14° #411012

Le 11° Degré, final des grades de vengeances

Auteur:

B∴ F∴

Obédience:
Non communiqué
Loge:
Non communiqué
TRES ILLUSTRES AU DEBHIR, T:.F :.P :.G :.M :.,


et vous tous GRANDS ELUS DE LA VOUTE SACREE




Le  11° Degré, final des grades de vengeances



Ce morceau d’architecture, aura eu, pour moi, le mérite de m’avoir fait lire de nombreux documents concernant ce grade. En effet, les grades d’Élus sont composés de trois degrés, actuellement transmis par simple communication, soit le 9ième, le 10ième et le 11ième grade. Mais, qui d’entre nous, mes TT :.CC :.FF :. Grands Élus de la Voûte Sacrée, alors que dans une même cérémonie nous sommes passés du 4ième au 14ième grade, se souvient précisément des légendes et symboles attachés à tous les grades intermédiaires ?

Alors, me direz-vous, pourquoi avoir choisi de faire un morceau d’architecture sur le dernier, et ne pas avoir commencer à étudier le 9ième, qui est le premier dans la chronologie ? C’est que, justement, ce dernier degré d’Élu, et comme nous allons le voir, est un degré particulier sur le chemin initiatique puisque, c’est un degré de récompense (ce degré reconnaît l’initié en tant qu’homme vrai en toute circonstance, c’est-a-dire un authentique maçon).

Cette récompense vient couronner une trajectoire de descente aux enfers, avec le 9ième degré qui évoque la question de transgression de la loi, et met en lumière les dangers des pulsions vengeresses, suivi de la remontée à la lumière du 10ième degré, qui fait passer de la vengeance à la justice collective.Dans ce parcours semé d’épreuves qui ont été surmontées, si le mérite joue bien un rôle, le hasard n’en joue pas moins le sien. Car, dans ce degré, c’est plus une notion de hasard que d’élection qui prédomine, et que contrairement aux deux grades précédents dans lesquels l’action domine, ce grade apparaît comme un grade de synthèse et de réflexion qui marque pour l’initié une évolution dans la connaissance de lui-même et du sens profond de sa démarche.

Dans ces 3 grades, les travaux du Temple sont interrompus car les meurtriers d’Hiram courent toujours. Notre recherche de la Vérité et de la Parole Perdue serait vaine si nos meurtriers et nos vices demeureraient bien vivants en travers de notre chemin. En tant que Maçon, ne devons-nous pas rendre justice et venger celui qui nous a apporté notre source de vie ? Il est donc de notre devoir de détruire cette racine du mal, afin que l’espoir puisse s’épanouir librement.

Le dernier acte des grades d’Élu s’achève au 11ième degré, où Salomon décida de récompenser 12 des 15 Élus pour leur travail et leur constance dans la recherche des assassins, car la justice à été enfin rendue, et ils deviennent ainsi les Sublimes Chevaliers Élus. Notre évolution dans la Franc-maçonnerie est marquée par les différents grades que nous franchissons, et dont les enseignements nous façonnent au fil du temps.

N’avons-nous pas été déjà choisis dans les loges bleues pour accomplir cette mission que nous propose la Franc-maçonnerie ? De quelle élection s’agit-il ? Est-on élu parce que nous sommes perfectibles, et capable d ‘améliorer l’homme et la société ? Les grades de perfections seraient un approfondissement des acquis du troisième degré, qui nous permettraient de nous rapprocher de cet idéal que nous recherchons. Que nous enseignent réellement ces grades où l’esprit de vengeance semble dominer le processus ?

La méthode est illustrée par des actes barbares, cruels et violents, mais aussi une descente dans les profondeurs des ténèbres symbolisée par la caverne. Pourquoi ? Parce-que, toujours à la recherche de la Vérité et de la Parole perdue, nous devons accomplir notre Devoir par l’assimilation de ces nouveaux grades, qui seraient un approfondissement de nos acquis.
La méthode préconisée par les grades d’Élus requiert beaucoup de courage et d’audace.

Avons-nous déclaré une guerre violente contre nous-même pour nous remettre sur le chemin de la Vérité ? Ces grades nous rappellent le 3ième degré, où nous sommes pour la première fois confrontés aux mauvais compagnons. Ici, c’est le renouvellement de notre serment de les combattre, et surtout le passage réel à l’action pour les annihiler définitivement. Alors que la mort ignoble du Maître Hiram est vengée, et que la justice a châtiée les coupables (ou plutôt que Salomon ait appliqué sa vengeance, car je vous le rappelle, les assassins n’ont pas été jugés, mais condamnés, mais ceci est une autre histoire), les travaux d’achèvement du temple vont pouvoir reprendre.

Salomon tire au sort 12 des Illustres Élus des Quinze, pour « ne privilégier personnes », et en reconnaissance de leur zèle, il les initie au grade de Sublime Chevalier Élu. Le candidat reçoit alors une épée de justice, et le nom d’Emereh ou Emerech, selon les rituels : « Un homme vrai en toute circonstance ». Ces douze Chevaliers Élus se voient confier à chacun la conduite des ouvriers d’une des douze tribus d’Israël, pour l’achèvement des travaux du temple, puis, le temple achevé, Salomon fait des douze Sublimes Chevaliers Élus les défenseurs du Temple contre les « infidèles ». 

Emereh, un Homme Vrai en toute circonstance, me semble être la clef de ce grade, qui en quelque sorte achève le cycle de la vengeance pour nous préparer à autre chose. Emereh est d’abord qualifié de Sublime, ensuite, pour la première fois, dans la succession des grades du REAA, apparaît le titre de Chevalier dont il est investi. Et puis, c’est toujours un Élu, comme dans les deux grades précédents. C’est au travers de ces trois notions, que nous allons essayer de comprendre en, quoi le Sublime Chevalier Élu est un Homme Vrai en toute circonstance.

Mais, avant d’approfondir ces trois notions, nous devons nous interroger sur deux notions, celle du Devoir et celle du Hasard. Rappelons-nous notre initiation au grade de Maître Secret et la place déterminante du Devoir à ce degré. Cette conception du Devoir, grande loi de la Franc-maçonnerie : « Inflexible comme la Fatalité, Exigeant comme la Nécessité, Impératif comme la Destinée » retient notre adhésion, même sic’est sur cette conception même du Devoir que peut porter aujourd’hui l’essentiel de nos interrogations. Nous voulons bien la concevoir comme inflexible même si nous reconnaissons toutefois que les qualificatifs exigeant et impératif la rendent parfois limite avec les capacités humaines. Or, nous ne sommes que des êtres humains avec nos défauts et nos contradictions, et nous avons conscience du travail restant à fournir pour atteindre un haut niveau de maîtrise spirituel, malgré notre soif de connaissance et nos efforts pour y parvenir.Il n’est pas facile au quotidien de respecter certaines règles éthiques qui nous sont chères, c’est-à-dire ; dominer ses passions, soumettre sa volonté, réfléchir avant d’agir, ne pas faire à autrui ce que l’on n’aimerait pas qu’il nous fit.

La deuxième notion évoquée, concerne le Hasard, illustré dans le contexte de la légende par le tirage au sort, méthode à laquelle il est d’usage de recourir pour prendre une décision, où le résultat est laissé au hasard. Nous devenons donc Chevalier Élu par tirage au sort, en récompense du Devoir accompli. Douze parmi les quinze, quel message faut-il en retenir ? Ce degré nous invite à méditer davantage sur la notion de Justice. Pourquoi douze des quinze Élus seulement récompensés ? N’est-ce pas de l’injustice après tant de dévouement et d’engagement pour tous ceux qui ont défendu le Temple ? Est-ce vraiment une récompense pour ces nouveaux Sublimes Chevaliers Élus ? Si il est juste de récompenser tous ceux qui ont accompli par obéissance leur Devoir, est-il juste de ne récompenser par tirage au sort que quelques-uns ?. Le roi décide bien du principe de la récompense, mais, il n’en est pas l’acteur direct de celle-ci, car c’est le Hasard qui en dernier lieu décide.

Ne pas être récompensé alors qu’on a accompli son Devoir comme les autres qui eux sont récompensés, est une épreuve difficile qu’il faut apprendre à surmonter, au même titre qu’ être récompensé alors que d’autres ne le sont pas, est autant une épreuve à vivre et à surmonter.D’après Jean Mourgues, « Ces douze Chevaliers sont tirés au sort, mais, peut-on choisir ces Élus parmi ceux qui ont perpétué le châtiment et qui ont soutenus les coupables qui ont enfreint les ordres de Salomon pour appliquer leur vengeance ? Bien sûr, car on ne peut choisir les gouverneurs parmi ceux qui n’ont pas participer au crime collectif, qui n’ont pas assumés la solidarité dans l’épreuve, si équivoque soit-elle. Les questions sont bien là, mais, il faut bien comprendre que c’est l’effort drastique, c’est la purification de l’esprit, c’est la démarche, le passage, au delà des banalités vulgaires. Il y a une solidarité dans l’exercice du pouvoir qui ne s’accommode pas de la pureté des uns et de la corruption, ou de l’avilissement antérieur des autres ».

Dans ce degré, notre ego est mis à rude épreuve, pour que nous soyons conscients que nous sommes tous égaux au regard du Devoir à accomplir, et que nous devons faire preuve d’humilité pour réellement intégrer la classe des Élus. Et surtout, en punissant les trois scélérats par la mort, châtiment extrême, les Maîtres Élus, se libèrent de l’infamie causée par ceux qui ont pratiqué le régicide. Par cet acte rédempteur, cette récompense rejaillit sur tous et permet la continuité du travail.

Revenons à ces trois notions de Sublime Chevalier Élu, essayons de comprendre pourquoi il est un Homme vrai en toute circonstance.

Pourquoi Emereh est-il Sublime ?

Certains auteurs voient dans le terme sublime une approche alchimique du mythe avec la symbolique d’une étape de purification. Il s’agit alors d’une sorte de passage de la nécessaire œuvre au noir, associé à la vengeance et la mort, sur laquelle plane le spectre des trois mauvais compagnons cachés en nous, à l’œuvre au blanc dans lequel le candidat renaît purifié des pollutions de son ego et parfaitement maître de ses passions.

La devise « Vincere aut mori », dont on reparlera plus loin, s’accorde bien avec cette approche alchimique, ainsi d’ailleurs que la fermeture des travaux au lever du jour qui évoque que l’initié sort des ténèbres qui se sont jusqu’alors maintenus en lui. Le terme Sublime, peut aussi être considéré comme utilisé dans son sens étymologique ; c.a.d. : le plus grand ou le plus éminent, vis-à-vis de l’évolution qui s’est opérée en Johaben dans les deux grades précédents.

Au travers de son acte commis dans la pénombre de la grotte, alors que la justice se rend en pleine lumière, Johaben s’est débarrassé des éléments mauvais de son ego. La justice lui devient accessible, quand il échappe au châtiment attendu et obtiens le pardon de Salomon grâce à l’amour de ses Frères. Il est choisi à nouveau avec quatorze autres Maîtres pour aller capturer les deux autres assassins afin qu’ils soient jugés.

Pourquoi Emereh est-il Chevalier ?

Évoqué la première fois dans ce degré, le terme de Chevalier est riche de signification, et nous ramène à nouveau à cette notion de Devoir, si importante pour les Maître Maçons. Historiquement, les chevaliers sont des hommes qui se sont distingués au combat par leur bravoure, et dont la vie est consacrée au maintien de la paix et à la défense du prochain. Ils sont reconnus hommes de bien et de grande valeur morale. De nos jours encore, faire preuve d’esprit chevaleresque, signifie être un homme courtois, humble, capable d’un contrôle de soi en toute circonstance et sachant équilibrer sentiment et raison. Mais, n’oublions pas non plus, et sans vouloir ternir leur image de marque, que ces Chevaliers, dont on vante tant les mérites, sont aussi ces brutes sanguinaires, massacrant sur leur passage, tout ce qui n’appartient pas à la chrétienté, les « infidèles », et ce, sans aucun état d’âme. Mais, ce côté sombre de la Chevalerie, est peut-être là pour nous rappeler la part d’animalité qui sommeille en chacun de nous, nos trois mauvais compagnons qu’ils nous faut combattre sans cesse.

Si Salomon choisi un candidat, c’est pour son courage, puisqu’il confie la défense du Temple, mai aussi, et peut-être surtout, pour des vertus et des qualités humaines exceptionnelles. La devise du grade «  Vincere aut Mori » (vaincre ou mourir), évoque évidemment la bravoure, mais elle rappelle aussi au candidat qu’il a triomphé de son ego.

Emereh reçoit une épée, l’arme des Chevaliers, mais il est bien précisé que c’est une épée de justice. Il possède déjà un poignard à poignée d’or et lame d’argent, bijou des trois grades dit de vengeance, accroché à son son cordon.

Pourquoi Emereh est-il un Élu ?

Élément fondamental commun aux grades de Vengeances, cette notion d’Élus semble être une des clefs initiatiques qui nous mènent à la notion d’Homme Vrai. Depuis que le profane a frappé à la porte du Temple, le hasard a été absent du chemin initiatique. Apprenti, il a silencieusement taillé sa pierre pour se connaître mieux, ce qui lui a ouvert le monde de la Connaissance. En devenant Compagnon, il a alors poli une pierre qui avait le dessein de s’inscrire dans un édifice, dont il pourrait bientôt savoir lire les plans. Il devait aussi mourir pour accompagner le Maître Hiram, et découvrir le Devoir.

Les mauvais compagnons étaient les meurtriers nécessaires pour que la quête de la parole Perdue commence. Leur acte ignoble était lui aussi nécessaire pour la découverte de la partie sombre qui est en lui et qu’il devra combattre pour faire triompher l’autre partie de lui-même, capable d’élévation et de sagesse. L’ennemi est en lui, ses frères le lui ont montré dans la scène du miroir lors de l’initiation.

Au 10ième degré, Salomon le désigne comme l’un des quinze illustres acteurs de sa justice, et le pousse ainsi à se connaître et à maîtriser sa partie obscure, mais il lui faut aller plus loin pour être capable de se dominer en toute circonstance. S’il réalise l’équilibre entre sa dimension sacrée et le côté sombre de son ego, il s’ouvrira pour lui la possibilité d’être un Élu au sens spirituel, c’est-à-dire, celui qui est séparé des autres par son cheminement de son esprit.

Emereh est-il un Homme vrai en toutes circonstances ?

Il apparaît donc maintenant que la notion d’homme vrai en toute circonstance est assez complexe et nécessite de la part de Johaben des efforts importants, le fruit d’un important travail sur lui-même. En quelque sorte, il doit s’éloigner de l’homme temporel pour approcher la notion encore incertaine d’homme spirituel en passant par l’Homme vrai qui domine ses passions néfastes et pratique l’amour de son prochain en toute circonstance.

Il a dû sublimer la noire vengeance en lumineuse justice qu’il a le devoir de rendre en toutes circonstances désormais. Il a du devenir le vertueux chevalier servant de ses frères et avoir pour seul guide dans cette nouvelle vie à venir, l’Amour fraternel qui triomphe du mal en toutes circonstance.En conclusion, nous pouvons considérer que le grade de Sublime Chevalier Élu fait appel à une inflexion dans la démarche initiatique, rendu possible parce que Emereh est l’Homme vrai en toute circonstance, qu’en lui domine l’Amour Fraternel.

On peut considérer que l’humilité est en fait la valeur fondamentale de la classe des Élus, le tirage au sort associe dans son principe, égalité, justice et humilité par des liens étroits. Au 11ième degré, notre devoir est d’accepter d’être tiré au sort pour être récompensé ou ne pas l’être, alors que nous avons accomplis avec succès les mêmes épreuves que nos FF :.. Souvenons-nous de la sentence du grade : « Vaincre ou mourir » alors, Sublimes Chevaliers Élus, nous nous devons de nous vaincre en combattant nos vices et nos passions, combat qui durera jusqu’à notre mort. L’ennemi bien que souvent est derrière nous, (se rappeler la symbolique du miroir, qui nous renvoie à nous-même), est aussi devant nous. Continuons à accomplir notre Devoir en luttant contre nos propres imperfections. Pour atteindre la vérité, la transgression, les erreurs sont nécessaires, à condition qu’elles soient analysées pour en tirer les bons enseignements.

C’est par l’expérience pratique de notre vie initiatique continuée à l’extérieur du temple, que l’initié que sommes, trouve ou retrouve l’étincelle que chacun porte en lui.

Devoir, récompense, hasard, justice et humilité, voilà quelques-uns des maîtres-mots de ce 11ième grade, dit grade de vengeance, mais, rappelons-nous, que, « Sublime Chevalier Élu », notre nom est Emereh qui signifie Homme vrai en toute circonstance.

T :.F :.F :.P :.G :.M :. 

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