Hébraïsme et degrés capitulaires
J∴ P∴ D∴
A la Gloire
du Grand Architecte de L’univers
Rite Ecossais Ancien et Accepté
Ordo Ab Chao
Au Nom et Sous les Auspices du Supreme Conseil de L’afrique
de L’ouest
Liberté Egalité Fraternité
« L’hébreu est la langue sacrée des maçons ». Jean Reyor (Sur la route des maitres maçons, Ed. traditionnelles)
« Le maçon qui désirera pousser ses études au-delà d’une certaine connaissance superficielle…s’apercevra qu’elle nécessite une certaine connaissance de l’hébreu ». Jean Reyor (Sur la route des maitres maçons, Ed. traditionnelles)
Qu’est-ce que l’hébraïsme ou un hébraïsme ?
Selon le Robert : Une expression propre à la langue des hébreux.
Selon Wikipedia : Le mot hébraïsme est également utilisé pour décrire une qualité, un caractère, une nature, une méthode de pensée, ou système religieux attribué aux Hébreux. Josy Eisenberg l’emploie dans un sens plus restreint, définissant la captivité à Babylone puis le retour des exilés comme la transition d’un « hébraïsme » au « judaïsme », distinct de l’hébraïsme des Samaritains.
Pour simplifier le discours, nous comprendrons l’hébraïsme : comme un judaïsme archaïque qui a engendré le judaïsme après le retour de Babylone et la fronde des samaritains que nous vivons au 16ème degré.
Comme la langue des hébreux puis des juifs qui était issue de l’alphabet hiéroglyphique égyptien qui a engendré l’écriture protosinaïtique, suivie de l’écriture protocananéenne. Cette écriture évolua ensuite en écriture phénicienne considérée comme la mère des écritures grecque, paléo-hébraïque, samaritaine et araméenne. Enfin apparut l’hébreu biblique (celui de la Torah) qui évolua ensuite en hébreu mishnique (celui du Talmud), puis médiéval. Il fallut attendre Eliézer Ben Yehouda (1858-1922) pour assister à la naissance de l’hébreu moderne : il rédigea un dictionnaire permettant à l’hébreu de sortir du domaine cultuel. Ce fut la renaissance de l’hébreu.
Dans ce travail, il ne sera pas question de réaliser un catalogue des différents hébraïsmes émaillant les degrés capitulaires mais de voir en quoi l’hébraïsme éclaire leur ésotérisme.
L’hébreu langue sacrée des francs-maçons
Si l’on considère que selon le Sepher Ha Zohar (livre du Zohar), Dieu a créé le monde par les 22 lettres et les 10 sephiroth, on peut considérer l’hébreu comme la langue sacrée par excellence. Comme il s’agit d’une langue consonantique (sans voyelles) et que la Torah fut écrite sans ponctuation qui indique les voyelles en hébreu, elle laisse donc place à toutes les interprétations donc à l’herméneutique : objet de la Franc-Maçonnerie spéculative dont le Volume de la Loi Sacrée est la Bible et la construction du Temple de Salomon, la symbolique. De plus, chaque lettre a une valeur symbolique et une valeur numérique, différente d’ailleurs selon le système guématrique, ce qui veut dire que deux mots de même valeur numérique sont équivalents. Ce qui fait que le langage du Volume de la Loi Sacrée est codé. Enfin, il n’y a que deux temps en hébreu :
l’accompli et ce qui reste à accomplir.
On peut donc affirmer que l’hébreu est la langue sacrée du franc-maçon et qu’en explorant les différentes interprétations qu’elle offre dans le Volume de la Loi Sacrée, le franc-maçon peut approcher la signification première de la Parole qu’il révèle.
Nos ancêtres francs-maçons spéculatifs quoique chrétiens, le savaient bien. Ils étaient férus d’ésotérisme et de kabbale et s’ils ne parlaient pas l’hébreu, ils étaient bien conscients de son importance. C’est la raison pour laquelle nos rituels sont truffés d’hébraïsmes depuis le 1er degré. Sans être juif (et je ne le suis pas), sans être kabbaliste (et il faudrait beaucoup plus que pratiquer l’hébreu), on ne peut faire l’économie de se désintéresser de l’hébreu pour découvrir le message ésotérique que recèle nos rituels depuis le 1er degré.
Par exemple : la signification ésotérique des colonnes Boaz et Jakin qui confirme que l’ensemble de la création des 6 premiers jours est contenue dans les 2 premiers degrés : Boaz a pour initiale Beith, initiale du premier mot de la Torah Bereshit, symbole de la dualité car elle vaut 2. Jakin a pour initiale Iod, valeur 10, équivaut à la totalité du monde créé. Elle correspond à l’Aleph de valeur 1, dans le monde manifesté. Elle est le multiple par rapport à l’unique. Et nous savons que rien n’est plus admirable que la loi qui régit toute chose dans son ensemble et chaque chose dans son détail.
Dès le 2ème degré, tout est dit puisque ce qui relie les 2 colonnes est l’arche, donc l’arché c’est-à-dire l’origine donc l’Unité, le aleph. Elle est symbolisée par l’arc en ciel qui représente l’Alliance ou par la pierre différente que les constructeurs ont rejetée : la clé de voute. Mais les 2 colonnes représentent aussi les 2 piliers rigueur et miséricorde de l’arbre séphirotique qui se rejoignent en Kether la Couronne et appellent à méditer sur l’existence du pilier du milieu qui va équilibrer la rigueur de la Loi par la miséricorde pour faire émerger la notion d’Equité, base de la Justice que nous devons promouvoir dès le 4ème degré. Elle préfigure déjà la recherche du centre qui ne s’arrêtera jamais. Ainsi, dès le 2ème degré, le décor des 6 premiers jours de la création est dressé, il nous reste à écrire le septième.
L’hébreu langue sacrée des degrés capitulaires
Si l’hébreu sous-tend l’ésotérisme de la franc-maçonnerie, il n’est pas étonnant que les degrés capitulaires s’expliquent aussi par l’hébraïsme apparent ou caché qu’ils recèlent. Selon le Zohar, la colonne Tiphereth représente la Torah, colonne vertébrale d’Israël et de son peuple or c’est elle qui soutient la voute sacrée au 14ème degré. Connaître Tiphereth, c’est connaitre la Torah, donc en faire l’exégèse (midrash), l’interprétation donc l’herméneutique.
La traversée des eaux nous fait passer de la Torah à ses exégèses comme le Talmud, le Zohar (Livre de la Splendeur), ou le Bahir (Livre de la Clarté).
Dans le 15ème degré, le symbolisme des 2 premiers degrés se répètent. En effet, B comme Babylone représente la dualité, première manifestation de l’unité dans la manifestation, J comme Jérusalem est la totalité de la manifestation, mieux encore son centre. Le Chevalier d’Orient et de l’Epée qui a franchi les eaux entame s traversée de l’âme-rouah qui réside dans le monde des formes. Il accède à la résolution de la dualité en réalisant une alliance entre Babylone et Jérusalem. Alliance car quand il va s’agir de construire le second Temple, Zorobabel fera appel à Darius pour imposer un édit aux samaritains au 16ème degré. Le passage des eaux est une libération de la dualité par la reconquête de l’unité.
Cette hypothèse est corroborée par les mots échangés lors de l’attouchement (Juda et Benjamin) annoncent la réunification des 2 tribus qui vont constituer le royaume de Juda mais aussi l’union du B de Bereshit ou Boaz (valeur 2) et du Iod ou Jakin (valeur 10) instaurant l’arc en ciel donc la Lumière du tableau de Loge du 17ème degré.
L’épée de justice (rigueur de la Loi-sephira Gebourah ou Din) et la truelle de la miséricorde (sephira Hessed) se marient en Tiphereth (Beauté). Si la justice est la conformité à la loi (La Torah), Tiphereth représente donc la justice au sens de l’équité. Et seuls les justes entreront dans le Royaume nous dit le livre d’Henoch.
Cette libération ne s’est pas réalisée sans mal. Il a fallu combattre. Le chevalier d’Orient et de l’épée est Raphodon (mot sacré du grade traduit par vrai maçon), combattant d’Amalek à Rephidim, et en sortit vainqueur. Amalek est l’ennemi archétypal des hébreux, il représente le mal.
Ces deux épisodes évoquent la sortie d’Egypte ou même la sortie du jardin d’Eden donc l’exil et le retour d’exil par la traversée des eaux et le combat à Rephidim. Et le retour d’exil est un retournement, conversion du regard.
On peut s’étonner que Cyrus permette à Zorobabel la possibilité de retourner à Jérusalem construire le second Temple. Peut-être avait-il peur de la menace ? Peu probable. Peut-être croyait-il en Dieu et mettait-il sa confiance en lui ? Peut-être. Mais aussi, Cyrus en hébreu se dit Koresh, anagramme de Kasher c’est-à-dire convenable ou propre au rituel.
Darius est qualifié de roi Kasher par le talmud en raison de l’aide qu’il a apporté à la reconstruction du Temple.
Les degrés capitulaires permettent au franc-maçon de passer de l’Ancienne à la Nouvelle Loi. Est-ce pour cela que la référence à l’hébraïsme disparait ?
Qu’en est-il dans l’Apocalypse sujet du 17ème degré et le christianisme apparent du 18ème degré. L’un et l’autre semblent être des ré-écritures ou des exégèses (des midrashim) de l’Ancien Testament. Dans l’Apocalypse qui veut dire révélation, midrash du renouvellement du Temple par la destruction de son extériorité, on trouve plusieurs éléments de la vision d’Ezechiel : le tétramorphe (les 4 vivants) par exemple mais avec une dénonciation des déviances des 7 églises par rapport à la loi noétique. La vision de l’abime n’étant que le symbole des potentialités créatives que décrivait la Genèse puisque l’esprit de Dieu planait au-dessus des eaux ou de l’abime. L’abime n’est que le rappel du Tohu Bohu initial. C’est évidemment l’annonce d’une re-création du monde.
L’Apocalypse fait référence également à Isaie quand il parle de la chute de Babylone.
C’est une prophétie écrite avant 70 après JC date de la destruction du second Temple, en pleine époque gnostique, par un Jean qui n’est ni le baptiste, ni l’évangéliste. Mais en tout cas, il était juif, parlait et écrivait l’hébreu et seule la traduction en grec nous est parvenue.
Ce qui fait qu’à l’examen, outre celles de la gnose essénienne on perçoit les influences hébraïques. Ainsi Pathmos, écrit en grec dans l’original de l’Apocalypse. S’il s’agit d’une traduction de l’hébreu, translittéré en hébreu cela donne Pé- Taw- Mem- Waw- Samek soit 80+400+40+6+60= 586, la valeur guématrique de Yeroushalaim, Jérusalem. Mais pas la Jérusalem terrestre dont les vices sont dénoncés, pas la Jérusalem accomplie, mais celle qui reste à accomplir : La Jérusalem céleste.
L’Apocalypse peut alors apparaitre comme un message envoyé par Jean depuis la Jérusalem céleste à la Jérusalem terrestre. Il n’ajoute, ni ne retranche rien à la Torah car selon le Deutéronome :
« Toutes les choses que je vous commande, vous prendrez garde à les pratiquer. Tu n’y ajouteras rien et tu n’en retrancheras rien » (Deuteronome 12, 32). Mais il recrée par l’exégèse et de ce fait il fait vivre la Torah comme la mahloqet (controverse sur la Torah) fait vivre la Torah (loi écrite) sans laquelle elle mourrait selon la tradition talmudique.
Les anciens qui siègent dans le grand conseil sont en fait une classe pharisienne de l’époque. L’Evangile nous apprend que le pharisianisme rassemblait les plus doctes du judaïsme de l’époque : les scribes, les docteurs de la Loi et les anciens. Les esséniens n’était qu’une fraction des pharisiens. Les anciens étaient les membres du Sanhédrin (Le tribunal). Ils sont 24, nombres des livres de la Bible hébraïque, le Tanakh qui comprend la Torah (la Loi), les prophètes et les hagiographes.
L’agneau symbolise l’homme qui a mangé le livre donc ingéré, intériorisé et compris la Loi. Il est donc le juste, celui qui peut entrer dans le royaume spirituel : la Jérusalem céleste.
L’Apocalypse annonce l’avènement du Temple spirituel en tout homme qui accomplira son Devoir ontologique (déjà entrevu au 4ème degré), confronté qu’il est, à l’alternative Etre ou ne pas Etre. Il n’y a pas de compromission avec l’Absolu, il s’agit de vivre ou de mourir.
C’est aussi un passage à l’universalité, le peuple ne sera plus élu par la naissance mais par l’accomplissement du Devoir. Mais il s’agit surtout d’une relecture de la Genèse. La Genèse créait le monde sous tous ses aspects : matière, âme et esprit. Le Tanakh montrait la difficulté pour l’esprit de dominer la matière. L’Apocalypse annonce l’avènement du règne de l’esprit sur la matière en posant les conditions du retour dans le monde de la Parole. Parole qui ne s’est jamais éteinte mais dont l’homme s’est détourné à part ceux qui furent marqués du tau.
Le 18ème degré nous plonge apparemment en pleine atmosphère christique. Apparemment seulement, car à la lumière du 17ème degré, le 18ème apparait comme l’accomplissement de l’Apocalypse. Il réalise ce qui était annoncé par l’Apocalypse : la ré-intégration dans le monde de la Parole par l’ultime dépouillement vécu dans le Temple noir. Il est donc l’accomplissement d’un degré dont nous avons vu qu’il était souché, inspiré par l’hébraïsme.
La Cène elle-même qui rappelle aux chrétiens l’eucharistie, outre sa symbolique alchimique, est une re-lecture du sacrifice du pain et du vin par le prêtre-roi Melkitsedeq, roi de Justice et de Salem. C’est lui qui fit le premier sacrifice à Dieu précédant l’Alliance divine avec Abram.
Prêtre du Très haut (El Hélion, Dieu d’Abram), il incarne le sacerdoce. Roi de Jérusalem, considérée comme le centre du Monde, il régnait sur le centre, lieu intermédiaire entre le monde d’en bas et le monde d’en haut. On peut donc affirmer qu’il possédait les 3 pouvoirs : pouvoir royal, autorité spirituelle et fonction prophétique. Il est incarné par le TSA qui indique aux frères leur sacerdoce : propager sur la terre les vertus qui naissent de la foi, de la charité et de l’espérance. C’est-à-dire perpétuer le message de l’Apocalypse vécu au 17ème degré : « Va…prends le livre et mange le.il sera amer à tes entrailles mais dans la bouche, il aura une douceur de miel ».
Puis : « Prenez ce roseau semblable à une règle d’arpenteur… » C’est donc munis du roseau que les chevaliers Rose-Croix vont consommer le livre support de la Parole.
La cérémonie de la Cène du 18ème degré accomplit ce que l’Apocalypse réclame. Le pain et le vin équivalent à l’agneau et au Tanakh (la bible hébraique). Tout est accompli ou consommé c’est-à-dire que la Nouvelle Loi d’Amour a consommé l’Ancienne pour n’en faire qu’une. Manger l’agneau, c’est manger le livre, c’est manger la Loi, donc être juste, c’est l’accomplissement de la quête : la réalisation de la Jérusalem céleste dans le monde d’en bas. Et pour nous maçon l’avènement du règne du compas sur l’équerre.
Le Shin figurant sur son bijou rappelle que le feu qui émanait du nom de Dieu YHWH, se transforme en rose qui émane de la Parole INRI. L’amour, issu de la rose, transmis par l’initié est donc l’incarnation du feu divin. On peut donc en déduire que le monde à accomplir, celui de la Parole, est souché sur celui de l’accompli, celui du Nom.
« Tout est consommé » indique que Le Chevalier Rose-Croix est devenu l’incarnation de la Parole dans le monde d’en bas. C’est la réalisation du projet du 7ème jour de la Genèse qui était de poursuivre l’œuvre du GADLU dans le monde manifesté. Le nombre 7 irrigue toute l’Apocalypse du 17ème degré et l’accomplissement du 18ème. Il rappelle l’œuvre de la Genèse en 7 jours mais aussi les 7 commandements noétiques. Il nous souche dans la tradition primordiale.
On le voit loin de rejeter l’ancienne loi, la nouvelle apparait pour l’accomplir et la commémorer. Rien dans le nouveau testament n’échappe à une relecture de l’ancien. Au-delà du confessionnel, notre démarche est avant tout initiatique, il ne s’agit pas pour nous maçons, de remplacer l’une par l’autre mais de les dépasser toutes les deux.
La tradition hébraïque irrigue tous les degrés du Rite Ecossais Ancien et Accepté parce qu’elle est contenue dans le Volume de la Loi Sacrée. Les initiés sont héritiers du sacerdoce dévolu à Israël par Dieu qui était de répandre le message du Tanakh parmi les peuples.
A l’instar de Melkitsedeq, leur vocation est d’acquérir la maitrise des trois pouvoirs. A l’instar de Jean, ils aspirent à construire sur Terre la Jérusalem céleste. A l’instar de Frédéric, ils oeuvrent à la restauration du Saint Empire.
J’ai dit.
Bibliographie :
« La kabbale
et l’origine des dogmes chrétiens
» Elie Benamozegh (éditions in press).
« La kabbale juive » Paul
Vulliaud (Emile Nourry éditeur 1923) (tome 1 disponible
gratuitement sur le net).
« Pensée hébraïque
» Marc Halévy (Dangles).
« L’Alchimie du Verbe
» tomes 1 et 2 Olivier Pierre Thébault
(disponibles gratuitement sur le net).
« L’invention de Jésus
» tomes 1 et 2 Bernard Dubourg (disponibles gratuitement sur
le net).
« Dictionnaire du Rite Ecossais Ancien et
Accepté » Michel Saint Gall
(Télètes).
« L’hébraisme réel
ou déformé dana le REAA et le RA, le MM et le RAM
» Sam Eched.
« Sur la route des maîtres
maçons » Jean Reyor
(éditions traditionnelles).
« L’écriture
hébraïque » Gabriele Mandel
(Flammarion).
« Invitation au Talmud » MA
Ouaknin champs essais (poche).
« Le livre brulé »
MA Ouaknin collection points sagesse (poche).
« Lire aux éclats
» MA Ouaknin collection points essais (poche).
« C’est pour cela qu’on aime
les libellules » MA Ouaknin points essais (poche).
« Le Zohar-aux origines de la mystique juive »
Maurice-Ruben Hayoun (pocket).
« Melkitsedeq » Jean
Tourniac (Dervy poche).
« Le Roi du Monde »
René Guénon (Gallimard).
« Interprétation kabbalistique de
l’Apocalypse » Haziel
(éditions Bussières).
« Les Portes de la Lumière
» Joseph Gikatilla traduit par Georges Lahy
(éditions Lahy).