14° #411012

Le Grand Elu Ecossais et la Vertu

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Dans la planche de ce soir, je vais vous parler du Grand Elu Ecossaiset d’alliance avec la vertu.

Celle-ci doit guider l’humanité.

Quel doit est selon vous, le devoir du Grand Elu Ecossaisallié à la vertu ?

Voyons d’abord ce que dit le dictionnaire sur le mot « VERTU » : Force avec laquelle l’homme tendau bien ; force morale appliquée à suivre la règle, la loi morale définie par la religion et la société……

 Avant de rentrer dans le vif du sujet, faisons un petit retour en arrière sur le rituel du second Ordre du rite français traditionnel,et un parallèle avec le 14ème degré du REAA dans sa première version,arrivé en France en 1741 et qui est pratiquement identique sur le fond.

Dans le second Ordre, les meurtriers de notre maître Hiram étant punis et le Temple presque achevé, le roi Salomon entrepris de cacher dans un lieu secret le véritable nom du Grand Architecte de l’Univers qui avait été révélé à Moise dans le buisson ardent.

Salomon entreposa donc ce nom dans une voute secrète, sous le temple, accessible par un escalier de 3, 5, 7 et 9 marches, ou il y plaça un piédestal triangulaire etou en son centre,il y incrusta le Delta d’or porté par Hiram ou était gravé le nom du GADLU, triangleque notre maitre Hiram avait jeté, sentant la mort venir,dans un puits, et ou il fut ensuite retrouvé par trois maitres qui le remirent au roi Salomon.

Salomon descendit accompagné des quinze Elus, des neufs Maîtres qui avaient travaillé à la construction de la voûte secrète et des trois maîtres qui avaient découvert le Delta d’Or,pour y incruster au milieu du piédestal le delta de notre maître Hiram. Il fit recouvrir ce delta par une pierre d’agate taillé en forme de quadrilatère sur laquelle,sur la face supérieure,il fit graver le mot sublimé. On plaça devant trois lampes portant chacune neuf bougies qui brûleraientd’un feu éternel.

Salomon après avoir fait jurer à tous de ne jamais révéler ce qui s’était passé, ordonna de sceller l’entrée de la voûte et donnaà ce lieu le nom de voûte sacré.Ce secret ne fut confié qu’aux seul 27 Grands Elus et à leurs successeurs, dont nous faisons partie.Pour celer cette promesse, Salomon leur donna un anneau d’or.

Après la destruction du Temple par les Assyriens, les architectes en construisirent un nouveau qui fut également détruit sous Titus. La lignée des successeurs des architectesformèrent divers établissements utiles et des associations vertueuses ; partout ils s’illustraientpar leurs vertus, liés par la fois de leur sermentense distinguant ainsi en tant que « Vrais Maçons ».

Dans le 14ème grade du REAA,dans sa version première, qui a étésans doute celui le plus modifié et qui connaît le plus de variantes, celui-ci représentele degré de la perfection, celui où le chemin de la connaissance rejoint celui de l’amour et de la fraternité. Le maçon apprend à raisonner intellectuellement pour maîtriser le monde qui l’entoure et dans lequel il évolue, pour s’élever spirituellement.

Le Grand Elu Parfait et Sublime Maçon fait alliance avec la vertu et les hommes vertueux.Il reçoit l’anneau, symbole de la pureté,il est le dépositaire de l’ancienne maçonnerie et se doit à ce titre d’en préserver les secrets. Nous retrouvons ici l’essentiel de l’enseignement de ce grade.

La légende de ces deuxgrades est très riche tant par sa longueur que par son contenu.

Sans refaire une explication de texte de cette légende du 2ème Ordre du Rite Français Traditionnel, etdu 14ème degré du REAA, ainsi quede l’instructionde cesgrades, j’ai souhaité dégager les idées qui me semblent constituer le devoir du maçon arrivé au terme d’un cheminement spiritueldansles Ateliers de Perfection avant d’entamer son longparcourt dans les Ordresde Sagesse.


Premièrement :


·Pratiquer la vertu en préservant les valeurs de l’ordre, notamment dansle choix de nos frères et la préservation de nos secrets,


Deuxièmement :


·Pratiquer la plus grande fraternité en agissant toujours avec équité etjustice,


Et enfin :


·Etre un exemple pour ses frères et dans le monde profane pour répandre autour de soi les vertus dont il est le dépositaire.

Ces trois points m’apparaissent êtretrès liés entre eux et résument ce que doit être aujourd’hui notre attitude en tant que Maçon libre et responsable à cette étape de notre vie maçonnique.

Rester fidèles à nos traditions et les préserver, non seulement en admettant en notre sein des hommes qui sauront les appréhender et contribuer à notre enrichissement mutuel, mais encore en veillant à ce que notre travail en loge leur permette une progression harmonieuse et soit la source d’une véritable réflexion.

La légende du 14ème grade du REAA et du 2ème ordre du Rite Français Traditionnel comporte unpassage relatifà la vertu dansla maçonnerie.

Si la légende fait allusion à des faits historiques anciens, il faut que les expériences du passé éclairent notre présent pour nous permettre de ne pas répéter les mêmes erreurs avec les mêmes conséquences.

Il est malheureusement évident que l’histoire bégaie et que certaines dérives graves ou moins graves ont entaché à nouveau la maçonnerie et que, par intérêt personnel, par soif de pouvoir, d’honneur ou d’argent, un certain nombre de maçons ont investi certaines loges pour satisfaire leurs désirs et non pour y travailler dans le respect de nos rituels.

Nos traditions ne sont pour eux que les instruments qui serviront à s’intégrer dans l’Ordre à des fins biens éloignés de la vertu.

Il n’est pas de mon intention, de faire, ici, le procès de ces dérives, qui ont parfois défrayé la chronique, mais de revenir sur l’universalité de la maçonnerie en dehors de toute appartenance et de certaines prétendues prééminences d’obédience ou de rite.

La Franc-maçonnerie doit ou devrait être universelle, on ne reconnaît pas un maçon à son appartenance à telle ou telle obédience ou à tel ou tel rite, mais à la qualité de son engagement maçonnique, qui doit être libre, et requiert qu’il ait été initié régulièrementdans une loge.

Cet engagement, accepté et consenti, doit aussi être accompagné d’une attitude et d’un engagement sincère à vouloir progresser selon les rituels,et à travailler en loge en apportant et en faisant partager à tous le fruit de ses réflexions.

L’importance de nos travaux réside dans l’enrichissement mutuel qu’ils apportent et contribuent à apporter à chacun, un éclairage, une interprétation, une sensibilité qui lui permettent d’alimenter sa propre réflexion.

La préservation du secret maçonnique, symbolisé à ce degré par la préservation de la parole sacrée, est à la fois le gage de notre indépendance et de notre liberté, mais également de la qualité de notre travail. 

Ce degré fait des Grands Elus Ecossaisles dépositaires de l’ancienne maçonnerie et comme il est répété à chaque grade depuis notre initiation : gardons en le secret et sachons préserver nos traditions qui sont la garantie des valeurs universelles que nous voulons pratiquer.

« Sanctifier ceux qui y ont été initiés aux mystères de la Maçonnerie » fait également symboliquement partie de notre devoir de Grand Elu Ecossais.

Encore pour cela faut-il que la vigilance s’exerce au sein de chaque loge et que dans la mesure de notre connaissance,nous soyons à même de discerner les qualités et les vertus qui feront d’un profane un bon maçon.

Si les Grands Elus, selon la légende, ont toujours pris la précaution de n’initier que « des hommes libres et de valeur éminente », il est de notre devoir, avec le soutien de nos frères, de perpétuer cette tradition.

Les Grands Elus Ecossais que nous sommes en sont-ils capables ?

Les vertus dont nous sommes investis symboliquement peuvent-elles nous y aider ? 

Répondre à cette question est évidemment difficile, et c’est d’ailleurs la raison pour laquelle l’initiation d’un profane est entourée de multiples précautions et requiert l’enquête de plusieurs frères et l’unanimité de la loge.

Chacun a évidemment tendance à estimer et à juger selon sa propre sensibilité et sa propre vision de la maçonnerie ; la tolérance et la maîtrise de ses passions doivent être nos guides associés à notre expérience et à notre connaissance.

Nous n’avons pour seuls outils, pour ce faire, que notre propre jugement soutenu par les connaissances que nous avons pu acquérir tout au long de notre vie maçonnique.

Et c’est sans doute la vertu et la perfection symboliques auxquelles nous accédons à ce grade qui constituent les qualités nécessaires à ce devoir.

Pour revenir à un niveau plus concret, notre devoir est d’abord d’écarter tous les profanes qui viennent en maçonnerie pour leurs « affaires », éviter ceux qui viennent pour compenser une déception familiale ousentimentale, et enfin ceux qui entendent faire partie d’un « club. »

Bien évidemment, il ne s’agit pas ici de faire une liste exhaustive des profanes à éviter et de ceux qu’il convient de privilégier, mais de discerner les profanes avides d’une réellerecherche d’eux-mêmes et qui sont susceptibles d’enrichir la loge par leur approche.

Les vertus, qui doivent être celles des Grands Elus Ecossais, sont leur aptitude à écouter, leur tolérance, leur niveau de connaissances, et enfin leurs facultés d’analyse et de synthèse.

Ce discernement dans l’initiation de profanes est particulièrement important pour éviter les maux que nous avons rappelés plus haut.

Le mauvais choix d’un profane peut conduire à un désintérêt rapide, un absentéisme, et une désaffection de ce dernier ; ou à l’incompréhension des mystères de la maçonnerie qui peut engendrer des déviances préjudiciables ; ou enfin à des changements d’obédience ou de rites qui peuvent être déstabilisants et sans réel profit pour l’initié et pour sa loge.

Après l’initiation du profane, notre devoir est de pratiquer la plus grande fraternité et notamment :

« Ne jamais laisser dans son cœur accès à l’iniquité, à la vengeance, à l’injustice et à la jalousie, être toujours prêt à faire le bien et à ne jamais employer sa langue à la médisance et à la calomnie envers les autres maçons. »

La fraternité est un mot qui est très usité en maçonnerie et dont on doit rappeler tout le sens, car c’est un des fondements de la maçonnerie dont les principes ont été énoncés avec force dès les constitutions d’Anderson : 

«Cultivez l’Amour Fraternel, fondement et clé de voûte, ciment et gloire de cette ancienne Fraternité. »

La fraternité est d’abord un devoir absolu qui nous est répété tout au long de notre instruction maçonnique c’est, comme le rappelle encore Anderson : 

«Le centre de l’union et le moyen de nouer une amitié fidèle parmi les personnes qui auraient pu rester à une perpétuelle distance. »

Et non pas un droit acquis par le nouvel initié ou le maçon envers le nouvel apprenti.

Je ferai une réserve sur le terme d’amitié employé par Anderson qui ne me paraît peuadapté.

Il ne faut pas confondre amitié et fraternité, en effet si ces deux sentiments peuvent être englobés dans le grand terme d’Amour, ils se différencient, surtout dans leur acceptation maçonnique.

Si nous avons effectivement le devoir de fraternité envers nos frères maçons, il nous est impossible d’avoir le cœur assez grand pour éprouver un sentiment d’amitié pour tous.

Cette fraternité revêt bien des aspects et sans essayer d’en exposer toutes les facettes, il me paraît utile d’en retenir les devoirs essentiels.

Ne pas calomnier ou médire de ses frères est ou devrait être sans doute le premier devoir envers eux.

Cela vaut bien évidemment envers les membres de notre loge et les membres de notre obédience de quelque grade qu’ils soient, quelque soient ses origines, ses croyances ou ses convictions, mais aussi envers tous nos frères maçons.

La discrimination prônée par certaines obédiences ou certains maçons est la négation même de la fraternité qui commence par exclure ceux qui n’appartiennent pas au « sérail » sous les prétextes de régularité ou de reconnaissance.

Etre juste et équitable et bannir la vengeance est également un devoir essentiel envers nos frères.

Je ne reviendrai que brièvement sur les qualités nécessaires pour rendre la justice qui nous ont été enseignées au 1er Ordre.

Etre équitable, c’est à dire appliquer la loi avec discernement.

Être impartial, c’est à dire dominer nos passions et nos penchants personnels.

Être indépendant, c’est à dire ne pas céder aux pressions et ne pas être animé d’un désir de vengeance.

La fraternité c’est enfin, le respect de l’autre,le partage, l’écouteet la reconnaissancede sa liberté.

Pour que le travail de tous, en loge, soit profitable et harmonieux, il faut préserver la liberté de conscience et d’interprétation de chacun d’entre nous et accepter les idées personnelles qui ne sont pas forcément les nôtres, mais qui enrichissent le débat et la réflexion.

Pour cela, il nous faut être tolérant.

Notre édifice maçonnique ne sera beau et solide que s’il est enrichi par toutes les sensibilités qui le composent et sa construction ne sera rendue possible que par la collaboration de tous, quel que soit son grade et son rite.

La tolérance a pour complément indispensable, la solidarité.

S’aider les uns les autres, travailler ensemble dans un même esprit et pour un but commun est encore un devoir lié à la fraternité

Toutes ces facettes de la fraternité ne sont certes pas faciles à respecter et à mettre en œuvre : respect, justice, partage, écoute, tolérance et solidarité sont les vertus qui nous permettrons d’y accéder

C’est évidemment une utopie, tout comme l’est la finalité de notre recherche ; c’est pourtant le chemin à suivre en continuant de croire à la perfectibilité de l’homme et du maçon en particulier.

Nous ne changerons pas la face du monde, mais nous essaierons d’y vivre dans de meilleures conditions.

Cette fraternité, nous devons être toujours aptes à la donner pour en recevoir nous-mêmes de nos frères,  car elle est la voie d’accès à l’autre,et ce chantier maçonnique est une priorité, particulièrement pour le Grand Elu Ecossais.

A mon sentiment personnel, la fraternité doit guider l’humanité, elle est le ciment de la maçonnerie et devrait être celui du monde ; c’est sans doute un des grands mystères de notre vie maçonnique tout entière.

Le dernier devoir que j’ai choisi de développer ici, c’est :

Être un exemple pour ses frères, mais également dans le monde profane pour répandre et perpétuer les mystères qui nous ont été révélés.

La légende nous retrace quelques épisodes historiques au cours des quels les Grands Elus se sont particulièrement illustrés par leur fidélité à leurs engagements

La valeur de l’exemple, qui est ici louée, est une valeur extrêmement symbolique.

On connaît bien sûr, la valeur que peut avoir l’exemple dans la vie profane. Cette valeur est toute relative et ne suffit jamais à elle seule à déterminer l’attitude de ceux qui en sont les témoins

On pourrait citer de fort nombreux cas de ce type. Je n’en retiendrai qu’un seul, qui est celui de la peine de mort qui fut évoquée lors de notre précédente tenue au 1er Ordre par un F Elus Secret dans sa planche abordant le sujet de la justice et de la vengeance. Cette peine capitale, outre le fait qu’elle constituait une sanction aux crimes les plus vils, devait avoir valeur d’exemple et dissuader ceux quiauraient été tenté, de commettre de pareilles exactions.

Il n’en a rien été, comme l’a prouvé l’histoire, et la peine de mort n’a dissuadé personne ou presque, si bien que cette criminalité n’a pas régressé.

Le même phénomène a pu être constaté à l’inverse quand elle a été abolie, la criminalité n’a pas augmenté pour autant.

Est-ce pour autant que l’exemple n’a pas de valeur ?

Certes pas, car toute notre éducation en est la preuve contraire. Comment enseigner des valeurs à quelqu’un qui n’aurait autour de lui que comportements contraires à cet enseignement ?

C’est tout à fait impossible et c’est pourquoi la valeur de l’exemple reste absolument indispensable même si elle n’est pas suffisante en soi.

Cet exemple doit être montré par les Grands Elus Ecossais en particulier, sur plusieurs points.

« Agissons avec zèle pour retrouver l’ancienne perfection ! »

Nous devons d’abord montrer l’exemple dans notre travail maçonnique et être toujours disponible pour aider nos frères.

Là encore comment demander à un apprenti d’être assidu dans son travail si nous ne sommes pas capables de lui montrer que nous avons nous-mêmes étudié et que c’est grâce à ce travail que nous avons progressé.

Comment lui transmettre notre savoir ?

Si les Grands Elus Ecossaisn’ont pas terminé leur parcours initiatique, ils ont symboliquement atteint la perfection et fait alliance la vertu et les hommes vertueux.

Si la valeur de l’exemple n’est pas suffisante à elle seule pour inciter ceux qui se sont écartés de la vertu à la pratiquer, elle permet de rassembler ceux qui la recherchent et de les inciter à s’enquérir des mystères qui permettent d’y parvenir.

Nous sommes malheureusement loin d’avoir atteint cette perfection et notre vertu est profondément perfectible.Si nous ne pouvons espérer faire l’admiration des hommes, nous devons nous efforcer de nous comporter dans le monde profane comme nous tendons à le faire au sein de nos loges et Chapitres.

Notre Ordre permet à tous ceux qui y sont entrés librement de poursuivre leur chemin maçonnique avec leurs différences que personne ne leur conteste, bien au contraire, puisqu’elle permet l’enrichissement de tous.

Restons libres de cette richesse et cultivons la vertu pour le bien de tous en préservant nos valeurs,de ceux qui ne les partagent pas.

J’ai dit TG.

A140-2-1

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