15° #412012

Le retour de l’exil et le symbolisme du pont dans la légende du 15ème degré Chevalier d’Orient et de l’Epée (ou Chevalier Maçon Libre)

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:  NC
   A LA GLOIRE DU GRAND ARCHITECTE DE L’UNIVERS
Deus meumque jus
RITE  ECOSSAIS ANCIEN ET ACCEPTE
Au nom et sous les auspices du
Suprême Conseil de France
ORDO AB CHAO
Liberté – Egalité – Fraternité
Souverain Chapitre 



Le sujet que le Très Sage m’a demandé de travailler ce jour porte sur le retour de l’exil et le symbolisme du pont  dans la légende du 15ème degré  Chevalier d’Orient et de l’Epée (ou Chevalier Maçon Libre).

Parmi les principaux thèmes philosophiques présents dans ce degré, j’ai relevé l’exil, la captivité, la libération, la volonté de triompher des obstacles sur la voie, de surmonter l’adversité et toutes les formes d’échec collectivement et non plus individuellement, le pont, la liberté de passer et je dois en oublier encore !
J’ai plus développé les enseignements relatifs à l’exil et au pont comme demandé dans mon sujet.

Je vous propose donc, afin de ne pas dépasser le temps imparti, de traiter le sujet sans vous relire le rituel du 14e et du 15e que vous connaissez parfaitement bien !
Je souhaite vous développer les enseignements suivants :
La Chevalerie :

C’est à partir de ce degré le 15e que débute réellement le premier grade chevaleresque quoique abordé précédemment.  En effet, on retrouve le thème de la chevalerie que j’ai déjà rencontré mes Frères Chevaliers R  C d’une certaine manière dès le 1 degré;   » j’ai été reçu et créé « ,  reçu des gants, une rose rouge, et je me suis engagé au travers de mon serment à œuvrer en groupe… Maître secret, j’ai fait allégeance à l’ordre Ecossais. Ensuite au 11° j’ai été nommé Sublime Chevalier élu, guide, chef de tribu mais sans épée.
Pour moi, être un Chevalier, est celui qui incarne certaines qualités telles que la loyauté, le courage, le sens de la Justice et du devoir, la rectitude, la persévérance et grâce à sa monture, sans laquelle il serait orphelin, il s’accomplit dans l’action et cela jusqu’au sacrifice de lui-même si nécessaire ; c’est le défenseur d’une certaine façon de vivre.  Fort d’une volonté de construire, de reconstruire et armé de l’épée qui défend et de la truelle du maçon qui scelle la Fraternité et fini l’œuvre, le nouveau chevalier que je suis est amené à construire l’avenir (son avenir), à donner le meilleur de lui-même tout en conservant les traditions du passé, (de son passé), la transmission, la Connaissance que nous devons tous transmettre. 

Le retour de l’exil :
Après 70 ans de captivité, voir plus autour de 100 années, Zorobabel, le prince de la lignée de David, de par ses hautes qualités, sût donc gagner les grâces du Roi Cyrus, .Ce dernier inspiré ou non par la volonté de Dieu, ordonna de son propre chef la reconstruction du Temple de Jérusalem. Il est dit que, je cite : « Cyrus eut un songe au cours duquel le Tout Puissant, Dieu des Hébreux, lui apparut et lui dit : « Rends la liberté à mon peuple ou tu mourras ».  Un de mes TCF RC de notre Chapitre m’a indiqué qu’il s’agissait d’une erreur. Je n’ai pas la Connaissance qu’il a pour vous l’expliquer.
Cyrus laissa donc partir les tribus captives de JUDA et de BENJAMIN, descendants des exilés, leur donnant la liberté de retourner en terre d’Israël et de rebâtir leur sanctuaire et ainsi édifier un nouveau Temple à l’Eternel.
Cyrus restitua tous les objets précieux qui appartenaient au trésor du premier Temple pour être mis dans le second Temple.
La reconstruction du Temple dura quarante-six ans. Elle commença sous le règne de Cyrus et s’acheva sous celui d’Artaxerxès 1er. Le second Temple fut consacré de la manière dont Salomon avait dédié le premier. En 66, la population juive se rebelle contre l’Empire romain. Quatre ans plus tard, en 70, les légions romaines menées par Titus reconquièrent et détruisirent Jérusalem, y compris le second Temple.
Ce second Temple d’ordre matériel ayant été détruit tout comme le premier, il ne reste plus qu’ à construire un Temple d’ordre immatériel conçu et réalisé d’esprit qui lui est  par conséquent indestructible, sans limite de temps et d’espace. Il est partout car nous sommes le un parmi le tout. La générosité de Cyrus alla jusqu’au point d’ordonner à ses généraux d’instruire les israélites dans l’art de la guerre, les arma Chevalier pour qu’ils puissent se défendre contre les attaques de leurs ennemis.  Cela peut être une arme contre lui. En effet, si on forme une communauté à l’exercice de la guerre, si on lui inculque des stratégies, alors cet enseignement peut se retourner contre le formateur.
Concernant le retour des Juifs en Judée, leur retour ne  fut pas simple. En effet, près  d’un siècle s’est découlé depuis le début de leur captivité et les Samaritains qui revendiquent être les seuls successeurs de l’Israël ancien, alors que les Juifs les considèrent comme des étrangers sur le territoire Israélien voient d’un mauvais œil des « revenants » arrivés avec des coutumes et une religion qui diffèrent de la leur venir occuper également cette terre, inoccupée des Israelites depuis au moins 70 ans, voir 100 ans.

Alors Zorobabel réunit les 42 360 Hébreux et choisit sept mille d’entre les Maçons qu’il arma Chevaliers et qu’il mit à la tête du peuple, afin de combattre ceux qui tenteraient de  s’opposer à leur passage sur la route de Jérusalem. C’est donc un voyage autorisé par Cyrus. Ils partirent donc de Babylone, sous la conduite de Zorobabel avec des moyens financiers pour le voyage et les emblèmes royaux – bague et ruban vert – qui les protègent et leur ouvrent le passage (Liberté de Passer) ; leur permettant ainsi de poursuivre leur mission, leur œuvre de bâtisseur, la construction du second Temple.

Mais ils arrivèrent devant un pont surplombant un fleuve, le fleuve StarbuzanaÏ, qu’il fallait franchir aux abords duquel étaient embusqués des pillards qui convoitaient leurs biens et le trésor du Temple, restitués par Cyrus. Ces pillards ne sont-ils pas nos pires ennemis en nous, étouffant l’action de notre cœur (l’orgueil, et le vice). Après une bataille acharnée de 4 mois, les israélites  prirent le dessus, traversèrent le pont et arrivèrent en Judée aux ruines du premier Temple afin de le reconstruire. Je crois que cet exil est mon exil intérieur. Je sais que je dois inlassablement redescendre en moi pour me reconstruire et ainsi franchir et passer les obstacles présents dès le 1er degré de mon Chemin Initiatique. J’ai bien pris conscience que je dois puiser en moi pour me grandir, pour m’élever vers les Autres et l’Univers qui m’entoure.

Mais il faut franchir le pont !!!. Je dois franchir mon pont. Je dois passer !

Le symbolisme du pont :
Il existe une multitude de ponts dans le monde : des ponts qui unissent et des ponts qui séparent, des ponts triomphaux qui invitent à des processions, et des ponts fragiles, improvisés, nés de la nécessité de la traversée.
Certains ponts sont construits pour déclencher la guerre, pour transporter les troupes. D’autres, en revanche, sont bâtis pour consolider la paix. Lieu du passage, le pont figure l’inévitable épreuve morale qui place l’homme devant l’obligation de choisir. Son choix le condamne ou le sauve. Le pont fait très souvent partie des voyages initiatiques dans de nombreuses traditions. Il est le symbole des passages et des épreuves. Il matérialise la voie à suivre, à entreprendre avec une notion de choix, de volonté, avec un engagement plein de sérénité et de courage pour l’action future. Il peut être perçu aussi comme le lien, l’axe reliant, favorisant la possible communication entre deux domaines, deux civilisations,  deux rives, deux cultures.

Etant plus jeune, je me souviens d’un jour où je chassais en baie de Somme. La mer remontée très rapidement à cause des grandes marées et nous étions deux. Nous nous sommes retrouvés bloqués et il y avait un bras à franchir avec un pont et j’avais peur à cause du vertige. Il faisait fort  froid. C’était en février. J’avais peur aussi de tomber dans l’eau et me noyer. J’ai dû prendre sur moi, descendre en moi pour trouver les ressources, trouver l’envie car je n’avais pas le choix. Il fallait que je passe, même s’il fallait que j’abandonne le gibier prélevé. Je l’ai fait et j’avoue en avoir perçu beaucoup de bonheur après coup. J’avais muri encore un peu plus. C’est un peu ce que je ressens à chaque passage de degré car nous avons toujours un obstacle à passer, un pont à franchir. Ce pont, c’est nous même ! C’est notre Passage en nous-même vers notre Intérieur. Descendre pour mieux remonter, n’est-ce pas ce que l’on montre dès notre initiation ?
Nous voyons bien que ce pont au 15e degré est bien cela, un obstacle, un passage, une épreuve effective sur la voie matérialisant les épreuves à surmonter par nous-même, nouvel initié pour devenir, un jour,  un authentique Chevalier de nous-même. C’est la démarche spirituelle qui initie le Chevalier à l’action, à la réalisation. Ces épreuves indiquent que notre combat intérieur n’est pas fini, que la purification est toujours à parfaire, que le Temple n’est pas achevé. Je suis persuadé que rien ne s’obtient sans effort, sans combat, sans incessante persévérance, sans sacrifice  et par surcroît  sans les autres.

 « PASSER LE PONT » C’est s’autoriser de se donner les moyens par la force et la volonté.  Certes le Chevalier possède La Liberté de passer qui a été donné par Cyrus … mais arrivé au pont, on ne passe pas. L’obstacle est bien présent. Il va falloir combattre. On est plus dans une action individuelle mais bien collective. On passe ensemble ou non. L’union fait la force.

« Ils passèrent l’épée dans une main et la truelle dans l’autre » Ce pont posé en obstacle sur leur passage et qui entrave leur liberté retrouvée. Passé le pont en vainqueur, passer d’une rive à l’autre, c’est tout autant une victoire physique que spirituelle : on ne progresse pas sans peine, sans les autres, c’est un passage vers la lumière. On progresse ensemble. On s’entraide, on partage, on est Frère. Chacun a besoin de l’autre pour avancer, pour se construire, pour franchir les différents obstacles de notre parcours maçonnique. Cela n’a été possible qu’avec l’aide, le soutien d’un autre Frère (L’Expert, le VM, le 3XPM, le TS). Mais l’action reste toute personnelle car  le chevalier que nous sommes doit passer le pont parce qu’il en a le désir. Sans désir, point de dépassement de soi.

Le symbolisme du Pont est accentué par un aspect duel : puisque l’entrée du pont est couverte d’ennemis, son passage est périlleux et il faut mériter sa traversée : passage et bataille mais bataille pour construire, pour se reconstruire dans la recherche d’une maîtrise parfaite, par une loyauté sans faille et une moralité à tous nos principes.

Mais pour pouvoir franchir ce pont, il faut être libre !! et donc pouvoir se déplacer pour traverser. On voit bien que la Liberté est un thème central de ce degré. Liberté d’agir, de mouvement, de travail sur soi, de voyages, de recherches, de sortir des sentiers connus mais cette Liberté ne nous est pas offerte, elle doit se conquérir puis aussi se défendre. Au 15ème degré, nous combattons pour passer : en jeux c’est notre libération. Cette Liberté de passer nous donne le pouvoir d’aller plus loin, de traverser d’autres ponts, de dépasser nos bornes, ouvrir de nouveaux espaces, se dépasser, nous ouvrir et donc nous connaitre, de connaitre l’autre, de partager. Avancer c’est se bâtir, se construire, se connaitre et donc connaitre l’autre. On ne se connait qu’au travers de l’autre.

On ne se situe plus dans l’individualité mais dans l’action collective car le combat se fait en union et dans l’action. On se combat soi-même avec les autres qui nous aident. Mais nos mauvais compagnons nous accompagnent toujours. Nous connaître, c’est les connaître et donc mieux les combattre et les contrôler.  Cette Liberté d’agir avec les autres, de donner l’un à l’autre, de partager est bien présente un peu plus loin dans notre cheminement avec la cérémonie de Partage (la Cène) que l’on retrouve au 18ème degré. Nous savons tous qu’il faut être deux pour partager. Sans partage et donc sans Amour, on est rien.

J’ai dit Très Sage.

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