15° #412012

Quels sont les enseignements tirez-vous de la légende du 15ème degré du chevalier de l’orient et de l’épée

Auteur:

A∴ N∴ M∴

Obédience:
Non communiqué
Loge:
Non communiqué

A la gloire du G A D L’U
R E A A
ORDO AB CHAO
Au non et sous les A D S C D G
DEUS MEUNQUE JUS

Introduction :

Premier des grades capitulaires, le 15ème degré assure une transition entre la loge de Perfection et le Chapitre et ouvre ainsi un nouveau cycle, celui de la reconstruction du Temple. Elle relate la libération du chevalier prisonnier en terre étrangère à Babylone et son périple jusqu’à Jérusalem. Sur le plan symbolique, elle décrit l’Être intérieur totalement épris de l’idéal du ciel et combattant la lourdeur de la terre. L’initié doit détruire les monstres et les dragons qui ont réinvesti sa personnalité. La leçon principale de ce degré est la persévérance dans les difficultés comme dans les moments de découragements, la fidélité et la constance aux obligations.

I-La légende

Pour décrypter la signification symbolique de ce degré et en tirer les enseignements, il faut, sans faire une exégèse de la légende du grade, dire qu’elle s’inspire des livres d’Esdras et de Néhémie dans l’ancien Testament. Il est dit que « Cyrus eut un songe au cours duquel le Dieu des Hébreux lui dit « rends la liberté à mon peuple ou tu mourras ». A la demande de Zorobabel, prince de Judée et Néhémie, son échanson, le Roi Cyrus leur permit de retourner à Jérusalem et de rebâtir le Temple de Salomon. Tous les objets qui appartenaient au trésor du premier Temple leur furent restitués pour être mis dans le second Temple. Le Roi prit également un édit enjoignant à tous les sujets de laisser passer librement tous les Hébreux ayant la qualité de Maçons libres, sous peine de mort pour ceux qui enfreindraient son ordre. Zorobabel fut instruit dans l’art de la guerre puis armé chevalier. Alors, il choisit 7000 Hébreux-chevaliers qu’il mit à la tête du peuple afin de combattre ceux qui pourraient s’opposer à leur passage sur la route de Jérusalem. Leur marche fut facile jusqu’à leur arrivée sur les bords du fleuve Starbuzanaï où les troupes ennemis leur interdire le passage du pont et voulurent s’emparer de leur trésor. Elles furent mises en pièces et les Hébreux n’eurent aucune perte. Alors que les travaux de reconstruction du Temple commencèrent, les Samaritain voulurent leur faire la Guerre, afin de mettre en échec leur volonté. Zorobabel ordonna que tous les ouvriers fussent armés, tenant la truelle d’une main et l’épée de l’autre. La reconstruction du Temple dura 46 ans.

II-Les enseignements

A la lecture de cette légende, j’ai retenu quatre grands enseignements qui émergent de ce degré découlant de l’initiation au sein du premier Temple décoré de teinture couleur vert d’eau…

Le 1’enseignement qui transparaît est que la chute ou la régression spirituelle d’un initié n’est pas irréversible, s’il y a une prise de conscience de sa part de son éloignement avec le Divin et s’il exprime une volonté manifeste à recouvrer sa personnalité spirituelle. En effet, cet exil à Babylone représente l’exil de nous-même et en nous-même, c’est la partie dévoyée de notre raison. Pris par les turbulences de la vie quotidienne et enivré par l’or du monde, nous avons oublié le tétragramme, déposé dans une crypte aux temps immémoriaux de celles-ci, et comme autrefois au temps de Moïse, nous avons adoré des veaux d’or, abandonnant ainsi l’or de la connaissance pour celui de la possession. C’est pourquoi la lumière divine a été enchâssée dans le reliquaire de notre cœur, et celui-ci inséré dans la nuit. Mais l’homme ressent un vide, un appel à Jérusalem. Il s’aperçoit que ce n’est pas Dieu qui l’abandonné, mais c’est lui qui s’est séparé de Dieu. Il se détache alors des intérêts purement matériels de la masse pour rechercher de nouveau l’élévation spirituelle. Il doit donc complètement se débarrasser de la crasse et de la putréfaction accumulées et laisser l’abondance et la grâce divine émerger de son être.essentiel. C’est en ce moment qu’il envoie un appel au secours à son étincelle divine pour dire qu’il veut retourner sur la Terre promise qui est celle de son élévation afin de retrouver la lumière de la Tradition et de la Connaissance. Et c’est là qu’apparaît.

Le 2ème enseignement découlant lui, du songe de Cyrus. Ce songe nous prouve que, quelques soient nos difficultés, il y a toujours une main divine qui est là pour nous aider à nous relever parce que Dieu est toujours présent et on reçoit ce dont on a besoin au moment où on a besoin pourvu que la foi, la persévérance et la constance aux obligations soient de mises. Cette espérance est représentée sur le plan symbolique par la bougie de l’espérance qui est restée allumée devant l’hôtel des serments et par la couleur verte des teintures du Temple. En effet, alors que le rêve est l’expression d’un ’hologramme généré par la conscience du dormeur qui met en branle le sixième et deux autres chakras inférieurs, le songe a une dimension onirique, il naît d’une interaction entre le sixième et le septième chakras. Il est l’expression de l’âme. Cette stimulation et d’éveil génère une véritable bulle de lumière. Cette bulle dont le niveau vibratoire est très élevé va entrer en communication avec l’univers constitué par l’égrégore des symboles et des Archétypes. Et c’est dans ce monde archétypal que l’âme va puiser les éléments d’information qui doivent être ramenés à l’état de veille pour servir de guide à l’initié pour retrouver le chemin de la vérité. La zone vibratoire de songe devient donc une demeure de lumière dans laquelle l’âme reprend les forces pour mieux tracer son itinéraire, parce que cet univers n’est pas seulement celui d’une grande mémoire, mais aussi celui des probabilités de ce que nous percevons comme étant le futur possible.

Devant donc cette espérance, le chevalier de l’orient et de l’Epée a le choix entredeux attitudes : celle qui consiste à prolonger sa léthargie en reproduisant passivement les anciens schémas de pensée, ou celle, dynamique, qui l’invite à refondre son système de valeurs, de repères et de fonctionnement. C’est ici que la force d’agir répond à la force de vouloir, la force de vouloir répond à l’écoute de l’appel intime pour un retour vers l’absolu. Pourquoi ? parce que d’une part le désir est le grand détonateur et activateur du processus qui consiste à nous libérer des boulets de la matière par la transmutation de l’égo au profit de la connaissance et de l’amour fraternel envers Dieu et de toute sa création ; et d’autre part, le cœur qui a goûté au sentiment d’appartenir à un espace sacré où il trouve force et douceur, comprend dans le sacrifice de l’ordinaire, le sens de Dieu. Alors, le chevalier de l’Orient et de l’épée sacrifie tout, décapite tout pour avancer vers soi-même, s’enfoncer de voûte en voûte et parvenir à la Voûte Sacrée, porte du Sanctuaire. Il comprend que lorsque l’esprit humain incarné ne pose plus de limites à son rapport avec le monde, les barrières tombent. Il entame alors un véritable dialogue, un échange permanent avec la force de vie en découvrant les rouages discrets puis secrets de celle-ci.

C’est pourquoi, pour le chevalier de l’orient et de l’épée, il y a une urgence à se mettre en route même si son côté matériel zoologique veut le maintenir dans son monde. Ici, il a un atout, c’est que la perfection des œuvres déjà réalisés sont des richesses d’amour qui vont lui permettra à reconnaître le chemin du retour, à combattre ses ennemis et éclaireront sa route.  Le songe devient la voie de la conscience qui permet à tout initié de se redresser après chaque chute.

3ème enseignement démontre que le chemin du retour vers le sanctuaire ne sera pas aisé : cela s’articule autour de la notion de Passage. Passage d’un lieu à un autre, passage du Temple en vert au Temple en rouge, passage d’un pont, utilisation d’un mot de passe, mais passage et chemin semés d’embuches qui emmènent vers une destination meilleure qui s’illustre par le combat que l’initié mène avec zèle contre divers obstacles durant cette repolarisation de son être. Cela signifie que la reconquête de la personnalité supra lumineuse n’est pas une ligne droite, régulière et ascendante, mais serpente entre les vallées escarpées, et est accompagné le plus souvent d’ombre que de lumière. Pourquoi ? Parce que c’est dans cette zone où vivent nos pollutions, nos dysfonctionnements, nos passions, nos faiblesses, nos pulsions criminelles endurcies et intelligentes qui nous barrent la route, ou surgissent le plus souvent derrière nous pour nous jeter dans les abîmes du désespoir. Si nous réintégrons les valeurs maçonniques dans nos pensées, notre psyché, nos émotions et notre énergie, nous pouvons recréer de nouvelles empreintes dans notre corps. Celui-ci et ses différents composants se reprogrammeront et recevront de nouveaux codes qui permettront d’élever notre égrégore.

Pour cela, le chevalier de l’Orient et de l’épée doit aller jusqu’à la source de ces énergies négatives et purger son psychisme de ces méfaits. Il doit donc re nettoyer certaines zones de sa conscience et en fertiliser d’autres. La rivière représente donc une limite qu’il s’agit de dépasser, la limite intérieure qui nous retient dans le confort des habitudes, transformant celles-ci en servitudes. Or l’initiation nous a révélé l’existence d’un univers de Lumière puis a fait naître en nous le désir ardent d’y entrer de nouveau et cela parce que nous sommes des diamants recouverts de couche d’égo discordants voilant ainsi l’éclat de notre Soi spirituel et cosmique. Le pont est donc le symbole du centre de fusion du ciel et de la terre. Il est le passage qui mène d’une rive à une autre, d’une dimension à un autre. Le passage du pont représente donc la libération du domaine de la matière et de notre ascension à celui de l’esprit, domaine où l’espoir devient espérance.

Le 4ème enseignement nous fait savoir que : malgré notre retour devant la porte du sanctuaire, nous devons rester vigilants pour ne pas retomber dans les errements du passé. En effet, la révolte des Samaritains représentent notre part d’ombre qui est toujours en nous, et pour reprendre les paroles du Maître JESHUA dans l’évangile apocryphe de ST Thomas « C’est un outil de croissance, un adversaire engendré par le Sans Nom afin que toutes les formes de vie se forgent au contact de l’épreuve Mais la noirceur se dissipe par la connaissance et aucun secret ne survit à la lumière et la lumière jaillit lorsque la vérité est révélée par l’examen de la connaissance », cad que l’Ombre se transmutera en lumière lorsque l’égo et ses imperfections se dilueront au summum de notre purification intérieure. Au 15ème degré cela se fera par l’épée d’une main et la truelle de l’autre. Avec son épée le chevalier de l’Orient et de l’épée combat avec foi et espérance, l’ignorance et la haine, avec la truelle il affermit sur la terre les fondations et les murs de l’inaccessible. Il bâtit un temple à l’amour, un temple où la lumière règnera en toute quiétude sur les ténèbres. C’est pourquoi le chevalier de l’orient et de l’épée doit être vigilant et constant dans sa foi pour que l’espérance puisse s’accomplir.

En conclusion : le rituel du 15° degré, nous enseigne d’une part que La vie spirituelle est faîte de bas et de haut : on aperçoit l’énergie divine, on la perd l’instant d’après, on la recherche, on la retrouve et on peut la reperdre de nouveau. L’important n’est pas tant de la perdre, mais surtout avoir le courage de repartir à sa recherche, la recherche de la véritable richesse éternelle, sans laquelle nous ne pouvons pas survivre ; et d’autre part que la voie de la sagesse et de retour à la source n’est pas une voie philosophique  mais qu’il faut purifier quotidiennement avec constance notre personnalité au moyen des valeurs qui gouverne les plans divins et parfait de l’esprit. C’est alors que nous serons capables de créer dans nos vies un espace de réalité spirituelle où prédomineront les idéaux spirituels de la sagesse, de compassion, de fraternité et d’amour.

J’ai dit.

Et cela est représenté sur le plan rituellique par le Temple en rouge.En effet, la couleur rouge est la « Couleur du feu et du sang, elle symbolise les principes de vie, de force et de puissance incitant à l’action, d’où son assignation à la fonction guerrière, c’est la promesse d’une nouvelle vie par le sacrifice ». C’est à dire que c’est une couleur sacrée dévolue à l’homme spirituel ayant pénétré la connaissance et la sagesse divine. Cette couleur est aussi le signe du feu central, alimentée par l’amour divin ; c’est pourquoi les alchimistes disent qu’il est proche parent du feu et de la lumière, au même degré qu’eux, il résulte de la transmutation instantanée de la lumière incorporelle ou l’homme universel dont l’anathor est le cœur, l’âme du cœur où brille la lumière de l’esprit. Le Chevakier R.C. en portant cette croix qui repose sur son plexus solaire, lieu gémotrique où se concentre et se dilate à la fois la lumière-force de l’homme et dont l’influx est directement issu du cœur.

Cela signifie que pour nous libérer de nos chaînes, nous devons donc nous affranchir de toutes ces contraintes qui finalement, nous enferment dans un mode de vie et de pensée bien limitée.

Le sang grâce à sa conscience nous garde vivant. Il véhicule l’âme de notre chair dont le départ entraîne la mort. Il transmet la chaleur dans tout le corps. Il imprime en sa mémoire toutes nos passions, nos vertus, de même qu’il contient déjà celles de nos innombrables ancêtres. Mais il est bien plus encore, Le chevalier qui entreprenait une voie de purification héroïque et qui était prêt à sacrifier son propre sang parvenait ainsi à éliminer le gluten.

La vie de ceux qui sont conscient de s’être transformés, d’avoir vaincu les ténèbres, d’être devenus Lumière. Alors la matérialité n’étouffe plus la spiritualité. Elle lui donne droit de cité, elle lui permet de s’exprimer et de reconstruire ce qui a été détruit.

Cette certitude d’être passé dans une autre dimension, dans un autre univers, bouleverse la croyance en évidence et métaphorise radicalement l’étape franchie qui correspond à un changement d’Etat de conscience.

Nous avons dit, devenu conscient, le chevalier de l’Orient et de l’Epée aspire à rejoindre la lumière qu’il a a déjà vue lorsque le Triangle d’Or, authentique Lumière originelle, a aveuglé son cœur, alors que les formes de la vie ordinaire s’écroulaient autour de lui, sous la neuvième voûte. Mais cela exige une discipline personnelle et une alchimie divine afin que notre véritable Soi spirituel puisse émerger avec tout son pouvoir, sa magnificence et son abondance. Et nous ne pouvons plus l’atteindre, parce que nous sommes perdus dans une obscurité opaque où l’ombre du premier Temple n’est plus visible et que seuls quelques éclairs divins touchent l’Être et illuminent çà et là des vertus qui embrassent comme des charbons ardents un chemin glorieux perdu dans les ténèbres.

C’est-à-dire que tout chercheur de vérité peut chuter, mais cette chute n’est pas du tout irréversible. Il faut une prise de conscience par l’initié de son éloignement avec l’être lumière  qui est en lui et prendre une sage décision de partir à sa reconquête.

Passer le pont exige donc de désirer avoir une relation avec Dieu. Si nous refusions une relation avec un homme, nous ne le connaîtrons jamais autrement que par des « on dit », si nous nous refusons de rentrer dans le monde de Dieu, nous n’aurons aucune relation avec lui et nous l’ignorerons toujours… Lorsque l’initié a acquis la liberté de passer, son étincelle de vie prend une densité plus légère, une coloration plus brillante. C’est pour quoi, le chevalier de l’orient et de l’épée, victorieux de lui-même, pénètre enfin dans un autre royaume, dans une autre vie, une vie de plus grande sagesse, une vie de grande clarté.

On s’aperçoit donc qu’il n’y a pas d’ego à éliminer à la première décapitation qui puisse permettre à l’initié de s’élever vers le ciel de la compréhension métaphysique, mais il y a des égos se situant à plusieurs niveaux et sur ces strates plusieurs fronts. Plus les parasites sont subtils, souterrains et dispersés, plus ils sont difficiles à percevoir. Mais la braise qui couve sous la cendre étant aussi dangereuse qu’un incendie et que seule la conscience d’un être éveillé a suffisamment d’énergie et de force pour inciter tous les personnages de l’ego à s’incliner avec respect devant lui.

Le Pont : L’alliance de nos aspirations et la connaissance du combat à mener, joint à la détermination de vaincre, ne peuvent que conduire à la victoire totale sur soi même.

Dès l’instant où nous avons acquis la liberté de passer, notre vie prend un relief différent. Nous ne sommes plus l’esclave de nos passions, mais nous devenons libres d’adopter une pensée et de comportement spirituels.

Passer le pont est un acte personnel. Nous avons décidé de bâtir ce temple. Le temps de passage existe entre ce que nous étions et ce que nous sommes dorénavant.

Dans les loges de perfection, la souffrance est celle du chercheur qui veut avancer, qui veut réaliser son destin surnaturel jusqu’au sacrifice suprême pour réaliser sa fusion avec son Soi divin. Dans les loges capitulaires, et surtout au 15ème degré, sa souffrance découle de sa volonté à reconquérir le paradis perdu. C’est pourquoi, l’initié éprouve la nécessité de poursuivre sa purification en décapitant tout ce qu’il chérit le plus. Les gémissements des plaisirs et des perversions de l’ego qui perdent leur pouvoir ne rencontrent plus son attention compatissante mais sa vigilance ravivée. « Il se débarrasse définitivement des clameurs de l’ego qui l’assourdissaitsous le vacarme des émotions ». Par amour pour la beauté du monde, par passion pour le G A de l’Univers, il décapite tout ce qui nourrit l’homme ordinaire et les parasites du monde subtil et ses multiples manifestations.

Traverser le pont, c’est aussi avoir le courage d’affronter les obstacles. Se sentir libre de passer malgré ces obstacles, c’est faire preuve de maturité spirituelle, c’est être conscient que la vie est une succession d’épreuves auxquelles il faut nécessairement se confronter pour progresser. Franchir le pont tout en sachant que d’autres vont tenter de s’interposer exige d’être insatisfait de sa condition, d’être à la recherche d’autre chose ; c’est également se battre contre ses propres résistances et ses peurs intérieures pour devenir Maître de soi-même et de sa destinée.

Le travail de reconstruction ou de repolarisation de notre être sera long et difficile accomplir. La référence à un autre pays signifie sur le plan de l’alchimie spirituelle que les énergies qui engendrent le tumulte, le désordre et l’opposition accentuant ainsi la dualité cad qui
séparent l’initié du divin ont leur origine dans une autre conscience, dans un autre plan que celui où nous évoluons habituellement.

En effet, les turbulences de la vie quotidienne surgissent d’une contrée invisible et éloignée de notre conscience ordinaire mais repérable par les souffrances et les désordres de la vie psychique que nous manifestons. Royaume donc hors de notre monde mais où se cache l’ego et ses moteurs qui doivent être anéantis pour que renaisse la totalité indivisible de l’homme. Mais le chemin qui mène à cette carrière ténébreuse de Ben Haker, où se trouvent les énergies négatives n’est pas une ligne droite, régulière et ascendant, mais serpente entre les vallées escarpées, et est accompagné le plus souvent d’ombre que de lumière. Pourquoi ? Parce que c’est dans cette zone où vivent nos pollutions, nos dysfonctionnements, nos passions, nos faiblesses, nos pulsions criminelles endurcies et intelligentes qui nous barrent la route, ou surgissent le plus souvent derrière nous pour nous jeter dans les abîmes du désespoir.

Si nous intégrons les valeurs maçonniques, dans nos pensées, notre psyché, nos émotions et notre énergie, nous pouvons créer de nouvelles empreintes dans notre corps. Celui-ci et ses différentes composantes se reprogrammeront et recevront de nouveaux codes qui permettront d’élever notre égrégore. Mais l’initié bien que doté de ces pouvoirs créatifs, a son libre arbitre, et peut choisir entre la vérité et l’erreur, chaque fois qu’il cherchera à esquiver le devoir présent de la vie pour courir vers les appâts lointains, cad en faisant des choix immatures et des faux pas irréfléchis de ceux qui résistent à la bonté, à l’amour, à la beauté, à la justice et à la vérité ; il se mettra sous la domination d’influences non dirigées par les pouvoirs de vérité et les forces de droiture. S’il fuit son devoir, il sacrifiera la vérité. S’évader du service de la lumière ne peut le conduire qu’aux ténèbres et à la mort. Il s’agira donc pour le chercheur de Vérité du dixième degré de partir à la découverte de ses impuretés, d’affronter les obstacles qui enveloppent encore le fond de son âme par une purification progressive pour les neutraliser avant qu’elles ne l’assaillent. Dans cette voie, l’initié doit avoir beaucoup de force intérieure pour ne pas s’allier à cette partie de soi qui vibre dans l’imposture et est séparée de la source primordiale. C’est pourquoi la pratique de l’autodiscipline sera son outil majeur qui lui permettra de développer graduellement le discernement cad la sagesse mise en pratique.

Dans cette voie d’éveil et de transformation de sa nature spirituelle profonde, l’Elu des quinze prend conscience qu’il est encore loin de son idéal maçonnique, de l’infini perfection à laquelle il rêvait. Il voit son ego taillé et poli par ses efforts cacher encore une part importante de ténèbres, des zones de sa conscience qui exigent d’être re nettoyées et celles qui ont besoin d’être fertilisées. Il ne s’agira pas pour lui d’opérer une élimination impulsive de ses aspects négatifs comme Johaben au 9ème degré, mais d’agir par un combat objectif et rationnel contre cette partie de soi-même qui procède de l’ego pour diriger avec courage et persévérance ses pas vers le chemin inconnu de la vérité. Pour cela, il lutte de son énergie pour que la beauté qu’il a vue en lui ne soit plus éteinte par les confusions.

Il retrouve ainsi la pure gloire de notre éclat éternel en tant que flamme et lumière divine vibrant en harmonie, en synergie et en synchronicité avec le G A D L’U. Ainsi il pourra devenir le Sublime Chevalier Elu, l’Emmérek cad l’homme vrai. Mais, est-il arrivé pour autant en fin du parcours ?

Et n’est pas du tout linéaire ; elle est une expérience qui transforme la vie par les embuches que l’initié surmonte. On ne peut plus se contenter de dire ce que devrait être la vie pour correspondre à notre idéal, il va falloir franchir la distance entre notre monde et le monde spirituel. Il va falloir franchir la distance entre Dieu et nous et établir un contact. C’est à ce niveau qu’on pourra dire que je suis un chevalier sans peurs et sans reproches.

Parce que le développement de la spiritualité mystique, la rencontre avec Dieu sont une ascension, un cheminement possible fondé sur les expériences passées qui sont toujours dans nos cœurs, puis un soir, sur le chemin, elles.

Dans les loges du 15ème degré, nous nous exerçons à écouter les autres et à mettre de côté nos affirmations, non pour mieux comprendre les autres ou parce que leurs idées auraient plus de valeur que les nôtres, mais parce que notre véritable dimension n’est plus l’affirmation de nos pensées ni notre capacité à saisir celles des autres, mais à nous ouvrir sur l’infini contenu en nous-mêmes.

Passer le pont, c’est avoir la force nécessaire pour obtenir la liberté de passage. Le passage d’une rive à l’autre, entraîne une transformation par l’étape franchie qui correspond à un changement d’état, à un changement de conscience. Ce passage symbolise dans la vie de tous les jours le caractère de transformation de toute quête ou de tout voyage initiatique. Il matérialise la voie à suivre, à entreprendre avec une notion de choix, de volonté et d’engagement pour le futur.

L’être qui veut vraiment passer le pont et être éclairé par Dieu, celui qui aspire à une union profonde doit laisser grandir sa soif au plus intime de lui-même. Passer le pont devient un acte sacré et caché, un acte personnel et précieux.

Maintenant que le chevalier d’orient et de l’épée sait où se livre le combat et quel en est jeu l’enjeu, il sait qu’il a besoin d’un esprit vigilant et ferme, tranchant comme le fil de son épée, mais aussi qu’il a besoin d’un cœur chaleureux, efficace et silencieux pour sceller la fraternité et l’amour.

Mais le face à face au cœur de la voûte sacrée n’a pas encore eu lieu. Avoir un pied dans le Royaume de Dieu est bien, y pénétrer jusqu’à nos limites et au-delà dans son infini dépend de la poursuite de notre quête. Se bâtir une âme d’amour pour mieux aimer et davantage acquérir la liberté de passage implique encore beaucoup d’ouverture de conscience et beaucoup d’intelligence.

Seule une infime partie des chercheurs dispersés après avoir vu le triangle d’or ont le goût et la volonté d’aller plus loin sur la voie initiatique. Les autres, satisfaits de leur vision, craintifs ou se croyant déjà arrivés au but, ont été absorbés les forces barbares et domptés par ces forces.

Après le face-face fugitif avec l’éclat du triangle, trop de chercheurs ne comprennent pas ce qu’exige cette découverte. Se croyant privilégiés parce qu’ils ont franchi le mur de la lumière un instant et aperçu un monde nouveau, ils préfèrent parler de l’expérience d’un jour plutôt que de rechercher la compréhension d’un parcours qui leur procurerait une rencontre due à l’heureuse conjoncture de paramètres dispersés. Leur désir de perfection se perd dans les sables de la vie quotidienne.

Ceux qui ont plongé en lui au 13ème degré éprouvent de plus en plus le désir de revenir vivre avec lui dans son royaume. Malgré l’exil, il dépend de chacun de chercher, à tout instant, le chemin surnaturel qui nous vivifie.

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