14° #411012

Le minéral dans le 14ème

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A LA GLOIRE DU GRAND ARCHITECTE DE L’UNIVERS
DEUS MEUMQUE JUS
RITE ECOSSAIS ANCIEN ET ACCEPTE
ORDO AB CHAO
AU NOM ET SOUS LES AUSPICES DU SUPREME CONSEIL DE FRANCE

1) Le règne minéral est particulièrement présent dans les rituels maçonniques, nos références symboliques étant tirées du métier de constructeur. On avait d’ailleurs deux types de maçonnerie celle du bois et celle de la pierre, c’est celle de la pierre qui perdurera jusqu’à nos jours alors que la maçonnerie du bois ne s’est transmise que jusqu’aux carbonari.

Pour bien comprendre la place du règne minéral dans le 14ème il nous faut remonter à la légende du 13ème grade.

Au 13ème grade, Enoch selon la vision reçue du GADLU, grave sur une plaque d’or triangulaire les lettres de Son Nom et la scelle enrichie de gemmes sur une pierre d’agate. La prononciation du Vrai Nom fut perdue jusqu’à ce que Moïse la reçoive à nouveau de Dieu lui-même. Mais comment peut-on perdre la prononciation d’un mot ? Il y a là un mystère. La graphie est faite pour traduire précisément le prononcé d’un mot. Et pourquoi faut-il toutes ces précautions pour enfermer le secret de ce Nom ? La prononciation cacherait-elle quelque chose d’autre ? En fait, le son est ici le point central de l’édification de l’Initié. On lui dit qu’il n’a pas la capacité de se remémorer la vibration qui correspond à Dieu, celle qui L’appelle, Le fait apparaître. Le son est perdu. Mais il est des procédés anciens, issus d’un chamanisme non dévoilé pour enregistrer cette vibration. Toutes les cultures comme nous le verrons font de la pierre ou plus précisément du cristal une parfaite mémoire des vibrations subtiles. C’est pourquoi Enoch scelle la plaque d’or portant le Nom de Dieu sur une agate. Cette opération « chamanique » a pour but de symboliser et de retenir cette vibration très haute. La plaque d’or de par la graphie sacrée vibre subtilement et émet le Nom de Dieu qui est « retenu » dans la pierre d’agate. Les neuf voûtes de pierre, la trappe sont là pour symboliser l’ampleur du secret qui n’est ainsi révélé qu’à ceux qui connaissent les secrets des pierres.

Il est intéressant de noter qu’il y a trois étapes à la découverte de Guibulum. En effet, chaque groupe de trois arches est suivi d’une remontée. Si l’on considère que Malkuth est le niveau de la manifestation, c’est la « Porte », « Le Seuil », symbolisé par la trappe. On a après 3 groupes de 3 séphiroth chacun. Le premier est constitué de Yesod, Hod et Netsah soit l’intelligence pure ou intuition puis l’intelligence absolue symbolisée par les Arts classiques et enfin l’intelligence occulte symbolisée par la magie. Celui qui descend ainsi symbolise le cheminement de la Connaissance au travers de ces diverses sphères. Puis après un premier palier symbole d’une première acquisition, c’est Tipheret, Choesed et Geburah, l’intelligence médiatrice, puis la miséricorde divine et la justice divine dans lesquelles plonge l’Initié. On semble ainsi avancer vers une transcendance plus appuyée. Après une deuxième remontée, l’Initié qu’est Guibulum visite Kether, Binah et Hochmah, respectivement la Couronne d’éternité, l’Intelligence et la Sagesse, c’est la fin du voyage qui ouvrira sur l’Aïn Soph Aur, l’indifférencié.

Le bijou d’Enoch est retrouvé touit d’abord par Guibulum, puis avec Johaben et Stolkin dans la neuvième voûte après le périple de Guibulum. On remarque que plus on s’enfonce dans la terre plus on s’élève spirituellement, plus on rentre dans le minéral et plus on s’approche de la divinité. L’arbre séphirotique est inversé Kether est au plus profond et Malkuth en surface.

N’est-ce pas encore un symbole : c’est dans la pierre qu’est le secret, enfermé depuis des siècles, il gît là prêt à se dévoiler à ceux qui savent écouter la matière-esprit.

Arrivé sous la neuvième voûte, c’est une dixième qui s’ouvre par le minéral qui tombe et permet à la lumière de pénétrer. Dans d’autres rituels d’autres suprêmes conseils, on fait état précisément d’une onzième porte ouvrant sur l’infini, l’Ein Soph. Ici, cette ouverture est symbolisée par la pierre qui tombant dévoile la lumière. La pierre est là symbole de lumière, elle est directement associée à celle-ci, car la lumière qui vient du haut se réfracte dans les gemmes de la plaque triangulaire, les gemmes conduisent cette lumière sacrée symbole de l’infini. Mais la lumière qu’elles véhiculent n’est pas une lumière naturelle, Guibulum manque en effet d’être aveuglé, cette lumière est divine elle provient du Tout indifférencié de l’infini, l’Aïn Soph Aur, au-delà de Kether. On voit que la pierre est encore le véhicule d’une vibration, lumineuse cette fois-ci alors que tout à l’heure on l’a connue médiatrice du son. Elle est bien le canal du divin dans tous les cas, capable de se remémorer les sons inaudibles, les vibrations cachées et de transmettre La Lumière d’En Haut. Au-delà du Nom et de la Présence, la Shekinah, elle est capable de transmettre La Vérité Ultime qui n’est pas visible par les yeux humains. La lumière qui tombe d’En Haut est identique à celle qui sourd des gemmes ainsi le rituel explique clairement le rôle du règne minéral. D’ailleurs le signe d’admiration est aussi l’expression de la dangerosité des rayons qui peuvent émaner de la pierre, il est des vibrations qui sont « transcendantes » et non accessibles aux humains que nous sommes.

Dans le 14ème dès le début les associations sont clairement explicitées, ici la « voûte » est « sacrée ». La voûte est faite de pierres, c’est une construction humaine à base de minéraux qui est d’emblée caractérisée de « sacrée ». Nous sommes précisément dans le domaine où le minéral est sacré.

Le rituel dit : « Salomon et Hiram, Roi de Tyr, après avoir créé Guibulum, Stolkin et Johaben Chevaliers de Royal-Arche, mirent le précieux trésor en sûreté sous le sanctuaire du Temple, dans la crypte creusée par Enoch avant le Déluge. Ils appelèrent cette crypte, la Voûte Sacrée parce qu’elle abritait le Nom Ineffable du Grand Architecte de l’Univers. ». Il apparaît ici clairement que c’est du fait que la pierre contient le Nom Ineffable en tant que vibrations qu’elle est Sacrée. C’est parce qu’elle est potentiellement l’abri de la Vibration divine qu’elle est sacrée. Le règne minéral est donc sacré parce que potentiellement à même de contenir l’Ineffable.

De plus, Galaad reste sous la voûte « protégé » par la pierre : le gardien garde comme la pierre le secret, il choisit de gésir parmi les pierres car il a le même rôle qu’elles ! Il est le gardien du secret et pour ne pas le révéler, il devient symboliquement de la même nature que le minéral et choisit de mourir, pierre, sous les pierres qui seules gardent le secret Les Grands Elus d’ailleurs s’exclament : « Maha Imaha Rabach » « Dans elle est ce qui est dans la caverne » qui se comprend très bien comme expliquant que dans la Pierre est le Nom Ineffable, c’est elle et nul autre qui Le contient. Ce mot est le plus important car il délivre le secret ineffable de la vibration spécifique du Nom de Dieu syntonisé dans le minéral.

Les Grands Elus ayant retrouvé le Trésor, le martèlent pour faire disparaître le Nom divin et brisent la pierre pour empêcher toute divulgation intempestive du secret. Par cette action, ils anticipent l’absence de gardien et de lieu pour abriter le Secret Ineffable. Le Nom retourne à l’indifférencié dans le plus sacré des lieux l’Arche d’Alliance, lieu de la Shekkinah présence divine. Il retourne dans la Présence à l’indifférencié qui est sa nature près des tables révélant la Loi divine, elles-mêmes en pierres. Galaad est recouvert des tables de marbre de la Voûte sacrée son tombeau de pierres sacrées conserve la mémoire de ses actes valeureux, le marbre est symbolique de l’honneur fait aux défunts. Seule la mémoire humaine devra transmettre dans les formes traditionnelles le Nom Sacré. Résultat de la Perfection, les Grands Elus peuvent conserver dans leur cœur le Saint Nom ce que les Chevaliers de Royal Arche détenaient des vibrations de la Pierre. Il a fallu la purification et l’Alliance faite avec la Vertu pour transformer le Cœur Pur des Grands Elus en tabernacle pour le Secret du Nom Ineffable. Le cœur des Parfaits et Sublimes Maçons est seul maintenant à garder le Secret en lieu et place de la Pierre.

Il n’est que de se remémorer aussi notre injonction V.I.T.R.I.O.L. « Visite l’intérieur de la Terre et en rectifiant tu trouveras la pierre cachée ». N’est-ce pas ce que précisément font les Chevaliers de Royal Arche puis les Grands Elus. Ils vont à l’intérieur des neuf voûtes puis en se retournant premièrement puis en « rectifiant » au sens kabbalistique déjà évoqué des séphiroth ils trouvent la Pierre Cachée ! N’ont-ils pas accompli la grande alchimie ? Le chemin a ainsi été trouvé et l’action juste menée. Les Grands Elus sont bien Parfaits Maçons.

2) Dans un deuxième temps, il faut nous rapprocher du Sens de la Pierre et chercher en quoi elle s’inscrit plus spécifiquement dans le rituel du 14ème. Quels symboles véhiculent-elles hors de l’emploi qu’en fait le mythe que nous avons rappelé.

Tout d’abord la pierre en général est synonyme de dureté, de solidité. « Tu es Pierre, et sur cette pierre je construirai mon Eglise » dans le Nouveau Testament, signifie bien que le socle doit être solide pour permettre l’édification du Temple. Ce matériau a été choisi de tout temps pour sa résistance plus grande à tous les accidents. Dans le cas précis qui est le nôtre, cette solidité est indispensable à la conservation du message, et avant même les interprétations que nous avons faites, on peut penser que la plaque d’or a été scellée sur la pierre d’agate pour la mieux conserver et lui permettre de voyager dans le temps sans trop de mal. C’est la première idée et elle n’est pas plus fausse que les autres, elle est juste la première, la plus évidente.

Plus intimement, c’est aussi une solidité symbolique qui est conférée à la Foi de ceux qui scellent le Nom ineffable sur elle. Il y a là une extension du Sens. Le bijou d’Enoch est la preuve de la solidité du message de la révélation. Solidité relative cependant puisqu’elle sera détruite par la suite, donc solidité symbolique.

Les modifications de l’espace mythique dans la légende du 13ème et du 14ème sont de nature minérale, le décor est minéral et ce qui change est de ce règne. Il semble qu’il y ait retour au fondamental, à l’essentiel, à l’originel. Le règne minéral est le règne des origines des temps, le plus ancien, ce qui a façonné le monde tel que nous le connaissons c’est la vie des pierres. Les descentes dans les neuf voûtes ressemblent en cela à un retour aux origines. Celui-ci est conforme à l’idée d’ensemble : Enoch pour les Chevaliers de Royal-Arche et les Grands Elus témoignait de l’origine de la Religion juive et deuxièmement le bijou qu’il a ciselé nous parle des éléments constitutifs de celle-ci, ontologiques et essentiels. Il y a dans ce décor minéral un retour à la base, à la racine de la Foi, du Judaïsme et de la Franc-maçonnerie. Le décor est apocalyptique comme aux origines, Galaad gît sous les pierres, d’autres tombent sur Guibulum, il n’y a plus rien d’ordonné dans ce chaos si ce n’est ce qui fait trace du passé le plus ancien soit dit le bijou sacré.

Mais la pierre en général, le minéral est aussi d’après certains écrits en relation directe avec la divinité. Ainsi Gitta Mallasz dans « Dialogues avec l’ange » où elle relate les transes d’Hanna Dallos, nous fait part de ce que le règne minéral le plus brut des trois règnes est en relation directe avec le divin. Dans l’une de ses séances médiumniques elle exprime les rapports entre les différents règnes et les êtres supérieurs et cite les pierres comme des dieux tombés sur terre.

Dans la Bible, il faut rappeler que Moïse frappe sur un rocher pour en faire sourdre l’eau, symbole de vie.

De même dans le songe de Jacob on ne peut pas ne pas associer la pierre à ce rêve.  Jacob quitta Beer-Sheva, et s’en alla vers Haran. Il arriva en ce lieu et y resta pour la nuit car le soleil s’était couché. Prenant une des pierres de l’endroit, il la mit sous sa tête et s’allongea pour dormir. Et il rêva qu’il y avait une échelle reposant sur la terre et dont l’autre extrémité atteignait le ciel ; et il aperçut les anges de Dieu qui la montaient et la descendaient ! Et il vit Dieu qui se trouvait en haut [ou à ses côtés] et qui lui disait : « Je suis Dieu, le Dieu d’Abraham et le Dieu d’Isaac ton père ; la terre sur laquelle tu reposes, je la donnerai à toi et à tes descendants ; et tes descendants seront comme la poussière de la terre, et ils s’établiront vers l’ouest et vers l’est, vers le nord et vers le sud ; et par toi et tes descendants, toutes les familles sur la terre seront bénies. Vois, je suis avec toi et te protégerai là où que tu ailles, et je te ramènerai à cette terre ; car je ne te laisserai pas tant que je n’aurai pas accompli tout ce dont je viens de te parler».

Mais le minéral peut aussi être considéré comme la métaphore de la Matière en tant que principe archétypal. Et dans ces cas là, comme nous le dit très bien Teilhard de Chardin, la Matière n’est qu’Esprit et le Minéral est alors symbole de cette Matière-Esprit. Ainsi dans « Le Phénomène Spirituel » il dit : « Prise intégralement dans sa totalité temporelle et spatiale, la Vie représente le terme d’une transformation de grande amplitude, au cours de laquelle ce que nous appelons « Matière » (au sens le plus compréhensif du mot) s’invertit, se reploie sur soi-même, s’intériorise, – l’opération couvrant, en ce qui nous concerne, l’histoire entière de la Terre. Le phénomène spirituel n’est donc pas une sorte de bref éclair dans la nuit : il trahit un passage graduel et systématique de l’inconscient au conscient, et du conscient au self-conscient. C’est un changement d’état cosmique. Ainsi s’expliquent sans contradiction, les liaisons en même temps que les oppositions, entre Esprit et Matière. En un sens, l’une et l’autre sont bien fondamentalement une même chose… ».

Le Prajnaparamita sutra nous dit plus ou moins la même chose : « La Forme n’est rien que le Vide, le Vide n’est que la Forme, La Forme n’est rien d’autre que le Vide et le Vide n’est rien d’autre que la Forme. De même, la sensation, la perception, les formations mentales et la conscience ne sont que le Vide et le Vide n’est que la sensation, la perception, les formations mentales et la conscience, et rien d’autre ».

Partout dans le monde « la pierre est la preuve du passage de l’Homme ». Cette phrase je l’ai entendue au Népal sur les chemins de montagnes dans l’Himalaya où toute station, toute halte faisait l’objet de l’édification, par les porteurs et les marcheurs, de petits monticules de pierres plus ou moins travaillés et plus ou moins grands : pierres en équilibre les unes sur les autres, chortens stylisés, ou véritables amas de pierres gravées de mantras suivant l’histoire du lieu, ses liens avec le sacré et la fréquence des passages. De tout temps elle aura été le vecteur du sacré et de la présence de l’Homme.

3) Les pierres sont magiques, de tout temps, les hommes leur confèrent des pouvoirs et s’en servent à des fins thérapeutiques ou théurgiques. Ainsi j’ai relevé certains écrits concernant uniquement la Pierre d’Agate, mais pour chaque sorte de pierre, on trouve des qualités magiques relatives à l’astrologie, la médecine, l’alchimie et bien d’autres domaines.

L’AGATE pourrait être dans les rituels du 13ème et 14ème la Schethiyah ou pierre fondamentale « celle qui a été rejetée par les mauvais compagnons et est devenue la pierre d’angle » d’après André& Benzimra.

L’AGATE : pierre d’ancrage, équilibre émotionnellement, favorise le centrage, harmonise le yin et le yang, pierre apaisante et calmante, fortifie la confiance en soi, aide à l’introspection, permet la connexion à la conscience collective. Il est des agates mythiques telles que celle de la tradition gnostique dans laquelle se concrétisaient 365 puissances appelées Abraxas émanant de Dieu portant une image montrant le tête d’un coq, les pieds de serpent, les bras d’un humain une double croix dans la main gauche et un bouclier dans la droite. Depuis toujours utilisée pour tailler des images religieuses (scarabées), le Hébreux y avaient taillé un dieu Hobal que Mahomet fit briser au nom d’Allah. Les Grecs et les Romains la consacrèrent à Mercure. C’était un porte-bonheur. On y taillait des camées et des images qui en assuraient la puissance. On lui attribue des pouvoirs importants parmi lesquels celui de calmer les tempêtes, d’être efficace contre les poisons. Les musulmans disent qu’un disciple d’un prophète en fit un puissant talisman en gravant sur une agate la marque que son maître avait à l’épaule. Les Persans estimaient que l’agate apportait richesse et éloquence et faisait découvrir des trésors cachés ; chez les Romains elle prolongeait la vie. Hildegarde de Bingen lui trouve sept pouvoirs :

  • de protéger de la foudre
  • d’éloigner les démons
  • de conjurer les dangers des poisons
  • de défendre des attaques du Malin
  • de rétablir la santé
  • de guérir des morsures de serpent
  • de rendre courageux dans l’adversité.

Elle donne du courage et rend invincible, elle écarte les dangers.

Les grands prêtres et prêtresses d’Egypte portaient de nombreuses pierres sur leur corps, en particulier sur la tête et sur les mains afin de se charger de leur énergie pour la transmettre à leurs patients. D’Egypte nous vient cet ancien poème :

Thot, mon dieu, est fait de pierres précieuses.
Il éclaire la terre de son éclat,
Le disque de lune sur sa tête est de jaspe rouge
Et son phallus est de quartz.
Thot je n’ai plus peur de rien
Depuis que ta force est mienne.

Des pierres précieuses étaient serties sur la couronne des rois, des reines et des chefs religieux ; elles fonctionnaient comme des batteries grâce auxquelles ces représentants de la divinité sur terre pouvaient se recharger en énergie cosmique. Les écrits des premiers chroniqueurs chrétiens relatent que les pierres précieuses fixées sur la chasuble du grand prêtre étaient si fortement magnétisées par leurs planètes respectives qu’elles étaient capables de répondre aux questions par une sorte d’alphabet morse lumineux.

Je vous avoue avoir personnellement l’expérience du caractère magique des pierres dures. J’ai à une certaine époque de ma vie bien avant de m’y intéresser intellectuellement par des lectures ressenti très fortement des attractions et des répulsions devant certaines pierres, avoir été sujet à des visions en me concentrant sur des cristaux de quartz natifs et avoir décelé précisément l’histoire des propriétaires de certaines pierres précieuses, comme avoir deviné la nature d’une pierre les yeux bandés simplement en la touchant. Je reste persuadé que nous avons tous ce pouvoir de plonger dans la pierre et d’en retirer une expérience originale au-delà de toute intellection.

De nombreux ouvrages contemporains « Pierres qui guérissent » de Pierre Ribon, « Le pouvoir des cristaux » de Michael G. Smith, « Cristaux et développement personnel » de Uma Silbey, « Guide initiatique du cristal » de Philippe Le Cesne,  ou encore « Les cristaux magie et programmation » de Pierre Marichal inventorient les techniques pour rentrer en contact avec l’esprit de la pierre.

Mais le caractère magique du minéral est aussi attesté dans la littérature alchimique. Ainsi : Dans la terminologie alchimique « sol » c’est l’or mais ni comme métallique, ni comme corps céleste. C’est une substance active. Pour les explications plus courantes il possède le rayonnement lumineux et la vertu vitale et transformatrice. La substance active de ce soleil est une réalité bienfaisante, elle engendre sous forme d’un « baume » (disait Steebus) les fruits de la terre et dans le règne minéral, l’or. Chez l’homme ce « baume » produit les manifestations de volonté et de désir vital. On est proche d’une idée primitive d’une puissance partout répandue et quasiment magique. Substance et pouvoir magiques.
On voit donc que dans cette littérature le minéral est associé à la lumière, l’énergie ce qui rejoint exactement nos assertions antérieures. Le minéral est vibration.

Le conseil des « maître» de chercher, par exemple, « cette mystérieuse matière dans la racine minérale ou métallique ne saurait être compris que des alchimistes eux-mêmes : à moins
d’intervertir l’ordre de la nature, vous n’engendrerez pas l’or, à moins qu’il n’ait été auparavant argent ». (Serge Hutin Les alchimistes, p132).
Puis de citer dans la foulée ces lignes extraites de Fulcanelli dans son « Mystère des Cathédrales ».

Ce sujet se trouve en plusieurs lieux et dans chacun des trois règnes ; mais si nous regardons à la possibilité de la nature, il est certain que la seule nature métallique doit être aidée de la nature et par la nature, c’est donc dans le règne minéral seulement, où réside la semence métallique, que nous devons chercher le sujet propre à notre art.

Dans les perspectives alchimiques développées par Paracelse, tout ce qui existe ici bas devrait être vu comme vivant, y compris dans le règne minéral. Citons ce passage de l’Archidoxe Magique (Livre I) Personne ne peut démontrer que les métaux soient morts et privés de vie. En effet, leurs sels, soufres et quintessences ont une très grande force pour animer et soutenir la vie humaine.

Dans les rituels tibétains le cœur est souvent associé à la pierre, ainsi dans un rituel de Manjoushri, ou Djampeyang, il est dit que « l’essence des joyaux précieux se fond dans le cœur du méditant » et dans un rituel de Mahakala il est fait état des différents objets de la divinité dont l’un est un cœur de pierre. On voit que « le cœur de pierre » n’a pas ici la même signification que dans notre langage vulgaire, il semble le seul à pouvoir contenir les vibrations du minéral. L’association de ces deux concepts semblent prouver leur proximité et l’explication que nous avons faite de la légende du 14ème.

De même on retrouve aussi dans l’histoire du Petit Poucet la pierre vecteur de mémoire, le caillou déposé pour se remémorer le chemin.

Les femmes se frottent aux pierres pour être fertiles, pénètrent dans la tombe pour réveiller les morts et espérer que leur âme s’incarne en enfant. Elles n’avaient « pas d’esprit » pour qu’il n’y ait pas de mélange. Au bout de sept ans l’esprit sortait du tombeau de pierre pour s’incarner dans la femme. Les pierres levées sont les portes de la Vie. L’esprit rouge vainc l’esprit noir pour se réincarner.

Le monde souterrain est le lieu de l’Esprit, c’est là qu’on enterre les morts et qu’ils résident. Ainsi les « inferi » deviennent les Enfers. En Orient, les puits des morts avaient la forme d’une bouteille de Saint Galmier. Ils étaient fermés par une lourde dalle. Henri Bar trouve une filiation entre les anciens puits des morts de l’Orient – il cite aussi l’Inde et l’Egypte pré-dynastique – et les dolmens atlantiques, l’évolution se faisant par l’inclinaison progressive du puits sommital en escalier couvert, d’abord puis finalement en allées sous dalles. De même dans la péninsule ibérique on passe d’un tombeau avec couloir d’accès et chambre enterrée à un dolmen par évolution progressive. La pierre est le lieu d’habitation de l’esprit des morts. Au Portugal, le grande anta – dolmen – a sept dalles de clôture et une porte d’entrée et sur le sol sept pierres plates sur lesquelles étaient déposées les corps à tour de rôle avant d’être décalés un cran chaque année en direction de la sortie. Une telle ronde des squelettes trouva sa correspondance biblique au XVème dans l’histoire des sept frères Macabbé. Henri Bar nous parle là de ronde de résurrection des morts. La puissance du nombre sept dans les dolmens semble se relier aussi à une symbolique spirituelle, ce nombre en étant un des symboles. On peut y trouver l’origine du mythe des sept piliers de la Sagesse.

Trois fois puissant maître,

j’ai dit

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