14° #411012

Que signifie pour moi la découverte de Guibulum ?

Auteur:

A∴ T∴

Obédience:
Non communiqué
Loge:
Non communiqué

Le GMA, en entreprenant la descente, a opéré un retournement de vie. Il a quitté le monde de l’action dans le monde extérieur, pour s’aventurer dans le monde intérieur. SON monde intérieur.

Le verbe « s’aventurer » convient bien à la situation, car il ne sait pas ce qu’il cherche, Salomon lui ayant seulement proposé de descendre pour faire de nouvelles découvertes.

Le flambeau qui a éclairé sa descente de la 6ème à la 9ème voûte symbolise la connaissance humaine. En arrivant dans la 9ème voûte, ce flambeau matériel s’éteint. Il vient d’être « effacé » par un éclat lumineux aveuglant. La Grande Lumière ?

Ce brutal passage de la connaissance humaine rationnelle et sensorielle, non pas à la connaissance « divine » mais à l’une de ses manifestations, déstabilise sur le coup le GMA.

Se protéger les yeux de la main symbolise l’incapacité à affronter une telle manifestation. Certes, nous cherchons la Lumière depuis notre entrée en F M, mais quand elle apparaît c’est la surprise. Tomber sur les genoux, ce qui n’est pas la même chose que se mettre à genoux, implique un violent ressenti de la part de Guibulum.

Dans un second temps, en compagnie de Johaben et de Stolkin, Guibulum doit commencer à réaliser combien cette Lumière est d’une nature qu’il n’a encore jamais côtoyée puisqu’il se prosterne avec ses compagnons. Est-ce de nouveau un signe d’admiration ou est-ce un signe d’une autre nature ?

Le Triangle d’or scellé sur une pierre d’agate comporte des signes incompréhensibles, mais Guibulum, en remplaçant sa démarche de raison par une approche intuitive « comprend » qu’il s’agit de la représentation du Nom Ineffable du GADLU.

Depuis le temps que nous travaillons à la gloire du GADLU, que nous le représentons par un symbole en loge, nous nous étions habitués à ce qu’il soit « d’ailleurs ».

Mais non, le GADLU est en nous. Nous venons de nous approcher de lui au plus près. Certes, nous ne l’avons pas vu. Nos yeux ne sont pas prêts à supporter une lumière si puissante. Certes nous ne savons pas prononcer son nom.

Nous sommes dans la position de l’Apprenti qui ne peut donner le mot de passe, juste capable qu’il est de le prononcer. Nous sommes dans une position pire que celle de l’Apprenti, puisque nous ne voyons que des signes incompréhensibles. De ce fait, nous n’avons plus la Parole.

Mais quel progrès cependant ! Par Guibulum interposé, je sais que je n’ai pas failli sur mon chemin. Je sais que je suis mon propre Centre. Je sais que ce Centre enferme une Lumière. Je sais que je ne suis pas encore capable de l’affronter les yeux grands ouverts. Je sais que j’ai perdu la Parole. Je sais que la Connaissance à laquelle j’aspire et qui m’échappera jusqu’à mon dernier jour, est le moteur qui donne un sens à mon existence.

Serais-je un « bon maçon » comme me le disent mes deux compagnons ? Je voudrais revenir au Triangle d’or : il était déjà présent au sixième degré, celui du Secrétaire intime, signe du rétablissement de la triade avec les deux rois.

Il revient au 9ème en signe de confirmation de ce même rétablissement de la triade mais cette fois Guibulum est parvenu à égalité avec les deux rois puisque, comme l’écrit Jacques Fontaine dans l’Essor, page 113 et suivante :

« Le chevalier initié, quant à lui, parvient à l’état royal quand il a conquis son royaume intérieur, qu’il édicte les lois, incarne la puissance près des sujets et qu’il a dépouillé les métaux de l’ego. C’est le Moi conscient qui s’est débarrassé des aspects gênants de l’Ombre et a su nouer un dialogue avec les autres « personnalités parcellaires » : Double, Animus, Anima, et représentation du Soi. D’un état à l’autre, ses vêtements et ses outils changent ».

Le Chevalier de Royal Arche a changé d’état depuis qu’il a vu avec ses compagnons la tétragramme dans la neuvième voûte : « Regardez. La conception suprême, la voilà. Vous êtes au centre de l’idée ! »

Dans le travail de Noël Rousseau intitulé Le Triangle d’Or paru dans le n°61 d’Ordo Ab Chao / supplément au 14°, en page 204 et suivantes :

« En vérité, face à ce trésor, Guibulum se reconnaît.

Il reconnaît la Pierre cubique à pointe qu’il Est et qu’il avait taillée et polie comme Compagnon mais il découvre en plus, …le troisième étage de cette pierre qui n’est autre que le Sommet de celle-ci, sur lequel est scellé le Triangle d’Or…

…Ce troisième étage en Or, ce Saint des Saints, support du Nom ineffable, cet habitacle divin…est bien d’une toute autre nature que la Pierre. Situé au centre de l’endroit le plus sacré de la terre, au plus profond de son cœur, véritable Caverne renfermant la Lumière, Guibulum voit son Ame, son centre, faite d’une double nature divine et humaine, d’or et de pierre, faite d’un Triangle d’or réceptacle du Nom divin et d’une Pierre immaculée ».

Cette double nature peut s’assimiler à la quadrature du cercle, au passage du rationnel à l’irrationnel. Mais est-on sûr d’avoir atteint cette quadrature ? N’avons-nous pas fait simplement qu’approcher de manière asymptotique, à pratiquement « toucher » ou « se fondre » mais sans pouvoir franchir la dernière limite comme si un mur de Planck nous barrait la route ?

Cette quadrature n’est-elle accessible uniquement lors du passage à l’Orient éternel ?

N’est-ce pas au 4ème qu’il était recommandé de chercher l’idée derrière le symbole.

Derrière, le symbole je découvre que je suis ce que je suis.

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