18° #415012

La charité

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V M, R F, T V F, V F, et vous tous mes BAF, Je me suis porté volontaire pour travailler sur le thème de la charité proposé par le V M et je vais vous présenter la substance de ce travail qui s’est articulé autour de trois axes.

Ainsi, après avoir brièvement livré le contenu étymologique et sémantique du mot « Charite », nous aborderons son caractère universel et enfin, nous exposerons la place privilégiée qu’elle occupe dans notre vie de maçons rectifiés.

Le mot « Charité » est la francisation du latin caritas, signifiant amour. Le Robert le définit comme étant « l’Amour du prochain » ou encore « Bienfait envers les pauvres ». Cicéron, 106 av. J-C, philosophe romain, homme d’Etat et auteur latin, prônait déjà la « caritas generis humani », ce qu’on peut traduire par « amour du genre humain ». En grec ancien également, le mot « Agapè » qui signifie « Affection » était utilisé pour décrire l’un des quatre états de l’amour, celui qui est « désintéressé, divin, universel, inconditionnel ». C’est par le mot Caritas que St Jerôme, moine, né vers 347, dans sa traduction latine de la Bible, rend ce même mot grec « agapè ». « Agapè » dont le terme hébreu correspondant est Hesed. Hesed qui signifie « Amour ». Nous dirions donc de façon synthétique que la CHARITE c’est l’AMOUR, et qu’elle représente le fruit d’une union harmonieuse entre la douceur de l’âme et l’épanchement d’un coeur ardent. Union enracinée en chacun de nous tous, véritables images de Dieu. Dieu qui est Charité. Charité qui de fait emprunte à Dieu son caractère universel. Universalité que nous allons examiner à présent.

En effet, quel que soit le nom utilisé pour magnifier son omniscience, son omniprésence et son omnipotence, on s’accordera sur ce que Dieu est universel. Ses attributs le sont en conséquence bien que la préséance de chacun de ses attributs puisse varier d’une croyance à une autre. Il nous a donc semblé important d’examiner ce que représente l’attribut Charité, pour les hommes dans leur diversité mais aussi dans leur ensemble. Pour ce faire, nous avons retenu le rapport au divin ou la réponse apportée aux questions existentielles, c’est à dire la religion, comme critère pertinent pour les besoins de cet examen. Ainsi, nous verrons le rapport à la Charité prôné par les cinq plus grandes religions au monde que sont l’Hindouisme, le Bouddhisme, l’Islam, le Judaïsme, et le Christianisme, sans ignorer les religions endogènes.

De cet examen, nous avons retenu que dans la culture religieuse et philosophique indienne, ce n’est pas la charité qui est au coeur du bouddhisme, ni de l’hindouisme, mais plutôt la compassion, entendue comme le fait de se connecter émotionnellement à ceux qui souffrent, le fait d’être bienveillant envers tous les êtres. Y compris donc les animaux, les plantes, etc. Ce qui situe l’action bouddhique ou hindouiste dans un registre autre que le registre proprement chrétien.

En ce qui concerne le Judaïsme, la loi de la TORAH sur la sainteté humaine ordonne « tu aimeras ton prochain comme toi-même et cet amour du semblable n’a point de limitation ». Le judaïsme a retenu un terme pour exprimer cette charité pratique : la Zedaka. La Zedaka est une sorte de justice réparatrice des injustices naturelles, sociales ou judiciaires ; une justice spontanée et gratuite d’autant plus méritoire sous le rapport de l’étique religieuse. Chez les juifs, celui qui pratique la Zedaka est appelé Zadik et occupe le sommet de la pyramide sociale : c’est la personnification de l’idéal suprême du mysticisme. Nous dirions qu’en Judaïsme, celui qui est juste est charitable.

Chez les chrétiens, la Charité est la troisième des vertus théologales mais est considérée comme la plus importante. Quand nous nous référons à sa sublime expression qu’est l’amour, nous la retrouvons dans les deux premiers des dix commandements et pouvons affirmer que, visiblement, les huit autres commandements en découlent. Mais, en allant plus loin, Jésus le Christ, en rachetant l’humanité par le don suprême de lui même n’a t-il pas culminé sur l’échelle de la charité ?!

En Islam, la charité est le troisième des 5 piliers obligatoires et prescrit que celui qui est financièrement stable doit venir en aide aux indigents. En arabe, cette charité obligatoire est connue sous le nom de Zakat qui signifie littéralement « purification ». Autrement dit, purification du coeur de toute avarice. En plus de cette charité obligatoire, le Coran encourage fortement la Sadaqah qui est une charité volontaire envers les pauvres.

Et que dire des religions endogènes ?

A l’opposé des religions révélées, « l’animisme » dite religion de l’âme et des esprits n’est pas universaliste. En tant que gardienne du sacré, l’animisme unit ses adeptes dans une même communauté morale et qui par extension régit les rapports entre les adeptes et le monde des profanes. Aimer son prochain, respecter les lois naturelles et le sacré, afin d’en récolter les grâces constitue la ligne directrice de l’animisme. La Charité y occupe donc une place importante et est laissée au libre arbitre des hommes. Ne dit on pas en Fon : « A wa dgbé o a nan mon dagbé- a wa gnangnan a nan mon gnangnan ».

Vénérable Maître et vous tous mes BAFs, il n’y a donc aucun doute que tous les courants de croyance ont en leur sein et en bonne place la Charité en commun pour caractériser le divin et en recommandent expressément la pratique pour s’élever. Et la maçonnerie, en tant qu’école de la vertu et de la sagesse, n’est pas en reste. Pour des raisons évidentes, nous nous contenterons dans la suite de cette partie de notre présentation de ne parler que du rapport du maçon rectifié à la Charité.

Mes BAFs, rectifiés nous avons été reçus, chrétiens nous avions été baptisés. Et, nous trouvons l’essence de notre chrétienté dans les trois vertus théologales que sont la Foi, l’Espérance et la Charité. Or, Saint Paul dans sa 1ere lettre aux Corinthiens (I Co 13, 1-7) parlant de ces trois vertus dira : « La charité prend patience, la charité rend service, elle ne jalouse pas, elle ne plastronne pas, elle ne s’enfle pas d’orgueil, elle ne fait rien de laid, elle ne cherche pas son intérêt, elle ne s’irrite pas, elle n’entretient pas de rancune, elle ne se réjouit pas de l’injustice, mais elle trouve sa joie dans la verite. […] Les trois demeurent : la foi, l’espérance et la charité ; mais la Charité est la plus grande ». Supérieure à ces deux vertus, elle constitue le « lien de la perfection ». Perfection qui nous est nécessaire pour rentrer dans l’éternité de Dieu. Et à l’occasion de notre réception dans l’ordre tout nous été donné pour privilégier la pratique de cette vertu à chaque instant de notre vie sur cette terre, véritable chantier de nos travaux de perfectionnement.

En effet, rappelons nous que le frère préparateur dans son exhortation au profane dans la chambre de retraite indique que l’Ordre, afin de n’accueillir que des individus qui épousent sa doctrine fondamentale établit un processus de validation, afin, je cite « d’éloigner de ses assemblées tout prétexte de dispute ou d’opposition d’opinions tendant à détruire la charité, la fraternité et l’union qui doivent y régner essentiellement ». Plus tard, le profane recevra la troisème maxime du V M en ces termes : « Le maçon dont le coeur ne s’ouvre point aux besoins et aux malheurs des autres hommes, est un monstre dans la société des frères ». Ensuite le profane s’engagera verbalement d’être bienfaisant envers tous les hommes, lorsqu’il pourra leur être utile puis il manifestera cette bienfaisance en allant approvisionner le tronc des aumônes
pour le secours des indigents. Enfin, l’article V de la Règle Maçonnique instruit le maçon sur ce qu’est la Bienfaisance, donc sur la charité, l’amour. Cet article nous explique ce qu’est la Charité et ce qu’elle n’est pas.

V M, R F, T V F, V F et vous tous mes BAF soyons certains que si nous faisons vivre en nous la charité, c’est que nous devenons le temple dont il est question. Ce thème de la Charité nous instruit simplement sur le fait que nous devons mettre au service de l’humanité toutes nos ressources matérielles et morales disponibles, avec un entier désintéressement pouvant aller jusqu’au sacrifice de soi même.

Je nous laisse au plaisir de méditer un adage courant « La Charité bien ordonnée commence par soi-même » et l’un des sages propos de Gandhi qui nous appelle à l’action avec son « Soyez le changement que vous voulez voir dans lemonde ».

Merci de votre attention.

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