Les mots sacrés du 15ème au 17ème
Non communiqué
Ordo Ab Chao
Deus Meumque Jus
Au Nom et sous la Juridiction du Suprême Conseil
pour la France des Souverains Grands Inspecteurs
Généraux du 33ème et
Dernier Degré du Rite Ecossais Ancien et Accepté
De Yod Hé Vav Hé, Mot Sacré du 14ème, à INRI, Mot Sacré du 18ème, des changements fondamentaux vont avoir lieu. Avec eux, nous passerons d’un Monde à un autre, d’une Loi à une autre. Ils sont le témoignage de ce parcours initiatique à accomplir pour devenir Chevalier Rose-Croix.
Revenons à son point de départ :
Le triangle d’or sur lequel est inscrit le Nom Ineffable a été placé dans la crypte secrète située sous le Saint des Saints du Temple.
Le Temple ayant été détruit par les Babyloniens, les Grands Elus de la Voûte Sacrée, demeurés vertueux, ont rendu invisible le Nom Sacré aux yeux des ennemis. Ils ont cependant perpétué son message depuis leur captivité à Babylone ou leur dispersion parmi les nations de la terre.
Au 15ème degré les descendants des GEVS, restés en captivité à Babylone après soixante-dix années écoulées, demandent au roi Cyrus par l’intermédiaire de Zorobabel de les délivrer afin de revenir à Jérusalem pour y rebâtir le Temple. Le roi Cyrus accepte cette requête et propose à Zorobabel de choisir parmi les Hébreux ceux qui partiraient avec lui en ayant la double qualité de Chevaliers et de Maçons libres.
Zorobabel et sa troupe se mettent en marche jusqu’au Pont de Gandara où ils livrent bataille pour obtenir la liberté de passer. Arrivés à Jérusalem ils sont accueillis par leurs Frères ayant échappé à la captivité et se consacrent à la reconstruction du Temple. En cet honneur les Chevaliers sont consacrés Chevaliers d’Orient et de l’Epée.
Le Mot Sacré : Raphodon, signifiant vrai Maçon, symbolise cette première étape dans la reconquête de ce qui a été perdu, c’est-à-dire notre enracinement. L’exil nous a permis de reconnaitre ce qui était essentiel à nos yeux et était la source même de notre vie. Cette reconquête illustre le combat à livrer contre nous-mêmes pour transmuter nos pulsions agressives. Nous ne pouvons bâtir qu’en nous réconciliant avec nous-mêmes : l’épée dans une main et la truelle dans l’autre. Notre effort de reconstruction de notre spiritualité me semble être la clé de compréhension du Mot Sacré Raphodon car l’œuvre d’un vrai Maçon est de rétablir ce qui a été détruit et c’est à chacun de nous de le faire dans un perpétuel devenir.
Au 16ème degré des ambassadeurs accompagnent Zorobabel auprès du Roi Darius pour obtenir un édit obligeant les Samaritains à payer leur tribut pour la réédification du Temple. Ayant accompli avec succès leur mission ils sont acclamés par le peuple de Jérusalem qui les proclame Princes de Jérusalem. Ainsi la reconstruction du Temple peut reprendre et sa réédification a lieu le vingt-troisième jour d’Adar, douzième mois de la sixième année du règne de Darius. Cette date correspond au Mot Sacré du 16ème degré. Je l’interprète comme la preuve qu’après avoir franchi plusieurs épreuves, il reste à livrer contre soi-même le combat le plus dur. Seul nous ne pouvons pas le gagner et nous avons à rechercher une alliance fondée sur les principes de justice et d’équité. Avec cette protection nous avons pu mener à bien notre œuvre de reconstruction. Elle s’est accomplie par un retour à la source : « le chemin de Babylone m’est connu ». Dans notre combat intérieur nous avons trouvé de la force là où nous avons été honorés et où nous avons reçu nos premières armes.
Au 17ème les Chevaliers Croisés d’Occident venus pour conquérir la Terre Sainte s’unissent aux Chevaliers d’Orient pour former un Ordre Nouveau celui des Chevaliers d’Orient et d’Occident chargé de la défense et de la protection des pèlerins se rendant en Terre Sainte.
Les Chevaliers d’Orient devenus Princes de Jérusalem sont toujours dans la quête initiatique de la recherche de la Parole. Demandant l’entrée du Grand Conseil des Chevaliers d’Orient et d’Occident, ils ont la révélation de la vision de Jean alors qu’il se trouvait dans l’Ile de Patmos. Elle prophétise la venue « d’un Autre » pour nous baptiser avec l’Esprit Sain et avec le feu. Nous aurons pour cela à ouvrir le Livre au sept Sceaux et de les rompre. A chaque sceau brisé le malheur et les souffrances s’intensifient sur la terre. Cependant au sixième sceau l’agneau de Dieu demande que soit marqué un TAU sur le front des serviteurs de Dieu. Ainsi au septième Sceau qui déclenche l’Apocalypse, seuls les hommes qui portent sur le front le sceau de Dieu seront épargnés par les sauterelles ayant le même pouvoir que les scorpions. Elles ont comme roi l’ange de l’abîme qui se nomme en hébreu AVADON. Ayant été marqué du TAU, cette vision de l’Apocalypse ne nous conduit pas au désespoir mais au contraire nous délivre un message d’espérance sur le chemin de notre voyage intérieur.
Le Mot Sacré AVADON, qui signifie ruine, nous révèle les épreuves que l’humanité doit subir pour être purifiée afin qu’advienne un monde nouveau. Mais AVADON est aussi symbolique de la Jérusalem céleste éternelle et intemporelle qui contraste avec la construction éphémère du Temple matériel. Il préfigure le Nouveau Testament et la victoire du Christ sur le mal.
En conclusion, les Mots Sacrés du 15ème au 17ème préparent l’avènement d’une nouvelle Loi : la loi d’Amour qui engendrera au 18ème notre Temple Spirituel. Pour cela il y a eu d’abord, au 15ème, l’épisode du « renouveau » par le retour des Hébreux qui obtinrent la Liberté de Passer.
En franchissant le Pont de Gandara, ils reviennent à Jérusalem et retrouvent la transcendance. Puis le 16ème degré montre que le passage du Monde Matériel au Monde Spirituel est réversible. La vie spirituelle s’accompagne de ce mouvement continuel entre ces deux niveaux de conscience qui associent aussi immanence et transcendance.
Enfin le 17ème, atteste, après les destructions mettant un terme à l’Ancienne Loi, que « notre place nous est réservée dans le Temple Spirituel où nous serons recueillis pour l’éternité comme tous ceux qui se sont consacrés au service de la Vérité ».
Nous sommes désormais prêts à être consacré Chevalier Rose Croix après avoir entendu, au bout de nos souffrances, cette voix qui signifie INRI et nous délivre un message d’amour.