Athirsata
G∴ C∴ C∴
T SAGE Ahtirsata et vous tous mes F Chevalier Rose-croix
D’abord un propos liminaire : Cette planche est surtout un travail de recherche, de lecture, de compilations de plusieurs écrits et de rituels. Il a donc peu d’interprétation personnelle. Ensuite il n’a pas été très aisé de retrouver des documents et des dates incontestables sur l’origine de l’introduction de ce Nom ATHIRSATA dans notre rituel, toute cette planche doit donc s’entendre au conditionnel.
Tout d’abord un rappel :
D’où viennent les grades dit chevaleresques :
Les grades chevaleresques du R E A A trouvent leur origine dans le fameux « discours » de RAMSAY destiné à faire connaitre les origines et le but de l’ordre je cite :
« Nos Ancêtres, les Croisés, rassemblés de toutes les parties de la Chrétienté dans la Terre Sainte, voulurent réunir ainsi dans une seule confraternité les sujets de toutes les Nations ». Il ajoute qu’à leur retour ils installèrent des loges dans plusieurs pays d’EUROPE.
Le discours de RAMSAY prend en compte des légendes et les présentent comme des faits. Il est intéressant de constater qu’un mythe sans fondement historique créé au début du18ème siècle continu à avoir un impact sur les maçons du 21ème siècle.
Les 15, 16, 17, 18 dit grades chevaleresques n’ont pourtant dans leur rituel rien de vraiment chrétien ( pour notre grade, le 18, la rose, la Croix, La Cène et même INRI,ont des origines antérieures au christianisme puisé plutôt dans des légendes hébraïques ou égyptiennes.
Le 18ème degré de notre rite aurait été organisé par des maçons français. Le symbole de la rose-croix fait son apparition à la fin du 18ème en 1765.
Un chapitre de chevalier de l’aigle noir Rose Croix est installé à Lyon.
Mais Pourquoi un nom Propre pour le président de la loge ?
En me lançant dans cette recherche j’ai passé beaucoup de temps, consulté plusieurs « perspective écossaise » et « l’écossais », travaillé sur les livres de Daniel Beresniak et de Claude Delbos, navigué sur la toile ou l’on trouve tout et n’importe quoi (surtout n’importe quoi) pour un faible résultat.
Le document le plus intéressant bien que très touffu et confus est un texte de 1951 de G H LUQUET dans le bulletin n° 35 des ateliers supérieurs du Suprême Conseil pour La France et l’union française.
Très Sage Athirsata, voici ce que j’ai pu rassembler.
Le mot Athirsata se trouve dans la Bible, au premier livre d’Esdras, et dans Néhémie (appelé aussi deuxième livre d’Esdras).
Dans deux de ces textes, c’est un qualificatif appliqué à Néhémie :
Néhémie – appelé aussi Helchias – Sedecias
Le livre de Néhémie raconte les progrès et les difficultés de l’œuvre à Jérusalem après le retour des Juifs de la captivité babylonienne.
Le souvenir de Néhémie est associé à la reconstruction de la muraille de Jérusalem. Pourtant, le fardeau qu’il avait n’était pas de restaurer une muraille mais de contribuer à restaurer Son peuple dans sa relation avec Dieu.
Dans les autres textes le personnage auquel est donné ce titre n’est pas indiqué.
L’Athersata leur dit :
(il s’agit des personnes qui après le retour de captivité de Babylone, ne pouvaient pas produire de documents établissant leur descendance sacerdotale) qu’ils ne mangeraient pas des viandes sacrées (c’est-à-dire ne seraient pas admis comme prêtres) jusqu’à ce que vint un prêtre savant et parfait.
Plusieurs des chefs de familles donnèrent une contribution.
L’Athersata donna au Trésor 1.000 drachmes d’or, 50 vases, 530 tuniques sacerdotales.
Ces deux phrases sont des traductions des citations bibliques ou l’on retrouve le nom Athirsata. En interprétant donc, Athirsata est le nom d’une dignité ou fonction de Néhémie. Sur la nature exacte de cet office, les commentateurs restent quelque peu dans le vague.
Ils semblent toutefois d’accord pour penser qu’Athirsata n’est pas un mot hébreu, et par suite il est difficile d’en trouver l’étymologie hébraïque.
Selon la Bible en latin et en français il peut vouloir dire « qui renverse le fondement » du mot schatoth, fondement, et du mot thor ou thur, qui renverse, qui regarde.
Il veut dire aussi tourterelle.
En syriaque, il signifie : Qui regarde le temps ou l’année. – C’est un mot persan qui signifie Gouverneur (ibid « Préfet et Gouverneur »).
Ce mot semble être l’équivalent du mot latin dux (qui ducit, conducteur au propre et au figuré, directeur) appliqué à Néhémie. Selon le Thuileur des trente-trois degrés de l’Ecossisme, Delaunay – 1813, Athersata, signifie échanson :
Un échanson était un officier chargé de servir à boire à un roi, un prince ou à tout autre personnage de haut rang.
En raison de la crainte permanente d’intrigues et de complots, la charge revenait à une personne en qui le souverain plaçait une confiance totale…
Néhémie déclare avoir été échanson d’Artaxerxés La vingtième année du règne d’Artaxerxés, au mois de Nisan, il y avait du vin devant le roi, Néhémie le pris et le lui servis.
La qualification d’échanson pour le Président d’un Chapitre de Rose-Croix, ajoute le Thuileur), se rapporte très bien à ces paroles sacramentelles de l’Agneau dans la Cène : Venez et buvez.
« La même déclaration est reprise dans le Thuileur portatif Juillet 1861, p. 139, note) adopte à la fois les deux interprétations : échanson et, contemplant le temps, sans chercher à les concilier ».
D’après un autre auteur, la seconde interprétation contemplant le temps convient parfaitement au Président d’un Chapitre, qui doit établir l’ordre du jour des Tenues. Sans doute : mais alors pourquoi plutôt d’un Chapitre que d’une Loge bleue ?
Compte tenu de la diversité des interprétations du mot Athirsata, il semble que la traduction la plus satisfaisante, la plus simple la moins contestable serait Chef, sans précision supplémentaire.
Pourquoi le chapitre fait-il référence à ce nom particulier. Mais qu’a fait cet illustre Athirsata pour avoir l’illustre honneur d’apparaitre dans nos rituels ?
Artisatha était un gouverneur perse de JERUSALEM ce gouverneur. représente un intérêt particulier pour nous car le livre d’Esdras évoque d’une façon très précise le retour des juifs de leur captivité à Babylone, la reconstruction du temple et la mise au point de reformes, Athirsata ou Nehémie juif de Persea ètè le restaurateur de JERUSALEM dont il a reconstruit les murs vers 445 avant notre ére..c’est l’époque de de reformes religieuses et administratives, il aurait ainsi aussi joué un rôle important dans la fixation de la loi mosaïque :
(La loi mosaïque désigne l’ensemble des préceptes donnés par Moïse au peuple juif, consignés dans la Torah).
Il est aussi intéressant pour nous de constater qu’Athirsata était sans doute achéménides.
L’Empire achéménide est le premier des Empires perses à régner sur une grande partie du Moyen-Orient. Durant les deux siècles de sa suprématie, l’Empire achéménide a développé un modèle impérial présentant des aspects originaux pour l’époque comme une souplesse et un pragmatisme constants dans ses relations avec les peuples dominés, tant que ceux-ci bien sur respectaient sa domination.
Il nous rappelle l’habilité politique de CYRUS II le grand qui autorise les juifs à rentrer à JERUSALEM et à reconstruire leur temple.
C’est dans ce livre d’esdras que les auteurs des rituels du 18 ont pris le titre de président de leurs ateliers.
Voyons les rites dans lequel le mot Athirsata est employé pour désigner le Président d’un Chapitre.
La plus ancienne mention du titre de Président d’un Chapitre de Rose- Croix se trouve dans un Rituel de Rose-Croix du Grand Chapitre général de France.
Ce Rituel (14 août 1788), est la copie collationnée d’un Rituel plus ancien.
Dans ce Rituel, le Président du Chapitre est appelé Très Sage. Lorsque par un concordat du 17 février 1786, le Grand Chapitre général de France ce fut uni au Grand Orient de France, qui lui conféra le titre de Chapitre métropolitain).
Alors le Grand Orient adopta purement et simplement le rituel du Grand Chapitre général pour le grade de Rose-Croix, dont il fit le 4ieme ordre ou 7 et dernier grade de son Rite dit français ou moderne par opposition au Rite anglais ou ancien, qui ne comprenait que les trois grades bleus, symboliques ou de Saint Jean.
Les Rituels des quatre ordres supérieurs ont été imprimés sans date précise en 1805, sous le titre de Régulateur des Chevaliers Maçons, mais antérieurement le Grand Orient en adressait à ses Chapitres des copies manuscrites collationnées. Dans le Rituel de Rose-Croix du Régulateur, le Président d’un Chapitre est appelé T S ou T S et Parfait M, mais jamais Athirsata.
Le Président d’un Chapitre y est appelé T S et non Athirsata, aussi bien lorsqu’il est question de lui que quand on s’adresse à lui.
Dans le Rituel du Grand Collège des Rites de 1946, le Président est appelé tantôt T S, tantôt T S Athirsata ; mais Athirsata a été supprimé dans le Mémento publié en 1947.
En résumé, l’expression complexe T S Athirsata n’était jamais employée dans les Rituels du Grand Orient de France et ne s’est introduite dans ceux du Suprême Conseil de France qu’assez récemment et graduellement.
Alors quel est l’intéret aux Chapitres à ajouter au titre traditionnel : T S et Parfait M le qualificatif Athirsata, dont même les hébraïsants n’arrivent pas à donner une traduction précise ?
Entendu comme chef ou directeur, il s’en tient à la constatation du fait que celui auquel on l’applique est le Président de l’Atelier…
T S et Parfait M évoque les qualités qui lui ont mérité le premier maillet. Voila T sage ce que j’ai pu rassemblé…
J’ai dit.