Les lettres mystiques du bijou du 17ème degré, B D S P H G F, à l’avers et au revers
L∴ P∴ B∴
Deus Meumque
Jus
A la Gloire du Grand Architecte de l’Univers
Rite Ecossais Ancien et Accepté
Ordo Ab Chao
Suprême Conseil de France
Liberté – Egalité –
Fraternité
Les 7 lettres, BDSPHGF, inscrits sur le bijou, à l’avers et au revers ne peuvent être étudiées d’une manière aussi complète que possible sans considérer le bijou dans son ensemble. En effet, si à l’avers du bijou, elles sont associées au livre des 7 sceaux, à l’Agneau et aux étoiles, elles auront une interprétation différente au revers ou elles sont associées à la balance et aux épées croisées.
Il importe donc de considérer séparément les lettres à l’avers puis au revers du bijou avant de s’interroger sur le sens à donner à cette évolution.
D’abord une réflexion sur les nombres. Nous trouvons sur le bijou du 17ème degré un ensemble de composants reliés à la symbolique des nombres, ce qui nous orientera vers une interprétation particulière.
Un Agneau et un livre des 7 Sceaux
Deux couleurs : or et argent
Trois fois les lettres BDSPGHF : a l’avers, au revers et sur le livre des 7 Sceaux. 7 lettres, 7 étoiles, 7 Sceaux, 7 trompettes, 7 coupes et 7 nouvelles visions mais aussi la batterie, l’heptagone et la marche.
La présence et l’influence des nombres ont une grande importance dans le balisage de notre cheminement depuis le premier degré ; elles permettent aussi de mesurer la continuité et l’évolution par leur interprétation graduelle jusqu’à ce degré.
La marche des 7 pas, marqués par les 7 lettres de façons presque circulaire nous suggère une évolution en spirale sans fin et nous entraîne à prendre en compte une évolution spirituelle préparée depuis le premier degré.
En effet, lors de la cérémonie d’initiation, le profane est introduit dans le cabinet de réflexion ; il est invité à rechercher au fond de lui-même la force nécessaire pour découvrir la lumière qui le guidera dans son cheminement vers le perfectionnement. Ce travail se poursuivra par la construction de son temple. il prendra ainsi conscience de ses lacunes récurrentes qu’il faudra sans cesse combattre afin de mettre en valeur les qualités sans lesquelles aucune progression n’est possible.
Au 3ème degré, la mort d’Hiram projettera le jeune Maître dans une autre dimension, déjà plus spirituelle. Ce travail sur soi se poursuivra jusqu’au 13ème degré par un cheminement de perfectionnement ou le MS travaillera en profondeur toutes les faces de sa personnalité afin de façonner un homme nouveau. Ce cheminement se concrétisera pour la descente des 9 voutes, le constat d’être « un bon maçon » et la conscience du « je suis ce que je suis ». La découverte du nom ineffable sera vécue comme une victoire ou il lui faut s’émanciper et concevoir lui-même les plans, c’est-à-dire devenir un créateur et être en capacité de retrouver la parole.
Mais aussitôt cette victoire sera remise en cause par la découverte de la 11ème porte et la destruction de la lumière retrouvée sous la 9ème voûte. Ce degré de Chevalier de Royale Arche, par sa descente des 9 voûtes marquera, tout comme le cabinet de réflexion, un nouveau départ et une prise de conscience qui se concrétisera au 14ème degré par une alliance avec la vertu et les hommes vertueux.
Le GEPSM à pris conscience que, par son seul travail, aussi intense soit il, pourra certes cheminer vers le perfectionnement mais ce n’est qu’avec l’aide de ses F Chevaliers qu’il atteindra les vertus contenues dans les lettres figurées au revers du bijou et ainsi entrer dans la dimension spirituelle des 15ème, 16ème et 17ème degré où progressivement la référence au divin s’installe. Au 15ème degré le retour à JERUSALEM afin de reconstruire le temple qui sera de nouveau détruit fera définitivement prendre conscience au Chevalier que le temple à ériger devra être une construction spirituelle. Le Chevalier d’Orient et d’Occident est armé Chevalier de l’Esprit afin de faire descendre sur terre la JERUSALEM Céleste évoquée par Jean de PATMOS dans l’Apocalypse, fil conducteur et support de réflexion pour ce 17ème degré ou l’interprétation des 7 sceaux est contenues dans les lettres figurant sur le bijou et les signets du livre.
C’est ce cheminement qui permettra au Chevalier de développer les vertus qui s’attachent aux lettres figurées au revers du bijou.
Les lettres considérées à l’avers du bijou. Sur l’avers, les 7 lettres sont accompagnées de 7 Etoiles éclairant le Grand Conseil à raison d’une sur le plateau de chacun des 7 premiers grands officiers et sont attribuées comme suit.
B (Beauté) le
Très Puissant
D (Divinité) l’Orateur
S (Sagesse) le Trésorier
P (Puissance) le Second Grand Gardien
H (Honneur) le Premier Grand Gardien
G (Gloire) l’Elémosinaire
F (Force) le Secrétaire
Au centre du bijou, un Agneau en argent couché sur le livre des 7 Sceaux, chacun d’entre eux portant une des 7 lettres : BDSPHGF et dans le même ordre que sur le bijou.
Cet Agneau, symbole de l’unité est le fondement de tous les nombres et, je cite un passage de la Kabbale de H SEROUYA : « la multiplicité sort de l’unité, comme le feu, la flamme, l’étincelle, la lumière, la couleur quoique distinct ont une cause commune » (1).
Avec les lettres il peut être tentant d’emprunter plusieurs Pistes de recherches. Ses lettres en effet n’indique t elle pas une approche hermétique et alchimiste ?
C’est ainsi que le livre des 7 sceaux, couronné par l’Agneau contient les lettres mystiques ne définissant pas la divinité mais les qualités que l’humain doit posséder pour tenter de s’en approcher.
Quel lien peut-on faire entre les lettres mystiques et le contenu des 7 Sceaux.
Beauté : le premier sceau, « je vis un cheval blanc et celui qui le montait tenait un arc » La couleur blanche du cheval nous suggère la pureté de nos sentiments et contient à elle seule toutes les qualités qui doivent animer le chevalier mais la beauté est aussi un état, c’est le rayonnement de la Sagesse la Justice et la grâce. Lorsque ces trois qualités sont réunies, c’est la Beauté qui permet la réalisation de toutes choses.
Je voudrai m’attarder un peu sur cette lettre B, rattachée au Très Puissant. Les trois suites de lettres commencent par la lettre B, qui dans le Zohar peut être interprétée comme l’émanation de cette lettre.
Beth, inscrite dans le début de la phrase Bérechit, Barat, Eloïm qui signifie au commencement furent créer les anges, ce qui veut dire d’une part que c’est la plus petite lettre de l’alphabet Hébreu qui à l’honneur de côtoyer au plus près la divinité, d’autre part c’est elle qui ouvre la voie à la pluralité des conceptions divines donnant ainsi accès à l’idée d’une recherche sans fin. Cette lettre B n’est elle pas aussi la première lettre du mot d’apprenti.
Divinité, la couleur rouge feu et du sang symbole de la force vitale et aussi symbole de la lumière et du pouvoir Divin.
Sagesse Le noir symbole du passage d’un état à un autre, de la négation de la vanité et du luxe lié à la balance qui nous rappelle la justice et l’Equité. Cette balance tient son équilibre qui est indéfectiblement liée à l’intelligence et sur ce sujet l’étude des séphiroth propose une approche qui me parait intéressante « Dieu est sage et intelligent par lui-même, et au contraire, la Sagesse et l’Intelligence ne méritent pas leur nom par elles même, mais seulement par le sage et l’intelligent à la source duquel elle s’alimente ». (2)
Puissance, un cheval blême et celui qui le monte s’appelle la mort, cela nous rappelle la brieveté de notre vie qui dépend de la puissance Divine pour ceux qui adhère à cette idée et pour moi me rappelle que chaque instant de notre vie doit être vécu dans l’accomplissement de son idéal maçonnique et au bien de l’humanité.
Honneur, (permet de voir sous l’hôtel des martyrs) dans ce cinquième sceau, la notion de sacrifice est présente et permet de nous relier au divin, conséquence du besoin de l’homme d’adhérer à un concept qui le transcende.
Gloire ( déclenche les tremblements de terre) La Gloire en lumière permanente ne peut être que Divine. Pour l’homme elle ne peut être que brève éphémère et non recherchée. Le laurier et l’Olivier du 4ème degré sont toujours présents pour nous le rappeler.
Force ( il se fit un grand silence ) C’est la Force spirituelle qui permet de dominer « tous sentiments vils » et permettra, si elle est permanente, d’atteindre l’apaisement et le rayonnement du F M.
L’on peut remarquer que dans le livre des 7 sceaux la symbolique du nombre 7, symbole de perfection, apparait dans la composition des 7 éléments par 4 plus 3 :
4 symboles de la terre ( les chevaux ) et 3 symboles du ciel. Dans la vision finale de l’Apocalypse, la terre et le ciel, la matière et l’esprit ne font qu’un : l’unité primordiale est retrouvée. C’est l’avènement de la Jérusalem céleste et confère à ce grade sa puissance spirituelle qui consiste à retrouver l’unité à partir de la dualité : matière et esprit ne font plus qu’un.
Les lettres considérées au revers du Bijou.
Sur cette face du Bijou, nous trouvons de nouveau les 7 lettres associées à la balance et à deux épées croisées ce qui donne à cette face du bijou une dimension et un sens humain aux 7 lettres soit :
La Beauté, donne
éclat et anoblit toutes les œuvres du Chevalier.
La Divinité, indique que le F M doit tendre vers la
perfection en recherchant l’élévation
spirituelle du Chevalier à un niveau Divin.
La Sagesse, issue de l’esprit de Vérité
est la qualité requise pour pratiquer la justice avec
l’équité.
L’Honneur, vertu chevaleresque s’il en est une, faite de bravoure de loyauté de dévouement et de courtoisie, qualité indispensable pour un Chevalier.
La Puissance, est la force intellectuelle qui donne sens à l’initiative et à l’action.
La Gloire, démontre qu’un bon maçon doit être d’une grande dignité par ses actes et pour ses mérites.
La Force est nécessaire pour nous soutenir et triompher dans les combats de toutes les influences négatives et destructrices, cette force doit être ici une vertu en son sens le plus noble.
Les lettres BDSPHGF sont l’essence même de la balance équilibrée par les deux épées. Elles signifient le maintient du parfait équilibre entre toutes les valeurs.
L’épée est par excellence l’arme du chevalier qui se met au service des plus faibles afin de défendre les plus nobles causes. Elle doit à ce titre être l’instrument d’une intelligence éclairée au service du droit et de la justice en symbolisant le rayon de lumière qui dissipe les ténèbres, ce qui conduit le Chevalier à une guerre contre les passions pour édifier, non plus un temple de pierre mais un sanctuaire spirituel.
Les deux épées en croix pointe en haut, prêtes à frapper quiconque oserait s’attaquer à l’agneau au centre de l’être, invitent le Chevalier d’Orient et d’Occident à être plus vigilant mais surtout vrai, droit et juste dans ses combats contre les imperfections pour acquérir de nouvelles vertus. Eternel combat entre ombre et lumière afin de parvenir à réaliser l’équilibre parfait entre les deux aspects.
C’est ce que représente les épées croisées et posées sur la balance qui est symbole de justice et d’équité afin d’obtenir l’équilibre parfait entre deux oppositions nécessaires mais féconde.
L’évolution de l’avers vers le revers.
Le symbolisme de l’avers et du revers du bijou est complémentaire et s’inscrit dans la continuité du temps et de l’action, dans le lien du matériel et du spirituel, de la Divinité à l’humain, de l’inaccessible à la possibilité humaine. En nous éclairant sur le but de notre recherche inscrite à l’avers du bijou, le revers nous indique le chemin et les moyens pour y parvenir.
C’est le chemin de l’ancienne loi à la nouvelle loi, le franchissement de l’ancienne construction de pierre à la nouvelle construction spirituelle complétée et comprise dans les deux St Jean, le Baptiste va purifier avec l’eau symbolisée par l’Agneau, l’Evangéliste va nous éclairer par la loi d’Amour.
La lettre B de beauté, par ses deux boucles superposées nous indique que tout ce qui est en haut est comme tout ce qui est en bas mais aussi le passage d’un état à un autre et je cite Jean HAAB dans l’alphabet des dieux : « toute matrice est contraignante, toute connaissance suppose un sacrifice. On ne gagne un plan qu’en renonçant préalablement à un autre ». (3)
C’est cette notion de renoncement symbolisée par les lettres mystiques du tableau (HDOIPTC) qu’il nous faut combattre et vaincre pour passer de la construction du temple de pierre au temple spirituel et peut être accéder un jour à la Jérusalem céleste.
Les lettres au revers du bijou, associées à la balance et aux deux épées donnent sens à une approche humaine et la balance associée à l’épée prend une double signification : Celle de la clairvoyance entre toutes les qualités que le chevalier doit posséder et maîtriser dans un équilibre parfait entre elle, sans cette vigilance l’équilibre de la construction du chevalier serait rompue.
Les deux épées croisées et posées sur les plateaux pour maintenir l’équilibre par la balance et non le contraire, conduisent le chevalier à combattre l’injustice car la justice, pour être le reflet de la Sagesse doit avoir du sens, le sens de l’action et du droit.
Cette situation me pose une double interrogation :
C’est par l’épée utilisée avec Sagesse et clairvoyance que la balance de la justice est maintenue en équilibre ou est-ce l’équilibre des plateaux de la balance qui permettent une juste mesure dans l’utilisation de l’épée ?
Conclusion
Ce travail sur les lettres mystiques du bijou m’a permis de voyager dans les arcanes du 17ème degré et ainsi entrevoir l’accès du chemin qui me conduira vers ce changement de plan annoncé par les deux couleurs du bijou.
A ce 17ème degré, le Grand Conseil s’ouvre en effet quand les temps sont proches et se ferment quand il n’y a plus de temps. L’Apocalypse, référence de ce degré, introduit les notions d’intemporel et d’éternel. Dès le 1er degré nous avons pris conscience de leur existence par la sacralisation de l’espace et du temps, mais ces notions ne vont se faire jour que lentement, au fur et à mesure de notre progression initiatique. A ce 17ème degré, ces notions représentent un des aspects du symbole de la Jérusalem Céleste, éternelle et intemporelle, contrastant avec la vanité de la construction du temple matériel dont l’édification réitérée montre le caractère éphémère et illusoire et ainsi arriver à ce constat : si l’homme peut détruire une construction matérielle, il ne pourra jamais effacer une construction spirituelle.
Le Chevalier d’Orient et d’Occident ayant eu la vision de la Jérusalem Céleste peut alors être armé Chevalier de l’Esprit.
Pour ce Chevalier d’Orient et d’Occident que je suis, c’est le début d’une ère nouvelle. La forme du bijou et la marche des 7 pas signifie que la boucle est bouclée et que les temps sont proches et ou après tant de questionnements, d’investigations va s’instaurer pour l’initié « le temps de l’intemporel » temps ou « il n’y a plus de temps ».
Ce changement de plan et ce nouveau départ demanderont au Chevalier un grand effort de dépassement de soi, mais selon SPINOZA, « s’il y a volonté, il y a un chemin ». A chacun de le construire par la persévérance.
T S
J’ai dit.
Notes :
- La Kabbale, Henry SEROUYA.
- L’alphabet des dieux, page 428, Jean HAAB.
- La Kabbale, Henry SEROUYA page 239.