14° #411012

Daath

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La traduction de DAATH est « savoir ».

Composition du mot : (daleth) ; a la signification de porte.

C’est la clôture, la fermeture de la tente, la serrure que Bagheera la noire fractura d’un coup de patte, le sac de peau, le passage étroit et périlleux (le col de la matrice, le cou, ou le passage périlleux de la montagne gardé par un « Saint Bernard »), la porte étroite, l’abîme, le sabre effilé sur lequel il est impératif de franchir le défilé de Sirah, bref, le passage difficile, défendu, interdit à ma seule volonté humaine.

Seule une « volonté surhumaine », constituée sous l’effet d’une tension extrême, est susceptible de la franchir. Cette volonté résulte de l’union de toutes mes volontés, depuis celle qui dort au fond de mes « tripes », jusqu’à mon mental le plus clairvoyant éclairé par l’étoile fulgurante de la connaissance directe de l’essence du Tout.

Nous verrons plus loin que cette volonté est bien loin de ce qui s’entend généralement sous ce vocable. Ce sont en effet nos peurs, nos déformations, etc…, qui nous paralysent sur place.

« …ce sont les violents qui s’en emparent ».

(aaien) ; signifie l’œil.

Cet oeil est tout d’abord celui qui figure au centre du triangle, l’œil tout-voyant.

Nous verrons plus loin comment il s’atrophie ensuite, et en se pervertissant devient le mental, c’est-à-dire le menteur, celui qui nous trompe en nous présentant la seule partie profane des circonstances rencontrées, nous induisant ainsi en erreur au moment de prendre notre décision. Celle-ci étant erronée puisque prise à l’aveuglette, il en résulte la création d’un déséquilibre, d’un « karma », dont on nous présentera inévitablement la facture.

Nul ne devrait se rêver assez grand que pour pouvoir déséquilibrer la juste balance de l’Univers à son seul profit, sans être un jour appelé à devoir payer, avec les intérêts et dépens, la valeur du déséquilibre provoqué. Car ce rêve diabolique consiste à croire que l’on est si fort que l’on peut « voler » la Vie sans jamais devoir payer; il n’est autre que l’égoïsme « ontologique », le « péché contre l’esprit ».

L’œil représente le juge que l’on se choisit: est-il LE « bon » ? Nous avons affaire à l’Esprit ! Est-il mauvais ? Il représentera le diable !

(tav) ; signifie la marque, le signe.

Tav est représenté par l’âne chez les Sémites, sur lequel le seul fait de  s’asseoir équivaut à se proclamer « Roi », et les Romains ne s’y tromperont pas ! (Le bœuf est l’animal qui lui est opposé, la vie dans la pureté de son émergence.)
Dans le « panthéon » hindou, l’animal qui symbolise cette fonction est l’éléphant, depuis lequel le « Raja », le roi, ira chasser le tigre.

L’éléphant sera aussi l’animal-totem du chakra « mouladhâra », le chakra de base sans lequel rien ne peut se faire. L’âne, comme l’éléphant, représente la résistance opiniâtre et têtue de la « matière » qui refuse de se plier aux ordres. Seul le « Maître » qui a pu mouvoir la « matière » lui confère l’inertie du mouvement en lieu et place de celle relative à « l’absolue » fixité, inertie qui se transforme en « erre » (Aer ?), et vainc tout. C’est pourquoi celui qui s’assied sur l’âne ou l’éléphant se proclame Roi ou Maître.

Kipling reprendra ce symbolisme à son compte : « Quand Ati (l’éléphant) et ses fils bougent, c’est toute la Jungle qui bouge ! ». De même, le tigre sera l’incarnation du mal, et on l’insultera de « boiteux » (comme le diable), de « rayé » (radié ?).

Saturne est ici sous sa forme la plus pesante, il est devenu la consistance, l’inertie de la matière, l’enclume sur laquelle Thor-Jupiter, le premier dieu des hommes, les forge dans le but final de les diviniser; comme Vulcain, le FEU divin devenu souterrain (sous tes reins), forge les métaux imparfaits afin de fabriquer l’or, et les marque de leur titre, de leur signe, et ainsi les individualise.

Soumises à ce rude traitement, désagréable s’il en est mais indispensable pour celui qui désire progresser, nos personnalités déformées finissent, avec des cris, des plaintes et des étincelles, par rejeter leurs imperfections, et revêtir leur perfection.

Situation de ces lettres dans l’ARBRE DE VIE.

Daleth relie Hhokmah à Binah, le Père à la Mère.

Nous sommes donc en présence du premier Amour, de celui dont les autres ne sont que pâle copie !

Dââth est dès lors la semence-prototype, le sperme, l’œuf, le grain de blé. Nicolas Flamel parle de l’Oeuvre comme étant le résultat de la fusion des deux spermes, le masculin et le féminin, le haut et le bas.
Comme pour le grain de blé de la parabole, il faut, et il suffira de labourer un terrain « vierge », et d’appeler « l’œuvre » du Seigneur. La graine tombera, et produira 100 graines en s’enterrant et en se putréfiant dans l’environnement propice que nous aurons su lui offrir.

La graine produira selon son espèce. Sommes-nous de la « race divine » (Jo 10 35) ? Elle produira un Dieu!

Aaien relie Tiphéreth à Hod; Intelligence pure, sa vérité se voile et devient mentale. Cependant, à qui est malin, et regarde la vérité comme descendante (prééminence de « l’Esprit » sur la matière), et non montante (l’inverse), elle se livrera toute nue sous ses habits guindés de règlements, de lois, d’administration.

Le passage de la Vie à l’existence s’opère par le « voilement » de la lumière trop crue (voilement : dissimulation et gauchissement).

Le passage du contingent à la Vérité s’opère par le « dévoilement ».

Tav est le dernier chemin, celui qui s’enfonce dans la matière. Il est le dernier chemin, et cependant il contient toujours la semence cachée, affirmant sans conteste « l’Unicité de la matière », dans la présence réelle et invincible de la Lumière au sein des ténèbres les plus opaques.

La haine ? Une mélange d’amour à divers niveaux, en fin de compte un simple désordre de l’Amour, dans lequel il suffira de remettre de l’ordre.

« Ordo ab chao », dit une devise initiatique.

Quoique soigneusement caché à nos yeux, quoique mélangé en ses divers plans, il n’existe d’autre moteur que l’AMOUR.

Et ceci sera notre première conclusion !

Le temps de l’épreuve

Dans la pratique journalière de l’Initiation, cette porte terrible, cette sublime porte s’est donc fractionnée en 1 Porte-Principe, et en 22 portillons.

La première serait infranchissable par moi en tant qu’entité existante, si elle n’était éparpillée aussi dans les 22 seuils « préparatoires » à franchir.
Chaque seuil possède son Gardien spécifique et terrible, qui cependant s’incline en souriant devant celui qui manifestera en cet instant l’exacte attitude d’Amour.

C’est ce qui s’appelle « montrer patte blanche » ; sur laquelle se reflètera  la « nuance », la « couleur » exacte de l’amour nécessaire pour franchir le seuil devant lequel nous sommes arrêtés, comme la neige qui reflète en ses plages d’ombre le bleu du ciel !

Ainsi, le franchissement du seuil ne dépend que de notre aptitude à nous ouvrir totalement au moment précis où apparaît celui qui reflètera en ce moment la « monstruosité » de notre personne, c’est-à-dire notre incapacité à nous ouvrir, par la faute de nos peurs, de nos angoisses, dont celle qui les résume toutes, et qui est celle de nous perdre totalement et définitivement !

Ainsi nous apercevons un instant notre image vraie, et simultanément, l’Amour voit dans cette chose informe et vide un reflet fugace de sa splendeur, se reconnaît dans ce chaos, et l’attire avec (ef) fusion sur son sein.

Cette épreuve a pour symbole le miroir, qui nous montre notre image déformée, mais nous montre également l’Univers comme une couronne, une simple guirlande posée sur la tête du dieu inconnu !

Notre passage requiert notre ouverture totale à nous-mêmes, et simultanément à l’Univers, ce qui, au sein de l’AMOUR, n’est qu’une et même       chose ! Notre passage requiert une confiance absolue en ce qui peut, ou doit se produire !
La volonté ainsi comprise est donc l’élan de confiance absolue que la « créature » place dans son étincelle divine au moment de l’épreuve, en imposant le silence à ses peurs, et en soulevant ses tares, comme pour les offrir.
« Prends ton grabat, lève-toi et marche ! ».

Complément d’enquête :

S’il s’agit d’une porte, il nous reste à examiner ce qui caractérise la  porte, à savoir sa fermeture/ouverture : la serrure, la clé, le cordon.

La serrure est celle que brisa Bagheera, la panthère noire, d’un seul coup de patte, se libérant ainsi de la prison royale du palais.

« La Vérité vous affranchira ».

Pan-thera = ce qui guérit tout, et que serait-ce d’autre que l’Amour ?
Noire = de la couleur attribuée au NON-MANIFESTE, ici à ce qui en est le plus proche, soit le « transcendant ».

Seule Bagheera, le reflet de Daath en nous (ou si l’on veut : notre capacité de « confluer » avec Lui), est susceptible de briser le verrou. Cependant cette force, la plus noble qui soit, n’intervient qu’au moment où elle en a ainsi décidé, n’intervient que lorsque nous avons pu nous rendre libres de notre peur.
Et ce moment est toujours crucial (la croix, la croisée des chemins), puisque nul autre qu’elle ne peut plus rien à cet instant, et que sans son intervention, c’est l’enjeu tout entier qui serait perdu. Daath est le « Maître des cols ».

De même, le destin d’Alexandre tiendra au fait qu’il sera, ou non, capable de défaire le noeud gordien (gardien ?). Et Alexandre, comprenant l’énigme comme le « dieu » qu’il est, tranchera la « question » plutôt que de s’y exténuer sans résultat comme un homme, serait-il aussi connu que Sisiphe ou les Danaïdes.

La clé de l’Arcane que Daath propose est, soit « l’usure », soit la fracture brutale de la porte, qui n’interviendra, sauf exception, qu’au décès.

Cependant, plusieurs Arcanes mineurs (partiels) peuvent être franchis par « chacun » par le truchement de morts partielles, appelées « Initiation ».
Mais la clé joue partout le même rôle, que ce soit en musique (clé de lecture de la partition et clavier), en architecture (dans l’arc tendu vers le zénith), en mécanique, et même dans le commerce sexuel (clitoris). La clé est le nœud le plus simple qui verrouille un nœud coulant ou glissant (qui n’aurait par lui-même ni consistance, ni durée de vie). Et aux environs immédiats du cou, il y a les clavicules, les clés osseuses qui referment ou bien ouvrent le torse.

C’est elle qui ouvre ou ferme, qui dissout et coagule.

Le cordon est d’abord celui qui ouvre ou ferme la tente, la chambre nuptiale. On pensera aussi au cordon ombilical, qui se rompt lors de notre initiation à la matière.
Par extension, on pensera également aux cordons d’une bourse « secrète » qu’il faut savoir délier pour avancer sur le chemin initiatique (savoir payer de sa personne). Ne pourrait-on prétendre que le cor-don est le « don du corps », voire le « don du cœur » ?

On voit ainsi que DAATH se devait d’être transcendant, puisque d’une part il est à la fois partout et nulle part, puisque, du fait qu’il est seuil, et qu’Il nous mène dans l’inconnu, il donne lieu à un changement de régime, de niveau, enfin parce qu’étant AMOUR, il présente la non-fixité-même au sein de l’univers, qu’il tient presque sans atténuation du Non-Manifesté.

Enfin, en tant qu’AMOUR, il relie le tout au TOUT, et ne peut dès lors se voir lié à un niveau fixé définitivement. De plus, il faut conclure que Daath est à la base, à la racine de toutes les causes, puisque sans le verrou qu’il impose, tout le Manifesté s’écroulerait comme la voûte privée de sa clé.

Le temps de l’épreuve

Sur le plan du cheminement initiatique, Daath est l’alternance de longues périodes d’avancement indétectable, parfois désespérément lent, suivi de disruptions brutales.

Ainsi sera t’il associé à Uranus, à l’uranium qui délivre une irradiation indétectable, sournoise, ou explose en libérant une énergie brutale et incontrôlable.

Il est aussi comparable à la maturation de l’œuf :

-fécondation (passage soudain et « inattendu »),
-gestation ou couvaison (lent et caché),
-mise bas ou rupture de l’œuf (soudain…),
-allaitement (lent),
-sevrage (brutal).

Doctrines Diverses

En ce qui concerne le tantrisme, la meilleure assimilation que l’on puisse en faire est la « Visshuda chakra » ; située à la base du cou, et correspondant aux glandes thyroïde et (4) para-thyroïdes. Les caractères liés à Visshuda sont l’ouïe, l’éther ou la quintessence, l’essence ou vie, l’enseignement, la connaissance : il n’y a d’autre enseignement que l’Amour, ni d’autre enseignant (en saignant ?) que l’Amour « incarné ».

Les glandes qui commandent le système thyroïdaire sont la pinéale, ou épiphyse, assimilée à Hhokmah d’une part, et le corps pituitaire, ou hypophyse, de l’autre, qui est attribuée à Binah.

Le corps pituitaire, associé à la glande pinéale, donne naissance au œil, parfaite réplique de l’œil tout-voyant.

« Que ceux qui ont des oreilles entendent, que leurs yeux voient et que leur âme comprenne ! »

Le geste de la main (4 doigts + 1 pouce = quintessence), qui désigne ces glandes de la base du cou, peut être considéré comme un appel solennel à Daath, comme un premier apprentissage de Daath ! Encore est-il préférable de savoir ce que le geste signifie !

Enfin, quoi de plus « parlant » que la parole perdue, remplacée par une parole « humaine », dûment annoncée comme fausse ?

Mais il est encore dit que « tout Homme ne vit pas seulement de pain, mais de toute parole qui sort de la bouche de Dieu ».
Et tout cela nous ramène à la gorge, au Verbe de St Jean.

Sur un autre plan, le citoyen romain ne pouvait être exécuté que par la décapitation.
De même que le traître à sa patrie est pendu par le col. Commodité, ou subsistance d’un héritage perdu ? En tous cas, il y a toujours l’indication que c’est le mobile profond que l’on cherche à punir, en quelque sorte, on affirme haut et clair que l’individu est puni du fait qu’il a perverti « son » Daath.

Lors de la momification, la conservation du larynx, qui re-formule le « Verbe », sera fondamentale pour l’Egyptien.
Chez les Egyptiens, Daath est Thôt, ou Téhaouty, le patron de la connaissance divine transcrivant son Verbe par la main du scribe, de l’architecte ou de l’artisan.

THOT est représenté par l’ibis, qui « prête sa plume » afin que la « Science » soit communiquée aux hommes.
Nous retrouverons cette plume dans la scène de la psychostasie, où elle servira de critère  pour déterminer si le défunt appartient à la race des dieux représentée par Thot, ou à la race animale de Seth. Dans ce dernier cas, il sera, via le chacal Anubis, restitué au réservoir organique du Léthé.
Tout le monde passera par l’épreuve de la terre ; les morts ne se relèveront pas, et seuls les vivants seront re-suscités.

Mââth, qui préside à la cérémonie de la pesée, est la Mère sous ses 2 aspects (la mère de Dieu (celle qui « tue » pour donner la vie, la mère de la matière ; de plus, elle est également le témoin, la mesure). Somme toute, elle est le maître d’œuvre, la matière et la mesure. (Tous ces mots commencent par la lettre « », qui dans toutes les langues symbolise la mère !).
 Elle est donc « le tout », et seule lui manque l’étincelle, comme seul manquera le « sexe » d’Osiris (le 13&#61616 ; morceau du cadavre dépecé par Seth ; 13 étant le chiffre de l’Amour !).

Cet épisode de la légende d’Isis et d’Osiris se produit au moment où Isis va tenter de faire revivre son divin époux en lui restituant l’intégralité de ses membres.

La légende s’arrête ici, et nous devons deviner qu’Isis devra « prêter son sexe » à son divin époux Osiris (Isis, c’est-à-dire chacun de nous dans les conditions citées plus haut ; ils sont « une seule chair »).
Celui-ci sera alors restitué à la Vie pleine, clairement manifesté dans le visible comme dans l’invisible.
 Le « sexe » représente ici toute l’énergie de la Vie dont Isis dispose, structuré par le Désir d’union avec son Dieu.

Il serait dommage de réduire (par confusion du signifié = le vrai sens à transmettre, et du signifiant = le vocabulaire symbolique tendant vers ce but), la présente légende à une quelconque historiette « érotique », sauf quant à restituer à Eros son sens primitif de dieu de l’Amour.
« Dieu est amour ! »

A la lumière de ce que nous savons déjà de Daath, la légende devient si parlante !

Chez les chrétiens, Daath est l’Esprit-Saint, qui est consolateur (il console, il réconcilie, raccommode, restaure les liens brisés). C’est le « conservateur », dont l’action vise à conserver la dignité divine de tout ce qui est, bien en deçà des apparences les plus viles, jusqu’au moment où celle-ci sera restituée à la pleine Lumière.

« Il est Seigneur et Il donne la Vie ».

Il n’y a jamais de situation irrémédiable, elle peut toujours évoluer en bien, elle peut toujours se « retourner ».
Pire, c’est souvent lorsqu’il n’y a plus de solution « humaine » que l’Amour peut intervenir, puisque tout le champ opératoire « divin » a été dégagé.
Les dieux sont éveillés au moment ou l’animal est dissous par le sommeil ! (qui est Léthé, oubli, mort, atropos = privé de forme).

« La lumière luit dans les ténèbres les plus profondes, elle ne peut être exposée au regard profane ! »

A l’Esprit-Saint sont associées 7 qualités : force, conseil, sagesse, tempérance, prudence, patience, humilité (citées de mémoire).
Ces qualités ne sont en fait que des qualités relatives, des attitudes justes, à prendre vis-à-vis de soi-même et d’autrui; en cela, elles sont opposées aux « péchés capitaux » dont la traduction (et la trahison par le biais du symbole pris pour le réel) sont les vices (eu égard à la moralité de l’endroit et du temps). La « Vertu » est la Force vécue, et non l’impuissance !

Et le chiffre 7 traduit ici le fait que les vertus citées vont du commencement à la fin de la voie initiatique. La Vierge, partenaire obligée, connaîtra 7 douleurs et 7 joies, il s’agit dès lors d’une manière dérivée de parler de l’initiation progressivement totale.

Un seul « carburant » nous propulse depuis la matière jusqu’à notre nature ultime, et ce carburant est la « semence de dieu », et c’est pourquoi le dieu Osiris est représenté ithyphallique, c’est pourquoi il est le taureau, le bélier qui sont connus pour leur fécondité, c’est encore pourquoi les Egyptiens racontent que Dieu a créé l’Univers en se masturbant !

Parallèlement, l’Amour qui est partout et nulle part, se place « souvent » en partenaire « sexuel » en face de « l’Amante ». L’Annonciation (le 25 mars, en pleine « ascension » du bélier), n’en représente qu’un symbole parlant ; il y a surtout le fait que nous devenons ce que sont nos désirs, et a fortiori ce qui est notre Désir le plus pur, « vierge » de toute souillure, et réponse à Daath.

C’est pourquoi Daath, qui n’est pas immanent, et ne possède de ce fait pas de « cortège », il enverra l’Archange Gabriël, de la séphire « yetsirah », qui représente le moteur universel appelé Désir, le « fondement » de tout, et en général sa première manifestation.
Et du fait qu’il n’est pas immanent, Daath ne se laisse pas définir, puisqu’Il est tout, et son contraire.

Il est « neutre », (Hermaphrodite), ni mâle ni femelle, et pourtant il prend un malin plaisir à se profiler derrière l’image idéale que nous nous faisons de notre partenaire, puisque tout désir est un Désir qu’on lui « vole ».

Louis-Claude de Saint-Martin appellera l’Homme de la première recherche « l’HOMME DE DESIR », que l’on devra bien sûr comprendre comme « l’HOMME DESIREUX DE GOUTER A L’AMOUR »

Et la conscience ?

A l’état pur, l’état de Daath est une pure contemplation, un pur bonheur indicible d’être le Dieu qu’on est, avec tout ce qui est, et d’être tout ce qui est !
Plus voilé, il est l’intuition immédiate, violente et indubitable qui me fait contempler un aspect sublime, qui me fait ressentir que tout est bien.

Cela peut être un « détail » de la recherche spirituelle qui prend soudain sa place après une longue recherche infructueuse, cela peut être un nouvel aspect qui apparaît soudain, et me donne l’impression d’ouvrir une porte sublime sur une nouvelle compréhension, cela peut être un nouvel amour qui m’exalte au-delà de tout ce qui était; et cela peut, bien entendu être, et mieux encore, tout cela ensemble.

Plus loin, il peut être la cause obscure qui s’obstine en moi, et peut-être malgré moi, à chercher la lumière, par-delà les multiples obstacles qui lui font barrage.

Plus loin encore, il peut être à la base de toute recherche, par exemple de la recherche scientifique.

Enfin, il est la base de l’instinct d’évolution, et dans un sens de celui de conservation.

Tout ceci étant analysé, on pourra constater que l’évolution de la conscience est toute entière inscrite en Daath !

L’émergence de la conscience suivra donc le chemin inverse : « Voici que je me lève et que je viens à ta rencontre ».

Sur le plan du caractère ou du tempérament, l’influence de Daath est polarisée autour de la responsabilité, et en contrepartie de la liberté (vis-à-vis de nous et des autres), la justice, (ou mieux la justesse), et la bienveillance.
En particulier, elle ressort dans les rapports interpersonnels sous la forme d’une grande capacité de donner de l’affection ou du dévouement, et de se placer au point de vue d’autrui. (res-sponsa-habilité = capacité d’être l’épouse des faits ?)

Encore une fois, il s’agit d’adopter une attitude « juste », et non d’appliquer une quelconque recette. Et par dessus tout, une attitude d’affection n’a rien à voir avec le laxisme, qui est une lâcheté car une fuite de responsabilité.

Daath est la franchise-même, et le laxisme est un mensonge hypocrite, l’exacte antithèse de Daath ! Bagheera dira souvent à Mowgli : « chagrin n’est pas punition ! »
Nous ne sommes pas « punis » sans raison par notre sort, mais bien du fait que nous avons adopté des attitudes incorrectes, et, au lieu de nous plaindre, nous devons nous « re-poser sur l’esprit ».

Et l’attitude « désormais correcte » suffit souvent à rendre « inutile » la persistance du châtiment, en tous cas aussi longtemps que le psychisme n’a pas mutilé le corps.

Dès lors, si l’on veut placer Daath sur l’Arbre Séphirotique, la place que l’on lui choisira sera CENTRALE, et se confondra plutôt avec « le pilier de la conscience », qui constitue le tronc, l’axe ou l’Arbre du monde, sans cependant cesser d’être l’Arbre tout entier, l’Univers tout entier.

LA CONSCIENCE EST AMOUR, ET L’AMOUR EST CONSCIENCE

Et la mort elle-même n’est que le passage qui me délivre des apparences qui n’étaient plus que des boulets à mes pieds ; elle constitue donc une délivrance objective pour celui qui veut se placer dans « l’esprit ».

Elle est d’ailleurs la seule Initiation, et toute Initiation n’est autre chose qu’une « part de renaissance », vécue après une « part de mort », qui nous libère quelque peu de nos obstacles internes, et nous introduit dès lors, si nous jouons le jeu de la vérité, un peu plus dans la vraie Vie.

Chaque mort déchire nos peurs, qui sont d’ailleurs nos vices-types, les mensonges que nous opposons à la Vie afin de nous en défendre. Chaque inspiration peut devenir une naissance, et chaque expiration une mort.

Daath est le partenaire constant de la Vierge, par exemple celui de la terre vierge d’où renaîtra le blé de la récolte précédente. Et ceci est une raison supplémentaire pour que les « dieux » de la récolte soient tous des déesses: Rénénoutet, Cérès, Demeter, etc… Il y a toujours un jeu alterné entre la graine et la terre qui engendre le fruit-graine qui sera ressemé…entre la verge et la femme, entre le spermatozoïde et l’ovule, entre la poule et l’œuf!

La « vierge » est l’état de l’élément naissant, ce peut être un sentiment, un bon mouvement, une étoile, bref, sa spécificité est la pureté de l’émergence, la spontanéité du don total.

L’AMOUR est comme la face cachée des choses ; d’ailleurs, il importerait  de réfléchir longuement (et vainement) si l’on désire obtenir une réponse à notre question de savoir si ce sont l’homme et la femme qui sont importants, ou si c’est la possibilité qu’ils offrent, d’améliorer la « race » humaine qui l’est.
L’exception est le fait de celui qui arrive à créer « sa » propre « race », vrai dieu et vrai homme, et qui échappe ainsi partiellement aux impératifs de la race simplement humaine.

Mieux, la Tradition parle de la nécessité de « retourner le gant », de considérer l’extérieur comme étant le vrai intérieur, et réciproquement.

Seul l’Amour apparaît alors, puisque L’Amour est la face cachée de toute chose !

LOCALISATION DANS L’ARBRE

Daath n’est pas fixe sur l’Arbre Séphirotique, Il est en effet par-tout, et avec tout. S’Il n’est pas Dieu, Il n’est rien ! S’Il n’est pas « sacrifié » et accessible jusqu’au sein du minéral (et cest l’objet de l’Alchimie que de l’y trouver), Il n’est rien puisque quoique ce soit à réussi à lui échapper! Plaçons-le, pour de simples raisons de « dignité », entre le Père et la Mère, entre Osiris et Isis dans leur plus haute acception.

Certains parlent d’une Séphire, d’autres d’une non-Séphire ; la première appellation est « hérétique », la seconde ne nous apprend rien, elle est pire encore, elle est inutile.

Disons que de ce point de vue, Daath est « hors de l’Arbre », est transcendant alors que les Séphiroth sont immanentes. Mais Daath est aussi bien la sève, qui n’est « rien », et qui est « tout », hormis le code génétique sur lequel elle vient « s’enrouler ».

Daath cultive (et c’est parfaitement normal pour « du transcendant »), tous les paradoxes. Rien de plus difficile que de le « mettre en boîte », ce que l’immanent acceptait relativement bien ! Il importe dès lors de comprendre par de-là des mots, des symboles, de ressentir et surtout de « désirer », bref, de s’engager, si du moins on le veut vraiment, du fond du cœur, à connaître la Vérité en surmontant les paradoxes, voire les contradictions apparentes.

L’Arbre Séphirotique « est » Lui, et cependant il en est en quelque sorte absente.
Au commencement, il y eut une « distance », et c’est ainsi que la première lettre qui apparaît « le sentier » est une lettre « aérienne », qui doit d’abord être interprétée comme un « élément » de distanciation. Le deuxième sens, complémentaire du premier, sera la notion de « Souffle », ou « Esprit ».

Et ceci est la lettre « Aleph ».
« Aleph », le bœuf (la force motrice dans la pureté de son émergence) ou la charrue, est un tourbillon d’énergie qui « laboure », qui « retourne » tout sur son passage, mais cependant dans les profondeurs cachées où nous n’accédons pas. C’est une sorte d’hélice qui explose en 4 fragments : ces fragments sont 4 pales, une pour chaque élément, et dont chacune dessine un « Iod ».
Et ce « Iod », qui se tord, se recombine à lui-même, finira par former toutes les lettres.
Il n’y a que « Iod » qui existe, tout est Lui ! La Kabbale, pour qui sait la lire reste la première mine à exploiter !
Et cet Iod est semence, spermatozoïde, il est Daath, connaissance vivante, « brique » de la Vie ! Et « Iod », la plus simple des lettres, est 4 (puisqu’elle est tout à la fois le germe et l’animateur de chaque élément), et 1 tout ensemble.
Iod est encore 4 car le « nombre secret » de 4 est 10, soit la valeur attribuée à Iod (1+2+3+4=10).
La synthèse des 4 éléments recrée donc le 10, le Iod, qui est la Vie.
Et le 4 n’est autre que la racine de 13, qui est le chiffre de l’Amour (1+3=4) ; autrement dit, la séparation des 4 éléments, loin d’être un malheur pour nous, est un pur acte d’Amour, un acte sans lequel la « Réconciliation », la Reconquête, ne serait qu’une chimère.

Passages « secrets » entre la Vie et l’Amour, que les chiffres sacrés mettent au jour.

Iod est la graine, il est semé à profusion et sa fécondité ne dépend que de la bonne volonté du « terrain ».
C’est pourquoi on insiste tant pour que « pas un « Iod » des Ecritures ne soit modifié ». Changez l’Esprit, et plus rien n’est correct !
Iod, une  « voyelle » indicible, ineffable, devient 4 « voyelles », qui forment à leur tour un mot devenant « imprononçable ».
« The sound of silence ».
Cependant, Iod n’étant pas matériel, il n’est pas limité dans son action, qui est tout à la fois quantitative (disruptive) et qualitative (obscure). Le feu de l’Esprit assèche notre humidité excessive, et tantôt éclate en flammes joyeuses.
Dans un admirable tableau peint par Matisse, on peut voir une joyeuse ronde de « Iod » qui tourbillonne autour d’un centre lumineux, et s’éloigne en prenant progressivement les couleurs des éléments.

Dans le Prologue (avant que la Loi ne soit ?), St Jean parle du Verbe, ou Parole.
Il permet de distinguer ainsi la Bouche, c’est-à-dire le Père, l’Oreille, ou Fils, et la Parole elle-même. Cette Parole n’est autre que la transmission (la « Tradition » ou bien le mot « Kabbale » ne signifient en fait rien d’autre), liaison amoureuse entre le Père et le Fils, n’est autre que l’Esprit. « …dis seulement une parole et je serai sauvé » ou « Le louveteau écoute le vieux loup et ne s’écoute pas lui-même » ou « Ecoute, Israël, … » ou encore « Il a parlé par les prophètes ».

« Le » fils, ce « Iod » incarné, ne pouvait pas exprimer les choses plus clairement qu’en étant déposé dans une mangeoire pour animaux et d’être « réchauffé » par le bœuf et l’âne, l’Aleph (alpha) et la Tav (l’oméga).
« Mon Père et moi sommes Un » ; alors, si Daath est par-tout, moi aussi, à condition que je devienne le Fils de la Parole !

« » Et puisque nous sommes le Fils Unique, cette Parole s’adresse à nous sans intermédiaire(s), et nul ne possède le droit de s’interposer entre Elle et moi, sous peine de devenir l’Obstacle sur mon chemin, cad  le Diable.
Car le remplaçant du Fils est toujours le diable, celui qui « aveugle » de par ses mensonges, et conduit la foule aveugle afin que celle-ci tombe dans le « précipice ». Et pour ce faire, il nous vend des os, traces fossiles de la vie, pour la vie elle-même, ce que tous les aveugles volontaires semblent accepter sans contrôle.

Le symbole de la parole concrète est le pain, qui donne la vie et même donne « corps ». Et ce pain nous ramène toujours au grain, dont il est issu par trituration, mélange avec l’eau de « notre existence », fermentation (élément aérien) qui est relatif à la comparaison avec l’ancien pain « pneumatisé », et enfin cuisson par notre feu intérieur.
Ceci montre le traitement que notre « vierge », notre « dame » doit infliger au grain afin que celui-ci devienne fécond, afin d’être elle-même fécondée. Et le Fils qui s’assimile Lui-même au pain donné pour vivifier les autres, ne se fait-il pas le grain, préparé par elle, et rendu immédiatement utilisable ?

Rappelons-nous encore qu’entre le Père (Hhokmah), d’une part, et le Fils (Tiphéreth), de l’autre, est posé un Hé, quintessence partielle ou totale dont la lettre écrite en minuscule figure une oreille humaine ou une oreille de pot, le « symbole » de la surdité ?
La lettre «  » est la cinquième de l’aleph-beth hébraïque ; elle se réfère à la quintessence. Sa signification est « la fenêtre », et elle est associée au souffle vital.
Et cette fenêtre, dans le contexte du Moyen-Orient, n’est-elle pas plutôt destinée à écouter le « son » de la ville, plutôt qu’à laisser pénétrer un surcroît de chaleur au sein du foyer ?
Hé est la voie, l’ouverture du corps, l’oreille, c’est-à-dire la « bouche du cœur », par laquelle s’infiltre la semence secrète d’Elohim, la plus petite et la plus secrète des semences qui donnera naissance au plus grand des arbres.
Le rituel dit : « Il est une force qui ne cesse de pénétrer tout ce qui vit et par laquelle toute lumière trouve l’aliment qui lui est propre. »
Tout est concentré ici à qui a les yeux ouverts !

EQUES A LUCE IN TENEBRIS LUCENTE

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