18° #415012

Alliance avec la vertu et les hommes vertueux

Auteur:

C∴ D∴ B∴

Obédience:
Non communiqué
Loge:
Non communiqué
A LA GLOIRE DU GRAND ARCHITECTE DE L’UNIVERS
Rite Ecossais Ancien et Accepté
SOUS LES AUSPICES DU SUPREME CONSEIL DE France
ORDO AB CHAO
Liberté – Égalité – Fraternité

Nous avons accepté de tout notre cœur de faire « alliance avec la vertu et les hommes vertueux », qu’est devenue cette alliance au 18ème degré ?

Très Sage HA-TIRSHATHA et vous tous mes FF Chevaliers R C, c’est sans doute parce que les 33 degrés du REAA se succèdent dans un ordre logique, cohérent et séquentiel, car chacun complète le précédent et permet de le comprendre, tout en introduisant le suivant qui en prolonge l’enseignement, que j’ai été invité à vous présenter ce soir la colonne gravée suivante ayant pour titre : « Nous avons accepté de tout notre cœur de faire « alliance avec la vertu et les hommes vertueux », qu’est devenue cette alliance au 18ème degré ? »

Je vous propose donc d’appréhender la vertu au travers des vertus cardinales, avant d’aborder pourquoi, comment et quand « nous avons accepté de tout notre cœur de faire alliance avec la vertu et les hommes vertueux », enfin nous tenterons d’approcher ce qu’est devenue cette alliance au 18ème degré.

Qu’est ce que la vertu ou quelles vertus pour les hommes vertueux ?

Le dictionnaire LAROUSSE défini la vertu comme étant la disposition ferme, constante à faire le bien.

Une vertu est une force qui agit, ou qui peut agir, qui peut faire agir. Aristote expliquait que c’est ce qui distingue des animaux, autrement dit la vie raisonnable. Mais, à mon avis, la raison n’y suffit pas : il faut aussi le désir, l’éducation, l’habitude, la mémoire. La vertu d’un homme, c’est ce qui le fait humain. La vertu apparaît donc comme étant notre capacité à bien agir. En fait le bien n’est pas à contempler, il est à faire. La vertu me semble donc comme étant l’effort pour se bien conduire face à telle ou telle situation, vis à vis de tel ou tel comportement. L’homme vertueux pourrait être celui qui cherche, par son comportement, par son raisonnement et par ses actions à améliorer les choses et à soulager l’autre.

Cette volonté impliquera de faire preuve de certaines vertus, et les évoquer ce soir me renvoie à ma propre médiocrité, car penser à telle ou telle vertu, c’est aussi mesurer la distance qui m’en sépare.

Si l’histoire distingue les vertus cardinales : prudence, courage, tempérance et justice, et les vertus théologales : foi, charité et espérance, la tradition permet de les analyser, de les approfondir pour tenter d’en mesurer le dosage nécessaire et obtenir le mélange judicieux permettant de tendre vers un comportement vertueux. Il ne semble pas qu’un comportement vertueux soit la résultante d’une recette précise, mais plutôt d’un assemblage subtilement adapté à un contexte. Il ne faut pas oublier que l’excès d’un très grand bien peut devenir un mal profond. Ainsi, mieux vaut manquer à la prudence qu’à son devoir. La prudence suppose l’incertitude, le risque, l’inconnu, mais encore faut-il en délibérer avec soi-même et avoir un choix possible. La prudence pourrait être sans doute ce qui sépare l’action de l’impulsion, elle n’exclue pas le courage, mais le rend vertueux quand il reste un acte de bravoure mesuré. C’est une question de dosage, de priorité. Le courage égoïste demeure de l’égoïsme. Le courage vertueux est celui au service du bien car l’acte courageux du fanatique reste une force servant une cause détestable. En clair le courage vertueux est celui qui est à la fois guidé et retenu par la tempérance et la justice. La tempérance est cette vertu qui permet de se satisfaire, de rester positif et de modérer les passions. Cela ne signifie pas que l’homme vertueux doit renoncer à l’abondance ou qu’il doit être résigné, mais plutôt qu’il sait que l’équilibre et l’harmonie sont des notions impliquant une fragilité, une précarité et qu’il convient de réguler ses passions et de préserver les autres. Enfin, l’homme ne saurait être vertueux sans être imprégné de justice au sens, d’égalité humaine plus que de légalité juridique, dans la mesure où les lois ne sont pas forcément justes et leur application parfois éloignée de l’équité.

Il est sans doute possible d’être naturellement imprégné de prudence, de tempérance, de courage et de justice, mais pour celui qui n’est pas spontanément vertueux il est, je pense envisageable de tendre à le devenir en prenant exemple sur les hommes vertueux.

Pourquoi, comment, et quand avons-nous accepté de tout notre cœur de faire « alliance avec la vertu et les hommes vertueux » ?

Dés notre initiation, la F M met à notre disposition un outillage rationnel permettant de se réaliser.

Si nous connaissons la réponse aux questions mentionnées dans le livret de l’apprenti :

« Quels sont les devoirs d’un F M ?
Fuir le vice et pratiquer la vertu.
Comment un F M doit-il pratiquer la vertu ?
En préférant à toute chose la justice et la vérité ».

Cela reste imprécis au moins pour moi, raison sans doute pour laquelle, j’ai travaillé à me perfectionner.

Au cours des trois premiers degrés du REAA nous apprenons à mieux nous connaître, et nous devons lutter contre les mauvais compagnons sommeillant en nous, afin de nous construire pour réaliser notre idéal.

Bien que « zélés » nous n’avons toujours pas trouvé la Parole si libératrice que nous ne n’ayons plus jamais besoin d’une autre, nous nous sommes, par conviction, engagés à accomplir notre devoir sans songer à la récompense, mais en nous en remettant à notre seule conscience. Ainsi, la clef confiée au Maître Secret permet de mieux comprendre le véritable sens de la formule rituelle « On n’est pas initié, on s’initie soi-même ». Ce 1er degré des hauts grades nous invite au discernement et à la découverte du sens caché, c’est à dire écouter et comprendre. La sentence du 4ème voyage dispose : « Ce que la F M vous demande, c’est d’aimer la justice, de la vénérer, de marcher dans ses voies, de la servir de tout votre cœur et de toute votre âme ». Lors de cette cérémonie, nous avons contracté « une sincère alliance ».

Plus tard au 4ème degré, le courage du M S va être éprouvé pour qu’il devienne M P.

Les mots accompagnant l’attouchement du Secrétaire Intime « BERITH » (alliance), « NEDER » (promesse), « SHELEMOTH » (perfection) laissent clairement supposer que nous nous allions et promettons d’œuvrer à notre perfectionnement.

En tant que PREVOT et JUGE (7ème), nous nous sommes engagés à tout faire pour apaiser les différents entre les FF et avons ponctué notre serment en demandant « que Dieu me garde en VERITE, en EQUITE, et en JUSTICE », ce qui était, sans aucun doute, l’ouverture aux vertus chevaleresques. Les grades d’élus définissent un idéal de justice et d’équité et nous ont acheminés vers un nouveau stade de réflexion nous inclinant à plus de spiritualité, de conscience et d’amour. L’étoile qui brille au septentrion dans le temple du 12ème degré symbolisant la vertu qui doit guider toutes les actions des hommes est aussi un rappel de notre devoir.

Par le vécu, avec le vécu, et l’appropriation des différents degrés, le F M avance vers la Connaissance et en particulier la connaissance de lui même, de manière à pouvoir construire son temple intérieur. La légende raconte que certains G M A supplièrent le roi Salomon de les recevoir Chevalier de Royal-Arche, faisant ainsi preuve d’une volonté de perfectionnement. Notre engagement M a pour fondement un volontariat motivé par un désir d’amélioration de ce qui nous entoure et qui passe par notre propre perfectionnement, par notre « sublimation ».

Le degré auquel aspirent les Chevaliers de Royal-Arche « exige qu’ils fassent alliance avec la VERTU et les hommes vertueux ».

Le rituel du 14ème degré nous enseigne que le Temple étant achevé, Salomon reçut les plus vertueux des Chevaliers de Royal-Arche, les investit du degré de Perfection. Il leur fit jurer de vivre en paix, union et concorde entre eux, de pratiquer les devoirs de charité, de bienveillance, et de faire en sorte que la justice et l’équité soient toujours le fondement de leurs actes. Il remit à chacun d’eux un anneau d’or en signe de l’alliance qu’ils avaient contractée avec la Vertu et les hommes vertueux. La cérémonie d’initiation des G E P S M qui cherchent « l’ultime perfection » s’achève par le serment de pratiquer les vertus qui élèvent l’homme au-dessus de l’animalité, et les nouveaux G E reçoivent un anneau d’or comme symbole de l’alliance qu’ils ont contracté avec la vertu et les hommes vertueux. Ainsi les G E P S M animés par un ardent désir de pratiquer la VERTU, voyagent par toute la terre dans le but de faire connaître la Vérité et d’enseigner la pure morale de la F M.

Il apparaît donc que notre motivation personnelle de nous améliorer est à l’origine du traité d’alliance que nous avons passé afin de pouvoir progresser avec l’éclairage des hommes vertueux, qui par l’exemple nous incitent à plus de spiritualité.

Quid du traité d’alliance ?

La mission du Chevalier R C est « de propager sur la terre toutes les vertus qui naissent de la FOI et de la CHARITE ». La foi n’est pas la croyance aveugle dans une opinion, c’est la lumière de la raison qui éclaire l’esprit et le préserve des fausses doctrines. Etre éclairé ce n’est pas encore détenir la Vérité, c’est tout au plus avoir conscience de devoir chercher la « parole perdue » afin que la science ne soit pas étouffée par l’erreur, que la justice ne soit pas compromise par le fanatisme aveugle, l’espérance annihilée par les théories décevantes, et la charité enrayée par l’égoïsme. La parole Maçonnique, c’est le verbe civilisateur du genre humain, c’est la science qui guide notre raison et nous éclaire, c’est l’ensemble des idées généreuses et des actes fraternels qui rassemblent et unissent les hommes et les rendent meilleurs. La charité c’est l’AMOUR, amour dans le sens d’Agapè, c’est à dire sans retenue comme le mentionne la bible dans le passage suivant (Mathieu V 43-44) : « Aimez vos ennemis, faites du bien à ceux qui vous haïssent, priez pour vos persécuteurs… ». Cet amour peut être impossible est si sublime que l’émergence de son idée génère l’espérance et celle ci guide le Chevalier R C.

Ainsi l’existence du Chevalier de l’esprit à pour base l’amour du GAGLU et l’amour des hommes ; pour règle, la religion naturelle et la morale universelle. Elle a pour cause, la vérité, la lumière et la liberté ; pour principe l’égalité, la fraternité, la bienfaisance. Pour armes, la persuasion et le bon exemple ; pour fruit, la vertu, la sociabilité, le progrès ; pour but le perfectionnement et le bonheur de l’humanité.

Etre chevalier de l’esprit, c’est à la fois observer, comprendre et agir.

« La lumière qui éclaire l’esprit conduit à une action sans hésitation ni repli » mais cette lumière là, tire son énergie des vertus cardinales et théologales, mais aussi de l’humilité, de la discrétion, de la loyauté, de la miséricorde et de l’honneur, ce qui explique que notre action n’est pas une exaction d’illuminés, mais celle de celui à qui il a été dit : « agis par amour ». Le Chevalier Rose-Croix, par cette foi immuable et universelle qui l’anime et l’encourage à dépasser tout ce qui l’entrave ou l’accable, se réalise. L’enseignement du grade nous fait passer progressivement d’un état de conscience à un autre, par l’apport d’un enrichissement spirituel intense, pour aborder plus précisément le perfectionnement de l’homme et tendre vers celui de l’humanité. « Le plus humble de tous » propose aux Chevaliers Rose-Croix de combattre l’orgueil, l’égoïsme et l’ambition pour faire régner à leur place le dévouement et la charité. Pour avancer dans notre mission, l’humilité n’est pas nécessaire, elle demeure une nécessité, car elle nous permet de reconnaître toute la puissance du Grand Architecte et d’admettre notre propre condition de créature pâle reflet du principe divin. Notre foi sera là, lorsque l’évidence et le raisonnement deviendront insuffisants pour avancer dans notre quête de la construction de la confraternité humaine. Le chevalier veut trouver le glaive de lumière qui perce à la fois les ténèbres de l’âme et les abîmes de la nature, pour s’approcher de la Vérité. Son cheminement nécessite tout à la fois de la rigueur, de l’évaluation, du discernement et la capacité d’agir au moment opportun avec la ferme volonté de faire le bien ou à défaut de ne pas faire le mal, de ne pas blesser l’autre et à mon avis c’est bien la substance du traité d’alliance que nous avons passé.

Conclusion

Très Sage HA-TIRSHATHA, le rituel de la cérémonie des lumières précise que notre « Ordre, est fondé à évoquer et à commémorer celui à qui est imputée la sublime doctrine d’amour et de pardon, qui a tant influé sur le destin de l’humanité ». Cet élément de l’enseignement du 18ème degré met en évidence que la F M peut être considérée comme étant « la religion » des sages et des personnes vertueuses, parce qu’elle est le flambeau moral et le guide de l’homme qu’elle tend à rendre éclairé par l’esprit, bon par le cœur, pur dans son âme, juste dans ses actions et parfait dans ses œuvres. C’est dans cet esprit que notre rituel mentionne que les Chevaliers R C restent indéfectiblement fidèles à l’espérance de rédemption par l’AMOUR.

Je pense que le 18ème degré permet de s’élever en spiritualité et que son enseignement converge vers ce que symbolise le règne de l’agneau, c’est à dire un monde meilleur fait de Foi, de Charité.

Dans mon introduction, j’avais mentionné qu’un degré permettait à la fois de prolonger le précédent tout en introduisant le suivant, ainsi, le 14ème degré par son traité d’alliance introduit bien le 18ème degré et celui-ci le prolonge en ce sens qu’il rend actif, opératif le traité d’alliance passé avec la VERTU et les hommes vertueux. Je reste persuadé que parmi les différentes vertus il en est une incontournable pour l’homme vertueux car elle porte en elle les autres, c’est l’amour. Et c’est sans doute pour cette raison qu’au 18ème degré nous renouvelons le traité d’alliance et le rendons actif car nous avons conscience que la haine fractionne et disloque tandis que l’amour consolide et agrège.

J’ai dit Très Sage

Vous devez être abonné pour accéder à ce contenu


S'abonner

Retour à l'accueil