14° #411012

Pourquoi la Voûte Sacrée est’elle l’endroit le plus sacré de la Terre pour le Grand Elu, Parfait et Sublime Maçon ?

Auteur:

A∴ E∴

Obédience:
Non communiqué
Loge:
Non communiqué



Je débuterai par citer quelques phrases du rituel d’ouverture au 13° degré.
Le Trois Fois Puissant Grand Maitre demande au Frère Grand Inspecteur :
« Où sommes-nous ? »
Le Frère Grand Inspecteur  répond :
« Nous sommes au centre de l’endroit le plus sacré de la Terre »


Le Trois Fois Puissant Grand Maitre lui demande ensuite :


« Comment êtes vous parvenu en cet endroit sacré ? »
Il répond 
« Par l’effet de la Providence – j’ai traversé neuf arches souterraineset, à la fin, j’ai découvert le Delta dont Dieu avait promis aux saints Patriarches qu’il serait trouvé lorsque les temps seraient venus»


La voûte sacrée



Si la voûte induit plutôt spontanément l’idée du céleste (…la voûte céleste…) elle évoque aussi le souvenir de la caverne ou de la grotte qui furent les premiers refuges, les premières habitations de l’homme, où il pouvait peindre et graver sur les parois des dessins, des signes ayant pour but de décorer, éduquer, immortaliser, bref : …transmettre…
Généralement, la caverne comporte une ouverture, un oculus, au sommet de la voûte. Ce trou central pouvait être destiné :
au passage de la fumée (dans le cas d’une habitation)
à l’élévation et à la sortie de l’âme du défunt (dans le cas d’une sépulture)
ou alors à l’esprit de vie circulant au centre de ce lieu
(du Nadir au Zénith).
Durant notre parcours maçonnique, le Rite Ecossais Ancien et Accepté nous a déjà mis trois fois à l’épreuve en un lieu souterrain :
le cabinet de réflexionau 1er degré
la cavernedu Maître Elu des Neufs au 9ème degré
puis, ensuite au 13ème degré, où,Guibulum assisté par Johaben et Stolkin pénètrent : « dans les entrailles de la Terre » (…La terre est le creuset où la matière se transforme…)
Mais pourquoi le choix de ces trois personnages ?
Qui est Guibulum pour être devenu le « leader » des deux autres ?
Sans doute, parce que Johaben et Stolkin nous sont déjà connus, ils ont un passé :
-Johaben, le plus dévoué des favoris de Salomon est le zèle personnifié, souvent mal contrôlé. La sagesse lui manque quelque fois, il en fait parfois trop, comme lors de l’exécution d’Abiram (l’un des trois mauvais compagnons). Quelque part conscient de son état, pour réfréner un trop grand zèle, il se prive de l’initiative de l’action.
-Stolkin, le plus discipliné nous renvoie à une vision très rationnelle du Devoir. Un devoir d’obéissance sans état d’âme qui, à la demande de Salomon – faillit le conduire à se transformer en bourreau de Johaben. Cette position d’exécutant le neutralise aussi dans l’initiative de l’action.
-Guibulum, c’est le point d’équilibre entre ces deux tendances opposées qui l’habitent. Tel Emerek, l’homme vrai en toutes circonstances, est là quand il le faut. Il représente le «  chevalier » à la résistance physique et morale propre à accrocher l’anneau. Il est l’objet de la Providence  et de l’Action.(…Tout ce qui fait avancer l’initié!..)



… la trappe est finalement ouverte et donne accès à une cavité obscure…



Durant sa descente, Guibulum ne rencontre aucun obstacle, seulement un sentiment de vide et de solitude. Son seul repère c’est la lumière, cette petite tache qui filtre à travers l’ouverture des trappes retirées des premières arches franchies mais qui tout au fond de l’impénétrable, n’éclaire qu’une zone limitée. Dès lors il s’établit la relation entre lumière et ténèbres, entre la raison consciente et l’inconscience, entre le bas et le haut, entre le profane et le sacré. Chaque fois c’est une mort et une naissance, les deux faces d’un même changement d’état qui se réalise dans l’obscurité.
Durant cette descente vers l’inconnu et donc dans l’approche de l’absolu, le flambeau allumé lors de son deuxième voyage, cette lumière artificielle est soufflée brusquement, elle est remplacée par une autre d’une intensité différente. Il en sera presque aveuglé ! (…Intervention Divine ?…).
C’est le rayonnement de lui-même provenant de son cœur qui se projette sur le triangle d’or sur lequel le Nom ineffable aété gravé par Enoch : « IOD-HE-VAV-HE» !
A cet instant, il s’agit d’une récompense et d’un aboutissement.
Descendre dans les entrailles de la Terre c’est effectuer un véritable voyage intérieur aux limites extrêmes de son inconscient en passant d’un seuil de conscience à l’autre.Au point que cette descente effectuée vers la voûte sacrée avec cette progression en trois temps pourrait s’analyser par les commentaires suivants:


Il tira la corde pour être remonté et :
– à la première étape, il se dégage des sentiments de curiosité et d’espoir


– à la deuxième étape, il se dégage des sentimentsd’hésitation en faisant preuve de courage avec un certain esprit d’entreprise


– à la troisième étape il se dégage des sentiments dezèle, constance, et persévérance conduisant à la réussite !



Soit la maxime du Taciturne au 4 ème degré :
« Il n’est pas nécessaire d’espérer pour entreprendre ni de réussir pour persévérer… »


Ce voyage n’est pas à interpréter seulement comme une découverte toute simple de l’être mais aussi comme une démarche réalisée à plusieurs.
Ce n’est pas l’un sans les deux autres, ni même l’un après l’autre mais bien tous ensemble !
Car si Guibulum est un bon maçon, c’est grâce à l’aide conjuguée de Johaben et Stolkin qui ont tenu la corde pour l’aider à descendre puis le ramener à la surface.
Ce sont trois bons compagnons qui découvrent la voûte sacrée !
Les initiations jusqu’alors individuelles, vont incorporer les récipiendaires à un groupe qui franchira les épreuves marquant ainsi leur appartenance à une communauté animée des mêmes intentions et laissant entrevoir en filigrane que :
« si la construction de l’individu mène à son perfectionnement en vue d’une action personnelle, le but final reste une action collective ».


L’endroit le plus sacré sur terre



Les légendes ne sont pas de simples histoires imaginées. Elles ont un caractère éducatif. Leurs messages et symboles s’appuient sur la « transmission ».
Bien souvent, elles contiennent plusieurs sens cachés. Ils se découvrent peu à peu à force de travail, de persévérance et de réflexion. Ces mythes et légendes alimentent constamment notre recherche, et nous conduisent chacun à notre rythme, vers le monde de l’esprit, vers le sacré.
La voûte sacrée est située sous le sanctuaire du Temple de Salomon dans la crypte creusée par Enoch avant le déluge… Egalement, elle se trouve située symboliquement à proximité du Buisson Ardent où Dieu révéla à Moïse son Nom Ineffable. A l’évidence c’est un lieu Saint, transcendant, surnaturelpropre à éprouver de multiples sentiments tels que : Admiration, Ferveur, Fidélité, Crainte, Humilité, Amour, Vertu, Perfection, désir du Bien…


Est-ce pour cela que ce lieu est l’endroit le plus sacré sur terre pour le Grand Elu Parfait et Sublime Maçon que je suis ?


Oui bien sûr, mais pas seulement, car grâce à cette descente imaginaire et de mon éducation maçonnique, initié Chevalier de Royal-Arche, j’ai pris conscience que maquête se situait au plus profond de moi, au sein de mon être essentiel.
Puis, Initié Grand Elu Parfait et Sublime Maçon, j’ai pris conscience que mon rôle était moins de construire des édifices que de rassembler des hommes de bonne volonté en faisant alliance avec la Vertu et les hommes vertueux. A ce titre, il m’a été remis un anneau d’or en forme d’alliance à l’intérieur duquelil est gravé : « VIRTUS JUNXIT MORS NON SEPARABIT » (Ce que la Vertu a uni, la mort ne pourra séparer)


Je suis devenu moi-même en quelque sorte un nouveau dépositaire des secrets de la Maçonnerie et son gardien comme Galaad jadis.
Moi, comme nous tous ici présents, nous sommes bien au centre, au centre de l’idée, cet endroit le plus sacré de la terre.
Encore a-t-il fallu pour ma part :
– repousser sans relâche les limites de mes passions et de mes certitudes
– réaliser que Guibulum, Johaben et Stolkin ne faisaient qu’un et que je les incarnais comme Maître Hiram au soir de mon exaltation à la maîtrise
– prendre conscience que, fort des enseignements acquis tout au long de ma démarche initiatique, je pouvais continuer ma quête vers d’autres horizons pour « progresser vers la  Connaissance suprême… ».(Instruction des 13° et 14° degrés p.37)


Je conclurai par une citation du rituel d’instruction :



Une fois le Temple détruit,les Grands Elus, Parfaits et Sublimes Maçons, « …se résolurent à ne plus faire confiance qu’à leur propre mémoire. Ils gardèrent chacun dans leur cœur le précieux trésor, le préservant ainsi de la corruption générale. Ils quittèrent Jérusalem et le Royaume de Judas et se dispersèrent parmi les nations de la terre afin de leur enseigner la vérité de l’Art Royal …»(Instruction des 13°et 14°degrés p.28)



Dès lors, la nature du Grand Élu Parfait et Sublime Maçon  change de statut, car hors du Temple, il vient d’acquérir un statut sacerdotal.

Vous devez être abonné pour accéder à ce contenu


S'abonner

Retour à l'accueil