pulsation ressentie devant l’Etoile Flamboyante s’installe, s’amplifie.La succession de ces mouvements verticaux puis horizontaux finit par évoquer le symbole fondateur et archétypal de la croix, image grandiose, à l’instar de la spirale, grand symbole ordonnateur de l’Univers.Le moment bref entre une contraction et une expansion, symbolisé par le centre de la croix, est un moment de bien-être infini. C’est là que se dénouent les tensions, celles créées par le meurtre d’Hiram qui se dénouent avec le Secrétaire Intime, où l’Initié est de nouveau en paix avec lui-même ; stabilité, état d’harmonie provisoire où le ternaire est reconstitué et l’œuvre peut continuer. La tension est dénouée mais toujours présente ; le mot n’est pas retrouvé, les meurtriers restent impunis.Avec le 11ème degré, nouvelle accalmie et au 13ème degré, le Chevalier de Royal Arch, dans une contraction (régression) entame une descente sacrificielle qui l’amène à la découverte du Nom Ineffable. L’harmonie est retrouvée et le Grand Elu peut répandre la bonne nouvelle. Comme une contraction et une expansion ne peuvent exister en même temps, la recherche de l’indifférencié et la poursuite de l’œuvre ne peuvent être concomitantes. Il y a donc toujours le sacrifice de l’une ou de l’autre. Vouloir faire l’œuvre et en même temps la fusion c’est vouloir économiser la souffrance de la cassure (c’est ce que font les drogués par exemple).On ne contourne pas impunément la source unique du Bien et du Mal, on ne goûte pas sans malédiction le fruit de l’arbre de la Connaissance. La Franc-Maçonnerie ne propose pas de Paradis artificiels. Elle sait la valeur du renoncement (Gloire au Travail !). La liberté se trouve dans la prise de conscience de cette souffrance, entre deux énergies.Des degrés proposent l’abandon du Moi dans un refuge fusionnel, d’autres attirent l’Initié vers la construction, la réalisation partagée, en un mot vers la progression. Alternance qui fonde la vie, l’espérance et le progrès. Elle s’oppose aux dogmes, aux idéologies, car elle est perpétuellement une volonté de se dépasser. Fondamentalement, elle est le besoin d’aller plus loin.Passages de la parole au silence, du silence à la parole.Passages représentés par les clefs, les marches, les portes et la trappe du 13ème degré.Le Chevalier de Royal Arch a vécu un enfouissement dans la terre. Le Principe aresplendi dans l’obscurité. A lui de remonter jusqu’à la 1ère voûte, en haut, jusqu’à la surface de la terre des Hommes, d’ouvrir la trappe carrée et d’admirer dans la découpe le cercle de la Voûte Etoilée.A lui de réaliser la quadrature du cercle, mandala des Grands Initiés.C’est quand il est le plus Un que le genre humain ressemble le plus à Dieu ou à la cause originelle. Car en elle est la vraie manière de l’Un. Or, le genre humain est Un quand il se fond tout entier en un corps, ce qui ne peut être que quand il est, tout ensemble, soumis à un seul Prince, un seul Principe.Le Tout est le multiple qui se trouve ordonné par son unité de principe, de même que la dualité de la Terre et du Ciel n’introduit pas à une pensée dualiste, à une division de l’Humain, à un antagonisme du sensible et de l’esprit mais décrit bien l’œuvre de création dans sa manifestation différenciée où chacune des deux voies que l’on doit emprunter ne saurait s’opposer à l’autre et venir la nier.Chacune des deux voies ne devrait pas empêcher l’autre mais au contraire se complémenter afin de remonter à l’Unité Première non plus Tout réuni mais Origine de ce Tout, à la lumière de laquelle l’Union même de l’Humanité serait l’Union mystique dechacun de ses membres.La montée vers l’Un, les parcours sur l’horizontale et la verticale nous ont conduit vers le Tout réuni.Pouvons-nous aller plus loin ?Pouvons-nous dépasser la barrière séparant : le relatif de l’absolu, le fini de l’infini, l’humain du Divin, le réel de l’ineffable ?Le 9 marque l’achèvement parfait, aux yeux de l’homme, de la spiritualité de la matière. Au delà du 9, la dualité s’abolit, nommer est impossible, car nommer divise le monde entre l’objet de la connaissance et le sujet connaissant. Restons humble devant la grandeur divine. Les degrés de perfection structurés par le 9, nous font entrevoir le 10 et se gardent bien de le nommer. Nous ne pouvons qu’épeler le nom Ineffable. Le temple, si nous ne montrons pas de vigilance, peut encore être détruit comme celui de Salomon par les armées de Nabuchodonosor.Ne pas vouloir pénétrer l’impénétrable est une des leçons des degrés de perfection.Je le dis, vous le savez, je suis loin d’être parfait mais pendant ces années de Loge de Perfection j’ai acquis une « nourriture de vie » qui remplit merveilleusement celle-ci, lui a donné un sens et l’envie de m’améliorer encore et encore.J’ai dit. Navigation des articles Planche Précédente "La 11éme Porte" Planche Suivante "Hénoch l’initié initiant"