17° #414012 Mais seul l’homme innocent et pur peut être admis à nos mystères Auteur: A∴ S∴ Obédience:Non communiqué Loge: Non communiqué A LA GLOIRE DU GRAND ARCHITECTE DE L’UNIVERS Ordo Ab Chao Deus Meumque Jus Au nom et sous la Juridiction du Suprême Conseil des Souverains Grands Inspecteurs Généraux du 33ème et dernier degré du Rite Ecossais Ancien et accepté pour la France. Très Sage Athirsata, Très Illustre Frères Et vous tous mes Chevaliers Rose Croix, Rituel 17ème degré, p.33« Mais seul l’homme innocent et pur peut être admis à nos mystères ». C’est ainsi qu’est accueilli le Prince de Jérusalem qui se présente à la porte du Grand conseil des Responsables Anciens. En signe de cette innocence et de cette pureté et pour être consacré « soldat de la Vérité », ses mains sont lavées en eau claire et son visage aspergé d’eau pure.Deux autre formes de purification, par le feu et par le sang, lui seront appliquées avant qu’il ne subisse les séries d’épreuves du 17ème degré, inspirées en grande partie des onze premiers chapitres de l’Apocalypse de Jean.Des étapes franchies surgit un homme régénéré, encore plus rapproché de la transcendance. Ayant triomphé de nombre de ses dualités, il est prêt à se sacrifier au profit de tout vivant; il figure parmi les élus, digne d’ouvrir et de comprendre le Grand Livre divin. Son inspiration lui vient d’en haut, emplissant ses pensées, ses visions, ses dires et ses conduites. «Il est devenu semblable à l’agneau qui a été immolé…» L’initié qui a traversé les épreuves purificatrices traditionnelles s’oriente vers l’Ordre supérieur, ayant progressé, à chaque degré vers sa source, sa mémoire, sa fontaine. Il n’est plus très loin du centre de l’Universel et de l’immuable.Toutes les traditions retiennent pour mode opératoire de leurs progrès diverses formes de purifications, d’épreuves et pour certaines des sacrifices. Elles figurent, dans un ensemble rituellique, les paliers de transformation de l’être, simultanément vers la transcendance et vers son intériorité. On sait la signification de la traversée du désert pendant 40 années, dans le Livre de l’Exode. De même, les hyperboles dramatiques de l’Apocalypse doivent être lues comme de longues épreuves initiatiques. «Au bout de la patience, on finit par trouver le ciel ».Pour notre travail, nous procèderons en trois temps pour:1 – définir la place et le rôle du Chevalier d’Orient et d’Occident dans le parcours écossais.2 – donner la signification initiatique de la pureté et de l’innocence.3 – définir la nature des mystères annoncés par les Respectables Anciens.I – LE 17ème DEGRE ET LE CHEVALIER D’ORIENT ET D’OCCIDENT.Le COO est un élu, choisi pour être épargné des fléaux qui frapperont le monde décadent. Consacré au service de la Vérité, il a connu l’onction du Tau sur le front. Sa mission consiste, selon le rituel à «prêcher la vérité dans le désert de la vie humaine, de juger avec équité, d’instruire les néophytes et …d’annoncer la loi nouvelle». C’est lui que l’on retrouvera dans le temple noir du 18ème, rendant compte du «fatal cataclysme qui règne encore dans le monde» et sollicitant un guide.Comme pour les degrés précédents, le rite insère une situation de rupture dégénérescence forte – qui appellera, pour être dépassée, une nécessaire intervention conjuguée, celle d’inspiration du Principe et celle du travail initiatique du récipiendaire. C’est ainsi que progresse graduellement notre champ de conscience, s’appuyant sur des supports traditionnels. Le mythe d’Hiram a accompagné notre progression jusqu’à la décapitation de l’un des assassins et l’exécution des autres, en passant par l’édification d’un mémorial à Hiram. Les 15 et 16ème degrés ont respecté le même schéma par la sortie victorieuse de l’exil de Babylone, comme la descente dans le puits séphirotique s’est achevée par la perception de la Lumière incréée. Il en est de même pour le 17ème qui nous bascule dans un nouveau plan, de la chevalerie terrestre à la chevalerie spirituelle; le chevalier spirituel est le nouveau Noé sauvant l’humanité et lui même. C’est l’Agneau, victorieux d’épreuves et purifié, plus attaché à l’édification d’un sanctuaire spirituel, de sainteté intérieure, qu’à celle d’un temple en pierres, périssable et toujours éphémère. Construction qui prendra la forme symbolique de la descente sur terre de la Jérusalem céleste, ici et maintenant. Son architecture carrée avec les 12 portes qui la bordent illustrent qu’il s’agit de l’affirmation de l’esprit dans le monde. «Voici la demeure de Dieu avec les hommes».Tout comme le signe et le contre-signe du 18ème affirment la présence du Principe, ouvrant la jonction entre transcendance et immanence. C’est cette conjugaison du terrestre et du céleste qui définit et active les missions du COO ainsi que celles du Chevalier Rose Croix. L’agneau est chevalier, pèlerin, moine et soldat. «Eclairé par l’esprit», c’est un libéré vivant. Sous tendu par le don du sacrifice en lui, il s’offre totalement.Parcourant le monde pour concilier l’Orient et l’Occident, il éveille les consciences pour vaincre toutes les manifestations de la dualité et des contraires. Il réside dans l’Esprit et est donc plein de la Lumière qu’il restituera naturellement aux autres jusqu’à devenir lui même, incarnation de l’Amour absolu, au centre d’un univers ouvert tel une rose épanouie. C’est le Chevalier Rose Croix.Vérité, Lumière, Amour…sont l’influx de la Parole retrouvée «INRI», influx de feu embrasant les cœurs du monde. C’est la signification hermétique de ces degrés. On est entré dans la sublimation de la Grande Oeuvre, dans un face à face avec la dimension de l’invisible, tout en restant ancré dans les vicissitudes du monde, co-responsable de sa mutation. «Le ciel est mon trône et la terre, mon marchepied». (livre de Daniel).II – PURETE ET INNOCENCE« Mythe et rite donnent le rythme » écrit M-A Ouaknin. Par le rituel, purifications et épreuves rythment notre parcours, en visées de plus en plus élargies. Même si au départ, elles revêtent un caractère prophylactique moral, elles forment néanmoins la préparation à l’approche transcendantale. De l’éthique à l’éveil de la conscience et à sa libération, puis de la libération à la spiritualisation, elles guident des vertus à la Vertu, celle de l’essence et de la perfection. Le rite et son contenu nous resituent au centre du cosmos par une revivification de l’être entier: corps -âme -esprit .Il est impératif, quand on s’engage dans l’accomplissement de soi et que l’on se met dans le sillage des cieux de s’assurer d’une pureté sans tâche. C’est le rôle de l’articulation des rites dans lesquelles s’insèrent les modes de purification. Jusqu’à ce que la Parole et ses effets prennent leur valeur métabolique en s’intégrant dans l’être.L’eau lustrale, le feu et le sang du 17ème possèdent une intensité de sens bien supérieure à celles des degrés précédents en raison du lien avec la dimension spirituelle. C’est la dernière goutte du sang versé qui donne l’aptitude à ouvrir le livre des sceaux. Nous sommes proches de la pureté primordiale, pureté de l’essence, quand la purification ontologique a maîtrisé le mental et apaisé la conscience. L’être qui pointe dans le C+R, encore plus pacifié par l’amour, tutoie déjà le divin.Les 24 Anciens symbolisent cette pureté intégrale dans leur présentation, toute de blanc et d’or. Leur blanc est celui de l’éclat le plus pur de la plus pure Lumière et de la plus pure Sagesse. Ils sont le témoignage que la Vérité ne peut être du ressort des conceptions humaines. Ce sont des «Frères de la pureté» selon une appellation donnée aux Maîtres soufis, en raison de la pureté de leur âme. Leurs robes blanchies au sang de l’agneau (17ème) est l’image de la purification suprême qui leur assure cette pure pureté.L’innocence évoque à la fois la nudité de l’âme et la totale vacuité de la conscience. Faire la place suffisante à l’esprit par la vacuité. «Videz vous entièrement et vous serez rempli» déclare Me Eckartpour affirmer qu’on ne peut recevoir Dieu que dans la vacuité. Rejoignant ainsi Lao Tseu quand il écrivait: «La plénitude est issue du vide» ou «le vide et le plein retournent l’un à l’autre». On trouve dans les Evangiles: «Heureux les simples d’esprit».L’état de vacuité résulte d’un long chemin d’ascèse, de renoncements et de détachements largement développés dans les sentences rituelliques. Le détachement de l’avoir et du paraître, de toute possession ou d’appropriation, des tendances égotiques que nos conditionnements et nos projections façonnent contribue à d’autres formes de détachements qui aèrent la conscience et spiritualisent les sens. L’initié se trouve par la même voie allégé de toute forme de sentimentalisme, d’émotivité, de peur, d’appréhensions, de justifications ou de questionnements devenus inutiles. «La mort n’a plus d’emprise sur vous» nous est-il dit au 5ème quand la conscience se libère.Car l’innocence est liberté. Liberté de l’être intérieur retrouvé. D’une liberté plus affranchie que celle du 1er degré quand le profane se présentait «libre et de bonnes mœurs». Le COO et le C+R évoluent déjà dans la liberté de l’intemporel et de l’éternité: «tout est fini, il n’y a plus de temps» (17ème) et à la suspension des travaux du 18ème: « l’heure où le soleil est revenu avec tout son éclat…».III –LES MYSTERES.L’infranchissable 11ème porte du 13ème avait fixé à l’homme les limites de son domaine accessible. L’infini et l’appréhension direct de son fonctionnement sont, par définition, interdits à toute finitude. L’En Soph, et plus au delà encore, le ‘Ain (le Rien) restent loin de toute compréhension. «Le Mystère restera le Mystère» nous signifie le Zohar, quand Lao Tseu parle, lui, du Mystère des Mystères.La voie apophatique est seule, généralement retenue par son mode négatif pour tenter la compréhension. Mais en même temps elle pose les limites de tout intellect et à tout questionnement rationnel.Le mystère ne peut se définir que par ce qu’il irrigue comme effets. Le supra-humain enrobe ceux qui résident en lui de ses attributs. L’être spirituel, libéré du versant humain, se marque des qualités, des dons et des caractéristiques qu’il reçoit par osmose ou catalyse de l’Ordre principiel. En lui se féconde une pensée intuitionnelle et imaginale qui est dans une relation permanente avec le divin. Le chevalier spirituel est un être inspiré et sa pensée est d’autant plus lumineuse que son évidement aura été plus profond. En s’anéantissant dans le Rien, il se nantit d’une supra conscience. En retrouvant la Parole, le C+R en pénètre la conscience. C’est pour ainsi dire la conscience du Centre.Il en devient singulièrement apaisé, réconcilié avec lui même et avec les autres, pacifié. Son calme et son silence profond sont vibratoires. Son seul regard irradié est énergisant pour son environnement et sa présence est certitude. Dans l’espace de la sainteté, il n’y a aucune place pour le doute ou l’interrogation. L’amour intégral qui le porte reste effacé, humble, magnanime car l’homme est «le plus éclairé». Sa Sagesse apparaît transparente parce qu’irriguée. Ce qu’il exprime détient la force déjà visionnaire.Ce chevalier n’est pas dans un lieu statique. Il est dans un état dont la capacité est dilatante pour l’accès à d’autres mystères. Il a encore à entreprendre et à découvrir dans les mondes de la Connaissance et de la Sainteté.Aux degrés de la dimension spirituelle supra humaine, la transformation ontologique qu’ouvrent les traversées purificatoires relève d’avantage de la transfiguration évoquée par les mystiques. Les Respectables Anciens apparaissent manifestement comme des êtres transfigurés. Et les visions de Jean de Pathmos ont une portée hautement prophétique. Car le vrai mystère incarné par les chevaliers spirituels, c’est que plus rien ne leur est impossible dès lors que toute «inspiration leur vient d’en haut». Navigation des articles Planche Précédente "Le 17ème degré au REAA – Chevalier d’Orient et d’Occident" Planche Suivante "Le tableau du 17éme degrés"