14° #411012

Hénoch

Auteur:

G∴ L∴

Obédience:
Non communiqué
Loge:
Non communiqué
À la gloire du Grand Architecte de l’Univers


Ordo ab chao


Deus meumque Jus


Au Nom et sous la Juridiction du Suprême Conseil des Souverains Grands Inspecteurs Généraux
du 33e et dernier degré du Rite Ecossais Ancien et Accepté pour la France.


Trois Fois Puissant Grand Maître, (Très Illustre Frère),et vous tous, mes frères,
Grands Elus de la Voûte Sacrée.




Dans le sanctuaire de notre Temple Intérieur, la Lumière luit à l’abri de la corruption du monde profane. Tout est dans tout et le Temple de pierre n’est plus indispensable à sa préservation. C’est ce que nous apprend le rituel du degré de Grand Elu de la Voûte sacrée. Mais nous montrerons aussi que cet enseignement fondamental ne peut représenter que la fin d’un cycle dans notre processus de perfectionnement et non une fin en soi.


Qui est Henoch ? Le chapitre V de la Genèse nous rapporte l’histoire des dix générations qui vont d’Adam jusqu’à Noé, jusqu’au déluge. Une autre tradition, rapportée dans l’Épître II de Pierre ne compte que sept générations, puisque Noé introduit la huitième (II Petr., II, 5).


Signalons par ailleurs que la généalogie des patriarches antédiluviens n’est pas propre à la tradition judéo-chrétienne et constitue en faitle résumé de ce que nous savons avoir été des siècles de l’histoire humaine.



La lignée généralement admise des patriarches bibliques estla suivante (Source WIKIPEDIA):


Le premier Adam (-4000, -3000) eut trois fils CAIN, ABEL, SETH.


Puis à la façon de la Genèse : SETH (-3431 -2719) engendra ENOSCH (-3526, -2621) lequel engendra KENAN (-3436 -2526), qui engendra MAHALALEL (-3366 -2471) qui engendra YARED (-3301 -2339) qui engendra ENOCH, celui qui nous intéresse.(-3139 -2774).
ENOCH eut un fils nommé MATHUSALEM (-3073 -2104) qui vécut969 ans, à peine moins qu’ADAM, et qui ne mourut même pas de vieillesse, mais victime de n’avoir pas pu monter dans l’arche de son petit fils Noé, faute de place…


MATHUSALEM eut un fils nommé LAMECH (-2887 -2110).
LAMECH était polygame et d’après la bible, il semble bien qu’il ait été le premier à l’être. Saseconde femme s’appelait TSILLAH, la mère de TOUBAL CAÏN Maître de l’Art de travailler le fer et l’airain. LAMESH est également avec sa première femme, le père de NOE.
Rappelons que le déluge eut lieu en -2104 et que seuls NOE, sa femme et ses 3 fils (Sem, Joseph, et Cham …) survécurent.



Qui est HENOCH



Pour en savoir un peu plus sur ces personnages, reportons nous aux écrits de Flavius Josèphe, un historien romain d’origine juive du premier siècle après JC. Son ouvrage intitulé Antiquités juives est considéré comme une source historique de premier plan (Source WIKIPEDIA).
Il y est écrit en particulier (livre 1, II, 3), que les descendants de Seth (dont Enoch fait partie), ont édifié deux stèles sur lesquelles ils ont gravé toute la science des astres qui était en leur possession.
Je le cite : «(Seth) … parvenu à l’âge où l’on peut discerner le bien, cultiva la vertu, y excella lui-même et resta un exemple pour ses descendants. Ceux-ci, tous gens de bien, (…) trouvèrent la science des astres et leur ordre dans le ciel. Dans la crainte que leurs inventions ne parvinssent pas aux hommes et ne se perdissent avant qu’on en eût pris connaissance, – Adam avait prédit un cataclysme universel occasionné, d’une part, par un feu violent et, de l’autre, par un déluge d’eau, – ils élevèrent deux stèles, l’une de briques et l’autre de pierres, et gravèrent sur toutes les deux les connaissances qu’ils avaient acquises ; au cas où la stèle de brique disparaîtrait dans le déluge, celle de pierre serait là pour enseigner aux hommes ce qu’ils y avaient consigné et témoignerait qu’ils avaient également construit une stèle de brique. Elle existe encore aujourd’hui dans le pays de Siria. » 
C’est donc bien parmi la descendance de SETH que se trouvent les bâtisseurs des colonnes de pierres et d’airain où figure la connaissance. Cela ne signifie pas qu’il s’agisse d’ENOSCH, son fils direct comme on peut le lire parfois.


Celui qui nous intéresse est le fils de YARED. Auteur légendaire d’un livre éponyme (assemblage de plusieurs ouvrages grecs et araméens… ) Hénoch aurait vécu 65 ans avant d’engendrer Mathusalem, puis encore 300 ans après cette naissance. Sa particularité première est de n’avoir jamais connu la mort et d’être monté près de Dieu chair âme et esprit. Le livre de la Genèse raconte [V, 24] « Il marcha donc avec Dieu et il disparut, parce que Dieu l’enleva ». Il n’est donc pas mort, et ce fait est confirmé par le livre de l’Ecclésiaste [XLIV, 16] : « Hénoch fut agréable à Dieu, et il fut transporté dans le paradis, afin de prêcher la pénitence aux nations ». Saint Paul enseigne très nettement la même chose : « C’est par la foi qu’Hénoch fut enlevé, pour qu’il ne vît point la mort, et on ne le trouva plus parce que Dieu l’avait transporté; car avant son enlèvement il reçut le témoignage d’avoir plu à Dieu » [Heb. XI, 5].


Le livre d’HENOCH


La version actuelle du livre d’Hénoch aurait été écrite durant le IIe siècle. Il va sans dire qu’il s’agit d’un pseudépigraphe. Le brave patriarche étant, à l’époque, mort depuis belle lurette!



Ce livre fut violemment pris à partie par le chrétien Filastrius au III ième siècle et condamné pour hérésie dès le 2iéme siècle par le Rabbi Simeon ben Jochai, qui prononça une malédiction sur ceux qui le croyait. Seule l’église éthiopienne le reconnait aujourd’hui.



La lecture de ce livre est réellement passionnante et promet quelques frissons aux amateurs de science fiction et aux tenants de l’existence de petits hommes verts qui visiteraient la terre périodiquement.
Les premiers chapitres du livre annoncent un jugement dernier et décrivent la déchéance des anges apostats qui s’unirent aux filles des hommes. C’est ENOCH qui est chargé par Dieu d’informer les anges déchus qu’ils seront jugés et punis.
Enoch raconte ensuite son ascension au Paradis. je cite :
« (…) voici que des nuages m’appelèrent et les vents me firent voler. Ils m’emportèrent en haut. J’entrai jusqu’à ce que je fusse arrivé près d’un mur construit en pierres de grêle. Des langues de feu m’entourèrent et j’approchai d’une grande maison. Son toit était comme le chemin des étoiles ; au milieu se tenaient des chérubins de feu et son toit était d’eau »(Chap XIV-8).
Enfin il est admis auprès de Dieu.« Je m’approchai autant que je pus, voilant ma face, et plein de frayeur. Alors, le Seigneur lui-même daigna de sa propre bouche m’appeler par mon nom: approche, dit-il, approche de plus près, et viens entendre ma sainte parole. (Chap XIV-24).


Alors s’adressant à moi, il me parla ainsi: Ecoute, écoute sans crainte, ô juste Enoch, ô scribe de justice, approche, et écoute ma voix. (Chap XV-1).
Puis, guidé par les anges, HENOCH est initié aux secrets du monde. Voyageant de lieu en lieu, il contemple les séjours célestes, ceux des anges déchus, ceux des âmes qui attendent le jugement dernier, ceux réservés aux justes. Il arrive ensuite au Paradis et y voit l’arbre de vie.


« Il était semblable au tamarin, et ses fruits d’une beauté remarquable, à des grappes de raisins; son parfum embaumait les lieux d’alentour. Et je m’écriai: quel bel arbre! Quel spectacle délicieux! Alors l’ange Raphaël qui était avec moi, me répondit : ceci est l’arbre de la science, dont ont mangé ton vieux père et ta vieille mère; ses fruits les ont illuminés, leurs yeux ont été ouverts, et après s’être aperçus qu’ils étaient nus, ils ont été chassés du Paradis terrestre » Chap XXXI.


Les derniers chapitres rapportent les dialogues d’Hénoch avec son fils Mathusalem auquel il annonce le déluge et qu’il charge de préserver et de transmettre son savoir :
« Or, mon fils Mathusalem, je t’ai tout dit, tout écrit; je t’ai tout révélé, et je t’ai donné un traité sur chaque chose. Conserve, mon fils, les livres écrits de la main de ton père, et transmets-les aux générations futures. Je t’ai donné la sagesse, à toi, à tes enfants et à ta postérité, afin qu’ils transmettent à leur postérité, cette sagesse supérieure à toutes leurs pensées. Et ceux qui la comprendront ne dormiront point; mais ils ouvriront leurs oreilles pour la recevoir, afin de se rendre dignes de cette sagesse, qui sera pour eux comme une nourriture céleste. » ChapLXXXI


L’ASPECT SYMBOLIQUE D’ENOCH
HENOCH a donc vu Dieu. Dieu l’a initié puis chargé de transmettre la parole divine. En Hébreu, son nom signifie : l’Initié, l’Eclairé ou l’Informé…


L’historique biblique de ce personnage nous montre à quel point toute son histoire est chargée de symbole.
HENOCH est le septième patriarche depuis Adam, rang qui lui confère une haute valeur symbolique. Par ailleurs, il vécut 365 ans, une année d’années (bien moins que les autres qui sont tous morts plus ou moins millénaires), ce qui lui confère un incontestable signe de perfection.
HENOCH était hautement vertueux. Il est dit également qu’il marcha avec Dieu, qu’il fut introduit dans la science divine, qu’il fut INITIE par DIEU lui-même et chargé d’en témoigner auprès des hommes. En prévision du déluge, de crainte de perdre le savoir divin, il grave la science communiquée par les anges sur deux colonnes dont une survivra au déluge. HENOCH voyage de séjour en séjour, de voûte en voûte dans la nature humaine, allant du séjour des anges déchus, au séjour des bienheureux, s’élevant en suivant l’arbre de vie, du matériel vers le spirituel. Mais surtout HENOCH n’a pas connu la mort, élu parmi les élus, son existence sur terre et son existence céleste ne font qu’une. Il est capable de passer indifféremment de l’une à l’autre, de converser avec Dieu, avec les anges et de transmettre aux hommes les jugements de Dieu, ou de transmettre à Dieu les suppliques des Hommes qui souffrent. Hénoch le maître de Justice est un révélateur incontestable de la Gnose.


ENOCH enseigne et transmet le savoir divin. Il est l’Initié initiant. Malgré ses efforts, cependant, le comportement de l’humanité continue à se dégrader.
Conscient de l’imminence du châtiment divin, du déluge, Hénoch se réfugie dans la solitude et le secret du mont Moriah, où Dieu lui inspire la construction d’un temple constitué de 9 voûtes pour y abriter la Vérité divine. Cette Vérité qui était jusqu’alors visible par tous, accessible à tous, devait dorénavant être cachée aux hommes pour être préservée de leurs turpitudes et du déluge prochain. Symboliquement, la lumière divine n’a pas quitté la Montagne elle s’est retirée du sommet vers l’intérieur pour se préserver des perversions du monde profane.


A présent, c’est en soi que l’initié doit chercher la lumière. Notre rituel nous indique qu’Enochtrouva au fond de la terre un triangle d’or, à l’identique de celui que Dieu lui avait montré, le même triangle d’or revêtu de la parole perdue, de la connaissance. L’initié trouve en lui la lumière à l’identique de la lumière divine.
La recherche de la vérité, la recherche de la parole perdue n’est autre que la recherche de Dieu, c’est à dire du Principe qui est en nous. Rechercher le Principe qui est en nous revient à redescendre au centre de la terre comme le suggère la sentence VITRIOL, ou bien encore à descendre dans le puits car :           
« Je suis ce que je suis. Mon nom est GUIBULUM »      





Savoir passer de la lumière extérieure à la lumière intérieure peut-être considéré comme un aboutissement en soi, car mon Temple intérieur est un sanctuaire. et la lumière demeure en bas comme en haut.
Le Déluge n’a pas atteint la Voûte sacrée, le cœur du monde. La Vérité qui est enfouie en nous demeure sous la neuvième voûte à l’abri de la perversion du monde profane. C’est dans ce sanctuaire que le chercheur sincère, vainquant les obstacles des 9 voûtes, se rapproche de la connaissance.
C’est également ce que nous rappelle cet autre enseignement :« on n’est pas initié, on s’initie soi-même ». En effet, si l’initiation à la pratique des rites se fait nécessairement par les FF, l’initiation aux lois fondamentales de la vie et à la connaissance de l’Etre ne peut se faire qu’en puisant dans le tréfonds de soi-même.
Le Chevalier de la Royale Arche sait qu’en lui demeure la Lumière Divine. Le Grand Elu de la Voûte sacrée occulte cette vérité. Cette occultation de l’endroit le plus sacré du Temple est indispensable. Mais cette occultation n’est pasirréversible. Henoch pose un anneau de fer sur la pierre de fermeture pour permettre au cherchant de retourner à la neuvième voûte, comme l’initié retourne au cabinet de réflexion. La perte du mot sacré n’est pas définitive.


Ce qu’Hénoch scella c’est que la Connaissance demeure au plus intime  du cœur de l’homme et qu’elle n’est accessible qu’au cherchant vertueux et opiniâtre.
De multiples épreuves ont conduit Guibelum, Johaber et Stolkin  à la neuvième voûte et à la découverte du Nom Sacré. De multiples épreuves jalonnent le parcours du cherchant, souvenons nous de la mort de l’Architecte, de la recherche de ses assassins, les mauvais compagnons, toujours en embuscade sur le chemin, des victoires des Elus sur eux-mêmes.


Mais pourquoi donc après toutes ces épreuves, détruire le temple que l’on avait si méticuleusement et si opiniâtrement construit ? Nous voici donc revenu immédiatement avant le déluge et la destruction universelle. Tout ça pour ça !


La réponse se trouve peut-être en partie dans le rituel du Maître parfait. « Un homme doit se dépouiller de toute attache terrestre pour devenir digne de pénétrer dans le saint des saints ». Le néophyte naît de la terre mère, Le Grand Elu de la Voûte Sacrée peut y retourner à volonté pour y contempler la présence divine. On acquiert  la sagesse (la gnose) par le vécu intérieur, par l’expérience intime. C’est une démarche toute personnelle et bien différente de celle permettant d’acquérir des connaissances culturelles, scientifiques ou autres.


Il me semble cependant difficile de croire que cet enseignement constitue un aboutissement en soi. La Lumière est en nous et la Lumière est à l’Orient. D’une façon ou d’une autre ces deux aspects de la Lumière devront bien ne faire plus qu’un.


D’autres révélations se trouvent derrière la onzième porte. En ouvrant cette porte JOHABER et STOLKINprovoquent l’obscurité totale et un grand effroi chez nos trois contrevenants. Pourtant une fois la peur maîtrisée et le chemin de retour retrouvé, notre rituel nous dit que nos trois cherchants se dirigèrent songeurs vers le palais du Roi Salomon. Pourquoi donc étaient-ils si songeurs.


Cette onzième portereprésente me semble-t-il l’espoir d’une nouvelle progression. Alors, était-ce un mal de transgresser l’interdit, ce n’est pas si sûr. La curiosité n’est pas toujours malsaine, Souvenons nous de JOHABERT, le secrétaire intime de Salomon.


J’ai dit.

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