14° #411012 Tantôt seul… Auteur: J∴ T∴ Obédience:Non communiqué Loge: Non communiqué A la question du Sublime Grand Maître :« Travaillez-vous seul ou en compagnie ? »Le Premier Excellent Gardien lui précise la méthode de travail d’un Grand Maître Architecte :« Tantôt seul, tantôt en compagnie dans une Archi-Loge. Mais que je sois seul ou en compagnie, j’ai toujours des collaborateurs. Les éléments que je mets en œuvre ont été élaborés par d’autres et le produit de ma pensée sera matière pour les ouvriers de demain ».Cette réponse marque un tournant, un moment charnière qui anticipe de peu, dans le rituel, la phrase emblématique du 12ème degré, prononcée par le Second Excellent Gardien :« Je veux et je construis »Avant d’évoquer ce moment clef, je voudrais essayer de porter un regard global sur le parcours effectué depuis mon initiation en mai 2002.Si l’accession à des degrés toujours supérieurs représente une accumulation d’informations, l’acquis d’un degré ne constitue pas nécessairement le complément obligatoire du degré qui le précède immédiatement comme il n’est pas, non plus forcément, indispensable à la compréhension de celui qui va lui faire suite.Le parcours maçonnique pourrait donc être figuré par une ligne, droite dans sa forme idéale, jalonnée d’un certain nombre de repères, les degrés, qui interfèrent, ou non, entre eux. Parfois certains degrés semblent un peu isolés des autres tels le sixième et le trio des neuvième, dixième et onzième sur lesquels je reviendrai plus loin.Je me souviens de mon adolescence où, à diverses reprises, je m’étais « attaqué » à Proust, abandonnant, à chaque fois après quelques pages. Un jour, contraint par un professeur à disserter, sous huitaine, sur « Un amour de Swann », j’ai été agréablement surpris de constater combien cette lecture, dans sa rapidité obligée, avait favorisé enfin une perception de l’œuvre dans sa globalité.Je crois qu’il nous faut porter un regard similaire sur notre parcours maçonnique, en refoulant le pessimisme de ne pas toujours tout bien saisir dans l’instant mais, plutôt, en nourrissant l’optimisme d’une meilleure compréhension qui interviendra ultérieurement.Mais revenons, voulez-vous, sur les termes qui composent la phrase titre de cet exposé :Tantôt seul…Notre première solitude que je qualifierais quasiment de « prémaçonnique », nous l’avons endurée, avant même notre initiation, dans la profondeur terrestre du cabinet de réflexion.L’isolement perdura au cours la cérémonie d’initiation, en dépit des propos rassurants du Vénérable Maître :Le bandeau qui couvre vos yeux est le symbole de l’aveuglement dans lequel se trouve l’homme dominé par ses passions et plongé dans l’ignorance…Tantôt en compagnie…j’ai toujours des collaborateursDès la fin du premier voyage, le Vénérable Maître précise :L’ascension que vous avez tentée, dans ces conditions, devait être, fatalement, suivie d’une chute qui aurait pu être mortelle sans le secours des mains fraternelles qui vous ont soutenus au moment le plus critique.La Chaîne d’Union est, sans nul doute, le symbole de cette collaboration, ce travail en commun qui va jusqu’à générer une spécificité propre à chaque Atelier, ce fameux égrégore. La notion d’une collaboration, perçue de manière plus physiquement concrète, nous la retrouvons lors de la cérémonie d’élévation au Grade de Maître ; après les vaines tentatives des surveillants pour relever le gisant, le Très Vénérable Maître leur dit :Mes Frères Surveillants, souvenons nous que l’union fait la force et que, sans le secours des autres, nous ne pouvons rien…Les éléments…élaborés par d’autresLe premier élément réellement identifiable comme élaboré par d’autres, nous le rencontrons déjà dans le cabinet de réflexion dans le terme VITRIOL qui a interpellé la plupart des futurs initiés.Par la suite, il nous est permis d’entendre des planches, elles aussi, élaborées par d’autres qui nous amènent à approfondir, voire à reconsidérer, nos appréciations personnelles. Cette confrontation d’idées qui ne doit jamais devenir un affrontement, revivifie et régénère notre Maçonnerie, gage de sa pérennité et antidote face à une éventuelle sclérose.Le thème emblématique de chaque nouveau grade nous est présenté au travers d’un récit historico-mythique, élaboré de manière à nourrir notre réflexion, à susciter des questionnements et à contribuer à notre progression.La pensée d’hier qui sert de matière aux ouvriers de demainLors de la cérémonie d’élévation, à l’entrée du toujours Compagnon, dos à l’Orient, le Très Vénérable Maître lui dit :Compagnon, contemplez l’Etoile Flamboyante qui vous fait face. C’est avec les lumières du passé qu’on se dirige dans l’obscurité de l’avenir.Cette référence au passé pour aborder l’avenir ne sera jamais démentie par la suite.La notion de TravailSi le terme n’est pas repris, explicitement, dans la réponse du Premier Excellent Gardien, il est clair qu’en fonction de la question posée :Travaillez-vous seul ou en compagnie ? L’idée qui prévaut dans le thème d’aujourd’hui est, tout d’abord, la notion de Travail.La spécificité du travail d’un Grand Maître Architecte fera l’objet de la dernière partie de cet exposé.Notre premier travail de futur maçon fut la rédaction de notre testament philosophique.Dès la fin de la tenue d’initiation, le nouveau Maçon entend cette phrase qui sera répétée à chaque fermeture en loge d’apprenti. Le travail d’un Maçon ne s’arrête jamais…Les différents grades des Loges Bleues voient la réalisation, par le Frère concerné, d’un premier et d’un dernier travail. Quand il passe à son nouveau grade, le Compagnon entend cette sentence Gloire au Travail.Le travail demandé est de nature différente selon les degrés.Au départ, il s’agit principalement de se connaître soi-même, afin qu’en dégrossissant notre pierre brute, nous puissions l’intégrer, au mieux, dans l’édification du Temple Universel.Il faut attendre et vouloir parvenir au quatrième degré, le premier en Loge de Perfection, pour connaître la finalité du travail que l’on essaye d’accomplir la recherche de la Parole Perdue.En effet, à la fin de la cérémonie d’élévation au Grade de Maître, les questions demeuraient sans réponses car si Hiram renaissait au travers du nouveau Maître, il n’en était pas, pour autant, ressuscité. Pour avancer dans sa recherche, le Maître Secret doit.Accomplir le Devoir, sans songer à la récompense et sans garantie de la mener à son terme car Il n’est pas nécessaire d’espérer pour entreprendre, ni de réussir pour persévérer.En plus de ce travail par lequel il contribuera à l’œuvre commune, le Maître Secret devra, de manière plus prosaïque, comme le rappelle le Second Excellent Gardien.Revêtu simplement du décor de Maître et sans faire connaître sa qualité, le Maître Secret doit répandre les connaissances qu’il a acquises en les mettant à la portée des Frères.Dès ce quatrième degré, il est demandé au Maître Secret de raisonner son comportement, donc de spiritualiser, davantage, une action qui aura été mûrement réfléchie.Tu t’efforceras toujours de découvrir l’Idée sous le Symbole.Le Maître Secret est admis parmi les 7 Lévites pour remplacer le Respectable Maître Hiram Abif et poursuivre ainsi la construction du glorieux édifice.Lors de la réception, il est dit au Maître Secret qu’il se retrouve quasiment dans la situation de l’apprenti mais si le silence de l’apprenti est surtout une mise en condition pour assimiler l’enseignement délivré, celui du Maître Secret est, davantage encore, un engagement à ne rien dévoiler de ce qu’il découvrira.Pour ce qui est de la lumière perçue par l’un et par l’autre, l’Apprenti la reçoit pour lui permettre de mieux assimiler son environnement qu’elle vienne donc cette Lumière nous éclairer et illuminer, de sa triple présence, l’œuvre que nous allons entreprendre alors que, pour le Maître Secret, c’est la Lumière, en elle-même, qui devient source d’information nous considérons que cette instruction n’est pas complète, pas plus que n’est complète la lumière qui frappe vos yeux à travers le bandeau posé sur votre front. Vous ne comprenez pas bien, de même, vous ne voyez pas bien.En loge de Perfection, les différents degrés sont obtenus au travers, soit de psychodrames, soit de jeux de rôles dans lesquels le Récipiendaire est l’un parmi d’autres : Lévites, Intendants, Elus…Par contre, au sixième degré, Le Récipiendaire est seul dans le rôle de Johaber quand, dans sa fonction de Secrétaire Intime, il rétablit la relation ternaire avec Salomon et le roi Hiram de Tyr.Ce retour au ternaire est également un gage de stabilité puisque 3 points d’appui minimum, convenablement positionnés, sont indispensables pour assurer une assise à un édifice. Ce degré différencie la curiosité profane et le désir légitime de participer à la connaissance, comportement qui deviendra indispensable pour devenir un véritable Grand Maître Architecte.S’il est clair que, jusqu’au huitième degré, tout est mis en œuvre pour permettre la reprise des travaux, il n’est jamais question de remplacer Hiram, en tant que tel, mais plutôt de répartir, entre différents collaborateurs, les tâches qui étaient les siennes.Il est cependant tout aussi évident que, si les préparatifs sont mis en place, les travaux ne pourront effectivement reprendre avant que les assassins d’Hiram ne soient arrêtés et justement châtiés.Au travers des différents degrés qui concernent la mise à mort des assassins d’Hiram, ressort la nécessité de ne pas se laisser guider par le seul esprit de vengeance mais de toujours privilégier la notion de justice.Ces degrés qui sont, comme leur nom l’indique, des degrés d’élection, visent à nous faire acquérir des notions qui, si elles n’interviennent pas directement dans le processus de construction, nous permettront d’améliorer notre système de réflexion et d’affiner notre jugement afin de nous amener à aller plus loin.La Tenue faite au neuvième degré fut riche d’enseignements car ce degré ne se résume pas, comme le rituel pourrait nous porter à le croire, à un psychodrame axé sur la vengeance. Dans la peau de Johaber, en entrant dans la caverne, nous retournons à la Terre Mère, ainsi que nous l’avions déjà fait lors de notre passage dans le cabinet de réflexion. En assouvissant sa vengeance, Johaber tue également, en la personne d’Aviram, le mauvais compagnon qui est en lui, puisqu’il est dit que La caverne est notre conscience.Pour ce qui concerne l’ennemi principal que nous avons en nous, souvenons-nous de l’Initié dans la chaîne d’union qui voit apparaître son reflet dans le miroir quand le Vénérable Maître lui dit : « Ce n’est pas toujours devant soi qu’on rencontre des ennemis. Les plus à craindre se trouvent souvent derrière soi. Veuillez vous retourner ! »Les mises en garde du neuvième degré constituent un vade- mecum pour l’avenir :N’est pas Franc Maçon celui qui parle en ces termes :« Je suis issu de la matière. Je ne connais que la puissance de la chair ! Cela m’est égal de voir la vérité ou de croire à la trahison ».Nous ne sommes pas seuls. Nous créons une œuvre commune en compagnie de nos pareils ! N’est pas Franc Maçon celui qui dit :« Ce que créent les autres ne me regardent pas ».Quand le Très Puissant Maître détaille le serment, il reprend une formule similaire à celle des serments des degrés précédents :« Nous n’exigerons pas de vous ce que votre conscience pourrait condamner »mais il ajoute :« Nous ne vous demanderons pas de renoncer à votre liberté personnelle »Ce serment du degré intègre en plus une autre obligation.Il demande également de ne pas accepter la force paralysante de l’inertie…Il existe donc, à certains moments, une impérieuse nécessité du passage à l’acte. Le dixième degré, s’il aboutit également à la mort des deux autres assassins, sort identique à celui d’Aviram, est basé sur l’application d’une justice raisonnée car définie par la loi.Au onzième degré, le Récipiendaire reçoit le titre d’Excellent Emeth, homme vrai, véritableen toutes circonstances, et c’est à ce titre qu’il pourra accéder, par la suite, au degré supérieur.En fonction des qualités qui leur sont reconnues, Salomon les arma d’une épée, symbole de justice alors que le poignard des deux grades précédents, évoquait davantage une notion de vengeance.Après ces différents rappels, intéressons-nous à ce douzième degré qui est, en quelque sorte, un premier aboutissement qui aurait été impossible sans le cheminement préalable que j’ai tenté de retracer.Le travail du Grand Maître ArchitecteLe récipiendaire est âgé de 45 ans, l’âge de la plénitude, le nombre de l’homme, Adam, selon la numérologie juive, il travaille à présent dans une Archi-Loge, dénommée également boulomie, un lieu situé entre la mérogénie, à l’Orient, côté de la naissance et la mérithanatie, à l’Occident, côté de la mort.Durant la première partie de son existence maçonnique, le Frère s’est évertué à engranger différents savoirs, à se parfaire, à s’intégrer dans la construction commune, il lui incombe à présent d’en tirer la quintessence afin de construire de sa propre initiative mais, également, pour passer à une phase active de transmission des données, imprégnées, désormais, de sa propre personnalité et de sa réflexion :Le produit de ma pensée sera matière première pour les ouvriers de demain.Dès son temps de Compagnon ou de Maître, le Frère se devait de retransmettre aux autres mais essentiellement comme un miroir qui aurait capté une lumière non encore perceptible pour les uns ou trop aveuglante pour les autres.Le Grand Maître Architecte, lui, est sensé disposer d’une certaine compétence qui l’oblige à propager, à d’autres, la lumière après l’avoir passée au prisme de sa propre réflexion.Aux quatrième et douzième degrés, les travaux démarrent, respectivement, quand :L’éclat du jour a chassé les ténèbres et la Grande Lumière commence à paraîtrepuis lorsque :L’étoile du matin paraît ; le Génie parleContrairement aux autres degrés, nous devenons aptes au travail, précisément, quand nous sommes enfin capables de percevoir cette Grande Lumière et quand, par la suite, nous subissons l’influence d’une inspiration, le Génie, en rapport direct avec le Grand Architecte de l’Univers.Au douzième degré, nous nous trouvons dans une Archi-Loge qui, vu la signification du préfixe archi, introduit une notion qui apparente ce lieu à une loge d’excellence.Le Grand Maître Architecte se trouve à un palier particulier dans sa progression, il n’est plus, simplement, celui dont, lors du psychodrame de l’élévation, le Très Vénérable Maître découvre la tête en ôtant le tablier et face à qui il s’écrie :« O ciel, c’est lui…c’est l’Architecte »Il n’est plus celui qui, pour son premier travail de Maître, trace maladroitement un cercle sur la planche à tracer, cercle dont certains disent que : « Le centre est partout et la circonférence nulle part ».Le terme Architecte interpelle inévitablement aux troisième et douzième degrés dans la mesure où il fait référence au Grand Architecte De L’Univers qui est notre principe ultime et qui nous a créés, selon la Bible, à son image.Le troisième degré laissait déjà entrevoir le passage vers le spirituel, cette troisième dimension, symbolisée par la marche du Maître qui enjambait la mort, puis par le redressement du gisant. La prééminence du spirituel se formalisait encore au quatrième degré :Comment avez-vous été reçu Maître Secret ?En passant de l’Equerre au Compas.Si les huit premiers degrés visaient essentiellement à poursuivre la construction du Temple, ils ont également permis au Frère d’acquérir savoirs et compétences.Les 3 degrés suivants ont continué à parfaire cette formation en intégrant les notions de sagacité et de justice qui font, de l’Elu, un Excellent Emeth, homme vrai, véritable en toutes circonstances.Au cours de ces degrés, le Frère a pu pousser ses investigations dans toutes les directions et, au travers des sciences qu’il commençait à maîtriser, a pu ramener à lui de manière centripète un maximum d’informations et de données pour les concentrer vers le centre à la manière d’un miroir convergent.Le Grand Maître Architecte est, tout d’abord, tenu de s’astreindre à des travaux préparatoires :Balayer la chambre à dessins : se débarrasser de tout ce qui est inutile et tout mettre en ordre afin de pouvoir concevoir sur des bases saines.Délayer l’encre de chine : se fondre complètement dans ce nouvel environnement et parvenir à une fluidité telle que, à la fois, le trait sera plus précis et la réflexion affinée.Coller les papiers sur les planches : préparer le support au moyen, notamment, d’éléments élaborés par d’autres, de telle manière à se constituer une base solide et personnelle pour entamer la conception.Le Grand Maître Architecte doit, à présent, utiliser ses acquis en architecture et dans les différentes sciences pour s’atteler à l’édification de son temple intérieur :Ce temple qui est une vision symbolique du système de nos connaissances…Le Maçon doit devenir un homme temple…souvenons-nous de cette parole du Christ :« Détruisez ce temple et je le rebâtirai en trois jours ».La référence au Temple de Salomon implique que la réalisation doit être aussi parfaite que possible mais mentionne également que, dans le cœur de ce Temple, se trouvaient enfouis les secrets les plus précieux comme se trouve, également, dans le cœur du maçon, son bien le plus précieux, son esprit :L’esprit qui seul est créateur, l’esprit qui seul existe, l’esprit qui seul peut nous faire approcher de la Connaissance dans son acception non plus relative mais absolue.Notre approche de la Connaissance, nous la faisons au travers de la Philosophie, notre philosophie propre qui est la lumière personnelle que nous portons sur notre environnement physique et spirituel.Selon Platon, cette Philosophie reposait sur la mathématique et, parmi toutes les sciences mathématiques, la principale était la Géométrie, mère de l’Architecture.Confronté à un problème de Géométrie, il existe deux cas de figure :Soit il s’agit de comprendre une réalisation empirique. Soit il nous faut concevoir préalablement pour réaliser avec des chances de réussite. Dans l’un ou l’autre cas, il faudra souvent un petit trait de génie pour avancer, ou dans l’analyse, ou dans la recherche d’une solution suffisamment échafaudée.Dans une deuxième étape, il faudra structurer nos acquis afin de les mémoriser puis, par la suite, de pouvoir les transmettre. Cette démarche justifie, sans doute, dans l’approche architecturale, l’association ou le parallélisme établi entre les maçons et les bâtisseurs de cathédrales.Le processus indispensable de raisonnement trouve, peut-être, sa pertinence dans la seconde partie, généralement omise, de l’inscription au fronton du temple de Delphes :Mais que nul n’entre ici s’il n’est que géomètre.Le raisonnement géométrique s’intègre plus globalement dans le cadre de la logique et c’est là, sans doute, l’une des interconnexions entre la Géométrie et la Philosophie.Il est permis de penser que, dans cette même logique, le Grand Maître Architecte, ayant structuré ses acquis et affûté son analyse, est devenu apte, désormais, à concevoir et à transmettre. A la démarche centripète des acquisitions, évoquée tout à l’heure, doit succéder la démarche centrifuge de la transmission. L’ouvrier réalisateur doit s’effacer pour céder la place au concepteur qui devra entreprendre et mener à bien sa propre construction.Mais pour construire, en dehors de la méthode expérimentale, il faut, nécessairement et, préalablement, établir des plans en utilisant, au mieux, les outils de l’étui de mathématiques.L’autonomie qu’exige la Maçonnerie d’un Grand Maître Architecte, il la manifestera, il la revendiquera par l’utilisation, dans son discours, de la première personne :Que je sois seul…j’ai des collaborateurs…je mets en œuvreJusqu’alors, depuis son initiation, le Maçon n’a jamais parlé à la première personne, si ce n’est, aux différents degrés, pour prêter serment ou pour contracter une obligation.Cette prise en charge assumée et voulue, de façon syntaxique du moins, ne doit pas se borner à vouloir, simplement, faire les choses mais doit aboutir à un acte effectif car la volonté seule et son bien-fondé demeurent stériles sans le passage à l’acte de la construction : je veux et je construis. Car, contrairement à ce que prétend l’adage, l’intention ne vaut pas l’action.Le Maçon, d’abord récepteur de Lumière, est ensuite devenu réflecteur de Lumière.Aujourd’hui, s’il doit continuer à assumer ces deux rôles, on lui demande de devenir, lui-même, source de Lumière. Le travail d’un Maçon ne s’arrêtant jamais, je sais que la vie maçonnique continue mais la transition est tellement importante que je m’interroge :N’est-ce pas une autre forme de vie maçonnique qui débute ?J’ai dit. Navigation des articles Planche Précédente "De la Caverne à la Voûte" Planche Suivante "D’Hiram à Galaad, le devoir porté jusqu’au sacrifice :"