14°
#411012
La transgression …
R∴ P∴
A
LA GLOIRE DU GRAND ARCHITECTEDE L’UNIVERS
ORBO AB CHAO
DEUS MEUMQUE JUS
SOUS LA JURIDICTION DU SUPRÊME CONSEIL POUR LA FRANCE DES SOUVERAINS GRANDS INSPECTEURS GENERAUX DU 33ème ET DERNIER DEGRE DU RITE ECOSSAIS ANCIEN ET ACCEPTE .
TRES SOUVERAIN MAITRE
et vous tous mes Frères
ORBO AB CHAO
DEUS MEUMQUE JUS
SOUS LA JURIDICTION DU SUPRÊME CONSEIL POUR LA FRANCE DES SOUVERAINS GRANDS INSPECTEURS GENERAUX DU 33ème ET DERNIER DEGRE DU RITE ECOSSAIS ANCIEN ET ACCEPTE .
TRES SOUVERAIN MAITRE
et vous tous mes Frères
Le mot transgression vient du latin « trangressio », nom d’action du supin de « transgredi », qui signifie, « passer de l’autre côté », « traverser »,
« dépasser une limite », d’où l’idée d’enfreindre une règle, un ordre, une loi.
A cette définition première, vient s’ajouter une approche notionnelle plus riche qui évoque notamment une infraction jugé socialement intolérable consistant violer délibérément une norme, elle-même garante d’un ordre supérieur .
La transgression, ou plutôt l’idée qu’on s’en fait, met en jeu des questions essentielles.
Elle interroge tout d’abord sur ce que les sociétés considèrent comme devant relever d’une interdiction radicale, sur ces choses ou personnes qu’elles entendent protéger de manière absolue.
En ce sens, la transgression parle de sacralité, et surtout de la sacralisation, de ce qui se trouve mis l’écart, séparé du monde ordinaire.
La transgression évoque également le défi suprême, la désobéissance radicale, ostracisante, celle qui, dans la menace qu’elle adresse la raison des hommes, suggère les sentiments les plus profonds de l’effroi et de l’horreur, celle qui construit les figures les plus abjectes du monstre et de l’hérétique, celle qui sollicite les formes les plus définitives, voire cruelles, de châtiment et de réparations .
La transgression est toujours négation d’une forme d’interdiction . Elle passe outre la limite qui définissait la sphère du permis.
En effet, l’interdiction appelle et suscite sa propre transgression, dès lors qu’elle brime la liberté de l’individu.
Au delà de cette approche philosophique de la transgression, qu’en est-il de cette acte en maçonnerie ?
Pourquoi transgresse-t-on ?
La transgression est-elle négative ?
Transgresser, c’est, nous l’avons vu, contrevenir un ordre établi, une loi. Les grades de Perfection enseignent clairement que la transgression est un acte nécessaire pour poursuivre l’accomplissement de son cycle.
En effet, s’il veut progresser et dépasser ses limites, le Maître Maçon doit nécessairement un jour transgresser un interdit.
Au 3ème degré déjà, le Maître Maçon est confronté au pouvoir am- bivalent de la transgression ; les trois mauvais compagnons, en assassinant HIRAM , ont concrétisé leur funeste transgression par un acte destructeur et définitif, en ignorant que leur geste allait suspendre momentanément la construction du Temple .
Au 6ème degré, JOHABEN, qui fait partie de la cour du Roi SALOMON, et dans son empressement à protéger son Roi, outrepasse largement sa fonction en espionnant la conversation entre SALOMON et HIRAM, Roi de THIR. C’est la deuxième transgression, qui finalement se révèle bénéfique puisque JOHABEN , sa bonne foi reconnue, sera nommé Secrétaire Intime des deux Rois. C’est une transgression positive.
Au 9ème degré, grade de vengeance, JOHABEN agit sur ordre de SALOMON et là encore, outrepasse l’ordre donné et coupe la tête du meurtrier. Le justicier de SALOMON applique ainsi la pénalité contenue dans son serment d’apprenti, mais transgresse l’ordre donné car sa volonté est encore tributaire de pulsions complexes qui vont du zèle à la volonté de s’identifier au bras justicier.
Il devient meurtrier son tour, tuant par ce geste vengeur le mauvais compagnon qui sommeillait en lui.
C’est l’achèvement d’un cycle de destruction et d’obscurité aussitôt suivi d’un cycle de reconstruction.
Cette descente en lui-même élimine ce qu’il y a de mauvais en lui, du moins le sépare de ce qu’il y a de bon en tout homme, savoir l’Esprit, symbole de lumière. JOHABEN ne s’y trompe pas ; il ramène la tête, et seulement la tête du meurtrier à SALOMON !!
On revient alors une dualité basique : on sépare le corps /matière, de la tête /esprit.
Le geste vengeur ! La vengeance ! Le mot est lâché !
Ce mot gênant, par ce qu’il contient d’inacceptable dans une société civile, pourquoi ne devient-il choquant qu’au moment de la réception au 9ème degré.
Devant la forêt d’épées brandies lorsque nous retrouvons physiquement la lumière, ne nous a-t-on pas précisé que ce groupe armé était là pour nous protéger, mais qu’il saurait être aussi le vengeur de la Franc-maçonnerie si nous venions forfaire ? ….
La vengeance est partout dans la Bible, depuis CAIN et ABEL, et même avant, depuis la vengeance de DIEU punissant l’homme de son péché originel.
La maçonnerie nous enseigne que, « sans un pouvoir légitime, la vengeance est un châtiment » et que la volonté de tirer vengeance d’un dommage ou d’une offense relève du réflexe archaïque de l’instinct et non de la Raison qui doit guider le Maître .
Il ne faut, cependant, pas oublier que la vengeance fut une des for- mes originelles de la Justice et encouragé comme telle ; HOMERE n’a t-il pas écrit dans L’ILLIADE : « la vengeance est plus douce que le miel ! ».
Il faut néanmoins admettre que la transgression de l’interdit peut s’avérer nécessaire, voire indispensable, pour s’affranchir de certaines limites, d’accéder une étape supérieure. La transgression est forcément lié une initiation.
Au fond de la caverne, ce sont les racines de la haine qui s’étiolent. La descente dans l’intimité de ses contradictions pour y affirmer ses valeurs assure donc d’une bien plus grande victoire, obtenue sans combat.
Si la progression du maçon est rationnelle dans ses acquis, elle use d’une méthodologie métaphorique d’abord dans les premiers grades (rigueur de l’équerre), allégorique ensuite.
La vengeance d’ HIRAM procède de cette allégorie, fondatrice de la réflexion, qui va compléter et éclairer, non seulement la Mort ( mort que nous avons déjà côtoyé dans le Cabinet de Réflexion, sans en comprendre le sens) mais la nécessité de la Mort. Faute de quoi, nous serions dans un dogme !
C’est donc en nous que s’effectue cette descente « aux enfers » , par un escalier difficile où nous a conduit le chien, et cette caverne effroyable est bien le creuset de nos défauts .
J’ai dit, Très Souverain Maître