15° #412012

Le temps n’existe pas, rien ne fut, rien ne sera, tout est, tout a sa vie et appartient au présent

Auteur:

A∴ S∴

Obédience:
Non communiqué
Loge:
Non communiqué

Le temps n’existe pas ! C’est bien vite dit, à une époque où l’on nous rabâche sans cesse que le temps c’est de l’argent, qu’il passe vite, ne se rattrape guère, qu’il ne se rattrape plus…

Nous vivons à une époque où tout semble vouloir nous prouver que, au contraire, le temps a une importance primordiale, qu’il nous file entre les doigts, et que seule une activité débridée nous permet d’en jouir pleinement.

Or c’est là toute l’erreur…

Qu’est-ce que le temps ? La quatrième dimension, avec la longueur, la largeur et la hauteur, nous dira notre dictionnaire…, mais encore… ?

Pour les physiciens, il est indissociable de l’espace ; un évènement ponctuel est parfaitement déterminé lorsqu’on connaît sa position dans l’espace, l’espace euclidien à trois dimensions, et sa date. Mais ces deux notions sont théoriques, la détermination d’un point de l’espace dépend du choix préalable d’un système de références, la détermination de la date dépend d’une notion du temps absolu, sur lequel des observateurs différents peuvent ne pas s’accorder.

Outre ces considérations d’ordre scientifique, il faut bien admettre que la perception de l’écoulement du temps est tout à fait subjective, et varie non seulement selon l’espèce à laquelle nous appartenons, mais aussi, du moins pour l’être humain, selon l’individualité de chacun ; et encore pour soi-même, cette perception peut-elle varier selon les circonstances ; qui peut nier que le temps lui paraisse plus long durant une attente que pendant une activité ? Nous pouvons donc voir que le temps, du moins l’écoulement du temps, la durée peut être calculée, en ayant toujours à l’esprit que c’est uniquement par rapport à un système de référence, et l’on parlera alors d’un intervalle de temps entre deux événements précis, mais que la perception que nous en avons est fortement influencée par des facteurs d’ordre psychologique.

Le temps ne peut être considéré comme une suite d’instants, mais comme une durée discontinue. Le temps n’existe pas sans le changement, en effet, nous ne pourrions avoir conscience du temps sans apercevoir de changement dans notre pensée et dans notre perception de ce qui nous entoure ; il n’y a pas de temps sans mouvement, le temps n’est donc ni le mouvement, ni sans le mouvement, il est donc quelque chose du mouvement.

Le passé est un fantôme, l’avenir n’est qu’une illusion, ni l’avenir, ni le passé n’existent, nous avons un espoir d’avenir, une mémoire du passé, et nous vivons l’instant présent. L’Être est à lui-même son propre devenir, et le devenir n’en finit pas d’être à force de devenir. Cette apparente immobilité des choses, cet instant éphémère qui, si nous le saisissons, nous permet d’appréhender l’unique de l’existence, nous aide à la réflexion, au nécessaire et bénéfique retour de la pensée sur elle-même en vue d’un conscience plus nette de notre Être, et par cela, vivre d’une manière plus sûre, plus sereine, plus consciente la plénitude de notre existence. Le temps n’est pas quelque chose qui existe en soi, il est le nombre du mouvement, il est une représentation nécessaire qui sert de fondement à toutes les intuitions ; le temps est donné à priori, sans lui, toute réalité des phénomènes est impossible.

Cogito, ergo sum (Descartes): la seule manière d’exister, d’être, est d’en avoir conscience…c’est cette conscience qui nous permet outre notre relation aux choses, aux événements, d’avoir la perception, ou l’intuition(mais c’est une autre histoire) de notre existence.

Héraclite dit que le temps est un enfant qui joue aux dés ; en plaçant ainsi le jeu à l’origine du temps, il nous montre que le jeu, qui est capable de jouer avec tout, y compris avec lui-même, au point de faire jaillir du sérieux, est finalement plus sérieux qu’on ne croit, contrairement à la raison qui se croit raisonnable en plaçant à la base du temps une raison qui se sert de tout, y compris du jeu, et qui n’est pas si sérieuse que cela.

La raison ne doit être un carcan trop rigide, mais un moyen, un outil pour nous permettre de mieux penser et nous orienter dans nos démarches philosophiques, en ce qu’elle ramène tout à la dimension humaine.

Le temps est consubstantiel à notre pensée, à notre existence, à tous nos actes, il est l’essence invisible, impalpable de nous-même. La seule chose que nous pouvons faire, c’est non pas vouloir lutter contre lui, l’annihiler, mais le vivre inépuisablement, désespérément ; et si, parler du temps constitue sans doute l’exercice philosophique par excellence, c’est parce que l’exercice philosophique consiste à manier ce qui n’est pas manipulable, à cerner ce qui n’est pas cernable, à poser des problèmes qui ne sont même pas des problèmes ; la philosophie dédaigne le problème qui est simple obstacle, difficulté à résoudre.

Quoiqu’il en soit, ce petit exercice de réflexion doit surtout nous permettre de nous imprégner de ce que l’instant, présent, passé ou futur, mérite à coup sûr toute notre attention, parce qu’il est unique…

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