16° #413012

Présence et signification du Nombre cinq au 16ème degré du REAA

Auteur:

D∴ S∴

Obédience:
Non communiqué
Loge:
Non communiqué

Présence et signification

du Nombre cinq au 16ème degré du REAA
Quels liens existent entre ce degré et les autres degrés du Rite
qui font référence à ce même nombre ?



« L’Homme, libéré de son joug, accède à la connaissance et devient un géant ».

(Pantagruel) Rabelais


Très Puissant et vous tous mes FF Respectables anciens.

L’objet de ma planche est : « – Présence et signification du Nombre cinq au 16ème degré du REAA Quels liens existent entre ce degré et les autres degrés du Rite qui font référence à ce même nombre ? ».

Préambule

Traiter ce sujet conduit à re-parcourir et donc à mieux s’approprier les seize premiers degrés du Rite afin d’y déceler la présence du nombre cinq. Cet examen doit m’amener à percevoir ce que le nombre cinq veut nous dire.


Je vais, au cours des dix minutes qui me sont imparties, vous présenter mes réflexions.

Introduction

Pour débuter, je vous propose une généralité sur le nombre puis, l’examen et la signification symbolique du quinaire.

Nous parcourrons le 16ème degré pour y repérer la présence et la signification du nombre cinq. Puis, l’investigation des 15 premiers degrés du REAA devrait nous permettre de déterminer une cohérence entre le 1er et 16ème degré.

Le nombre : définition et symbolisme

ta différence entre le chiffre et le nombre est que le premier ne sert qu’à compter, une distance, une quantité, une intensité. Il ne produit rien, il est mort. Tandis que le nombre, lui, est dynamique, vivant. Il suscite le mouvement il est sujet à une diversité rythmique. Tout est rythme autour de nous.

Le nombre nous parle, il symbolise une qualité chez l’initié.

Les nombres translatent (traduisent) des idées, des concepts. Ils ouvrent une porte sur la connaissance philosophique et sur la spiritualité.

Les nombres impairs véhiculent l’esprit, ils sont ce que sont les voyelles pour les mots. Les nombres pairs sont le support des structures matérielles, ce sont les consonnes ;

Aborder le nombre c’est aborder une métaphysique numérale, où la recherche de la compréhension est de l’ordre de l’irrationnel où, souvent les postulats, les miens en particulier et, pourquoi pas ceux des autres, ne peuvent être démontrés logiquement. Il faudrait pouvoir entrer dans une dimension où l’esprit humain moyen n’en a que difficilement la possibilité, (Ou se positionner sur un autre niveau de conscience). Pour, peut-être y trouver une logique.

[(10ème voire 11ème dimension et approcher de la théorie des cordes (de l’infiniment petit où les cordes d’énergie virevoltent dans un espace temps relatif)]

Le cinq, nombre impair exprime l’esprit dans une volonté se s’incarner dans la matière représentée par le quatre.


Pour les pythagoriciens, il tire sa symbolique du fait :


– qu’il il est le signe de l’union physique, somme du 2 (dyade)1 figurant le principe féminin et du 3 (triade) 2 définissant le principe masculin, aboutissant à la génération des êtres vivants.


– qu’il est le milieu des 9 premiers nombres.


– qu’il est le nombre de l’union et du centre.

C’est à partir du constat, cinq extrémités [tête, pieds, mains], cinq doigts à chaque main, cinq orteils à chaque pied, cinq sens etc. que les anciens ont associé le nombre cinq à l’homme, un microcosme en construction donc perfectible.

1 PHILO. Réunion de deux principes qui se complètent. La dyade pythagoricienne.

BIOL. Ensemble de deux chromosomes accouplés au moment de la première mitose de maturation, l’une d’origine paternelle, l’autre d’origine maternelle.

2 Ensemble de trois personnes ou de trois choses étroitement unies.

PSYCHO .Groupe de trois personnes en interaction ( père, mère, enfant ).

Si, symboliquement, l’on considère que le carré représente la terre et le cercle le céleste, le cinq, par sa forme, un carré incomplet posé sur un cercle tout aussi incomplet nous avons là une représentation intermédiaire de la matière et de l’esprit c’est-à-dire l’imperfection humaine.

Son symbole géométrique le plus représentatif est l’étoile à 5 branches inscrite dans un pentagramme3 (pentagone régulier). Il contient en plus de l’expression de la Vie en devenir, – symbolisée par l’homme suggéré -, la notion de beauté et d’harmonie.

On retrouve le nombre 5 par le cercle qui entoure l’étoile divisée en 5 arcs égaux passant par chacun des sommets du pentagone.

Au centre de l’étoile, s’inscrit une étoile renversée induisant elle même une étoile redressée et ainsi de suite à l’infini. On peut y voir une alternance, inversé/redressé identique à la Vie qui se transmet.

Cette étoile est dite flamboyante quand elle est prise comme vecteur de Lumière, elle transcende la matière représentée par le nombre quatre. Elle crée Emerek, K l’Homme vrai en toutes circonstances » du 11° que j’aborderai plus loin.

Le flamboiement de l’étoile fait vivre une connaissance et fait participer l’homme à une réalité qui n’est pas de nature humaine. Elle amène l’Homme à réfléchir plus loin qu’il ne peut par un dépassement de soi. On accède là, à l’une des formes de la spiritualité. Faire flamboyer l’étoile c’est chasser petit à petit les ténèbres de son Moi et ainsi s’approcher, humblement de la connaissance, de la Vérité, de la Lumière.

[Le cinq s’exprime par tout ce qui vit. C’est le nombre du vivant. A commencer par nos 5 sens qui permettent à notre esprit de nous intégrer dans le monde du vivant ou de la nature vivante. Pour s’en persuader regardons la forme de nombreuses fleurs, ou bien l’oursin, l’étoile de mer, le cœur d’une pomme etc].

N’oublions pas que le symbole, outre qu’il est à contempler, doit être aussi assimilé, à incorporer afin qu’il devienne notre chair et notre pensée qu’il nous pousse vers la sagesse et l’harmonie en recherche constante d’une vérité qui se situe bien au delà de la simple temporalité.

«Si tu veux connaître le visible, observe l’invisible~. Dit le poète.

Où trouve t’on le nombre cinq au 16ème ? Que veut-il nous faire comprendre?

A près ces considérations sur le nombre en général et le nombre 5 en particulier, regardons sa présence au 16°.

3 Pentagramme : nom donné au pentacle qui comporte uniquement l’étoile à cinq branches. Pentacle : talisman comportant au minimum une étoile à cinq branches et éventuellement d’autres symboles

Sans être aussi présent qu’au 2e le nombre cinq est fortement présent au 16e On le retrouve tout au long du rituel ou de l’instruction du grade.

En premier lieu, les récipiendaires, représentent les cinq ambassadeurs de retour de leur mission auprès de Darius à Babylone. [Dans le cas où ces récipiendaires seraient moins de cinq, des Princes de Jérusalem se joindront à eux de façon à respecter ce nombre symbolique.]

Ces cinq ambassadeurs deviendront cinq K Princes de Jérusalem ». Ils seront aussi nommés K Valeureux Princes » K car ils furent appelés à gouverner le peuple dans la paix et avec équité ». Ils furent aussi élevés à la dignité de K Prince Spirituel », sans doute pour attirer l’attention sur leur haut niveau initiatique mais aussi, en raison de leur fonction à rendre la justice, à la faire respecter, à combattre et à construire.

– Le Grand conseil est éclairé par cinq officiers.

[Le Président (Darius à l’ouest puis Zorobabel à l’Orient ; deux grands gardiens à l’ouest ; Esdras et Néhémie à l’occident].

– Le bijou du grade comporte cinq étoiles. Leur disposition n’est pas sans, rappeler le pentagramme. Elles entourent une épée à deux tranchants pour signifier la vaillance des Princes de Jérusalem. Vaillance placée sous les regards des lettres D (Darius) et Z. (Zorobabel) afin que la justice soit rendue avec équité. Justice représentée, d’ailleurs, sur l’avers du bijou par une main tenant une balance.

– Le tableau du grade et la légende, reprennent que la ville de Jérusalem est entourée de feux de joie par groupes de cinq.

– L’attouchement par cinq coups par un puis deux et deux en frappant avec le pouce droit sur la jointure du petit doigt.

– La batterie du grade est de cinq coups par un et quatre, peut-être pour nous rappeler que l’unité subordonne la matière représentée par le quaternaire.

– La marche, cinq pas sur la pointe des pieds, un lent et quatre précipités.

[1+4= c’est bien en vertu de l’unité du Principe que les Chevaliers d’Orient et de l’épée puis les Princes de Jérusalem veulent reconstruire le Temple. C’est une réponse possible. On peut dire aussi que dans un carré, symbole de la matière, le point central, manifeste la présence du principe au sein de la manifestation (le saint des Saints est en l’homme~)]

Que doit-on comprendre de ce degré ?

Les mots : gouverner, paix, équité, combattre, construire, vaillance, courage etc. sont présents pour rappeler au Prince de Jérusalem qu’il doit, certes, poursuivre sa quête initiatique, mais également être un exemple de courage, d’intégrité, de justice et d’équité à l’égard des personnes qui l’entourent et qu’il gouverne.

Recherchons maintenant la présence du nombre cinq à travers les différents grades

Si l’on veut faire le lien entre le 16ème et les autres grades, il convient de rechercher la présence, ou non, du nombre parmi l’ensemble des grades. Pour ne pas abuser de votre patience et éviter un inventaire à K La Prévert » où il ne manquerait que le raton laveur, j’ai classé les degrés en 4 catégories allant d’une quasi absence du nombre cinq à une forte présence de celui-ci.

Le nombre 5 est :

Absent aux grades : 

1e Apprenti


6e Secrétaire Intime,


9e Maître élu des Neuf,


13e Chevalier de Royal Arche, ou de la 9ème Arche, 14e Grand Elu, Parfait et Sublime Maçon


15e Chevalier d’Orient et de l’Epée ( Sauf à le considérer comme partie intégrante du 16e ).


Simple indication aux :4e Maître Secret,


5e Maître Parfait, 7e Prévôt et Juge, 11e Sublime Chevalier Elu


12e Grand Maître Architecte,



Présent aux grades :


3e Maître,


8e Intendants des Bâtiments,



Prépondérant aux :2e Compagnon,


10e Illustre Elu des quinze, 
16e Prince de Jérusalem.

Qu’indique la prépondérance du nombre cinq dans les degrés où il domine, c’est-à-dire :2, 10, 16 ? Quelle piste-nous donne-t’il dans les degrés où il est présent mais de façon plus elliptique ?

C e qui est commun à tous les degrés du REAA, c’est le symbole de la construction d’un édifice : le Temple… celui de l’Homme, et par extension l’Homme lui-même. Ce Temple, symbole de l’Univers dont l’Homme en est l’image en tant que microcosme.

La force du REAA, et de sa légende est, tout d’abord, le cheminement initiatique, plus circulaire que linéaire. Chaque degré reprend et amplifie, les

symboles et la légende des grades précédents. On peut considérer que chaque degré correspond à un état particulier de soi, à un dévoilement durable de la conscience étape après étape. On pense immédiatement à un fil qui relie chacun des grades. Fil, reliant L’homme à lui même.

Comme de nombreux enseignements traditionnels, il y a des allers et retours fréquents, et l’on repasse, sous des aspects différents, aux mêmes endroits.

Le nombre cinq est manifestement en lien avec l’homme. Mais de quel homme s’agit-il ? On pense évidement à l’Homme véritable et vrai en toutes circonstances du 11°. Emerek ; le Sublime Chevalier Elu

Guénon ne nous dit-il pas qu’il s’agit de l’homme parvenu à « la plénitude de l’état humain », c’est-à-dire à l’homme parvenu au niveau de conscience grâce auquel il considère son semblable et l’humanité comme porteurs d’une parcelle de lumière divine.

Cependant, il ne faut pas être dupe, des travers et des ombres qui habitent tout homme et que seule, sa conscience peut lui permettre de dépasser des états comme :

– L’Ignorance, notamment l’ignorance de cette étincelle divine qui transcende l’homme


– L’ambition, qui lui fera parfois se sentir supérieur aux autres, en oubliant que la vraie grandeur est celle que l’on acquiert pour soi,


– Le fanatisme car il pense que sa manière d’être est la seule qui vaille, et refuse toute remise en cause,


– La superstition, car il craint de changer de référentiel intellectuel, moral ou social

L’Homme, en général, est omniprésent à tous les grades, dans sa complexité, ses faiblesses voire sa grandeur.

L’Homme vrai quant à lui est constamment mis face à lui-même, à ses contradictions, à ses incertitudes, au doute et à ses défauts.

Heureusement, ce qui le distingue de tout ce qui vit sur Terre et fait la différence entre l’homme vrai et les autres, c’est la Spiritualité.

Spiritualité qui peut être définit comme une recherche de la nature secrète, cachée derrière une nature physique qui dans sa structure intime, est aussi invisible que peut l’être un esprit.

Spiritualité qui lui permet de se poser la question : K qui suis-je face à ce que je fais et pourquoi je le fais» ?

Il lui faut, pour y arriver, avoir la volonté de briser le plafond de verre, cette espèce de frontière invisible qui n’est pas dépassée par crainte naturelle de l’inconnu et retient d’aller voir plus loin.

D’être le Temple à construire, en étant en même temps le maître d’œuvre, l’architecte, le maitre d’ouvrage et le maçon.

De surmonter la difficulté de travailler sur lui-même en étant tout à la fois l’œuvre à transformer et l’agent actif de la transformation.

D’avoir la ferme volonté de trouver l’universel à travers le particulier (l’homme) et réciproquement.

De participer à l’amélioration de l’Humanité. Si l’Homme vrai veut travailler à l’amélioration de l’Humanité, celle-ci ne peut se faire que s’il se conduit en Homme véritable et qu’il forme des ouvriers qualifiés indispensables à cette mission. Cet Homme vrai ne peut quant à lui se constituer qu’au sein d’un groupe spirituel. La loge, la loge de perfection, le chapitre, sont les lieux spirituels, seuls capables d’influer, de modifier les comportements, de transformer l’Homme en un Homme d’honneur, de rigueur, de justice et de paix, pour aboutir à l’expression active de l’Amour fraternel. Le travail personnel et individuel, associé à la confrontation des FF.-.en loge, permet de compléter le savoir, de rectifier les erreurs, d’atteindre la plénitude de ses moyens, afin de guider et d’être une courroie de transmission entre les Hommes.

La construction est lente, elle procède par les différents changements de plan rituel. Dans le monde profane on emploierait le terme de rupture. On avance dans la vie, que celle-ci soit profane ou spirituelle, que par des ruptures d’états.

De l’initiation au 16° nous avons connu nos conflits internes, les entraves, les monstres, les barrières ou remparts créés par nous malgré le K connais-toi toi- même » qui aurait du nous conduire à une réelle introspection. Pourtant, chaque degré était là pour nous rappeler que nous devions être un combattant et un constructeur; que la lutte du bien contre le mal est un combat à recommencer sans cesse, qu’il n’y a jamais de paix durable.

Tout comme l’homme de 40 ans est au milieu de sa vie, le Prince de Jérusalem se situe au milieu de son parcours. C’est l’heure non pas du bilan mais de l’interrogation ; Qu’ai-je fait de ma vie, que me reste t-il à faire? Comme le 16° (et plus encore le 17°) ferme un cycle pour en entamer un autre, l’Homme vrai, parvenu à ce stade, est prêt pour gouverner les hommes, transmettre l’initiation et perpétuer la tradition, voire travailler à l’amélioration de l’Humanité.

Conclusion

A ce palier de ma démarche initiatique, il est à constater que les grades de notre rite illustrent bien par allégories les épreuves auxquelles nous faisons face pour construire notre vie spirituelle et mener à bien notre vie temporelle ; l’épée dans une main, la truelle dans l’autre. Ce qui signifie qu’il faut être apte à se défendre contre les prédateurs intérieurs et extérieurs, avoir la faculté de

discernement nécessaire pour reconnaître ses amis de ses ennemis, les authentiques Frères des faux frères, afin d’établir une construction durable dans la paix et l’harmonie.

Toute la compréhension du nombre cinq repose sur le chemin initiatique et la construction de l’homme – du F M Il se doit de réaliser des jonctions, de jeter des passerelles ou des ponts entre les différents personnages rencontrés dans la légende du REAA et se projeter lui même à l’extérieur du T.

L’Homme vrai se situe entre la ligne droite et les écarts nécessaires pour comprendre ce qui l’entoure. Il doit observer la stricte rigueur de la loi tout en pratiquant la générosité pas toujours compatible avec la loi.

J’ai dit Très Puissant et vous tous mes FFRespectables anciens.

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