Ce que la vertu a uni, la mort ne le séparera pas
Non communiqué
Tel est le
sujet de réflexion que vous m’avez soumis.
• La vertu
• La mort
• La table des Propitiations et l’anneau dans le contexte symbolique du 14°
• Les conclusions
LA VERTU
A l’origine le bien et le mal sont indifférenciés, la loi cosmique règne.
La vertu et son contraire le vice sont des notions humaines permettant de différencier ceux parmi les hommes qui savent discerner le bien du mal et qui sont disposés à pratiquer le bien dans le plus grand respect de l’Harmonie Universelle, des autres qui n’y attachent aucune importance.
Tout juste accueilli dans le temple, le candidat à nos mystères s’entendra poser la question suivante : « Monsieur qu’est-ce que la vertu ? »
Alors qu’il se risque à une réponse souvent approximative le VM lui dit : » La Vertu est une force de l’âme qui nous porte à faire ce qui est bien, même au détriment de notre propre intérêt. »
La graine est semée, le temps fera son œuvre.
Du point de vue du monde profane le terme vertu est donné, aux pouvoirs bienfaiteurs ( plantes, eaux …) , aux qualités que l’homme doit avoir pour se diriger dans la vie ( les vertus cardinales, la prudence, la tempérance, ta justice, la force), ou à l’état qui régit ses relations avec Dieu ( vertus théologales, foi, espérance, charité)..
En maçonnerie les trois piliers qui soutiennent la loge : la force, la sagesse, la beauté ou plus tard l’obéissance, la fidélité, sont autant de vertu qui se différencient de la vertu originelle; le principe, l’idéal, comme autant de rayons En s’éloignant du centre.
La vertu est un principe Actif, une Action dont l’auteur n’attend pas de contrepartie. Elle révèle la faculté qu’à l’homme, de discerner les aberrations provenant dus du monde profane de vérité, de dépasser le formalisme.
La vertu est révélatrice du devoir, elle en est la manifestation extérieure, l’acte concret sans lequel notre idéal ne serait qu’Utopie.
La pratique de la vertu nous permet de faire régner l’harmonie en nous-même par la mise en pratique de notre idéal, justifiant ainsi la nécessité de notre démarche. Lorsqu’un Maitre Maçon devient GEDLVS, sa progression initiatique correspond à un couronnement dont la pratique de la vertu est nécessairement devenu l’axe de son action au quotidien nous dit Irene Mainguy.
La vertu unit :• Le spirituel au temporel
• Le sacré au profane
• Le devoir à l’homme.
LA MORT
Etat définitif, terme de : (un cycle, la vie …) passage obligatoire, ou l’enveloppe charnelle entame cet instant le cycle de sa décomposition.
En tant que symbole, la mort est l’aspect périssable et destructeur de l’existence.
Elle indique ce qui disparaît dans l’inéluctable évolution des choses et se rattache ainsi à la symbolique de la terre.
L’être frappé par elle, sombrera dans les enfers ou se verra dévoiler des champs de lumière suivant qu’il aura vécu au niveau matériel ou spirituel.
En ce sens, elle est aussi l’introduction dans les mondes inconnus, ce qui montre son ambivalence et la rapproche des rites de passage, elle est révélation et introduction.
Le mystère de la mort est traditionnellement ressenti comme angoissant, signe de résistance au changement. Fille de la nuit et sœur du sommeil, elle possède comme sa mère et son frère le pouvoir régénérateur.
En alchimie, le sujet qui donnera la matière de la pierre philosophale enfermée dans son récipient clos, doit mourir et se putréfier.
La mort à plusieurs significations, libératrice des peines et des soucis, elle n’est pas une fin en soi.
Elle ouvre l’accès au règne de l’esprit à la vie véritable.
Au sens ésotérique, elle symbolise le changement que subit l’homme par l’effet de l’initiation.
Médecins et psychologues s’accordent à dire que tout être humain à tous ses niveaux d’existence, voit coexister en lui la mort et la vie, révélation des forces contraires.
La mort à un niveau parait être la condition de la vie à un autre. La fin de l’homme matériel va libérer l’homme spirituel.
L’ANNEAU
Le maçon introduit dans la voûte sacrée trouve sur la table des propitiations: douze pains, une coupe pleine de vin et un anneau sur lequel est gravé « Ce que la vertu a uni, la mort ne le séparera pas ».
La table des propitiations symbolise l’acte sacrificiel offert à un dieu pour le rendre favorable, en vue d’obtenir l’expiation, le pardon des péchés nous dit la Bible. Est-ce que cela doit il être compris par l’alliance que nous allons sceller avec la vertu?
Le pain symbolise la nourriture spirituelle. La tradition veut que BEITH-EL la maison de Dieu soit devenue BEITH-LEHEM la maison du pain changeant la présence symbolique de Dieu en présence substantielle, en nourriture spirituelle.
12 est le nombre de pains. Douze est le nombre de ce qui est achevé, qui forme un tout, un ensemble harmonieux et parfait. Dans les civilisations judaïques et orientales antiques, il correspond à la plénitude, à l’achèvement et à l’intégralité d’une chose. Il symbolise aussi l’ordre et le bien, et régit l’espace et le temps, c’est-à-dire le fonctionnement du Cosmos, d’où son appellation nombre cosmique. Il est symbole de nourriture matérielle et spirituelle, de par les 12 pains que le Christ-Jésus rompit à la dernière cène, Lui-même étant le pain de vie. Aussi, selon la Bible, douze sert à exprimer «l’élection».
L’anneau, dont nous ne connaissons ni la forme, ni la matière qui le compose sert à marquer un lien, à attacher. Il apparaît comme le signe d’une alliance fidèle librement accepté. Il est relié au temps et au cosmos. L’anneau possède des pouvoirs magiques. Sur le plan ésotérique il est en réduction la ceinture protectrice des lieux conservant soit un trésor soit un secret.
Le fait de trouver cet anneau sur la table des propitiations laisse supposer qu’il ne doit pas être remis au candidat, pas plus que le pain doit être partagé, et le vin consommé.
Il s’agit dans ce contexte de suggérer un engagement à venir bien plus important
CONCLUSION
L’ensemble des symboles indiquent clairement qu’il est proposé aux maçons de contracter une double alliance avec la vertu et les hommes vertueux pour l’éternité.
La mort sur le plan physique comme sur le plan initiatique est libération de l’esprit, elle est nécessaire à l’avènement de l’homme spirituel. Or, dans le contexte précis nous ne savons pas de quelle mort il s’agit.
La mort physique n’est pas intervenue et l’ensemble des symboles laisse prévoir une mort initiatique à venir.
Toute alliance est une obligation librement consentie qui nous lie à nous même, devenant un devoir.
Cette obligation est permanente, il nous est toujours possible de désobéir, ce qui arrive parfois. Mais la désobéissance n’annule pas la valeur de cette obligation, ce n’est qu’une transgression du devoir qui lui constitue une valeur permanente.
Accomplir son devoir, c’est manifester notre fidélité à nous même, à notre système de valeur qui nous permet de distinguer le bien du mal. Cet idéal est intention pure ne relevant que de lui-même, indépendamment de la réalité. Il ne peut être que postulé au-delà du monde de la manifestation.
L’éducation et la réflexion personnelle, la réalisation de notre initiation, conforté par un travail continu a pour objet de nous faire passer de l’homme profane, à l’homme spirituel.
Il faut qu’il y ait cohérence entre notre idéal et nos actes. Nous devons rechercher la transcendance tout en accomplissant nos obligations profanes.
J’ai dit.