14° #411012

Le parcours initiatique du grand élu parfait sublime maçon

Auteur:

G∴ P∴

Obédience:
Non communiqué
Loge:
Non communiqué

A la Gloire du GrandArchitecte de L’univers
Deus Meumque jus
Rite Ecossais Ancien et Accepté
Ordo Ab Chao
Au nom et sous les auspices du Suprême Conseil de France
Liberté – Egalité – Fraternité

L’évocation du parcours initiatique du Grand Elu, Parfait et Sublime Maçon, repose bien sur l’ensemble des grades du Rite Ecossais Ancien et Accepté, du 1er au 14ème degré. Je me contenterai, si vous me le permettez, d’en rappeler ici les grandes étapes, en soulignant l’aspect récurent du Cabinet de Réflexion.

Le parcours initiatique que nous avons emprunté librement peut être interprété comme un pèlerinage maçonnique.

Profanes, nous avons frappé à la porte tu Temple « de notre propre et librevolonté » pour y recevoir la Lumière.

Maçons, devant nous, s’est ouvert « le vaste domaine de la pensée et de l’action ». Dans les trois premiers degrés du Rite Ecossais Ancien et Accepté l’initié a œuvré sur lui-même. Avec les outils des degrés, il a appris à se connaître en fonction de l’ordre cosmique le célèbre « connais-toi toi-même et tu connaîtras l’Univers et lesDieux ».

Maîtres Secrets, nous avons pénétré dans les hautes régions de la connaissance spirituelle, en passant de l’équerre au compas, du carré aux sphères. Après avoir appris à nous perfectionner, nous avons demandé à être introduits sous la voûte sacrée, lieu le plus sacré pour l’initié. Sa visite est le terme du parcours initiatique du Grand Elu, Parfait et Sublime Maçon.

Ce parcours traditionnel peut être considéré comme un temps d’épreuve pour se corriger et se purifier, « pour que puisse le Feu qui nous a enveloppés dèsnotre initiation se transmuer dans notre cœur en amour ardent et la charité inspirer nos paroles et nos actions » (rituel 1er degré page 49).

Le cheminement est évolutif, le maçon progresse par étape vers la lumière émanant du Principe. Dans son ascension spirituelle « il doit maîtriser ses passions et pratiquerla vertu ». Si la démarche de l’initié s’insérait initialement dans une tradition opérative, elle devient en loge de perfectionnement une recherche spéculative voire métaphysique.

Admis au rang des Lévites, nous sommes parvenus devant le Saint des Saints dépouillés de nos décors de Vénérables Maîtres, en route vers un nouvel apprentissage.

Détenteurs de la clef d’Ivoire, clef ésotérique qui facilité l’ouverture de la longue et harmonieuse échelle initiatique, nous serons David, Salomon, Prévôt et Juge. Cette clef nous permettra peut un jour d’accéder au Saint des Saints, c’est-à-dire d’approcher de l’Ineffable, autre nom de la Lumière et de la Vérité. Les grades de perfection du quatrième au quatorzième degré s’articulent en trois temps : Du quatrième au huitième degré : Reconstruction du Temple sur des bases authentiquement traditionnelles après la mort d’Hiram.

2) Du Neuvième au douzième degré : élimination des mauvais compagnons et récompenses pour les services rendus. L’ego de l’initié est dominé et celui-ci passe à un autre cycle.

Il devient cet être qui s’inscrit entre ciel et terre, à la fois matériau et « œuvrier », nécessaire à l’édification du Temple où se cache le but suprême de sa quête : la Parole connue des anciens initiés, la Vérité ou la Lumière.

3) Le treizième et le quatorzième degré sont intimement liés. A ce stade de purification, les pèlerins que nous sommes sont prêts à recevoir la plus haute des récompenses. La découverte du Nom Ineffable.

La démarche n’est pas terminée et s’ouvre alors un cycle différent vers la Loi Nouvelle. Le 13ème degré introduit l’achèvement de la période légendaire salomonienne, liée à la construction du Temple de Salomon, qui avec le 14ème degré achève un cycle basé sur une tradition de métier.

La voûte sacrée, située sous le sanctuaire du Temple, a été creusée par Enoch avant le déluge. L’anneau de fer marque l’endroit où est enfoui un trésor dans la profondeur de nous-même. Au fur et à mesure que l’on s’approche du Nom Ineffable, Salomon s’efface.

La connaissance convoitée ne dépend pas de lui, mais il encourage Johaben, Stolkin et Guibulum à aller plus loin, les laissant seuls affronter leur destin. Ce nom est peut-être à portée de main, mais encore faut-il être prêts et avoir la volonté de le découvrir par nous même. (rituel 4e degré page 26)

Les arches soutenant la voûte sont des barrières qui nous séparent du lieu le plus sacré du Temple de Jérusalem.

C’est en cet endroit seulement que nous prenons connaissance d’un des mystères les plus secrets de la Franc-Maçonnerie : un symbole gravé sur un triangle d’or, le nom Ineffable ou la Parole connue des anciens Initiés, fruit d’une recherche entamée dès le 4ème degré. Ainsi se réalise la promesse que Dieu avait faite à Enoch, à Noé, à Moïse et à David.

Pour trouver la Vérité, Guibulum et ses compagnons sont prêts à descendre dans les entrailles de la Terre, sous la voûte sacrée difficile d’accès. C’est un retour au cabinet de réflexion, à la chambre du milieu où, de cadavre, on passe à la vie, à la caverne du 9ème degré, à la voûte et la crypte. Et c’est dans une intimité profonde, que nous pouvons le mieux nous préoccuper de notre recherche spirituelle.

La descente, au fond de nous-mêmes se fait difficilement.

Nous devons accéder à notre propre intériorité, par étapes successives qui nous laissent le temps de l’observation et de la méditation.

De même, VITRIOL nous incite à redescendre périodiquement dans notre isolement secret et sacré, de chercher sans complaisance nos imperfections pour nous efforcer de nous rectifier et de nous purifier.

Guibulum est un bon maçon. Il a franchi toutes les étapes de sa construction. Les mots véritables du Maître Maçon vont de nouveau pouvoir circuler.

Il connaît les bases de la Tradition et leur contenu. Conduits par l’Amour et la Vertu, (rituel 14ème degré page 34), les Chevaliers de Royal-Arche, aspirant à l’ultime Perfection, demandent à être introduits sous la Voûte Sacrée, là où Dieu se révèle aux hommes, non dans sa totalité mais dans ce qui leur est nécessaire pour approcher de sa connaissance. Lui donner un nom c’est le réduire à la mesure humaine : ce serait limiter et affirmer sa propre vision de la vérité.

La condition de cet accès est de n’avoir jamais failli à leurs engagements et à leurs obligations et de n’avoir jamais commis de faute envers l’un de leurs frères. Après avoir été éprouvés par leur passage à la Mer d’Airain « symbole des résistances qu’il faut surmonter en nous-même ».

Salomon reçut les plus vertueux Chevaliers de Royal-Arche, les investit du degré de Perfection. Il les embrassa et remit à chacun d’eux un anneau d’or en signe de l’alliance qu’ils avaient contractée avec la Vertu et les hommes vertueux.

Mais, c’est à ce moment, à la fin du cycle, que tout se gâte. Salomon, lui si sage, si vertueux, devient sourd à la voix de l’Eternel et se laisse aller à la licence.

Salomon, qui a toujours été un guide dans notre cheminement, rompt son alliance non seulement avec Dieu, mais aussi avec les hommes vertueux : il s’égare dans le labyrinthe de l’erreur. (rituel du 4ème degré page 23)

Pourtant, dès notre premier voyage en Loge de Perfection, nous avons été avertis de « ne point nous forger d’idoles humaines, qui pourraient nous faire agir aveuglement sous leur impulsion et de toujours découvrir l’idée sous le symbole » (rituel du 4ème page 19). La Franc-maçonnerie nous fait sortir de l’ignorance, des préjugés et des superstitions. La rectification consiste à découvrir par nous-même l’idée vraie ou plutôt l’idée juste, conforme à notre conscience.

Le Salomon qui est en nous peut faillir à tout moment, et la plus grande vigilance déjà recommandée dans le cabinet de réflexion, est de rigueur tout au long de notre parcours. L’initié n’est qu’un être humain.

Nous, Grands Elus, Parfaits et Sublimes Maçons, sommes les dépositaires et les gardiens du secret du Nom Ineffable.

Nous avons la foi et nous défendons le Lieu Sacré et son trésor « ce que nous avons de plus sacré en nous de toute profanation », à l’instar de Galaad gardien de la Voûte Sacrée qui fut l’égal d’Hiram Abi. Tous deux préférèrent mourir, plutôt que de livrer les secrets qui leur avaient été confiés. Ils représentent le Devoir porté jusqu’au sacrifice de leur vie. « Pour cela, les Grands Elus, Parfaits et Sublimes Maçons se mirent immédiatement au travail et martelèrent le Nom Sacré, le rendant illisible. Il est d’usage depuis de l’épeler sans jamais former une syllabe. Ils placèrent la plaque d’or dans l’Arche d’Alliance, avec les Tables de la Loi et enfouirent l’Arche et tout ce qu’elle contenait dans un puits ». C’est la rupture avec la Tradition historique, retour à l’ancien Temple d’Enoch : C’est la fin d’un cycle.

En faisant disparaître toute trace matérielle du Nom Ineffable, en le gardant dans leur cœur, lieu sûr et sacré, en le préservant de la corruption générale, ils annoncent une nouvelle alliance : une alliance de cœur, chacun s’engageant avec toute sa capacité d’amour.

Ayant progressé dans leur cheminement initiatique, détenteurs de l’anneau d’or et du nom Ineffable, de la Lumière, les Grands Elus, Parfaits et Sublimes Maçons, ont rassemblé ce qui était épars en eux. Ils sont investis d’une haute mission morale et spirituelle.

Ils vont de nouveau voyager « mais par toute la terre » pour  porter témoignage du Nom en agissant dans la Vérité, la Justice et l’Equité. Ils restent fidèles à leur devoir de transmettre et d’enseigner la vérité de l’Art Royal, de génération en génération. Ceci consiste à devenir Roi de leur royaume, appelé Royaume des cieux mais qui est, en réalité, un royaume intérieur, celui du temple qu’ils ont à bâtir en eux. C’est en cela qu’il est évident que l’initiation est strictement individuelle. Ce n’est que si le temple intérieur est solidement construit que l’initié pourra efficacement participer aux combats pour la préservation de nos valeurs. L’Alliance brisée, le Temple matériel détruit, tout n’est pas perdu, l’espérance demeure. La chaîne initiatique n’est pas rompue. Nous pouvons remarquer que malgré son apparente surdité à l’Eternel, c’est Salomon par la voix du Trois Fois Puissant Grand Maître qui fait reformuler à Guibulum l’Alliance avec la vertu et les hommes vertueux « ce que la vertu a uni, la mort ne pourra séparer ».

La communion, en buvant le vin et en mangeant le pain, produits du sol, fruits conjugués du travail de l’homme et de la manifestation divine, rassemble en nous matière et esprit.

Le vin nouveau est annonciateur d’un nouveau cycle« qui fait craquer les vieilles outres (Mc 2,22p) ». Cela nous invite à réfléchir sur l’aspect terrestre et spirituel de notre démarche. L’initié est à la croisée de la matière et de l’esprit, il doit se réaliser dans sa manifestation terrestre dans l’attente de la Jérusalem Céleste.

Nous sommes toujours sur la route du Devoir qui mène à la Vérité (rituel 4ème degré page 23). La foi en un Principe supérieur, créateur de toute choses, nous fera avancer sur ce chemin qui nous mènera à la vraie Lumière pour qu’une transformation intérieure s’opère en nous : Alliance de l’homme charnel et de l’homme spirituel. Ainsi, nous pourrons réaliser «mon nom est Guibulum je suis ce que je suis.

L’esprit de l’initié doit transcender la matière pour que s’établisse dans son temple intérieur un dialogue avec le Principe, qui conduit assurément à découvrir la loi d’amour qui guide notre action dans le mouvement créateur qu’il a initié. Il appartient à chacun de nous, qui cherchons la Vérité et la Lumière, rassemblés en ce lieu, de travailler avec ardeur et rigueur afin de les rendre consubstantielles et visibles, en nourrissant et en abreuvant ceux qui ont faim et soif de Connaissances.

N’oublions pas un des concepts de base de la vie morale « aimez-vousles uns les autres » (Jean 13.34) afin que règne l’harmonie dans notre univers. Dès lors nous ne sommes plus seuls et nous n’aurons plus besoin de flambeau. Notre cœur devient alors le temple intérieur où le Saint Nom, qui y est gravé, peut résider en permanence : c’est le lieu de la rencontre.

Pour l’atteindre, il faudra du temps et de la persévérance. C’est ce que nous signifie le 5ème critère de régularité du Rite Ecossais Ancien et Accepté qui précise que : la démarche initiatique sera lente et progressive. Mais si riche sera la récompense : approcher la Lumière.

A la Gloire du Grand Architecte de l’Univers

Mon Très Cher Frère Président et vous tous mes Frères.

J’ai dit.

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