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#412012
L’Exil du Chevalier d’Orient et de l’Epée
Non communiqué
TSA, Dignitaires au sanctuaire et vous tous mes BBAAFF dans les vallées en vos grades et qualités.
TSA, vous m’avez demandé de vous parler de l’Exil du Chevalier d’Orient et de l’Epée, 15ème degré du REAA. En voici ma modeste perception.
Un des aspects évocateurs du travail alchimique et maçonnique est de passer des Ténèbres à la Lumière. En ce sens, les mutations successives de l’œuvre sont symboliquement contenues dans les 3 couleurs noir blanc et rouge.
Le FM passe du Petit Œuvre au Grand Œuvre. Les initiations maçonniques sont une suite de dissolutions et coagulations, de déstructurations et de reconstructions qui permettent la transmutation et invitent le FM de passer de l’œuvre au noir à l’œuvre au rouge. C’est le Solve et Coagula le « dissous et coagule ou dissous et condense » des alchimistes.
L’œuvre au blanc est le pont entre les ténèbres et la Lumière.
L’initiation écossaise visant au perfectionnement de l’Être, apprend à l’homme à se connaître et à connaître l’autre, à s’accepter tel qu’il est et à aimer l’autre comme lui-même et à agir en conséquence. Cependant, il arrive souvent que chacun d’entre nous traverse des crises de transition et éprouve, à un moment ou à un autre, un sentiment d’exil.
C’est ce qu’endure le GEPSM lorsqu’il est conduit en captivité après que Salomon eût subi la sanction de l’Eternel pour s’être détourné volontairement de la Loi divine en sacrifiant aux idoles et en s’adonnant à la licence.
Mais de quel exil s’agit-il et en quoi consiste-t-il ?
Définition :
Le GEPSM qui a à se perfectionner, va se soumettre une fois encore à une nouvelle mort avec l’exil qui lui est imposé au 15ème degré et à une nouvelle résurrection grâce à la LDP qu’il obtient au prix de lourds sacrifices et qui lui permettra d’obtenir un peu plus de pouvoir rédempteur et d’accéder à la Jérusalem céleste. Mais ceci est une autre chose.
Ainsi, revenant à notre sujet, l’exil du Chevalier d’orient et de l’épée peut être considéré non seulement comme le résultat d’une sanction, d’une peine qui le condamne à quitter son pays pour un séjour relativement long (70 ans), mais aussi, un désir de quête intérieure, un besoin de se retrouver avec lui-même, donc à se régénérer.
Cet exil peut également constituer une manière de retrouver les autres, après s’être retrouvé lui-même. C’est à mon avis, un passage nécessaire, un besoin de monologue pour parler avec son cœur et faire renaître le dialogue avec l’autre, avec son frère. N’est-ce pas là l’occasion d’une reconquête de son SOI ?
Symbolisme:
C’est bien au 15ème que s’opère le passage du temple matériel au temple spirituel et que la réalisation individuelle intérieure s’intègre au plan universel.
En d’autres termes, le Grand Elu a achevé le parcours subjectif de la spiritualisation. Grâce à son exil, il va pouvoir entreprendre sa démarche vers la Connaissance de l’incarnation de l’esprit, confortée par la domination du vert qui agirait en agent de destruction de sa propre matière, donc en agent de la mort et en agent de renaissance en esprit. Ce vert qui apparaît entre l’œuvre au noir et l’œuvre au blanc, exactement à la charnière du Solve et du Coagula, est l’une des couleurs intermédiaires qui rentre dans la réalisation du Petit Œuvre qui est lui-même, la manifestation du Spiritus Mundi qui indique le début de la perfection des Petits Mystères.
C’est ainsi que l’exil du Chevalier d’orient et de l’épée qui correspond alors à l’œuvre au vert, indique qu’il s’achemine, grâce à la LDP, vers l’œuvre au blanc, synonyme de libération, de passage du mythe du premier Temple matériel de Salomon à celui spirituel de Zorobabel.
Ce vert, couleur d’espérance, indique que le Chevalier d’orient et de l’épée est sur la bonne voie et qu’il ne lui reste qu’à franchir le pont pour aboutir à la couleur blanche et approcher du VERBUM DIMISSUM (Parole perdue), du domaine Transcendant.
Enseignement:
Pour le Chevalier d’orient et de l’épée, cet exil est vécu comme une réalité matérielle, car il le vit dans la Culpabilité, la douleur physique, dans sa chair. Son statut d’exilé, n’est pas un état, mais un acte qui ne finit qu’avec la fin de l’exil.
Le combat que le Chevalier livre sur lui-même quand il franchit le pont l’invite à la vigilance, car rien n’est définitivement acquis, tout reste à faire pour accéder à plus de spiritualité. Il lui faut retrouver ses vraies racines, dépasser le temps de l’Exil et se transformer encore.
L’exil lui a permis de se libérer d’un esclavage, celui de sa matérialité et de l’emprise de ses passions pour le mettre de nouveau sur le chemin du retour vers la Lumière. Grâce à l’exil, il entame un nouveau cycle pour accéder à un niveau supérieur de conscience, celui de la chevalerie de l’esprit.
C’est une marche à l’intérieur de sa nature, un déplacement, une épreuve ; c’est aussi, pour lui, un temps de reconstruction.
Même s’il le considère comme un mal, ce mal est nécessaire, car il va lui faire prendre conscience de ses erreurs et lui permettre de se reconquérir en se livrant lui-même le combat qui va transmuter ses pulsions et redonner à l’Esprit la place qu’il n’aurait jamais dû perdre. Ce qui laisse dire qu’il ne peut bâtir son temple qu’en se réconciliant avec lui-même : l’épée d’une main et la truelle de l’autre.
Le Noir et le Blanc, si l’on se réfère au langage hermétique, nous suggèrent que l’Initié le Chevalier d’orient et de l’épée doit accomplir l’Œuvre au noir avant d’aborder l’Œuvre au blanc. En fait, il s’agit d’une alternance car le retour au noir devra être réitéré afin de multiplier les opérations de régénération et ce dans toutes les directions, c’est-à-dire dans la totalité de l’Être dans une Recherche de perfectionnement de Soi. Le Noir et le Blanc nous indiquent bien qu’il ne s’agit pas d’un Etat mais d’une potentialité qui suppose le passage incessant de l’Œuvre au noir à l’Œuvre au blanc … et vice versa… et ce dans toutes les dimensions de l’Être… Pour l’Alchimie le Rouge est la Couleur de la Pierre Philosophale, la Pierre qui porte le signe du Soleil. Si le Grand Œuvre commence par l’Œuvre au noir et culmine par l’Œuvre au blanc, le Chevalier d’orient et de l’épée qui parcourt ces étapes de passage est dénommé l’Homme Vert. «
En Conclusion, TSA, mes BBAAFF CCHR+C,
Si l’exil peut représenter un échec dans le vécu et l’histoire de l’homme, le Chevalier d’Orient et de l’Epée, le considère comme une crise de transition, un outil de libération et un moyen de transcendance qui sont utiles à sa reconstruction et à la poursuite de sa quête de l’incarnation de l’esprit. Ainsi, son exil n’est plus spatial, mais existentiel, il figure une progression. Ce cheminement souterrain que constitue l’exil, est une approche intérieure qu’il parcourt en vue de trouver, la voie du juste milieu qui est censée l’amener à la libération intérieure.
C’est dans le désert qu’il doit livrer son combat contre le doute, l’obscurité avant de découvrir la Jérusalem céleste. C’est ainsi que tout initié, pour actualiser en lui, la maitrise, doit traverser la périlleuse épreuve de l’exil pour trouver la lumière.
Ainsi, pour parler en profane, je dirai que l’exil du Chevalier d’Orient et de l’Epée peut être considéré comme une mise au vert pour préparer une compétition.