15° #412012

Ballade sur un pont, en faisant des ricochets dans l’eau

Auteur:

D∴ D∴

Obédience:
Non communiqué
Loge:
Non communiqué

Toute pierre lancée à plat sur l’eau, par ricochets, fait des cercles concentriques qui en s’interpénétrant s’estompent automatiquement, créant un temps d’arrêt infinitésimal entre ce qui fut et ce qui sera.

C’est pourquoi, l’intense ressenti d’intemporalité que présente le Chevalier d’Orient ou de l’épée, place celui-ci au milieu d’un pont, rayon lumineux sur une surface étale, qui sépare l’initiatique révolu d’un futur illimité.

1er ricochet

Aperçu sur les hébraïsmes maçonniques en général et au 15e degré en particulier.

Baignés dans la pensée chrétienne, nos lointains concepteurs de rituels, ont imaginé ceux-ci à partir de récits tirés de la Bible.

Le Livre a été pour notre Obédience, comme elle l’est encore pour d’autres, une des 3 grandes Lumières placées sur l’autel devant l’Orient.

C’est sur base de récits parlants du Temple de Salomon, avec tout ce qui s’y rapporte ou en découle, que la Maçonnerie a constitué la pierre angulaire du travail en Loge.

Les rituels des 14 premiers degrés, nous propulsent ainsi dans la sphère entourant ce Temple, mais du 15e au 33e degré, par des avancées chevaleresques, ils nous emmènent à la conquête d’une Jérusalem mythique, symbole du Temple de l’Humanité.

Voilà probablement pourquoi l’hébreu, langue originelle de l’Ancien Testament, est devenu incontournable par le côté mystérieux, voire ésotérique, qu’il ajoute aux rituels.

En effet cette langue, composée principalement de mots trilittères, se prête à une manipulation grammaticale et numérique infinie. Chaque mot est animé de vertus particulières qui s’activent suivant la valeur des lettres qui le composent, par le sens de ses syllabes ou dans la richesse allégorique qu’offre sa plénitude. Dans l’hébreu, les expressions s’énoncent toujours dans une formulation passée ou future, le présent tel qu’exprimé en français par exemple, n’est jamais conjugable.

Une mauvaise traduction de l’hébreu ou l’interprétation erronée des idéogrammes, sans parler des mots imaginaires, se transforme souvent en barbarismes dans les rituels. Toutefois, en remettant cette langue dans son contexte originel, elle offre à nos rituels, les dimensions appropriées, déterminantes pour leur entendement.

2e ricochet

Sur ses origines.

Dans la nébuleuse des groupuscules maçonniques, il serait apparu une trame approximative de sa légende, à Venise en 1708, puis en France en 1712.

Mais, il est vraisemblable que le Chevalier d’Orient ait été instauré, dans une version plus ou moins actuelle, vers l’année 1749. Il surclassa alors les degrés déjà existants d’Elus ou de Perfection.

Il proviendrait directement du grade anglais de « Scots Master » découvert à Londres dès 1733 et repris en France, sous le titre de Maître Ecossais, par le comte de Clermont, Président de la Grande Loge des Ordonnances Générales.

Les plus anciennes publications maçonniques anglaises, telles que les Constitutions d’Anderson de 1723 et 1738, ainsi que les écrits du chevalier de Ramsay en France, publièrent le rituel de ce Maître Ecossais.

En se superposant aux 3 premiers degrés dits bleus, symbolisés par leur Voûte Etoilée, ce sont les décors rouges des Loges des Stuart, « The Red Apron Lodges » qui définirent la couleur du Rite Ecossais. C’est probablement pourquoi ce degré de Maître Ecossais, habillé du tablier bordé de rouge, a donné le nom d’Ecossisme à la Maçonnerie des hauts grades de l’époque.

En outre, de 1744 à 1748 on trouve à Bordeaux, dans la Parfaite Loge d’Ecosse St Jean de Jérusalem, quelques traces d’un grade portant le titre de Chevalier d’Orient.

C’est toujours le chevalier de Ramsay qui inspira une maçonnerie écossaise chevalière, tendant à relier cette dernière comme l’héritage de la chevalerie moyenâgeuse et templière.

Vers 1750, à Paris, on a recensé plusieurs Conseils et Chapitres de Chevalier d’Orient. Ce degré devenant le stade final des systèmes des Hauts Grades du milieu du XIIIe siècle. Ce titre est resté, jusqu’en 1760, le plus haut degré de l’Ecossisme français.

Cependant, en 1765, apparaissent de nouveaux degrés qui, superposant le Chevalier d’Orient, se couronnent par l’apparition de Souverain Prince et Chevalier Rose+Croix.

En 1761, le chevalier du Barail a introduit, d’Angleterre à Metz, le grade d’Inspecteur Elu Kadosch, qui supplantera plus tard le Rose+Croix en devenant ainsi le degré maçonnique par excellence.

En 1783, grâce à Henry de Francken, 1er propagateur apparent des Hauts Grades, le Chevalier d’Orient prend sa dénomination définitive en Chevalier d’Orient et de l’Epée ou Maçon Libre.

Je ne me lancerai pas dans une diatribe sur le passé des rituels, ce qui importe, c’est qu’actuellement ce grade s’inscrit harmonieusement à la 15e place, dans la lignée des 33 degrés du Rite Ecossais et du Rite Ecossais Ancien et Accepté.

En Belgique, heureusement, ce 15e degré est toujours rehaussé d’une cérémonie initiatique. Nous sommes, en outre, gratifiés de mises en scène relatant les grades communiqués, qui s’expriment ainsi d’une manière optimale.

Apparemment, hélas, pour nos Frères français, ce 15e degré n’est plus qu’un grade communiqué.

Ceux-ci passent souvent et allègrement du 4e, Maître Secret, au 14e  Grand Elu de la Voûte Sacrée, puis au 18e, Souverain Prince et Chevalier Rose+Croix et se privent ainsi d’un réel enrichissement.

De ce fait, Ils perdent le privilège d’être valorisés par de fertiles relais, tels que le 9e, 13e et 15e degré, qui se sont révélés bénéfiques pour notre épanouissement.

3e ricochet

Son récit historico-biblique.

Le roi Cyrus autorise les descendants des Juifs, déportés à Babylone par Nabuchodonosor, à retourner en Israël.

Après 70 ans d’exil, 50.000 Juifs quittèrent l’empire Perse sous la conduite de Zorobabel
et de Sheshbatsar.

Dans leur périple ils traversèrent un fleuve et une localité, dont le nom commun était AHAVA.

Puis ils se séparèrent en deux groupes.

Les uns prirent une voie qui les a conduit vers Palmyre et Damas, pour redescendre ensuite vers la Judée.

Les autres, remontant plus haut, vers Ninive et Harran, bifurquèrent vers Alep pour rejoindre Damas et enfin, Jérusalem.

Arrivés à destination, ces migrants se heurtèrent à l’hostilité des fils des Israélites de Juda, Benjamin et Samarie, qui avaient échappé à la déportation.

C’est avec les Samaritains que le conflit fut le plus rude, car les nouveaux arrivants voulaient leur interdire toute participation à la reconstruction du Temple. Ils voyaient en ces Samaritains, la postérité de croisements impurs entre Juifs restés sur place et les ethnies importées avec la conquête Assyrienne.

4e RICOCHET

Sa légende maçonnique.

Suite à la guerre engagée par Nabuchodonosor contre le royaume de Juda, de la destruction de Jérusalem et du Temple de Salomon par ses troupes, un grand nombre de Juifs, accompagné du trésor pillé dans le Temple, fut déporté vers Babylone.

70 ans après, Cyrus, nouveau roi de Perse et de Médie, autorisa les descendants des exilés à retourner en terre d’Israël, pour en reconstruire la capitale et y édifier un nouveau temple à l’Eternel. Partis de Babylone, sous la conduite du prince Zorobabel, les Israélites arrivèrent devant un pont surplombant un fleuve, aux abords duquel étaient embusqués des pillards qui convoitaient leurs biens et le trésor du Temple restitué par Cyrus.

Après un rude combat qui s’est soldé par la déroute de leurs ennemis, les Juifs, traversèrent le pont et arrivèrent en Judée.

5e ricochet

La confusion des rituels.

Le rituel de notre chapitre, ne fait aucune allusion au nom du pont traversé par Zorobabel et les siens.

Cependant, dans différents rituels il se nomme « GANDARA », dans d’autres rituels encore, il s’appelle « STARBUSANAÏ » avec ses quelques dérivés.

Aucune mention biblique ou historique ne parle de ces dénominations.

En outre, certains écrits suggèrent, qu’il s’agit d’un pont sur l’Euphrate.

D’office, j’écarte cette thèse car Babylone se trouvant accolée à l’Euphrate, les agresseurs n’avaient aucun intérêt à se présenter à portée des armées de Cyrus.

Selon toute vraisemblance, il s’agirait d’un pont sur la rivière Yarmouk, cet affluent du Jourdain, qui délimite partiellement l’actuelle frontière entre la Syrie, la Jordanie et Israël.

Toutefois, comme toujours en Maçonnerie, les expressions employées dans les rituels n’y sont pas placées par hasard, mais en vertu d’une signification symbolique sous-jacente.

6e RICOCHET

Quelques rétrogressions importantes.

Avant de poursuivre, revenons quelque peu en arrière pour nous remémorer des 13e et 14e degrés révolus, respectivement Royal Arche et Grand Elu de la Voûte Sacrée.

Le symbolisme de ces degrés étant très diversifié, Je n’en retiendrai que les aspects en relation avec le Chevalier d’Orient.

Nos passages sous les voûtes du Temple d’Enoch et dans la crypte sous le Saints des Saints du Temple de Salomon, ont démontrés que nous étions encore nimbés d’obscurité, que c’était du fond de nous-même que viendrait l’illumination mais, avec l’intermédiaire des torches et des luminaires, nous tenions déjà la clarté à bout de bras.

Le récipiendaire devenant le relais entre la captivité et la liberté.

La longue descente qui nous fait franchir les 9 arches et le passage dans la crypte, apparaissent comme des métaphores de déplacement sous un pont.

C’était un message de prudence que nous apportaient ces 13e et 14e degrés. Par ces traversées ils mettaient à l’épreuve la solidité de notre soutènement face à nos prochains voyages dans l’inconnu. Nous mettant l’eau à la bouche, « Shibboleth » le mot de passe du 14e degré, dans sa signification de «cours d’eau » et non plus d’«épis», deviendrait alors prémonitoire.

Bien que les édifices qui les surplombaient aient disparus, les arches énochiennes et la voûte salomonienne nous confirmaient que leurs fondations étaient restées parfaitement stables et de nature à supporter une nouvelle construction.

Ces 13e et 14e degrés, clôturaient les « Ateliers des Grades de Perfection ».

7e RICOCHET

De précision.

C’est du 15e au 18e degré que se constitue « le Chapitre » proprement dit.

Cora ne fait aucune distinction entre les 11 Grades de Perfection et les 4 Grades Capitulaires, et pourtant une réelle différence existe.

Avec le 14e degré se termine notre édification interne, bâtie sur l’aspect d’évolution spirituelle opérative et matérielle, prise dans un contexte élargi de la construction salomonienne.

A partir du 15e degré, notre travail est défini par une spiritualité chevalière dont le sommet, le 18e degré, s’épanouit en chevalerie templière que rehausse la croix et la rose de Jérusalem.

8e ricochet

Son descriptif.

Les particularités qu’offre le Chevalier d’Orient et de l’Epée, les noms plausibles du pont impliqué ainsi que sa situation géographique, le développement symbolique de ce pont, un complément d’information sur les lettres L D P.

Mais surtout vous faire partager, fraternellement, le bénéfice de cette démarche et, je l’espère, d’activer de nouvelles réflexions enrichissantes.

9e ricochet

La faim et la soif justifient les moyens.

Je précise que l’hébreu ne fait pas le distinguo, entre « fleuve » et « rivière », tous deux se traduisent par « Nahar ».

La Bible donne le nom « Ahava » au cours d’eau et à la ville traversés par les Israélites.Dans le tissu maçonnique cette dénomination ne présente aucun intérêt, et j’en resterai là !

Par contre, en consultant une carte de la région qui nous intéresse, on remarque qu’il y avait des raisons géographiques pour que les exilés ne prennent pas le chemin le plus court pour retourner en Judée.

Cela s’explique par la configuration du terrain, entre Babylone et Jérusalem, une ligne droite les aurait emmenés immanquablement, à travers un désert de sable, puis au pied du mont Nébo à gravir et à descendre, pour aboutir dans la cuvette de la mer morte qu’il aurait fallu contourner.

Par l’hostilité climatique de ces régions et les moyens de l’époque, il semble normal que Zorobabel et les Israélites aient pris la tangente longeant le pays d’Ammon, situé dans l’actuelle Jordanie.

C’est la seule voie, parsemée d’oasis, de palmeraies et de villes, qui recèle les sources vitales et la nourriture nécessaire pour parvenir sains et saufs au lac de Tibériade.

En aval et au sud du lac de Tibériade, sur la rivière Yarmouk, à une distance de +/- 3 km., se dresse une ville fortifiée, dont le nom antique était GADARA, actuellement nommée Umm Qeis.

Cette ville de Jordanie est limitrophe de la Galilée / Samarie et la porte d’entrée vers ces régions. Actuellement de l’autre côté de la rivière, dans sa partie Israélienne, grâce à ses sources d’eau chaude connues depuis l’occupation grecque, le lieu est devenu une station balnéaire à la mode sous le nom de HAMMAT GADER.

Dans l’antiquité, GADARA possédait une forteresse et il aurait pu y avoir conflit entre les troupes locales et les hommes de Zorobabel, ces derniers ayant fait office d’opportuns, voire de conquérants.

Selon toute probabilité, c’est le nom cette ville qui a été orthographié GANDARA dans nos rituels.

Et…, par extension, il semble évident que le nom de l’édifice placé sur la rivière qui borde cette ville soit automatiquement appelé pont de GANDARA.

10e ricochet

Nominatif.

gandara.

Ce nom, probablement dérivé de l’hébreu « GADER », désigne la frontière ou les confins. Il est composé de 2 mots qui se décortiquent ainsi.

GAN, formé par les lettres Gimmel et Noun, signifie, le jardin, et DARA, qui s’écrit avec les lettres Dalet’, Resh, et , n’a aucune explication.

Je vous ai déclaré que la Maçonnerie foisonnait de barbarismes, en rectifiant quelque peu l’orthographe des 2 dernières syllabes on obtient ; DAREN, qui se traduit par ; chemin ou voie.

DAR, qui veut dire ; demeure, habite, ou DARHAR, qui est le mot ; affranchissement, liberté, libération.

Vous en conviendrez, ces légères modifications, nous offrent une tout autre perception du sujet.

Par cette formulation, la logique devient :

Le chemin vers le Jardin (d’Israël).

Ou le jardin qui demeure (Jérusalem).

Ou encore, le jardin de la liberté (retrouvée).

11e RICOCHET

Et ses substitutions.

STARBUSANAÏ ou STARBURSANAÏ ou STARBBUNAZAÏ.

Les 2e, 3e et 4e noms du pont, présentés dans d’autres rituels, sont, probablement, des barbarismes de STARVESANAÏ, qui se décompose ; en STAR qui se traduit par, cachette, abri, refuge.

VE ou BE qui est une préposition comme ; dans, en, avec etc.

SAN équivalant au français, bloquer l’accès, et dont la traduction est malheur, ou, BUR qui signifie terrain inhabité, etc…

Il y a dans ces mots composés, une relation péremptoire avec la légende dont l’explication devient apparente « Un malheur bloque l’accès à notre refuge », avec un sous-entendu, qui pourrait être « Ces pillards ne veulent pas nous laisser passer » ou encore « Le malheur est caché dans ce lieu inhabité ».

Quant à son 5e nom et dernier nom, qui est SHETAR-BOZNAÏ, il est formé de 3 mots distincts, à savoir :

SHETAR qui est le nom d’un officier du roi de Perse.

BOZ qui veut dire ; butin ou piller et NAÏ, qui signifie errer ou trembler.

Ce 5e nom, retiré des Ecrits d’Esdras est suffisamment significatif, pour être compris similairement aux 4 données précédentes.

Dans la Thora, les fils des exilés retournant au royaume de Juda, portent le titre d’« OLIM ».
Ce mot signifie « Ceux qui montent ».

Ici encore une double interprétation est perceptible, si ces immigrants montent vers Jérusalem, pour y arriver, ils doivent préalablement monter sur le pont.

12e ricochet

L’onde est venue d’Albion.

N’oublions pas l’origine anglaise du grade.

Dans les rituels britanniques il est écrit « Over the beam » ou « On the beam ».

Over, on et beam sont des mots dont l’interprétation anglaise est bien plus subtile que les mots « au dessus », « sur » et « pont » en français.

Toutefois partout, par une élémentaire logique, le pont s’apparente à une relation de passage, de traversée ou de réunion.

Cependant avec le 15e degré, le symbolisme du pont est accentué par un aspect duel.

En effet, puisque l’entrée du pont est couverte d’ennemis, son passage est périlleux et il faut mériter sa traversée.

Il y a ainsi 2 mises en évidence distinctes.

La 1ère par une notion de passage et de bataille.

La 2de par une notion de bataille et de construction.

Voilà pourquoi nos rituels disent, « Ils passèrent l’épée dans une main et la truelle dans l’autre ».

En faisant table rase des ennemis qui sont en encore en nous, ces reliefs oblitérants que nous véhiculons encore, pour nous re-construire désormais, dans la maîtrise parfaite de notre monture, par une loyauté sans faille et une moralité absolue à tous nos principes.

C’est sur les bases de l’ancien Temple de Salomon que se construit le nouveau Temple de Zorobabel. Ce pont devient ainsi un arc-en-ciel, qui passe d’un cycle révolu à celui de renaissance.

Il constitue la liaison entre les 14 premiers degrés et les degrés suivants.

J’ajoute qu’à l’instar de la « courbe du temps » chère à Hubert Reeve, en paraphrasant l’astrophysicien ce pont représente, la courbe intemporelle, qui relie le passé et le futur.

Devenir chevalier, c’est non seulement défendre les valeurs déjà acquises mais se dépasser dans d’inaliénables conquêtes nouvelles.

13e RICOCHET

Vues panoramiques du pont.

PONT en hébreu se dit GUESHER et s’épelle Gimmel, Shin, Resh.

En décortiquant ce mot, lettre par lettre, on arrive aux noms de :

Ghimmel, qui signifie chameau, vaisseau du désert, qui symbolise une réserve d’eau et dont la bosse est un cintre suggérant le pont qui relie l’arrière ou le passé et l’avant ou l’avenir.

Shin, équivalant au mot dent, c’est l’ivoire, identique à celui de la clé ZIZA, signe de pureté et d’ouverture qui, par la forme de son idéogramme se compare aux arches d’un pont, reflétées sur l’eau.

Resh, c’est le nom de la tête, c’est l’élément qui réfléchit, analyse, entreprend et réalise. C’est le principe, le commencement.

« Yahaborou Hammaïm », le mot de passe du grade est une corruption de « Yarborou-hammaïm ».

Ce nom correct et composé, dont la signification est, « Encercler les eaux » ou « Cintrer les eaux », s’adapte ainsi parfaitement à la notion de passerelle que représente le pont qui nous interpelle.

Ce pont est le trait d’union, entre une réalisation révolue et une nouvelle et solide construction qui débute.

14e ricochet

Je ne savais qu’épeler.

Les initiales L D P

Dans nos rituels ces 3 lettres sont les initiales de Liberté De Passer ou de Liberté De Passage.

Quelques rituels anciens proposent même, Liberté De Penser, de plus, en pleine révolution française, il est apparu avec cette maxime latine Lila Destrue Pedibus, – Foule le Lys aux Pieds.

Par une allégorique coïncidence, les 3 lettres hébraïques, Lamed, Dalet et Phé, similaires à nos consonnes L D P, nous offrent la phrase, Lekah Deror Pessah, qui se traduit par prendre la liberté d’enjamber. C Q F D.

15e RICOCHET

Sur ce dernier remous mes réflexions ondulent.

L’optique du travail en Loge, est maintenant différente de celle pratiquée jusqu’au 14e degré, elle acquiert avec le Chevalier d’Orient et de l’Epée, un aspect totalement nouveau.

Il n’est plus question du Temple hébreu(celui des 12 tribus), mais duTemple des Juifs (de la tribu de Juda).

Nous ne travaillons plus dans l’aire de construction et d’exploitation du 1er Temple de Jérusalem, mais dans celle du 2d Temple, réalisé par Zorobabel.

Une nouvelle construction s’érige au dessus des bases stables de l’ancienne.

En conséquence, avec la maturité acquise, le chevalier ne s’appuiera plus sur le groupe, car dorénavant il relance l’œuvre de façon personnelle.

Nous sommes passés de l’appartement vert à l’appartement rouge, de l’émeraude au rubis, de l’espoir en l’Homme à la réalisation de ce monde plus humain. 

Emblématique complémentarité des couleurs, à l’image d’une l’eau qui a emporté notre passé, au profit du feu qui irradiera notre avenir d’un coeur chevaleresque.

Avec le Chevalier d’Orient et de l’Epée, c’est une onde nouvelle de construction HUMAINE qui s’élance.

Tr Sage, VV FF Chev

J’ai dit.

Sciemment, j’ai écarté la province de Gandhara de l’Inde ancienne (entre le 1er et le 4e siècle de notre ère, qui se trouve actuellement au Pakistan sous le nom de: district de Peshawar, cette dénomination n’a aucune connotation avec la légende et les lieux relatés plus avant.

Références.
La Bible – André Chouraqui – Desclée et Brouwer.
Dictionnaire des symboles – Jean Chevalier et Alain Gheerbrant – Robert Laffont / Jupiter.
Dictionnaire d’hébreu et d’araméen bibliques – Philippe Reymond – Le Cerf / Société Biblique Française.
La lettre chemin de vie / Le symbolisme des lettres hébraïques – Annick de Souzenelle – Dervy-Livres.
Le symbolisme du corps humain – Annick de Souzenelle – Editions Dangles.
Symbolique des Grades de Perfection et des Ordres deSagesse – Irène Mainguy – Editions Dervy.
De la symbolique des chapitres en franc-maçonnerie – Irène Mainguy – Editions Dervy.
Symbolisme Maçonnique Traditionnel, Tome II – Jean-Pierre Bayard – Edimaf-Paris.
Les Trente-Trois Degrés Ecossais et la Tradition – G.L. – Guy Trédaniel Editeur.
Histoire, Rituels et Tuileur des Hauts Grades MaçonniquesDevry-Livres.
Dictionnaire Thématique Illustré de la Franc-Maçonnerie – Jean Lhomme, Edouard Maisondieu et
Jacob Tomaso – Editions Moréna.
Dictionnaire de la franc-maçonnerie – Daniel Ligou – Presses Universitaires de France.
Dictionnaire des symboles maçonniques – Jean Ferré – Editions du Rocher.
Le Rite Ecossais Ancien et accepté, sa symbolique des degrés supérieurs (du 15e au 33e) – Raoul Berteaux – Editions Edimaf,Paris.
Le tuileur de VuillaumeDervy-Livres.
Histoire universelle des Juifs – Elie Barnavi – Atlas Hachette.
Atlas Bordas – Pierre Serryn – Bordas, Paris.
Rituels du chapitre Cora.Vallée de la Dyle – Loupoigne.
Pour apprécier les subtilités des définitions de « over », « on » et « beam », consultez le dictionnaire Herrarp’s Standard.

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