Le songe de Cyrus, Roi, Prêtre, Prophète ?
Non communiqué
A cette interrogation nous pourrions ajouter un qualificatif révélateur, Cyrus : « Apôtre des Libertés ! »,
Car, quand le Roi Cyrus créa « Chevalier de l’Epée », le Prince Zorobabel, il lui donna toutes les qualités du chevalier et, en particulier la qualité d’être un homme libre.
La vie du Roi Cyrus se trouve relatée dans les textes bibliques, sur des tablettes cunéiformes retrouvées en Iran, sur des bas-reliefs perses, dans des textes grecques et enfin le tombeau de Cyrus est toujours visible à Pasargad en Iran. Cette pépinière d’éléments historiques et légendaires nous incitent à découvrir les valeurs maçonniques du personnage ce qui nous permettra de mieux analyser le fameux songe de Cyrus, dans la seconde partie du présent travail.
L’enfance
de Cyrus, l’initié.
La naissance de Cyrus vers l’an 559 avant notre ère, fait l’objet de légendes orales qui entourent traditionnellement en Mésopotamie les figures des fondateurs de la Perse antique.
Selon Hérodote, Cyrus II est le fils de Cambyse Ier, fils du roi perse Cyrus Ier, et de Mandane, fille du roi mède Astyage. Or, Astyage a vu en rêve que son petit-fils deviendrait roi à sa place : il ordonne à Harpage, l’un de ses parents, de faire disparaître l’enfant. Harpage, ne voulant pas en être le meurtrier, le confie à Mithridate, bouvier royal de la cour mède. La femme de celui-ci, qui vient de perdre un enfant mort-né, le convainc de ne pas exposer le bébé aux bêtes fauves, mais de le garder et de l’élever comme leur enfant. Mithridate substitue donc à Cyrus son fils mort-né, dont il abandonne le corps dans la montagne, paré des habits du prince. La ruse est découverte lorsque Cyrus a dix ans. Lors d’un jeu d’adolescents dans lequel il tient le rôle d’un roi, Cyrus punit sévèrement le fils d’Artembarès, dignitaire mède. Celui-ci le dénonce à Astyage, qui reconnaît son petit-fils.
Cyrus ayant porté le nom de roi dans ces jeux de rôle, Astyage est rassuré par les mages qui lui disent qu’il n’a plus rien à redouter et, il renvoie alors le garçon auprès de ses parents véritables.
Selon une autre version, rapportée par Justin, Cyrus bébé, abandonné par Mithridate dans la montagne, est recueilli par une chienne qui le nourrit et le défend contre les bêtes sauvages, avant d’être élevé par la femme d’un berger.
Le seul fait d’être allaité par une chienne, et élevé par une femme du nom de Spa ko qui signifie chienne, était pour l’enfant le présage d’être un héros souverain. De plus le mari de cette femme, le berger qui l’avait découvert dans la forêt, portait le nom de Mithridate, ce qui conduit la légende a attribué au bébé, le titre de fils du dieu Mithra qui signifie Don de Dieu. Il est alors considéré comme un initié naturel, envoyé de Dieu.
De retour à la cour, il suivra une éducation princière qui lui fera découvrir les civilisations et les cultures du bassin méditerranéen, recueillant lors de ses voyages toutes les qualités et vertus qu’il mettra en œuvre lors de son règne. Le roman du chevalier Ramsay intitulé « les voyages de Cyrus », relate les voyages éducatifs du Prince Cyrus dans le bassin méditerranéen, où selon l’imagination du Chevalier Ramsay, il rencontrera lors de ses périples, tous les prophètes de l’époque.
Le cylindre de Cyrus. Un testament pour l’humanité.
Le Cylindre de Cyrus est un cylindre d’argile sur lequel est inscrit en akkadien cunéiforme une proclamation de Cyrus. Il a été découvert à Babylone en 1879, et il est désormais exposé au British Muséum de Londres. Ce texte est consécutif à la prise de Babylone par ce dernier, après sa victoire sur le souverain local, Nabonide, en 539 av. J.-C. Voici la traduction d’un extrait : “ Moi, Ku rash (Cyrus), roi de l’univers, grand roi, roi fort, roi de Babylone, roi du pays de Sumer et d’Akkad, roi des quatre contrées, […] [Dans certaines] localités saintes au- delà du Tigre dont le siège était fondé depuis toujours, je ramenai à leur place les dieux qui y avaient habité et je (les) fis résider en une demeure perpétuelle ; je rassemblai tous leurs gens et je les ramenai à leurs localités ”.
Ce cylindre daté du 6° siècle avant notre ère, décrète par ailleurs, les termes normaux de la règle persane de l’époque : tolérance religieuse, abolition de l’esclavage, liberté du choix de profession, et atteste des faits d’armes, des conquêtes et des bienfaits de ce Roi. De plus, Cyrus proclame la liberté totale de culte dans l’empire se montrant respectueux des croyances et des traditions des peuples qu’il a soumis.
Le cylindre de Cyrus est en quelque sorte un testament pour l’humanité, car les principes et les valeurs qu’il proclame, constituent les fondements d’une harmonie universelle.
Cyrus, le Messie : Roi, Prêtre, Prophète ?
Avant notre ère, la société hébraïque était fondée sur trois figures majeures, le Roi, le Prêtre et le Prophète. La politique s’incarne dans le royaume d’Israël au nord, avec la capitale Samarie détruite en 722 avant notre ère, et dans le royaume de Judée au sud avec sa capitale Jérusalem, ou régnera la lignée de David et des 43 rois ;
Par ailleurs le Prêtre dans le temple s’occupe du culte. On peut le constater, le politique et le religieux sont nettement séparés. Cependant le monde d’alors n’a rien à faire avec la Morale et il obéit à ses propres lois. Pour y inscrire les valeurs spirituelles de la torah, le Roi et le Prêtre doivent faire des compromis. Pour empêcher que ces compromis ne deviennent des compromissions, il faut une troisième instance : le Prophète, l’oracle de Dieu. Le Prophète est en communication directe avec Dieu. Il fait descendre la parole divine dans ce monde, du moins sur le plan symbolique. Le prophète énonce les valeurs divines pour déjouer les compromissions dans lesquelles sont piégés le Roi et le Prêtre, ces compromissions qui ont abouti d’ailleurs, à la destruction du temple et à l’exil. Le prophète Jérémie avait averti le peuple Hébreu qu’un jour l’ennemi viendrait, le disperserait, détruirait le temple et même le Saint des Saints. La prophétie de Jérémie se réalisa et Cyrus va incarner à son tour, le Prophète, c’est-à-dire l’espérance, l’avenir.
Remarquons toutefois que les textes bibliques qualifient Cyrus de Messie, en employant le terme de Serviteur mais n’utilise pas le qualificatif de Prophète, et que nous pouvons toutefois considérer que Cyrus fut un prophète au sens du mot grec « prophètes » qui désigne un proclamateur qui fait connaître des messages attribués à une origine divine. Par ailleurs notons que pour certains historiens le premier concept de messie serait apparu chez les perses dans la religion Mazdéenne créée par Zarathoustra.
Les livres d’Esdras et d’Isaïe, nous parle de la vie de Cyrus en des termes particuliers desquels nous pouvons tirer deux leçons importantes :
-Dieu se sert de qui il veut, et il le dit : Es 44 :28 ; « Ainsi parle l’Éternel à Son oint, à Cyrus,… » Es 45 :1 ; « … Celui que l’Éternel aime exécutera sa volonté contre Babylone, » Es 48 :14. «C’est Moi qui ai suscité Cyrus dans ma justice, Et j’aplanirai toutes ses voies; Il rebâtira ma ville, et libérera mes captifs, » Es 45 :13 ; «Je dis de Cyrus: Il est Mon berger, Et il accomplira toute ma volonté Il dira de Jérusalem: Qu’elle soit rebâtie! Et du temple : Qu’il soit fondé ! » Isaïe 44 :28.
-Dieu se sert de ce qui est en nous, et il le dit : « La première année de Cyrus, roi de Perse, afin que s’accomplît la parole de l’Éternel prononcée par la bouche de Jérémie, l’Éternel réveilla l’esprit de Cyrus, roi de Perse, qui fit faire de vive voix et par écrit cette publication dans tout son royaume : « Qui d’entre vous est de son peuple ? Que son Dieu soit avec lui, et qu’il monte à Jérusalem en Juda et bâtisse la maison de l’Éternel, … » Es 1 :1,3 .
En langage perse, « Ku rash », Cyrus signifie « Soleil ». C’est donc à sa nature « solaire » que le Seigneur fit appel en suscitant Cyrus. Il réveilla ce qui en lui, comme le Soleil, pouvait ranimer un peuple endormi et laminé par des années de luttes et d’esclavages. Sa triple action vis-à-vis du Peuple (libération des captifs), de la Ville (reconstruction de Jérusalem) et du Temple (restitution des ustensiles sacrés et reconstruction), ressuscita littéralement Israël. Le Ministère de Cyrus ou « la Mission de Cyrus », c’est donc, la Mission du Soleil ; la Mission de Dieu Lui-même. Mission transmise à tous ceux qui en eux, ont la nature solaire, pour réveiller, vivifier, éclairer, orienter et faire croitre, mission de caractère essentiellement maçonnique, vis-à-vis de son Prochain, et de la Société.
Il y a dans cet éveil de l’esprit de Cyrus, relaté dans les textes bibliques, la source d’inspiration que les rédacteurs de nos rituels ont utilisée pour élaborer le fameux songe de Cyrus. Pour nous franc-maçon, Cyrus recevra la parole divine par le célèbre songe, et il permettra ainsi au franc-maçon de procéder à la libération intérieure de son être afin de restaurer l’état primordial, par l’exécution du devoir impérieux de la quête de la Connaissance et de la Vérité.
Bien que Cyrus ait été connu pour être un grand conquérant, qui a contrôlé l’un des plus grands empires jamais vus, il est préférable de rappeler sa tolérance et sa magnanime attitude à l’égard de ceux qu’il a vaincus.
Quand il a conquis Babylone, il l’a fait sous les acclamations des Hébreux, qui lui souhaitaient la bienvenue en tant que libérateur potentiel. Il a fait preuve de beaucoup de patience et de respect envers les croyances religieuses et les traditions culturelles des autres peuples de son empire. Ces qualités lui ont valu le respect et l’hommage de ceux qui formaient cet empire, et l’on peut penser que ces qualités ont inspiré les rédacteurs de nos rituels.
En 537 avant JC, suivant la requête du prince Zorobabel, Cyrus autorisera plus de 40000 Hébreux à quitter Babylone pour retourner à Jérusalem. Cet épisode de son règne est relaté dans le livre d’Esdras. Les Juifs considèrent Cyrus comme « l’oint du Seigneur», le messie, en ce sens que Dieu l’avait désigné pour accomplir une certaine mission.
En effet, pour certains historiens, après la captivité de Babylone, le mot « Messie » ne désignera plus qu’une seule personne bien précise : un roi sauveur envoyé par Dieu pour restaurer Israël. Après la chute de Babylone, ce Melekh ha-mashia’h (Roi oint / Roi Messie) sera identifié comme étant Cyrus Roi de Perse.
Cyrus a bien joué le rôle de messie exécutant la volonté divine. Au-delà de ce que réalisa Cyrus pour le peuple Hébreux, le Roi de Perse créa en quelque sorte un monde nouveau, il marqua une nouvelle ère, en d’autres termes, il accomplit une mini cosmogonie. Cyrus se considérant comme responsable de la conservation et de la régénération du monde, le roi était ainsi le Prêtre qui combattait les forces du mal, de la mort et contribuait au triomphe de la vie, de la fécondité et du Bien.
Cyrus, Roi Dieu,
Cyrus était-il considéré comme un dieu ?
La réalité est le monument funéraire de Cyrus situé à Pasargad en Iran qui est en fait une “ziggourat”, c’est-à- dire une sorte de lieu sacré. Les “ziggourats” sont des constructions de 5 à 7 étages souvent surmontées, sur leur dernier étage, de l’effigie d’une divinité, que l’on trouve dans les civilisations mésopotamiennes et ilamites. La ziggourat mésopotamienne est aussi le modèle de la tour de Babel, rappelant ainsi le caractère humanitaire et universel de l’œuvre de Cyrus.
L’architecture du sépulcre de Cyrus nous amène à dire qu’après sa mort, Cyrus est devenu un dieu. Les rois achéménides se considéraient de la race des dieux et peut-être est-ce pour cette raison que les artistes et sculpteurs perses et babyloniens ont représenté Cyrus comme un roi-dieu. Cyrus jouissait de la protection des religieux de son temps, prêtres babyloniens et Hébreux. Peut-être est-ce cela qui a également contribué à l’octroi du statut de divinité. Il y a d’autres exemples historiques de rois ou d’empereurs qui eurent un statut divin soit de leur vivant, soit après leur mort. Les pharaons égyptiens font partie de ceux-ci et nous savons que les Perses, pendant la période achéménide, furent influencés par la culture égyptienne. Cyrus était très probablement, selon les croyances de l’époque, un roi-dieu et ce pourrait être la raison pour laquelle il a été inhumé dans une « ziggourat ».
Le songe de Cyrus et le Chevalier de l’Epée.
La chevalerie avait connu un grand essor dans l’ancienne perse où elle avait puisé ses racines dans l’enseignement spirituel du sage Zoroastre, le lumineux fils d’Ahura Mazda. L’éthique zoroastrienne était un ordre de chevalerie. Le principe était le combat armé contre les forces du mallât. Ahura Mazda était le souverain du bien.
Cyrus appliqua tout naturellement les principes de ce combat dans toutes ces actions. Cyrus fut en quelque sorte un Roi Chevalier, inspiré du chevalier mystique qui est dépeint sous les traits de Sraosha au yasma 57 de l’Avesta, le livre sacré du Zoroastrisme qui inspira probablement les rédacteurs de nos rituels chevaleresques au 18° siècle.
Dans son célèbre discours du 26 décembre 1736, le chevalier de Ramsay nous parle de Cyrus en reprenant les termes bibliques du livre d’Esdras, à savoir : « L’oint du Seigneur, le grand Cyrus, qui était initié à nos mystères, constitua Zorobabel grand maître de la loi de Jérusalem et lui ordonna de jeter les fondements du second temple. ».
Cyrus comme Salomon détenait les mystères et par la même, Cyrus allait participer à la légende maçonnique.
La mission divine, que Cyrus va accomplir, se situe donc au moment où la légende salomonienne prend fin, 70 ans après l’exil à Babylone du peuple Hébreu. Les ruines du temple de Salomon au-delà de leur symbole matériel représentent la perte d’une tradition. La restauration de la tradition perdue par l’errance du roi Salomon va nécessiter la mise en œuvre de nouveaux moyens symboliques. En effet, le Maitre maçon, jusqu’à maintenant munis d’outils de construction, va se voir à présent investi à la chevalerie par le roi Cyrus. Ce n’est plus un Maitre maçon qui réalise un chef d’œuvre, mais c’est un chevalier en restauration de la tradition perdue. Le Maitre maçon est toujours à la recherche d’une union avec le Principe qui est en lui, mais à présent le chevalier qu’il devient, lui octroie la liberté de passer à l’acte qui consiste à chercher l’union de son être avec le Principe. C’est symboliquement à Babylone, que le Roi Cyrus créa Zorobabel, Chevalier de l’épée. Babylone, littéralement « Bâb-ilâmi », signifie une porte des dieux. Babylone est le lien entre le ciel et la terre. Notre légende chevaleresque commence naturellement à Babylone et renforce l’idée de conjonction avec le divin, ce que symbolisera aussi le pont de Guaranda. Le grade de chevalier de l’épée amène le Maitre maçon à une libération de sa captivité extérieure octroyé par Cyrus et ordonnée selon la parole divine qu’il reçut en songe.
Le songe de Cyrus est la pièce majeure du tableau de la salle du conseil de Cyrus qui voit se dérouler la cérémonie d’adoubement du chevalier de l’épée. Cette salle est un milieu profane (pas d’autel, pas de livre sacré). Ce lieu profane signifie que le sacré que nous avons à découvrir est en nous. Par ailleurs il apparaît que l’interprétation du songe va nécessiter des apports profanes, c’est à dire de nouvelles lumières car c’est avec l’aide des étincelles divines de ceux qui nous entourent que nous nous rapprocherons de la vérité. La salle du conseil est de couleur verte, symbole de l’eau, de la purification, de la régénération de l’être, et surtout, de l’espérance pour remporter la victoire contre les ennemis et les obstacles.
Ecoutons ce que dit Cyrus à son entourage au sujet de son rêve :
« J’ai cru voir un lion rugissant prêt à se jeter sur moi pour me dévorer ; son aspect m’a épouvanté et m’a fait fuir pour éviter sa fureur, mais à l’instant j’ai aperçu mes prédécesseurs qui servaient de marchepied à une gloire que les Maçons désignent sous le nom de Grand Architecte de l’Univers. Deux paroles m’ont arrêté ; elles sortaient du centre de l’Etre lumineux et j’ai distingué qu’elles signifient ; de rendre la liberté aux Maçons, sinon que ma couronne passerait entre les mains des étrangers. Je demeurai confus et comme interdit et le songe disparut.
Depuis ce moment ma tranquillité s’est évanouie. C’est à vous, Princes, de m’aider de vos avis pour délibérer sur ce que je dois faire. » C’est ainsi que Le roi Cyrus décrivait son songe à sa cour d’après le manuscrit de Jean- Baptiste Willermoz de 1761.
Le tableau du songe, décrit par Claude-André Vuillaume dans son Tuileur de 1820, précise que le Roi Nabuchodonosor est à moitié changé en bête, relatant le passage du livre de Daniel qui dit que le roi fut changé en bête pendant 7 ans. De plus, c’est un aigle qui porte la parole divine.
Le songe de Cyrus est inspiré des textes bibliques en ce sens que dans nos rituels Cyrus s’adressera à ses conseillers et en particulier à Daniel, pour interpréter son rêve, puis il s’appuiera sur le prince Zorobabel pour réaliser l’œuvre de reconstruction du temple, ces faits étant relatés dans le livre prophétique de Daniel et dans le livre historique d’Esdras.
Le but principal du songe sur le plan maçonnique est de mettre en scène les symboles spirituels caractéristiques de la chevalerie de l’esprit.
Tout d’abord, il y a la découverte en soi de la nécessité de prendre des décisions pour progresser. Ensuite, il y a nécessité de consulter ceux qui peuvent nous aider à comprendre l’appel qui est en nous. Enfin, il y a nécessité de vouloir prendre ses destinées en main afin de procéder à sa propre libération spirituelle.
La composition du tableau du songe de Cyrus évoque ce qui suit :
-le lion incarne la justice royale qui s’apprête à dévorer la royauté dévoyée. Le lion est là pour nous rappeler que nous serons anéantis, si nous n’agissons pas pour procéder à notre propre libération.
Si le franc –maçon dévie de sa route, il retournera dans les ténèbres profondes.
-l’aigle incarne les plus grandes possibilités d’élévation spirituelle, car il symbolise la capacité à se mettre en rapport direct avec le créateur. L’aigle est là pour nous rappeler que nous détenons caché en nous même, la capacité à tutoyer le divin.
-les prédécesseurs de Cyrus, Nabuchodonosor et Balthazar sont chargés de chaines montrant ainsi que les excès du passé peuvent conduire à l’immobilisme, voire à la pénitence comme Nabuchodonosor muté en bête et condamner pendant 7 ans à manger des herbes pour expier son orgueil démesuré.
-la gloire rayonne d’une brillante lumière, car la source du songe est de nature divine. Une sentence, disons un ordre en émerge, comme un éclair. Il nous aveugle à première vue mais grâce à l’intercession de Daniel, cet ordre devient une mission prophétique montrant la nécessité de tout être, à découvrir avec l’aide des autres, le vrai sens caché des étincelles divines qui jaillissent en lui.
-« liberté de passer » ou encore « rends la liberté aux captifs, sinon ta couronne passera en des mains étrangères ». Cette sentence invite le franc-maçon à procéder à un acte libérateur.
La symbolique du songe de Cyrus réside dans son application aux francs-maçons car c’est d’une manière voilée, que les francs-maçons reçoivent en songe la possible découverte de leurs capacités d’élévation spirituelle.
Le songe de Cyrus comme celui du chevalier, va déclencher une libération providentielle qui va permettre la reconstruction du Temple. Encore faut-il que le chevalier de l’épée est la volonté de se libérer, de se reconstruire. Notons que c’est bien Zorobabel qui va demander à être reçu par Cyrus pour demander sa libération. Le chevalier doit avoir la volonté d’agir. Cette volonté est assimilable à un songe que Zorobabel a reçu de l’éternel lui indiquant que Cyrus pourrait être son libérateur. Par ailleurs, Cyrus va éprouver Zorobabel avant de lui octroyé la liberté. Nos anciens rituels font état d’épreuves physiques, en particulier, l’épreuve du brasier, allusion à l’ordalie moyenâgeuse. Mais l’épreuve véritable est celle qui voit Zorobabel refusé de donner à Cyrus les secrets de la franc-maçonnerie, au prix d’un maintien en captivité. En refusant de vendre son âme, Zorobabel garde sa liberté de conscience, et il fait preuve de résistance en affirmant son statut de Maçon très libre, titre autrefois donné au Chevalier d’orient et de l’épée.
Il y a aussi une volonté d’agir et de se libérer définitivement, lorsque Zorobabel renonce aux attributs que lui avaient octroyés Cyrus lors de son adoubement. Le ruban et la bague symbolise la volonté de s’affranchir des obstacles qui s’élèvent dans l’accomplissement de la libération intérieure. Sans l’abandon de ces symboles éphémères que sont les biens matériels et les honneurs, la restauration de l’état primordial sera impossible.
Le chevalier de l’épée symbolise à la fois la libération, la reconstruction et la volonté : la volonté de se libérer et de reconstruire.
La liberté est au prix de l’abandon de tout ce qui brille d’un éclat trompeur. Si le chevalier s’endort sur ces lauriers et cesse de combattre, il retournera à la servitude spirituelle. Car il s’agit bien d’un triomphe de l’épée sur l’esprit pour qu’in fine l’esprit triomphe de l’épée.
L’épisode chevaleresque qui débute avec Cyrus, constitue la première étape d’une chevalerie céleste qui implique une victoire, celle que l’initié remporte sur lui-même, en devenant peu à peu le réceptacle de l’amour divin. La chevalerie est la recherche de la perfection sublimée intériorisée, devenue le noyau intrinsèque de l’âme. Gardien de l’ordre sacré, le chevalier est un homme libre par excellence, soumis seulement à l’obéissance, à la Règle et à la Loi Morale.
Conclusion : le combat pour la liberté.
Tout être humain est prisonnier de lui-même, et seule sa détermination volontaire peut lui permettre de parvenir à sa libération intérieure.
La liberté quelle qu’elle soit, implique un combat volontaire.
Le combat de Cyrus est le combat du Franc-maçon, que l’on peut décrire d’une manière ternaire comme étant fondé sur premièrement : l’espérance, deuxièmement : la foi et, troisièmement : la charité.
-l’espérance : caractère prophétique de notre vie est là pour nous demander de procéder à notre délivrance intérieure.
-la foi : caractère sacerdotale de notre existence est là pour affirmer que ce que nous cherchons est en nous.
-la charité : caractère royal de notre vie est là pour élever l’amour comme le bien le plus précieux, car il nous permettra d’atteindre la vérité.
Tel Cyrus, soyons nous-mêmes, Roi, Prêtre et Prophète, car notre vie est une prophétie, un don du créateur. Soyons fidèles dans le respect des vertus théologales, charité, foi, et espérance. Que l’épée symbole de la liberté remis par Cyrus à Zorobabel, nous permette de vaincre les obstacles pour se rapprocher de l’état primordial, et procéder à la reconstruction de notre Saint Empire.