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Le 17ème degré au REAA – Chevalier d’Orient et d’Occident
D∴ L∴
Dernier degré de la 5ème triade (15-16-17èmes degrés). Il convient d’abord de rappeler que cette triade dont les grades sont donnés par transmission a pour rôle de donner au chevalier R+C les moyens d’atteindre son idéal :
Ainsi, devenu chevalier d’Orient au 15ème degré porteur de l’épée, le F . :M. : est devenu Prince de Jérusalem au 16ème degré , où, porteur de la couronne, il conserve néanmoins son épée, non seulement pour garder mais parce qu’il pressent qu’il devra se remettre en route.
Ainsi, dès le 15ème degré où le chevalier se tourne vers l’orient, le lever du soleil, il pressent qu’à travers la symbolique du pont, qu’il va falloir relier d’autres forces et au 16ème degré que le royaume qu’il gouverne n’est pas complètement établi car les Princes de Jérusalem n’ont pu empêcher la chute de la maison Dieu :qu’il va falloir allier la force du croisé combatif d’Occident àla sagesse orientale de l’initié.
Ainsi, créé au chapitre de CLERMONT, l’inspiration du 17ème degré (Chevalier d’Orient et d’Occident) prend sa source à l’époque où les croisés d’Occident s’unirent aux initiés d’Orient sous la conduite de GARMENT, Patriarche de Jérusalem, et formèrent un corps armé pour la défense et la protection des pèlerins qui visitaient la terre sainte.
La loge au 17ème degré est revêtue de rouge et ornée de 7 étoiles d’or.
Certaines versions du rituel y ajoutent deux boucliers : sur l’un figure la croix du christ, et sur l’autre un compas et des étoiles. L’agneau divin figure dans la composition symbolique associé à deux épées en croix et une balance.
Le récipiendaire se tient face au Sud, les bras étendus en croix (un vers l’Orient , l’autre vers l’Occident) l’épée à ses pieds.
Les assistants sont au nombre de 24, rappelant ainsi le nombre des vieillards de l’apocalypse.
La batterie s’effectue par 7 coups (6+1).
La marche s’effectue par 7 pas en équerre le long des côtés.
Le mot de passe est JABULUM ou ZABULA que nous avons rencontré au degré de Royal Arch et signifie l’habitude, la demeure de Dieu, le ciel.
Le mot sacré est ABBADON qui signifie exterminant ; ce mot vient du nom de l’ange de l’abîme ABAD, présent dans le livre de l’apocalypse.
Le chevalier d’Orient et d’Occident n’a pas d’age symbolique
.
Le symbolisme de ce degré est aussi riche que son enseignement.
La symbolique du nombre 7 est constamment présente dans ce degré. Tant par la batterie que les pas, et le nombre de lettres du mot de passe est sacré.
Les étoiles, que Jean appelle les esprits de Dieu sont aussi au nombre de 7. Elles symbolisent les épreuves que Dieu envoie à l’homme pour le former et le cultiver.
La seule exception au chiffre 7 est le nombre d’assistants à la tenue, 24 comme le nombre des vieillards dans l’apocalypse. Ce chiffre, symbole de l’apocalypse permettant de relier le mot de passe JABULUM au mot sacré ABBADON, exterminant.
Et il s’agit bien la du paradoxe du Chevalier d’Orient et d’Occident. Véritable Croisé, il est à la fois exterminant et évangéliste.
La présence de l’agneau divin dans le décor écarlate de la loge indique au Chevalier qu’en réalité, cette position de croisé exterminant ne pourrait être maintenue longtemps et qu’en fait, l’enseignement devrait à terme se produire, non par la force mais par l’exemple et l’abnégation qui est symbolisé par le sacrifice et le don de soi.
Ainsi, la couleur rouge de la loge symbolisant l’amour spirituel et l’agneau le sacrifice sont déjà présent au 17ème degré et aident le Chevalier d’Orient et d’Occident à entrevoir le dernier degré capitulaire.
Le Chevalier d’Orient et d’Occident est, comme son nom l’indique, un pèlerin par excellence. Il relie l’Orient à l’Occident au sens religieux (religare) du terme.
Le christianisme, religion dominante de l’Occident procure la tonalité de la loge. Ainsi, l’ésotérisme chrétien, qui place l’incarnation au centre de ses spéculations, définit une relation organique entre la matière et l’esprit.
Cette relation entre matière et esprit est bien pressentie par le FM.dans tous les degrés qui précèdent et lui confirme bien le côté indicible de l’ésotérisme initiatique car la parole est perdue, nous en avons pris conscience au 3ème degré.
Les degrés précédents nous ont entraînés tour à tour dans l’esprit pur des degrés de perfection et sacerdotaux, et dans la matière des degrés de vengeance.
Les degrés capitulaires nous ont fait comprendre qu’il nous faut impérativement retrouver la parole perdue pour pouvoir percer le mystère de l’incarnation, cette relation organique entre la matière et l’esprit.
Ce mystère de l’incarnation nous fait vivre la dissolution du langage que le Prince de Jérusalem pensait pouvoir maîtriser. Ainsi, le Chevalier d’Orient et d’Occident est celui qui repart symboliquement à la recherche de la parole perdue.
Néanmoins, après avoir approfondi la connaissance de soi et de ses limites, sa science, il a découvert la foi tout en étant confronté à l’ineffable au 13ème et 14ème degré.
Il s ‘est aperçu brutalement par le 15ème et le 16ème degré que la foi pouvait se perdre en même temps que l’état d’innocence.
Toutefois, la foi pourra être rétablie à condition d’associer l’amour à la connaissance. C’est la gnose, qui donne à la connaissance sa dimension humaine car elle donne un sens à l’univers en reliant l’humain au spirituel.
A l’inverse, la foi évacuée par le scientisme comme la société occidentale d’aujourd’hui l’a conçue hier, laisse un vide, très vite comblé par des ésotérismes de pacotille et des discours de vérité éternels comme nous les subissons aujourd’hui tant en Orient qu’en Occident.
Ainsi, la foi telle qu’elle est exprimée au 17ème degré puis et surtout au 18ème degré du REAA doit s’appuyer sur la connaissance et vice versa.
Le FM Qu’est le Chevalier d’Orient et d’Occident doit en permanence garder la tête froide, raisonner comparer, questionner.
Il doit toujours aimer l’autre : son chemin doit aller du fini à l’infini et de l’infini au fini, de soi à l’autre et de l’autre à soi.
Il doit être homme nouveau et homme de tradition et réunir en permanence ce qui est épars.
Cette quête permanente, cette recherche d’équilibre entre le divin et l’humain, animée par l’amour de l’autre et le don de soi le conduira sans difficultés à la parole retrouvée qui surgira telle l’éclosion de la rose sur la croix du Chevalier R+C.