16° #413012

L’Exil est-il une punition où une nécessité pour le Prince de Jérusalem ?

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A160-2-1

A la gloire du Grand Architecte de l’Univers et sous les auspices du


Suprême Conseil de France


Ordo ab Chao


Très cher Frère Président et vous tous mes Frères Chevaliers Rose Croix en vos grades et qualités.




Préambule


Je tiens à remercier le Très Sage d’avoir bien voulu me donner à traiter ce sujet. . Cela n’a pas été bien entendu une punition mais, m’a donné au contraire, l’occasion de m’enrichir sur la compréhension de ces deux degrés, que sont le XV° et le XVI° degrés,sont sans doute à tort, délaissés et un peu oubliés par rapport aux degrés prestigieux que sont le XVII et surtout le XVIII° degré.


Ces deux degrés furent appelés ‘degrés d’exil, et ; c’est à juste titre que l’on trouve accolés ces deux noms de Prince de Jérusalem et d’Exil.


Ils ont une grande importance dans le cursus de notre Rite, puisqu’ils font partie de ce que l’on a appelé ‘ La maçonnerie renouvelée’ établie par Etienne Morinet Henry Andrew Franken vers 1783


Immédiatement, une question se pose : pourquoi associer ces deux degrés et pourquoi ne pas avoir la possibilité de les traiter séparément ?


Notre Frère Claude Guérillot nous apporte un élément de réponse en nous indiquant que les degrés de l’ancienne Maîtrise et du Chevalier d’Orient étaient justement couronnés par le XVI° Degré Prince de Jérusalem, lequel ne doit pas être considéré comme un degré en soi, mais comme le second point de Chevalier d’Orient, décerné aux chefs de l’ordre et auxquels on se référait en parlant de Princes Maçons..


Un mot sur l’historicité de ces deux degrés.


Notre rituel souligne à juste titre que les grades capitulaires, nous offrent des textes à décrypter pour lesquels ils serait vain de rechercher des preuves historiques, ce que souligne d’ailleurs parfaitement notre F Bayard en écrivant que ‘L’origine mythique d’une organisation a une valeur spirituelle plus importante que son histoire chronologique, qui n’est qu’une création humaine et matérielle répondant a des besoins extérieurs et non plus sacrés.


Or, il s’avère que justement, le mythe, l’histoire et la Bible s’entremêlent d’une façon très étroite pour nous offrir deux degrés d’une grande richesse, alimentant ainsi notre réflexion.


Après la Destruction du Temple :


Nous sommes averti de ce qui va arriver en relisant l’instruction du XIV° degré .où il est écrit :


« Dieu inspiraNabuchodonosor, Roi de Babylone, d’assiéger Jérusalem et de la détruire.


Nabusardan, rasa les murs de la cité, et détruisit même les fondations du Temple .Il emmena les habitants en captivité, emportant avec eux toutes les richesses du Temple »[1].


Ainsi, le crépuscule allait tomber pendant 70 ans sur les collines de Judée.


« Vaste comme la mer,est ta ruine… » dit le Livre des Lamentations. Jérusalem n’existait plus.


La renaissance des Hébreux eut lieu en exil et chose incroyable à Babylone.


Babylone :


La ville mythique, fondée par Nimrod, ville de toutes les perditions et de toutes les richesses.


« Les Rois de la terre s’y sont enivrés de vin et de prostitution … » lit-on dans l’Apocalypse.


Mais, paradoxalement, Babylone était aussi une ville de tolérance accueillant avec bienveillance les étrangers de tous horizons. Aussi les juifs y furent-ils déportés, mais non molestés. Ils s’adaptèrent à leur nouveau statut. Ils se laissèrent aller aux délices de Babylone .et se mirent même à adorer la Statue d’or



A la mort de Nabuchodonosor, Cyrus, Roi de Perse, sans doute inspiré par Dieu et tout emprunt de Sagesse, permit aux divers peuples de son empire de pratiquer la religion de leurs pères.


Darius, successeur de Cyrus, en 538 av J.C., non seulement permit aux Judéens de retourner à Jérusalem, mais encore leur offrit de l’aide pour la reconstruction de leur Temple. Néhémie, échanson du Roi, et proche conseiller d’Artaxerxés obtint de Darius de les accompagner pour les aider à relever leTemple


Ce qui se retrouve comme un écho dans notre Rituel


D’où venez vous ?


De Babylone où nous étions captifs


Où allez vous ?


Vers Jérusalem, où nous pensons retrouver les Lumières de la Tradition et de la Connaissance.


Le Retour


Alors, les chefs de famille de Juda et de Benjamin, se levèrent pour aller bâtir le Temple



Sous la conduite de Zorobabel, un Prince de la Maison de Juda, né en exil, ils furent quelques milliers à entreprendre le voyage de retour. Comme il est dit dans le livre d’Esdras :


« Les Sionistes revinrent de captivité .Tous ceux que Nabuchodonosor avait déportés .Ils étaient 42360. »


Après que Darius eut dit : « Je vais vous faireinstruire dans l’Art de la guerre, mais auparavant je dois vous recevoir ‘Chevaliers’. » Ils furent 700 a être adoubés..


Esdras s’associât à Néhémie pour inciter le peuple à s’engager dans une renaissance spirituelle. Ils devinrent l’un et l’autre la conscience du peuple Judéen.


Voilà donc, l’histoire mythique et Biblique sur laquelle est construite nos XV° et XVI° degrés.


La symbolique du XV° et XVI° Degré :


Les Judéens ont péché. Ils ont douté de Dieu et adoré la statue d’or érigée par Nabuchodonosor en Babylone.


Des hommes de Dieu se sont levés pour leur dire qu’il fallait abandonner cette ville de perversion, retourner à Jérusalem et rebâtir le Temple.


Dans le XV° degré, on observe ainsi un retour vers les sources de laspiritualité, une fuite de la ville pervertie vers la ville sainte .Autrement dit, comme il est dit dans le rituel, un besoin de spiritualité et de purification.


Néhémie ne dit pas autre chose ; »En Babylone, nous avons péché, nous n’avons pas observé les coutumes et les Lois que Dieu avait prescrit à Moïse « 



Mais, sous peine de paraître présomptueux, j’ai toujours pensé qu’il y avait peut-êtreautre chose.


L’Exil des Juifs à Babylone, ne présente-t-il pasune certaine similitude avec la fuite des Juifs hors d’Egypte et le retour vers Jérusalem une certaine ressemblance avec le retour vers la Terre Promise ?


Car, qui est Zorobabel ? Il se décrit lui-même, «  Un juif pour mon temple, un Prince pour mon sang,  Un descendant de la race de David « 


Ne serait-ilpas, par hasard,un nouveau Moïse ? Au risque de paraître iconoclaste , je pense que la question mérite d’être posée, car, s’il n’eut pas de rapports privilégiés avec Dieu, Zorobabel fut néanmoins le berger de son Peuple et comme Moïse, il naquit en exil.


Celui-ci, Prince et guide accompagné de 47360 Judéens, dont 7000 avaient été armés chevaliers et représentant les maçons libres furent arrêtés par le fleuveStarbuzanaï.


Ce fleuve, ne pourrait-il donc pas être une évocation du passage de la Mer rouge ? C’est une idée comme cela que je lance.


Les sionistes manquèrent d’être empêchés par les Samaritains de traverser, comme leurs ancêtres le furent par les Egyptiens. Lesquels furent engloutis commeon le sait par les flots de la mer, comme les Samaritains, qui eux, se noyèrent dans le fleuve. Nouvelle analogie, et nouvelle source de fructueuses discussions..


Qui étaient donc ces Samaritains ? Sinon de faux frères qu’Assourbanipal avait déporté d’Uruk et de Babylone vers les villes de Samarie, où ils contractèrent des mariages illégitimes etoù ils se mirent à adorer des faux Dieux.


En d’autres termes ne sont-ce pas là à nouveau les mauvais compagnons animés par le fanatisme, l’ignorance et l’ambition démesurée ?


C’est donc, à juste titre que les Maçons libres, que nous sommesles combattirent avec tant d’ardeur qu’ils furent tous mis en pièce au passage du Pont


Mais, malheureusement, et, comme toujours,les mauvais compagnons,n’avaient pas tous été éliminés et les Chevaliers Maçons libres furent à nouveau inquiétés par ces faux frères. Sur l’ordre de Zorobabel, ils durent travailler l’épée d’une main et la truelle de l’autre.


Ces Princes de Jérusalem étaient quatreaccompagnant Zorobabel, mais on ne les connaît pas, ce qui est très curieux, d’ailleurs on ne sait même pas leur nom .Le véritable Prince est en vérité Zorobabel dans lequel en toute humilité, nous nous identifions.



Le problème de la Punition :


En dépit des délices de Babylone, Zorobabel, Prince de Jérusalem, a finalement ressenti comme une punition le fait de vivre dans cette ville qui était pourtant sa ville natale.


Dieu se pencha sur lui, et, lui inspira la soif de Vérité et de Spiritualité.


Interrogé par Cyrus, il répondit que « C’est à la vérité qu’appartient la domination, le Force et la Gloire »


Et, qu’exilé, il pratiquait la Maçonnerie, et, qu’ainsi, il avait construit des Temples et des tabernacles, mais que privé de terres il ‘les avait construit dans son cœur ‘


C’est là, sans douteune allusion à peine voilée au message christique et on pense à cette phrase de l’Evangile de Matthieu :


« Détruisez ce sanctuaire et en trois jours je le rebâtirais»


C’est bien sur, une annonce, voire même une transition vers la nouvelle Loi et on retrouve bien là, encore une fois,la cohérence du Rite.


En quête de racines spirituelles et non plus matérielles, Le Prince,aura à cœur de créer une chevalerie de l’Esprit pour aller à Jérusalem, construire le second Temple qui sera avant tout un Temple spirituel.


Le passage du Pont, seraà la fois une union entre les deux rives et aussiun obstacle au passage en raison de la présence des mauvais compagnons qu’il faudra combattre pour obtenir absolument la ‘Liberté de Passer’.


C’est aussi le symbole de l’Eternel retour vers Dieu et vers les sources de la Vérité


L’Exil a- t’ilété une nécessité où une punition ?


La question est ambiguë, mais a la réflexion, il m’est apparu que le problème ne se posait pas pour les Juifs ‘exilés’ à Babylone, car en effet, aucun n’a connu de sévices ni moraux, ni physiques pendant ce que l’on ne peut pas appeler une captivité, ils purent en effet,pratiques leur religion sans contraintes, et Jérémie lui mêmeleur conseillât de s’adapter à la captivité, d’acheter où de construire des maisons et se fortifier moralement en attendant le Retour


Symboliquement je me demande s’ils n’ont pas vécuces soixante dix ans comme une épreuve passagère au sens romain du terme qui considérait l’exil comme une exclusion temporaire pour expier une faute et, faute il y avait, et Jérémie s’était exprimé la dessus..


‘Il avait prévu la chute et avait averti les Judéens que Dieu détruirait probablement Jérusalem et disperserait son peuple,si celui-ci transgressait la Loi.


En fait ils n’ont conçu l’exil (Galaout, exil en hébreux) que comme une voie formatrice engendrant l’espérance d’un retour leur permettant d’accomplir le vieux rêve judéen de‘L’an prochain à Jérusalem ‘


Pour ce faire ils avaient besoin d’un guide, et ce guide fut Zorobabel Prince de Jérusalem, né à Babylone et qui, volontairementva quitter la belle ville où il est né pour prendre comme Moïse le chemin de l’exil pour aller conduire son Peuple vers la Terre promise berceau de la spiritualité.


Ce faisant, il eut conscience qu’il était l’homme d’un destin exceptionnelet qu’il lui fallait quitter sa terre natale pour accomplir la volonté de Dieu


Né, à la fois dans l’opulence et la servitude, il sentit un jour la nécessité des’exiler volontairement, de passer de l’autre côté du pont, sans doute parce que l’homme ne se nourrit pas uniquement de pain, mais aussi d’Esprit


Et, ce fut sans doute une récompense exceptionnelle d’être choisi par Dieu pour aller relever le Temple.


Evoquant ainsi le profond désir de ‘L’Homme Maçon’, d’aller au de là de la matérialité, pour trouver la Lumière qui éclaire l’Esprit, et, après avoir surmonté tous les obstacles, d’accéder ainsi à la dignitéde Prince de Jérusalem.


Pour nous, Princes de Jérusalem c’est une nouvelle étape dans notre parcours initiatique, il nous indique que rien n’est définitivement gagné et qu’il faut coûte que coûte vaincre les obstacles qui s’opposent à le construction de notre Temple spirituel et ne pas avoir peur de marcher vers la Lumière et de tourner le dos à la matérialité si tel doit être notre destin, avec comme guide l’Arc en ciel symbole de la divine alliance avec le Principe Créateur.


Ainsi, devenu Prince de Jérusalem, c’est un homme libre que Zorobabel, dans lequel nous nous incarnonsfera avec ses compagnons le trajet inversede Jérusalem à Babylone pour demander l’aide de Darius exprimant par là, si je peux me permettre cette expression, que rien n’ai jamais gagné et que l’on est amené parfois à retourner en arrière..


Si, des ennemis tentèrent de s’opposer au trajet des ambassadeurs, ceux-ci furent moins nombreux, les obstacles s’étaient aplanis comme il est dit dans un de nos rituels, et c’est en toute liberté qu’ils passeront de l’Orient où trône,la table triangulaire, à l’Occident où règne Darius avec la table carrée symbole de la terre et de la matérialité.


Très Sage, j’ai dit



P G
[1] Instruction du XIV° ; Page 27

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