14° #411012

J’ai fait alliance avec la Vertu et les hommes vertueux

Auteur:

K∴ K∴

Obédience:
Non communiqué
Loge:
Non communiqué

C’est sans doute parce que les 33 degrés du Rite Ecossais Ancien et Accepté (REAA) se succèdent dans un ordre logique, cohérent et séquentiel, car chacun complète le précédent et permet de le comprendre, tout en introduisant le suivant qui en prolonge l’enseignement, que j’ai été appelé à présenter ce soir la colonne gravée suivante ayant pour titre : « J’ai fait alliance avec la Vertu et les hommes vertueux ».

Le Trois Fois Puissant Grand Maître après avoir partagé le pain et le vin avec les nouveaux impétrants et leur donné l’accolade fraternelle dit ceci : « Recevez cet anneau comme le symbole de l’alliance que vous avez contractée avec la Vertu et les hommes vertueux ».

Ce passage intervient à la fin des cérémonies ; les Grands Élus de la Voûte Sacrée viennent de prêter serment, partager le pain et le vin avec le T F P G M , recevoir de ses mains en gage d’alliance l’anneau qui les lie au G A D L U pour la défense de la vérité, de la justice et de l’équité : ils sont donc appelés à travailler pour leur perfection ultime et le bien de l’humanité toute entière.

Pour y parvenir, ils doivent se mettre sur le chemin de la connaissance, s’éveiller et devenir meilleur et enfin, témoigner de la vérité voire de la faire connaître. Cette démarche les conduira à contracter une alliance avec la Vertu et les hommes vertueux et leur permettra de fondre le sentiment de l’existence individuelle dans celui de l’existence universelle.

Très cher Frère Président et vous tous mes Frères en vos Grades et Qualités, je vous propose d’appréhender le sujet à travers les trois piliers suivants : Quelles vertus pour les hommes vertueux ? Pourquoi faire alliance avec la Vertu et les hommes vertueux ? Les Devoirs de cette alliance.

1. Quelles vertus pour les hommes vertueux ?

En plus du don merveilleux qu’il nous a fait grâce, Dieu ne nous a pas ménagé de ses bienfaits. Il nous a prodigué ses dons surnaturels, il nous a équipé pour le combat de la vie, de poussées et inclinaisons favorisant le bien sous toutes ses formes et qui nous permettent aussi de combattre le mal sous divers aspects : ces poussées et inclinaisons s’appellent les vertus.

A ce propos, je vous cite trois courts passages d’auteurs d’époques différentes relatifs à la notion du Vertu pour nous situer.

Le premier, emprunté au Balthasar d’Anatole France, reproduit un dialogue des Rois Mages sur le lieu de croisée de leurs chemins vers Bethléem. Je cite :

« …J’y vais comme vous, répondit Balthasar, j’ai vaincu ma luxure, c’est pourquoi l’étoile m’a parlé ;Moi dit Melchior, j’ai vaincu mon orgueil, et c’est pourquoi j’ai été appel ;Moi dit Gaspar, j’ai vaincu ma cruauté, c’est pourquoi je vais avec vous » fin de citation.

Le second de Montaigne, évoque la Vertu aimable, c’est-à-dire qui mérite d’être aimée. Je cite : « Ceux qui l’ayant pour but, l’ont approchée, la considèrent logée sur un plateau fertile et fleurissant, d’où elle voit bien sous soi toutes choses. On peut y arriver si l’on sait s’y prendre, par des routes ombrageuses, gazonnées et doux fleurâtes, plaisamment et d’une pente facile et polie, comme celle des voûtes célestes » fin de citation.

Le troisième, de Platon, relate des propos de Socrate dans un entretien sur la Vertu. Ce dernier fait ressortir trois traits qui caractérisent celle-ci, résumés en cette phrase : « …il le semble bien, la vertu n’est ni une chose qui s’enseigne, ni un don naturel, mais elle provient chez ceux qui la possèdent d’une dispensation divine » fin de citation.

Qu’est-ce que la vertu et d’où procède t’elle ? Serait-elle à la fois le fruit de la dispensation divine et du labeur ?

Le mot vertu, selon le Robert historique, vient du mot latin virtus, qui désigne le courage, l’énergie morale et, de là, s’emploie pour toute espèce de qualité et de mérite masculin (la valeur, la discipline) ; utilisé quelque fois pour désigner la force.

La vertu est définie, selon le dictionnaire Larousse, comme étant la disposition ferme, constante à faire du bien. Une force avec laquelle l’homme tend au bien ; force morale appliquée à suivre la règle, la loi morale définie par la religion, la société…

Aristote expliquait que c’est ce qui distingue les hommes des animaux, autrement dit, la vie raisonnable. Mais la raison seule ne suffit pas, il faut aussi le désir, l’habitude, la mémoire. L’homme vertueux pourrait être celui qui cherche, par son comportement, par son raisonnement et par ses actions à améliorer les choses et à soulager l’autre.

Les grands philosophes de la Grèce antique, tel que Socrate, Platon, Aristote avaient pour vocation de penser la vertu, de la pratiquer eux-mêmes et d’en discourir. Cinq vertus principales sont mis de l’avant : le courage, la modération ou la tempérance, la justice, la sagesse et enfin la piété. L’excellence d’un homme se mesure à ses vertus. La vraie vertu suppose en outre une connaissance du bien.

De tout cela, nous pourrions retenir que : La vertu, est une disposition permanente à vouloir le bien, et à accomplir des actes moraux ; disposition qui implique le courage d’incarner des valeurs, malgré les tentations et les obstacles. Non pas un courage aveugle, mais un courage éclairé par la connaissance des valeurs qui fondent la conscience. Valeurs dont la source émanait des lois profondes de l’Univers.

On distingue plusieurs types de vertus :

Les Vertus naturelles et surnaturelles
Les Vertus théologales (Foi, Charité, Espérance)

Comme leur nom l’indique, ces vertus ont un rapport direct avec Dieu, elles fondent, animent et caractérisent l’agir de chaque chrétien, elles forment et vivifient toutes les vertus morales. Les vertus théologales ne sont accessibles à l’homme que par la Grâce de Dieu. Ce sont les vertus de Foi en Dieu, d’Espérance en Dieu et de Charité pour Dieu.

Les Vertus morales ou cardinales (Prudence, Force, tempérance, Justice).

Ce sont des dispositions stables de l’intelligence et de la volonté qui règlent nos actes, ordonnent nos passions et guident notre conduite selon, la raison et la foi. Les vertus cardinales sont définies comme la perfection de nos facultés naturelles.

A ces vertus, s’ajoutent les vertus maçonniques, à savoir la tolérance, la bienfaisance et la solidarité.

Si l’histoire distingue pour la société, les vertus cardinales (prudence, courage, tempérance et justice) et les vertus théologales (foi, charité et espérance), la tradition permet de les analyser, de les approfondir pour tenter d’en mesurer le dosage nécessaire et obtenir le mélange judicieux permettant de tendre vers un comportement vertueux.

Il est sans doute possible d’être naturellement imprégné de prudence, de tempérance, de courage et de justice, mais pour celui qui n’est pas spontanément vertueux il est, je pense envisageable de tendre à le devenir en prenant exemple sur la pensée des philosophes Grecque antiques qui font de la Vertu, l’idée d’Excellence.

2. Pourquoi faire « alliance avec la vertu et les hommes vertueux » ?

Des notre initiation, la Franc-maçonnerie met à notre disposition un outillage rationnel permettant de se réaliser. Notre objectif, le perfectionnement moral de l’Humanité. Si nous connaissons la réponse aux questions mentionnées dans le livret de l’apprenti :

« Quels sont les devoirs d’un F M ?Fuir le vice et pratiquer la vertu ».

« Comment un F M doit-il pratiquer la vertu ? En préférant à toute chose la justice et la vérité ».

Cela reste insuffisant, raison sans doute pour laquelle, nous travaillons à nous perfectionner.

Au cours des trois premiers degrés du REAA, nous apprenons à mieux nous connaître et nous devons lutter contre les mauvais compagnons sommeillant en nous, afin de nous construire pour réaliser notre idéal et être digne successeur d’HIRAM.

Le 1er degré des Hauts grades nous invite au discernement et à la découverte du sens caché des choses, c’est-à-dire écouter et comprendre. La sentence du 4ème voyage dispose : « Ce que la franc-maçonnerie vous demande, c’est d’aimer la justice, de la vénérer, de marcher dans ses voies, de la servir de tout votre cœur et tout votre âme ». Lors de cette cérémonie, nous avonscontracté « une sincère alliance ». A ce moment, la vertu prend force dans l’exercice du devoir et sa recherche de sens. Le laurier, l’olivier et la clef d’ivoire évoquant la voie de l’Etoile.

Plus tard au 5ème degré, le courage du Maître Secret va être éprouvé pour qu’il devienne Maître Parfait. Les mots accompagnant le Secrétaire Intime (6ème degré), « BERTH » (alliance), « NEDER » (promesse), « SCHELEMOTH » (perfection) laissent clairement supposer que nous allions et promettons d’œuvrer à notre perfectionnement.

En tant que Prévôt et Juge (7ème degré), nous nous sommes engagés à tout faire pour apaiser les différents entre Frères et avons ponctué notre serment en demandant « que Dieu me garde en VERITE, en EQUITE, et en JUSTICE » ; ce qui était sans doute, l’ouverture aux vertus chevaleresques.

Les grades d’élus (9ème, 10ème et 11ème) définissent un idéal de justice et d’équité et nous ont acheminés vers un nouveau stade de réflexion nous inclinant à plus de spiritualité, de conscience et d’amour. L’étoile qui brille au septentrion dans le Temple du 12ème degré symbolisant la vertu qui doit guider les actions des hommes est aussi un rappel de notre devoir. La légende raconte que certains Grands Maîtres Architectes (12ème degré) supplièrent le roi Salomon de les recevoir Chevalier de Royal-Arche (13ème degré), faisant ainsi preuve d’une volonté de perfectionnement.

C’est au 13ème degré, degré de l’initiative personnelle maîtrisée à l’exemple de GUIBULUM, de l’introspection en force au plus profond de soi, porté par l’assurance de la Connaissance acquise précédemment et des lois découvertes sur ce chemin, que s’effectue le passage.

Notre engagement maçonnique a pour fondement un volontariat motivé par un désir d’amélioration de ce qui nous entoure et qui passe par notre propre perfectionnement, par notre « sublimation ». Ainsi, le degré auquel aspirent les Chevaliers de Royal-Arche exige « qu’ils fassent alliance avec la VERTU et les hommes vertueux ».

Le rituel du 14ème degré nous enseigne que le Temple étant achevé, Salomon reçut les plus vertueux des Chevaliers de Royal-Arche, les investit du degré de la Perfection. Il leur fit jurer de vivre en paix, union et concorde entre eux, pratiquer les devoirs de charité, de bienveillance, et de faire en sorte que la justice et l’équité soient toujours le fondement de leurs actes. Il remit à chacun d’eux un anneau d’or en signe de l’alliance qu’ils avaient contracté avec la Vertu et les hommes vertueux.

La cérémonie d’initiation des grands Elus de la Voûte Sacrée qui cherchent l’ultime perfection s’achève par le serment de pratiquer les vertus qui élèvent l’homme au-dessus de l’animalité, et les nouveaux Grands Elus de la Voûte Sacrée reçoivent un anneau d’or comme symbole de l’alliance qu’ils ont contracté avec la Vertu et les hommes vertueux. Ainsi les GEVS animés par un ardent désir de pratiquer la VERTU, voyagent par toute la terre dans le but de faire connaître la Vérité et d’enseigner la pure morale de la franc-maçonnerie.

Il apparait donc que notre motivation personnelle de nous améliorer est à l’origine du traité d’alliance que nous avons passé afin de pouvoir progresser avec l’éclairage des hommes vertueux que sont ses Frères, dont chacun se présente comme autant de miroirs spéculaires indispensables au perfectionnement de chacun.

3. L’état de cette alliance

Le 14ème degré du REAA, représente le degré de la perfection, celui où le chemin de la connaissance rejoint celui de l’amour et de la fraternité. Le maçon apprend à raisonner intellectuellement pour maîtriser le monde qui l’entoure et dans lequel il évolue, pour s’élever spirituellement.

Le Grand Élu de la Voûte Sacrée fait alliance avec la Vertu et les hommes vertueux. Il reçoit l’anneau, symbole de la pureté.

Trois idées forces peuvent se dégager pour constituer le devoir du maçon arrivé à terme d’un cheminement spirituel dans les Ateliers de Perfection avant d’entamer son long parcours dans les Ordres de la Sagesse.

Premièrement : pratiquer la vertu en préservant les valeurs de l’ordre, notamment dans le choix de nos frères et la préservation de nos secrets ;
Deuxièmement : pratiquer la plus grande fraternité en agissant toujours avec équité et justice ;
Et enfin, être un exemple pour ses frères et dans le monde profane pour répandre autour de soi les vertus dont il est dépositaire.
Ces trois points m’apparaissent être très liés entre eux et résument ce que doit être aujourd’hui notre attitude en tant que Maçon libre et responsable à cette étape de notre vie maçonnique.

Rester fidèles à nos traditions et les préserver, non seulement en admettant en notre sein des hommes qui sauront les appréhender et contribuer à notre enrichissement mutuel, mais encore en veillant à ce que notre travail en loge leur permette une progression harmonieuse et soit la source d’une véritable réflexion.

La Franc-maçonnerie doit ou devrait être universelle, on ne reconnaît pas un maçon à son appartenance à telle ou telle obédience ou à tel ou tel rite, mais à la qualité de son engagement maçonnique, qui doit être libre, et requiert qu’il ait été initié régulièrement dans une loge. Cet engagement, accepté et consenti, doit aussi être accompagné d’une attitude et d’un engagement sincère à vouloir progresser selon les rituels, et à travailler en loge en apportant et en faisant partager à tous le fruit de ses réflexions.

L’importance de nos travaux réside dans l’enrichissement mutuel qu’ils apportent et contribuent à apporter à chacun, un éclairage, une interprétation, une sensibilité qui lui permettent d’alimenter sa propre réflexion.

La préservation du secret maçonnique, symbolisé à ce degré par la préservation de la parole sacrée, est à la fois le gage de notre indépendance et de notre liberté, mais également de la qualité de notre travail.

Si les grands Élus de la Voûte Sacrée, selon la légende, ont toujours pris la précaution de n’initier que des « hommes libres et de valeur éminente », il est de notre devoir, avec le soutien de nos frères, de perpétuer cette tradition. Et c’est sans doute la vertu et la perfection symboliques auxquelles nous accédons à ce grade qui constituent les qualités nécessaires à ce devoir.

Les vertus, qui doivent être celles des Grands Élus de la Voûte Sacrée, sont leur aptitude à écouter, leur tolérance, leur niveau de connaissance, et enfin leurs facultés d’analyse et de synthèse. Ce discernement dans l’initiation des profanes est particulièrement important pour éviter les mauvais choix.

Le mauvais choix d’un profane peut conduire à un désintérêt rapide, un absentéisme, et une désaffection de ce dernier ; ou à l’incompréhension des mystères de la maçonnerie qui peut engendrer des déviances préjudiciables ; ou enfin à des changements d’obédiences ou de rites qui peuvent être déstabilisants et sans réel profit pour l’initié et pour sa loge.

Pratiquer la plus grande fraternité ; après l’initiation du profane, notre devoir est de pratiquer la plus grande fraternité et notamment : « Ne jamais laisser dans son cœur accès à l’iniquité, à la vengeance, à l’injustice et à la jalousie, être toujours prêt à faire le bien et ne jamais employer sa langue à la médisance et à la calomnie envers les autres maçons ».

La fraternité, c’est un des fondements de la maçonnerie dont les principes ont été énoncés avec force dès les constitutions d’Anderson : « Cultivez l’Amour Fraternel, fondement et clé de voûte, ciment et gloire de cette ancienne fraternité ».

La fraternité est d’abord un devoir absolu qui nous est répété tout au long de notre instruction maçonnique, c’est comme le rappelle encore Anderson : « Le centre de l’union et le moyen de nouer une amitié fidèle parmi les personnes qui auraient pu rester à une perpétuelle distance ». Cette fraternité revêt bien des aspects sans essayer d’en exposer toutes les facettes, il me paraît utile d’en retenir les devoirs essentiels :

Ne pas calomnier ou médire de ses frères est ou devrait être sans doute le premier devoir envers eux. Cela vaut bien évidemment envers les membres de notre loge et les membres de notre obédience de quelque grade qu’ils soient, quelque soient ses origines, ses croyances ou ses convictions, mais aussi envers tous nos frères maçons.

Être juste et équitable et bannir la vengeance est également un devoir essentiel envers nos frères. Être équitable, c’est-à-dire appliquer la loi avec discernement. Être impartial, c’est-à-dire dominer nos passions et nos penchants personnels. Être indépendant, c’est-à-dire ne pas céder aux pressions et ne pas être animé d’un désir de vengeance.

La fraternité, c’est enfin le respect de l’autre, le partage, l’écoute et la reconnaissance de sa liberté. Pour que le travail de tous, en loge, soit profitable et harmonieux, il faut la liberté de conscience et d’interprétation de chacun d’entre nous et accepter les idées personnelles qui ne sont pas forcément les nôtres, mais qui enrichissent le débat et la réflexion. Pour cela, il nous faut être tolérant.

La tolérance a pour complément indispensable, la solidarité. S’aider les uns les autres, travailler ensemble dans un même esprit et pour un but commun est encore un devoir lié à la fraternité. Toutes ces facettes de la fraternité ne sont certes pas faciles à respecter et à mettre en œuvre : respect, justice, partage, écoute, tolérance et solidarité sont les vertus qui nous permettront d’y accéder. Cette fraternité, nous devons être toujours aptes à la donner pour en recevoir nous-mêmes de nos frères, car elle est la voie d’accès à l’autre, et ce chantier maçonnique est une priorité, particulièrement pour le Grand Élu de la Voûte Sacrée.

Être un exemple pour ses frères, mais également dans le monde profane pour en répandre et perpétuer les mystères qui nous été révélés.

La légende nous retrace quelques épisodes historiques au cours desquels les Grands Élus de la Voûte Sacrée se sont particulièrement illustrés par leur fidélité à leurs agissements. Cet exemple doit être montré par les GEVS en particulier sur plusieurs points.

Nous devons d’abord montrer l’exemple dans notre travail maçonnique et être toujours disponible pour aider nos frères. Demander à un apprenti d’être assidu dans son travail exige de nous un effort d’assiduité pour lui montrer que nous avons nous-mêmes emprunté cette voie et que c’est grâce à ce travail que nous avons progressé.

Si les GEVS n’ont pas terminé leurs parcours initiatique, ils ont symboliquement atteint la perfection et fait alliance avec la Vertu et les hommes vertueux. Si la valeur de l’exemple n’est pas suffisante à elle seule pour inciter ceux qui se sont écartés de la vertu à la pratiquer, elle permet de rassembler ceux qui la recherchent et de les inciter à s’enquérir des mystères qui permettent d’y parvenir.

Nous sommes malheureusement loin d’avoir atteint cette perfection et notre vertu est profondément perfectible. Si nous ne pouvons espérer faire l’admiration des hommes, nous devons nous efforcer de nous comporter dans le monde profane comme nous tendons à le faire au sein de nos loges.

Conclusion

Le chemin de l’initié au 14ème degré est jalonné de symboles lui permettant de progresser vers la connaissance suprême.

Que ce soit dans les 1ers degrés comme au 14ème degré ; j’ai besoin, en contrepartie de mon serment, de la confiance de mes frères pour y puiser mes forces. J’ai eu besoin d’appréhender leur aura maçonnique pour trouver plus facilement le souffle me permettant de m’élever. J’ai eu besoin, à travers un rituel, de me nourrir de tout un corpus symbolique comme viatique pour les voyages que je devais accomplir.

En loge de perfection, j’ai ressenti trois fortes notions qui ont marquées la graduation de mon élévation. La notion de Devoir, indispensable pour se mettre sur le chemin de la connaissance, la notion de Vouloir indispensable pour s’éveiller et devenir meilleur, enfin la notion de Pouvoir indispensable cette fois pour témoigner de la vérité voire de la faire connaître.

Je serais donc devenu « Parfait et Sublime Maçon », mais suis-je vraiment Parfait ? Cela veut-il dire qu’ayant atteint la perfection, je suis arrivé au terme de mon parcours ? Pourtant je sais bien qu’il n’en est rien. J’ai appris tout au long de mon cheminement que lorsque j’ouvrai une porte, d’autres restaient fermées ou invisibles et que rien n’était jamais définitif.

Je sais donc que je ne suis pas parfait et que je ne le serai jamais et encore moins sublime. Alors ? Pourquoi me nommer ainsi justement pour me forcer à m’interroger sur mon parcours et surtout sur celui qui me reste à accomplir ? Car si j’admettais que je suis parfait, je considérerai que je suis arrivé au bout de ma quête et me contenterai de cette situation en me félicitant tous les jours d’être arrivé là où je suis ; mais si j’admets que je ne peux être parfait car celui qui est parfait est alors l’égal de Dieu, j’admets aussi que je dois poursuivre mon chemin.

Pourtant cet AMEN, trois fois prononcé, qui clôt mon serment, serait-il le point final, sans retour possible mais aussi sans rien au-delà ? Non, pour moi cela marque simplement l’aspect définitif de ce qui a été et de ce qui est acquis définitivement, éternellement, mais à partir de cet acquis il y a encore autre chose…

Contracter une alliance avec la Vertu et les hommes vertueux pourrait signifier : « parvenir au choix de l’Ordre », Ordre en temps qu’harmonie de l’Univers, reconnaissable par l’homme son microcosme, qui a le Devoir de le rechercher pour tendre au parachèvement spirituel qui lui est dévolu avec le don de la vie, avant que d’offrir dans l’action envers les autres, les qualités maîtrisées de son être.

Ainsi donc, le Grand Élu de la Voûte Sacrée devra voyager par toute la terre, faire connaître et enseigner l’Amour, la Fraternité, la Tolérance, mais aussi chercher une nouvelle Loi, à l’aide de la connaissance acquise de l’ancienne Loi, par la voie de la Spiritualité et de l’Amour.

J’ai dit.

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