Le G.E.P&S.M doit fermer son cœur à tout sentiment d’iniquité, de vengeance ou d’injustice
Non communiqué
DEUS MEUMQUE JUS
RITE ECOSSAIS ANCIEN ET ACCEPTE
Au Nom et sous les Auspices du
SUPRÊME CONSEIL DE FRANCE
LIBERTE-EGALITE-FRATERNITE
Très cher
frère Président et vous tous mes
frères
La sentence de mon sujet ( Une
sentence depuis Montaigne est une phrase renfermant une
pensée morale) est
extraite de l’instruction du 14 éme degré du REAA
en réponse à la question :
Quelles doivent êtreles
dispositions
d’un grand Elu parfait et sublime maçon.
Le 14éme degré étant le couronnement des degrés de la Loge de perfection (les degrés salomoniens), le GEP&SM devrait avoir compris, dans le sens étymologique de prendre avec, l’enseignement des degrés précédents.
Devenu « un homme vrai en toutes circonstances » au 11éme degré du Rite, puis ayant gravé dans mon cœur ce trésor sacré, le Nom ineffable, ayant contracté une alliance avec la vertu dont la justice et l’espérance, je ne peux comprendre cette phrase que d’une manière positive. L’heure n’est plus à la vengeance aveugle, mais à la punition juste, à une décision de réparation.
Si je prends ici le mot « vengeance » dans la définition de vendetta aveugle, de justice expéditive sous l’impulsion de la passion, l’iniquité, la vendetta et l’injustice ne sont plus alors qu’un seul et même vice à des degrés différents de gravité.
Je préfère donc interpréter cette phrase de la manière suivante: Le GEP&SM doit ouvrir son cœur à tout sentiment dejustice.
La justice comme vertu, comme idéal philosophique. Il est déjà demandé au Maître secret d’aimer la justice, de la servir de tout son coeur. Un degré entier lui est consacré, celui de Prévôt et Juge qui doit être prêt à travailler à toute heure partout où il y a justice à rendre, partout où le préjugé et la partialité sont à éradiquer.
J’aimerais vous citer deux phrases ou plutôt deux réflexions qui ont trouvé résonance en moi alors que je préparais cette colonne gravée :
–« Les hommes ne sont jamais aussi dangereux que quand ils se vengent des crimes qu’ils ont eux-mêmes commis » Sandor MARAI écrivain hongrois.–« Il est justice de prendre vengeance d’un crime, mais c’est vertu de ne pas se venger… » proverbe oriental.
Ce sujet 23 m’amène, en tous cas je le perçois ainsi, à vous parler du Devoir, de vengeance, de pardon et de vertu et plus précisément des 4éme et 9éme,10éme,11éme degrésde Maître Elu (choisi)du REAA.
Le 4 ème degré rappelle au Maître que la Lumière est loin d’être acquise, que le chemin de perfectionnement est long et rempli d’épreuves. Il est bien question ici de perfectionnement et non de perfection .
Le Maître secret face au Saint des Saints est captivé par son vécu intérieur. En rassemblant ce qui est épars il s’engage sur le chemin du Devoir, celui de la recherche d’une connaissance métaphysique et de la Parole perdue. Celui de la découverte et la connaissance de son Etre intérieur authentique, fondement de lui-même, sa source, son essence véritable, son Unité.
Dés lors, puisque j’ai réalisé que je suis moi-même le Devoir, mon cheminement initiatique m’oblige, et l’obligation est impérative, à remplir en toute conscience mes devoirs d’être humain et d’initié. Je veux parler entre autres: De la prise de conscience de soi et des autres, de me méfier des préjugés et des jugements trop hâtifs de valeur, de réfléchir avant d’agir, d’avoir du discernement, d’être responsable et prendre pour guide la seule voix de ma conscience, d’être fidèle à mes engagements, d’assurer la transmission de la Tradition et obéir à nos règlements…
Bien que mon Temple intérieur, à l’image du Temple de Salomon, sembleêtre sur le point d’être terminé, le parcours de l’Intendants des Bâtiments (8éme degré) aux grades d’Elus dits encore « grades de vengeance » se résume encore à uneconstruction, une expérience et à des choix.
Les 9, 10 et 11 éme degrés évoquent la question de transgression. Ils mettent en évidence les méfaits des pulsions vengeresses puisme font passer de la vengeance à la vraie justicepour épuiser mes passions, mes mauvais compagnons et devenir un authentique Maçon ou Emerek, homme vrai en toutes circonstances.
Pour pouvoir achever le temple encore fallait-t-il que les meurtriers d’Hiram soient punis.
Je suis alors Maître Elus des Neufs car « le sort en a décidé et la caverne (m’) est connue » La caverne est clairement une invitation à descendre dans les profondeurs de soi et peut représenter mon propre inconscient là où se terrent mes tyrans intérieurs. J’ai pris conscience de la façon par laquelle j’ai tué mon être intérieur en construction, mais j’ai du mal à affronter et à accepter cette réalité. Si je sais que le Saint des Saints est en moi, je sais aussi que les trois mauvais compagnons que je veux châtier y sont également. C’est moi-même qui suis les meurtriers de Maître Hiram.
Pour cette raison désobéissant à l’ordre établi(d’accomplir le Devoir) de ramener à la conscience le coupable et de le juger, je me précipite d’une manière impulsive et incontrôlée pour tuer le traître et ne plus assumer cette culpabilité.
Johaben, que je suis par identification, s’isole, se met à l’écart des autres, sans contact il pense vivre le fait que « l’on s’initie par soi-même ». J’avais confondu la solitude de l’initiant avec l’isolement. On se perfectionne individuellement mais au sein d’un collectif : la Loge.Il y a dans les degrés d’Elus la permanence du groupe et de la solidarité. La clémence de Salomon est obtenue dans une démarche collective des autres Elus que Johaben.
Le travail auquel m’ invite le « Nekam » est beaucoup plus ardu et plus enrichissant que celui consistant à chercher et à châtier sauvagement des assassins, les meurtriers d’ Hiram. En homme plus éclairé, prenant de la distance et conduit par la raison, la capture des autres meurtriers est suivie d’un jugement en bonne et due forme. Une décision a été prise, une prise de conscience que maintenant je suis différent, le passé est terminé et une nouvelle façon de me comporter doit naître. La sanction infligée n’est plus alors de l’ordre de la vengeance aveugle mais une punition juste qui prend un caractère sacré.
Je m’accepte tel que je suis, je me suis libéré de mes vices et passions destructeurs. Je comprends néanmoins que mes mauvais compagnons sont toujours là, sous contrôle, mais sommeillant.
Par le jeu des diverses substitutions (tantôt Johaben, Stolkin, Guibulum, mais aussi Salomon), je me pardonne pour casser le cycle vengeance – punition. J’ai le sentiment d’acquérir un peu de sagesse.
Je prends en charge la responsabilité de l’inexcusable. Je pardonne mais n’oublie pas, je reste vigilant. Le pardon permet la conciliation. Je ne suis plus habité par aucune haine, je suis en paix avec moi-même et je repousse l’animalité présente en moi. C’est l’ouverture du coeur. Le fait de s’aimer un peu plus permet d’aimer les autres davantage…
Néanmoins, celui qui pardonne n’ignore pas le désir de vengeance, mais il décide de le surmonter et de le surpasser. C’est pour cela que le pardon demande un grand courage.
Ces mauvais compagnons ont accompli, en même temps qu’une très mauvaise action, une mission fondatrice. Ils ont accompli le destin d’Hiram. Mon destin de renaître plus radieux que jamais.
Je comprend à l’issue de ces grades de vengeance que si je veux dépasser mes limites, aller plus loin comme nous avons l’habitude de dire, changer d’état, il me faut à un moment ou un autre nécessairement transgresser un interdit pour évoluer positivement, passer à un autre niveau de conscience. Cependant je ne peux repousser les limites de ma connaissance que si mes intentions sont pures et positives, détachées d’envie de pouvoir et d’avoir: C’est ma définition du « vrai » zèle.
La justice, dernière des 4 vertus cardinales après la tempérance, le courage et la prudence, inclut ces 3 premières.
La vertu vient de « virtus » qui est une puissance prête à passer à l’acte. Nous retrouvons aussi la racine vir qui désigne l’homme et à la vertu est liée l’idée de courage. La justice, véritable charnière de notre vie morale, a pour objet nous-même mais se rapporte également, bien évidemment, à autrui. C’est une disposition permanente à vouloir le bien, le bien commun.
Rendre justice et non se faire justice c’est mettre une distance par rapport à l’évènement, demander la médiation d’un tiers et un délai entre l’offense et la réparation. Faire alliance avec une vertu comme la justice c’est pour le GEP&SM l’épouser et lui être fidèle quelles que soient les difficultés et les tentations…
J’ai travaillé à me perfectionner, mais après la destruction du Temple de Salomon, lui si vertueux et pourtant tombé dans la débauche, il me faut réinventer, reconstruire une vie intérieure plus riche. Me regarder vivre dans le silence de la méditation sans complaisance mais sans dégoût non plus, sans porter de jugement trop hâtif, avec lucidité repartir dans la quête spirituelle d’un nouveau pas. C’est ce que je pressens dans le besoin d’aller encore plus loin sur mon chemin initiatique.
J’ai dit TCF Président