17° #414012

Le dix-septième degré et la symbolique du septenaire

Auteur:

B∴ F∴

Obédience:
Non communiqué
Loge:
Non communiqué

Tout d’abord, une petite présentation du 17ème degrés s’impose.

La Loge du 17ème degré se nomme Grand Conseil. Elle comprend les dix officiers classiques : le Président est nommé Très Puissant, siège à l’Orient. Les neuf autres officiers se nomment Respectables Anciens, et tous occupent leurs places habituelles. Il y a au maximum quatorze autres membres, appelés eux aussi Respectables Anciens. Le Grand Conseil est donc composé de vingt quatre membres au maximum, nombre symbolique, qui n’est pas sans rappeler les « Vingt quatre vieillards de l’Apocalypse ». Concrètement, s’il y a un nombre supérieur de Chevaliers, ils siègent au second rang, ils sont appelés Respectables Chevaliers, et ne prennent pas part aux délibérations du Grand Conseil.

Selon la légende, l’apôtre Jean, passé par une porte ouverte dans le ciel, voit un trône sur lequel siégeait quelqu’un et autour duquel il y avait vingt quatre vieillards vêtus de blanc et portant couronne d’or. C’est une belle façon de décrire l’élévation spirituelle qui permet de découvrir le quelqu’un, non nommé et non décrit. Douze étant symboliquement le nombre de l’universalité, deux fois ce nombre est peut-être celle-ci sur le plan à la fois céleste et terrestre.

Pour Paul Naudon, le Chevalier d’Orient et d’Occident marque un tournant important dans le symbolisme général du rite. Il est évident que ce degré marque un changement légendaire, puisqu’il fait apparaître pour la première fois, l’Ordre du Temple. Jean-Paul Bourre dans son étude :

« L’héritage Templier », met en lumière le second ordre, celui de Frères Élus, accessible seulement à une certaine élite de l’Ordre qui sont initiés à des mystères, à une connaissance ancienne, et dont le rituel interne apparaît dans la Règle des Frères Élus, véritable credo de la vérité occultée. Des matériaux historiques suffisent à prouver la nature secrète, ésotérique de ce second Ordre, dont l’article 9 impose au moine-soldat le Trivium, qui est l’étude de la grammaire, la dialectique et la rhétorique, ainsi que l’étude du Quadrivium, qui exige de connaître la musique, la géométrie l’arithmétique et l’astronomie. Avec le Trivium et la Quadrivium, qui sont en fait l’étude des sept Arts Libéraux, nous avons déjà la symbolique du septénaire, bien caché il est vrai, dans l’apport Templier à ce grade, mais, qui néanmoins, méritait d’être cité. Il est possible aussi que les rédacteurs de nos rituels, lors de l’apport des Chevaliers du Temple dans notre légende aient été conscient de ce symbolisme caché.

Ce grade, je vous le rappelle est apparu vers 1760 sous le nom de Chevalier d’Occident, et, une des particularité de ce grade, c’est qu’historiquement, son apparition est postérieure à celle de Chevalier Rose Croix, et qu’il était un grade terminal. Sur un plan mythique son origine supposée remonterait à l’an 1118, époque à laquelle, dit-on, les Croisés (d’Occident) s’unirent aux Maçons (d’Orient), sous la conduite de Garimont(autre interprétation de la lettre G), patriarche de Jérusalem.

Le but du grade est de veiller à la sécurité des pèlerins. Ce grade enseigne la nécessité de partir en lutte contre les méfaits de l’intolérance, des préjugés, du fanatisme si destructeur sur le plan humain. La 17ème degré marque l’achèvement d’un cycle et le début d’un nouveau. Il paraît s’intercaler de manière un peu anachronique pour faire le passage (comme une sorte de pont) entre l’Ancien Testament, dont les grades précédents s’inspiraient très largement, et le Nouveau Testament. Il est considéré comme un grade charnière entre les grades de l’exil et celui de Chevalier R+C.

En fait, c’est le Chevalier d’Orient et d’Occident qui ouvre le temple au noir, en effectuant la marche sur l’heptagone. D’où sa référence à l’Apocalypse.

Après ces quelques explications sur le thème central du grade de Chevalier d’Orient et d’Occident, nous allons nous plonger dans le rituel d’adoption, et en particulier sur le sujet qui nous intéresse, la symbolique du septénaire.

C’est donc en lisant le rituel du 17 ème degré, notamment sur la réception à ce grade, au moment où le Très Puissant annonce : « Mes Frères, vous êtes dignes d’accéder au Livre, et d’en découvrir les sceaux, car vous avez racheté par votre sang les hommes purs, issus de toutes les origines », que cette histoire des Sept Sceaux m’a accrochée. C’est en poursuivant ma lecture sur le déroulement de la cérémonie, que j’ai fait le rapprochement avec l’Apocalypse, en effet, le Livre des Sept Sceaux auquel il est fait allusion, n’est autre que l’Apocalypse selon Jean.

Le rituel est manifestement calqué sur les descriptions du livre de Jean qui y décrit les visions qu’il a eu sur l’île de Pathmos, et d’où sont tirés des interprétations maçonniques pour élaborer la cérémonie de réception du 17ème degré. Ressortant ma bible préférée, j’ai relu, ou plutôt, j’ai lu ce fameux Apocalypse selon Jean.

Auparavant, il me semble opportun de préciser ce qu’est une apocalypse. Ce mot a pour origine le grec ancien « apokalupsis », dont la traduction exacte, est : « mise a nu », au sens propre, et « dévoilement, enlèvement d’un voile qui couvre une chose et la cache » au sens figuré. Une Apocalypse est donc une révélation faite aux hommes par Dieu, ou par un ange au nom de Dieu. Révélation de choses cachées et connues de Dieu seul. Cette révélation concerne presque toujours les mystères de l’avenir. C’est pourquoi l’Apocalypse est en même temps une prophétie et un avertissement.

Le texte est composé d’une profusion d’images à hautes valeur symbolique, où bestiaire et lapidaire dominent. Nous sommes bien loin du sens qu’a pris le mot Apocalypse dans le langage courant, c’est-à-dire une catastrophe provoquant la fin du monde. Cette déformation littérale, amènent à confondre la fin du monde avec la fin d’un monde. Ce genre de littérature était coutumier à cette époque, depuis plusieurs siècles déjà, et de communication orale, compte tenu de la situation politique dans cette région. Mais, celui selon Jean, soi-disant, sur injonction de l’ange fut écrit. Que nous apprend ce texte, et quelle en est sa conclusion ?

Comme dit précédemment, le lieu géographique considéré, était dominé par la Pax Romana, et le Sanhédrin (ce mot vient du Grec synédrion, qui veut dire siéger en conseil) avait perdu tout ou partie de son autorité religieuse, et comme le précise la devise, le chaos avait pris le dessus sur l’ordo. Et les événements récents sur Jésus le Nazaréen d’ajouter à la confusion ; le terrain était donc propice à cette prophétie messianique.

Remarquons au passage, que ce texte à la fois prémonitoire et ésotérique, nous pouvons le rapprocher de l’Iliade, des travaux d’Herculeou de la légende Arthurienne. Le but recherché est le même, l’Apocalypse ne servant que de support de réflexion et de progression. De plus, comme nous allons le voir par la suite, outre les sept sceaux, le septénaire domine ce grade, dont l’heptagone en est la figure essentielle du tableau de loge, et du bijou du grade,on le rencontre plusieurs fois.

Le choix de l’heptagone n’est pas anodin, puisqu’il est étroitement lié à la symbolique du nombre sept, exprimant perfection et totalité, ce qui correspond au développement complet de l’être humain, et à l’achèvement d’un cycle. Sept, c’est aussi l’union du tertiaire et du quaternaire que l’on retrouve dans la Tétractys, chère au pythagoriciens. Associant le nombre nombre trois, qui symbolise le ciel, et le nombre quatre, qui symbolise le Terre (avec ses quatre points cardinaux), le sept représente la totalité de l’Univers en mouvement. Le septénaire résume aussi la totalité de la vie morale, en additionnant les trois vertus théologales, la Foi, l’Espérance, la Charité, et les quatre vertus cardinales, la Prudence, la Tempérance, la Justice et la Force.

Le nombre sept est aussi le symbole d’un dynamisme total, et c’est comme tel qu’il qu’il est la clef de l’Apocalypse (7 églises, 7 étoiles, 7 esprits de Dieu, 7 sceaux, 7 trompettes, 7 tonnerres, 77 têtes de dragons, 7 7 coupes, 7 rois ). Le nombre 7 est fréquemment employé dans la Bible (77 fois dans l’ancien testament), quelques exemples ; chandelier à sept branches, sept esprits reposant sur la tige de Jéssé, sept cieux où habitent les ordres angéliques, Salomon construisit le Temple en sept ans. Non seulement le septième jour, mais la septième année est de repos, tous les sept ans les serviteurs sont libérés.

Tout le livre de l’Apocalypse de Jean est marqué par la répétition du chiffre sept, ce qui n ‘est pas un hasard. On peut ainsi considérer que l’Apocalypse s’identifie au septième soir de la genèse puisqu’elle décrit le processus de restauration de l’état primordial, processus qui achève le cycle et qui voit la résorption de la manifestation dans son Principe. Le chiffre sept par la transformation qu’il inaugure, possède en lui-même un pouvoir, c’est un nombre magique. Le chiffre sept nous est bien connu, puisque c’est aussi le chiffre du Maître(7 ans et plus).

Sept comporte cependant une anxiété par le fait qu’il indique le passage du connu à l’inconnu : un cycle s’est accompli, quel sera le suivant ? Cela voudrait-il dire que les rédacteurs des rituels, nous aient délivrés un message codé dans le 17ème degré pour nous faire comprendre ou entrevoir une rupture entre les grades inférieurs à celui-ci, qui sont pour l’essentiel des grades de vengeance ou de défense voir de combats (épées), avec le suivant, celui de Chevalier R+ C qui est essentiellement basé sur l’amour du prochain ?

Le rituel d’adoption est surtout axé sur le livre des sept sceaux, dont l’ouverture ne pourra s’effectuer que lorsque le récipiendaire aura été purifié par l’eau et par le parfum. C’est à la suite de ces épreuves, que le Très Puissant annonce : – « Personne dans le ciel ni sur la terre, ni sous la terre, personne ne peut donc ouvrir le livre, ni le regarder, personne vraiment » ?

Réponse du premier surveillant : – « Très Respectables Anciens, ne soyez pas affligés, car ici se trouvent les victimes dont le courage et la pureté nous illumineront ». S’ensuit l’épreuve du sang, où le candidat subira une saignée (fictive), et à l’issue de laquelle le Très Puissant dit : « Mon Frères, vous êtes digne d’accéder au Livre et d’en découvrir les sceaux, car vous avez accepté de vous sacrifier et vous avez racheté par votre sang les hommes purs issus de toutes les origines ». Une analogie peut être expliquée à ce moment-là, car lors de sa réception au quatrième grade, le Vénérable Maître a eu les lèvres scellées par le sceau du silence, or, maintenant, le récipiendaire est jugé apte à le rompre à la demande du Très Puissant.

L’ouverture du premier sceau, libère une flèche et une couronne. La flèche est le symbole de la pénétration, de l’ouverture d’esprit. Elle symbolise aussi la pensée qui introduit la lumière, c’est aussi le trait de lumière qui éclaire l’espace clos. Elle signifie aussi que la parole du Très Puissant et les arrêts de loge doivent être exécutés avec autant de promptitude que l’on décoche la flèche.

La couronne, quant à elle symbolise le Devoir auquel on doit obéir comme s’il était le plus puissant des rois. Dans le symbolisme kabbalistique, la couronne (Kéther), qui exprime l’Absolu, est au sommet de l’arbre des Séphiroth.

Le deuxième sceau libère une épée à double tranchant. L’épée vous annonce que la Loge à en mains des armes pour nous punir. Symboliquement, l’épée est le symbole du combat pour la reconquête de la connaissance et la libération des désirs ; elle tranche l’obscurité de l’ignorance. Elle sert à faire fuir les impurs afin qu’ils ne pénètrent jamais dans le Grand Conseil.

A l’ouverture du troisième sceaux, c’est une balancequi est emportée par le Frère Elémosinaire, et qui doit servir à faire subir la justice aux lâches et aux impurs. La balance, qui est le symbole de la Justice est ici figurée pour faire connaître au Chevalier qu’il doit mettre toute son attention à rendre la Justice dans sa loge. La balance est connue en tant que symbole de la justice, de la mesure, de la prudence, de l’équilibre, parce que sa fonction correspond précisément à la pesée des actes.

Associée à l’épée, elle est encore la justice, mais doublée de vérité. La balance, c’est encore l’équilibre des forces naturelles, de toutes les choses faites pour être unies.

Le quatrième sceaux libère un crâne ou une tête de mort qui est la figure d’un Frère exilé de nos loge. Il annonce aussi aux lâches et aux impurs que leurs crimes seront punis. Le crâne symbolise aussi le cycle initiatique : la mort corporelle prélude de la renaissance à un niveau supérieur. Il est l’analogue de la putréfaction alchimique, comme le tombeau est celui de l’athanor ; « l’homme nouveau sort du creuset où le vieil homme s’anéantit pour se transformer ».

A l’ouverture du cinquième sceau par le Très Puissant, le Secrétaire se lève et brandissant un linge blanc taché de sang et dit : « Tarderas-tu encore longtemps à obtenir réparation face aux lâches et aux impurs », auquel le Très Puissant répond : « Le temps est venu Respectables Anciens, de rétablir l’honneur de nos Frères que les lâches et les impurs ont sali »…

Ce cinquième sceau, montre les âmes de toutes les victimes. Il y en aura d’autres encore, tant que les plateaux ne seront pas en équilibre. L’étoffe tâchée de sang, signifie que nous n’hésiterons pas a verser notre sang pour la liberté.

L’ouverture du sixième sceau est faite immédiatement après la dernière réplique, et déclenche un tremblement de terre : la musique est assourdissante, le soleil s’obscurcit, la lune rougit. C’est un jour de colère, de révolte contre notre propre obscurité. Le pouvoir qu’a le sixième sceau d’obscurcir le soleil et la lune est la figure du pouvoir que possède un Frère visiteur d’un grade supérieur pouvant, si la Loge n’est pas en règle, la corriger ou interrompre les fonctions des Officiers et d’y rétablir l’ordre.

Le septième sceau libère symboliquement les sept trompettes et les sept parfums ; pour nous faire connaître que la Maçonnerie s’est répandue sur toute la terre, sur les ailes de la renommée et se soutiendra toujours avec autant d’honneur que les parfums causent d’odeurs. Les sept parfums signifient que la vie d’un Maçon doit être libre et sans taches.

Dans l’Apocalypse, avec l’ouverture du septième sceau vient le septénaire des messagerssonnant l’un après l’autre de la trompette. Les quatre première trompettes, le feu de l’Autel se répand sur terre, le tiers des arbres et de l’herbe furent consumés. Il faut comprendre qu’ils ne résistèrent pas au feu purificateur. Le mot tiers va se répéter sur les fléaux des quatre première trompettes, et nous retrouvons ici le nombre trois, dont l’étude de la symbolique nous ramène à l’unité et à l’apprenti.

A la sonnerie de la troisième, surgit du puits de l’abîme une nuée de sauterelles destructrices des hommes, dirigées par le messager de l’abîme « Abbadon », qui est je vous le rappelle le mot sacré du grade. Abbadon, l’ange de l’abîme, placé à la tête de monstrueuses sauterelles au pouvoir destructeur.

La quatrième trompette nous indique que les eaux devinrent amères comme de l’absinthe, nous retrouvons donc la coupe d’amertume de l’initiation. Le message de ces quatre trompettes est clair, le feu a détruit tous ceux dont l’âme a refusé de s’ouvrir au feu d’en haut. Sans trahir un secret, c’est le feu du 18ème degré que l’on retrouve dans la formule I N R I (igne natura renovatur intégra), la nature rénovée par le feu. Ainsi furent frappée le tiers du soleil, de la lune, des étoiles.

La lumière principielle s’obscurcie, la cinquième trompette sonne. Les trompettes destructrices laissent place à la sérénité retrouvée. Et le septième messager sonna de la trompette, alors le Temple s’ouvrit et l’arche d’alliance apparue. Cette vision d’espoir nous parle tout particulièrement. Nous avions cru l’Arche perdue, enfouie sous le matériel ? Et voici qu’elle réapparaît dans les cieux.

Les sept trompettes illustrent bien le combat spirituel que chacun devra mener, combats et luttes nécessaires à la transmutation de toutes les perversions en vertus de Lumière. Le Chevalier d’Orient et d’Occident, arrivé à ce stade, doit être à même de discerner la nature des bêtes monstrueuses et répugnantes qu’il doit vaincre pour triompher des vices et passions déchaînées.

L’initiation se poursuit ensuite par l’approche du candidat, par sept pas, devant le tableau de loge, qui est je vous le rappelle est, dans sa forme actuelle simplifiée, un heptagone régulier placé dans un cercle avec, inscrite sur chaque pointe à l’extérieur, et dextorsum, les sept lettres B. D. H. P. G. F. S…

Nous savons tous que le tableau de loge d’un grade en constitue un attribut, puisqu’il lui est spécifique. Mais, ici, il revêt une importance particulière, puisqu’il fait partie intégrante du rituel d’initiation. D’après les anciens rituels, en particulier celui du Rite de Perfection, le Tableau du Conseil des Chevaliers d’Orient et d’Occident est un heptagone inscrit dans un cercle. A chaque angle se trouve l’une des lettres : B, D, S, P, H, G, F., qui représentent les sept qualités du Chevalier.

Au centre du cercle est figuré un vieil homme vêtu d’une robe blanche et ceint d’or, la main droite entourée de sept étoiles. Sept chandeliers sont disposés autour de lui, portant chacun l’une des lettres ; H, D, O, I, P, M, C, et qui elles, représentent les principaux défaut du Maçon. Même si, au fil des années et des rituels, l’ordre des lettres s’est inversé, la symbolique reste la même, ainsi que leur signification. Voyons déjà les premières à l’extérieur de l’heptagone : Beauté, Divin, Sagesse, Puissance, Honneur, Gloire et Force.

La Beauté, pour le Chevalier est le reflet de la beauté spirituelle de son l’âme d’une conscience claire et pure, qui œuvre en bien pour l’amour du Bien,elle est guidée par un Amour supérieur qui permet de dépasser les formes de beauté périssable pour accéder à une beauté éternelle.

La Divinité, correspond à la volonté d’élévation spirituelle du Chevalier maçon qui cherche par la perfection à s’élever lui-même à un niveau divin.

La Sagesse correspond à l’habileté et à l’adresse dans un art, à l’intelligence des choses humaines. Elle est un des dons de l’esprit de vérité qui s’identifie avec le verbe. La philosophie est définie comme étant l’Amour de la Sagesse.

L’Honneur est une vertu chevaleresque qui consiste en un comportement de loyauté, de courtoisie, de bravoure, de dévouement à toutes épreuves dans l’accomplissement du devoir.

La Puissance, est la force effective qui donne le pouvoir de commander et d’agir.

La Gloire est une considération qui s’attache à quelqu’un en raison de sa dignité ou de ses actes. La Gloire provient de la clarté de l’âme d’un être qui fait le bien pour le Bien.

Quant à la Force, il s’agit bien sûr de la force intérieure qui permet de triompher de toutes les influences négatives et destructrices, force qui est ici parfaitement identifiable à la vertu en son sens le plus élevé. Quand aux sept lettres intérieurs inscrites à côté des chandeliers, qui signifient ; Haine, Discorde, Orgueil, Indiscrétion, Perfidie, Méchanceté et Calomnie. Selon la version du manuscrit de Franken, datant de 1771, le sens de sept vices est détaillée ainsi :

Un bon Maçon ne doit jamais avoir de haine envers son Frère quel que soit la façon dont il est maltraité par lui…

  • La Discorde est contraire à la société, c’est pourquoi nous devons l’éviter.
  • L’Orgueil doit être banni car il est contraire à l’humanité.
  • L’Indiscrétion est fatal à la Maçonnerie.
  • La Perfidie est horrible pour l’honnête homme.
  • La Méchanceté est ennuyeuse pour la Maçonnerie.
  • La Calomnie est un vice si bas pour un Maçon qu’il doit faire tous ses efforts pour réunir en lui la perfection.

Après la cérémonie du Tableau de Loge, les portes du Temple sont ouvertes, comme une invitation au voyage, et on remet aux Frères le bâton de pèlerin, et le glaive de chevalier. La pensée, telle le pèlerin, voyage aussi et se nourrit d’images contradictoires.

Vivre, expérimenter, progresser, c’est générer des formules nouvelles à partir des anciennes. Le Chevalier d’Orient et d’Occident, comme ses prédécesseurs tente de percer l’opacité du monde. L ‘Univers a un sens que chacun déchiffre avec ses propres mots. Celui qui est allé de l’Orient à l’Occident en suivant la course du soleil, se trouve confronté avec les différences.

A force d’apprendre à voir, il finit par les fondre toutes dans la lumière, et il sait que l’homme et lui ont partie liée. Le message à prendre en compte est clair, la voie de notre salut spirituel passe par cette lumière que nous avons vu à la fois s’obscurcir pour revenir plus rayonnante que jamais dans les pas du Maçon.

Et je terminerais simplement cette planche sur la symbolique du Grade, en vous citant le texte de la chaîne d’union finale du rituel qui, à elle seule, pourrait faire la conclusion de beaucoup de nos planche :

« Nous sommes d’étranges voyageurs, de ceux qui marchent pour trouver leur chemin, de ceux qui ne peuvent dresser la carte que du chemin parcouru. Les gens du voyage ne s’installent pas, ils refusent de l’être. Ce soir, nous avons ralenti le pas pour effectuer ensemble le point ; le point entre le haut et le bas, entre l’intérieur et l’extérieur, entre le profane et le sacré. Aller ailleurs, aller plus loin, c’est entretenir l’effervescence de notre liberté. Refuser de s’arrêter en chemin, refuser qu’une forme, qu’une pensée soit définitive, c’est refuser l’idolâtrie, l’auto-satisfaction, c’est aller au delà de la mort. Au contraire, l’audace, le doute, l’humilité nous garderont du sectarisme.

Frères Chevaliers d’Orient et d’Occident, mes F F voyageurs, partageons l’immense ambition d’être reconnus fils de la Lumière, soyons ceux qui éclairent et ceux qui réchauffent ».

J’ai dit T S A

S C G O D F

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