18° #415012

La Cène

Auteur:

A∴ M∴ B∴

Obédience:
Non communiqué
Loge:
Non communiqué


Très Sage Athirsata, et vous tous mes FF Chevalier Rose+Croix, pour ma première intervention à notre grade, Notre Très Sage, m’a proposé de faire une planche avec pour thème: « La Cène ».


N’ayant jamais été baigné par le christianisme, mais plutôt par le judaïsme, La Cène, le sujet que je dois traiter, est celui qui, à ce grade, a un lien direct avecle Christ.Ce repas, le dernier repas de Jésus, était celui ou il était réuni avec ses apôtres. La veille de sa cruxification.


Cette Cène fait partie de notre rituel du XVIII° grade. Ainsi à la fin de chaque tenue, quand les travaux sont suspendus, le Très Sage fait installer une table préparée à cet effet. Elle doit traditionnellement être recouverte avec une nappe blanche ornée de bordures rouges. Du pain est présent, coupé sur la table et du vin versé dans des verres.


Des baguettes sont distribuées à chaque F présent.


Cette Cène / Scène, en écrivant cela des 2 orthographes, est richement symbolique.
La tradition des banquets remonte à l’antiquité où les hommes savaient traditionnellement recevoir.Les repas, en toute convivialité, étaient fréquents et le partage des mets était un geste d’ouverture, voire de paix vers les autres, y compris vers les étrangers. Cette règlede l’hospitalité était autrefois très courante même dans les pays les plus reculés. Tout voyageur, était sur de trouver chez ses hôtes le logement et le repas.


Un peu d’histoire :
la Cène est souvent considéré comme une répétition de la Pâques juive : lors de ce repas, les juifs célèbrent la fuited’Égypte.De très nombreux miracles eurent lieu à ce moment là et leur ont permis de subsiter dans la traversée du Sinaï.



En hébreu, Pessa’h signifie passer par-dessus. Ce nom vient rappeler qu’au cours des Dix Plaies infligées aux Égyptiens, Dieu tua tous les premiers-nés égyptiens mais passa au-dessus des maisons occupées par les juifs et les préserva.


Si Pessah commémore la sortie du peuple hébreu d’Égypte les Pâquesrappelle surtout le don de la Torah à Moïse sur le mont Sinaï par Dieu.


Le sens profond de Pessa’h : le temps de la Libération. Les hébreux ont été libérés par Dieu, car ils n’étaient pas capables de sortir de l’état de contrainte qui tenait leur identité dans son carcan.


La fête de Pessa’h n’est pas seulement une ascèse individuelle mais une cure collective. Comme les hébreux ont bénéficié gratuitement de la bonté de Dieu, ainsi ils ont l’obligation de manifester leur bonté par des dons à ceux qui sont dans le besoin, par la tsédaqa, l’acte de générosité qui est une bonne action (on reparle là encore de charité, de dons comme on verra plus loin)


La Paques juive se caractérise par l’interdiction de consommation de nourriture levée appelée « ‘Hametz » (pains, pâtes, certains gâteaux…). Durant les 8 jours de fête, seule la consommation de pain azyme appelé « Matza » (galette préparée à base de farine et d’eau) est autorisée.


La fête juive de Pâque est l’une des fêtes les plus importantes de la religion juive, elle commémore la sortie d’Égypte, la naissance d’Israël en tant que peuple et plus généralement elle est la fête de la liberté et de la fin de l’asservissement de l’homme par l’homme.


Pour en revenir à Jésus, il faut se rappeler, que bien qu’à l’origine d’une religion qui représente aujourd’hui plusieurs centaines de million d’hommes et de femmes, Jésus, je dirais plutôt Josuah, ne savait surement pas, à ce moment là, ce que l’on ferait de ce Repas nommé Cène. Si celui-ci a bien eu lieu. Jésus, s’il a existé, il est né et mort enhébreux. Pas en chrétien.


Ce repas, que les Évangiles ont placé la veille de la cruxification, explique les enseignements de Jésus. Son sacrifice, comme celui de l’Agneau Pascal, agneau de la Pâques juive qui était sacrifié en rappel de la sortie d’Égypte. Lors de la Cène, Jésus, sera sacrifié alors comme un agneau pour le salut des hommes. Le vin rappelle alors le sang du Christ et le pain rompu le corps de Jésus.


Le repas est important : la première alliance entre Dieu et les hébreux a été commémorée par un repas. La Cène, un autre repas, annonce la deuxième alliance entre Dieu et les hommes qui croient en Jésus.


L’Amour est un symbole fort dans la Cène, car Jésus, dans cette agape, annonce une sorte de fusion à la fois spirituelle et physique avec l’humanité. « Aimez vous les uns les autres » aurait dit Jésus.


La résurrection est un phénomène important dans l’histoire de Jésus, car ce miracle a renforcé l’importance de la Cène et l’explosion de la secte Chrétienne. La Cène est donc la consolidation des fondements de la religion catholique.


Mais il faut se souvenir aussi, qu’à l’époque romaine, un autre culte dominait largement, le culte de Mithra. Ce culte était fortement concurrent du Christianisme et se célébrait en fin d’année, autour du 25 décembre. Les Chrétiens ne fêtent pas Noël par hasard ce jour là. Les païens romains fêtaient la nativité de l’invaincu ou le soleil invaincu, fête où l’on célébrait Mithra, dieu de la lumière, symbolisant la pureté, la chasteté et combattant contre les forces obscures. On y sacrifiait un jeune taureau.


J’aborde rapidement ce culte, mais vous verrez il a beaucoup d’importance dans l’histoire et même dans notre histoire maçonnique :


Le mithraïsme (— parfois mithriacisme ou mithracisme — ou culte de Mithra est un culte à mystères qui est apparu probablement pendant le IIe siècle av. J.-C. dans la partie orientale de la Méditerranée, d’où il s’est diffusé pendant les siècles suivants dans tout l’Empire romain. Il a atteint son apogée durant les IIIe et IVe  siècles, époque pendant laquelle il devint un concurrent important du christianisme. Le culte de Mithra eut une implantation particulière auprès des soldats romains. Comme toutes les religions païennes, il fut déclaré illégal en 391.
Religion initiatique à mystères, le mithraïsme rend un culte au taureau. Ce type de culte a cependant des origines très anciennes en Europe et remonte très certainement au paléolithique supérieur, ou à l’épipaléolithique. La corrida en Espagne et dans le monde hispanique en est une lointaine survivance. Les temples consacrés à Mithra représentent un fond étoilé avec les constellations connues à l’époque avec précision.
Mithra, qui s’est créé lui-même à partir de la roche des cavernes, est à la fois primogenitus et autogenitus. Son premier exploit, la tauroctonie, fut de vaincre, à peine né, un taureau aussi furieux que puissant.
Lors de l’initiation, les adeptes, au cours d’agapes, s’aspergeaient du sang du taureau sacrifié et se traçaient réciproquement une croix de cendres sur le front et le dos des mains. Le myste (Celui qui, particulièrement à Éleusis – lieu sacré de la Grèce antique – , a reçu le premier degré de l’initiation (v. épopte, éphore). Avant d’être admis à l’intérieur du temple pour subir les grandes épreuves de l’initiation, c’est-à-dire la mort symbolique, les mystes répondaient à des questions, et prononçaient une formule qui permettait leur admission, car elle prouvait qu’ils avaient été initiés aux petits Mystères ) descendait probablement dans une fosse au-dessus de laquelle était sacrifié l’animal, son sang retombant ainsi sur lui. Le rituel se déroulait dans des lieux à l’écart et de préférence dans des grottes.
Le sang est donc ici encore un message de transmission et l’église, pour éliminer le culte, comme elle a tenté d’éliminer les autres cultes païens, a récupéré certains messages, certains symboles.

Notre rituel maçonnique a une autre traduction de la Cène.


Comme souvent, le rituel est la source de l’enseignement du Franc-Maçon et à notre grade, celui du Chevalier Rose Croix. Les phrases prononcées par le Très Sage au moment de la Cène et le décor ont leur importance. Je vais tenter d’en capter le sens.


Première phrase : le Très Sage explique déjà la suspension des travaux et la mission du Chevalier R+C est fixée : « répandre hors de notre Temple, notre message d’Amour de la Vérité et d’Amour de l’Humanité ». Les grandes lignes de notre Grade sont données. Notre mission : parler d’Amour, non pas d’amour charnel, mais d’Amour de la Vérité, qui est notre mission première en maçonnerie et aussi Amour de l’Humanité. Nous sommes ceux dont le travail est de répandre ces Amours. La Vérité, nous la cherchons en permanence, comme l’amélioration de l’humanité. Mais le mot Amour est mis en avant, ce qui démontre la passion, la sincérité, la profondeur avec laquelle nous devons travailler.


En suivant, le Très Sage nous parle de la canne, baguette qui nous a été remise à chacun de nous pour la Cène. Il s’agit la d’un autre rappel de notre rôle dans la Franc-Maçonnerie « elle doit servir dans vos voyages. Emblème de la vigilance, elle aussi le signe du commandement et du droit de l’exercer ». Si jusqu’à maintenant, nous devions répandreles vérités que nous avons acquises désormais, le Très sage nous explique que nous devons être vigilant : la définition de ce mot est intéressante « Qui veille avec beaucoup de soins ou de dévouement sur quelqu’un ou quelque chose. » et « Qui est exercé avec grand soin, avec une attention soutenue ». La vigilance, notre grade nous en parle pour la première fois. Cette canne est donc le symbole de celui qui a pour mission de voyager et de surveiller, d’être attentif à ce qui se passe. Et cela sous entendu en permanence.


( Une certaine affirmation des pratiquants du judaïsme traditionnaliste, déclare que le bâton de bambou est placé à côté du mort dans le linceul afin que celui –ci s’en serve comme soutien dans le long voyage vers l’Eternel)



Le Très Sage explique aussi que nous avons tout pouvoir, que nous sommes ceux qui commandent. Nous ne commandons surement pas d’autres FF.°. au sens de hiérarchie, mais je crois, surtout, que nous détenons une certaine autorité morale avec les obligations qui vont avec, et que cela doit s’appliquer à chacun de nous. Notre chemin initiatique nous autorise à avoir une perception plus fine de ce qu’est la Franc-Maçonnerie, et surtout, nous avons l’obligation de voyager et cette baguette, qui rappelle le bâton du Compagnon, pourrait nous donner du pouvoir, car symbole d’une fonction, mais aussi un moyen pratique de se faire reconnaître. « Mes FF.°. me reconnaissent comme tel » finalement, cette reconnaissance doit exister : à notre comportement, nos FF.°. doivent percevoir notre expérience, notre cheminement maçonnique.


Les Compagnons qui faisaient le tour de France de leur métier, était reconnaissables à ce bâtonqui les aidait dans leur marche,Il exprimait l’apprentissage dans un métier de celui qui s’en servait et montrait immédiatement qui il était. Le bâton du Chevalier R+C est surtout celui du pouvoir moral, plutôt celui du Sage qui peut répondre aux questions, celui qui est prêt à aider..


Le bâton rappelle aussi celui de Moise avec lequel il fit plusieurs miracles, comme faire jaillir de l’eau d’un rocher, faire tomber la grêle, faire ouvrir la mer pour laisser passer son peuple. Jésus est parfois représenté avec un bâton Ce bâton était fourni par Dieu et était gravé du nom de celui-ci, parmi d’autre choses. Dans un autre grade, le nom de l’innéfable était déjà gravé, lors d’une élévation. Moise, Jésus, les Chevaliers R+C… Avons nous la même mission vis à vis de l’humanité? Amour, Paix, Vérité…


Quand nous voyageons aujourd’hui, et j’entends par voyage, voyage dans le monde maçonnique, autant que dans le monde profane, nous n’avons pas ce bâton. Nous ne marchons plus mais nous prenons un véhicule. Le bâton nous embarrasserait bien si nous devions le porter aujourd’hui. Mais ce symbole, comme les autres symboles, nous le détenons en nous, nous l’avons intégré, nous finissons par faire comme si nous l’avions en permanence. Le regard que nous devons porter sur notre mission est d’être vigilant. Pourquoi? Mais parce que tel est notre devoir à ce stade de notre chemin initiatique. Nous avons appris, nous avons plus ou moins assimilé. Le décantage de notre apprentissage nous permet d’avoir une vue plus élevée de ce que doit être le travail maçonnique. Et toutes ses implications. Notre situation actuelle de Chevalier R+C est de ne plus être en bas, de ne pas être encore en haut, mais d’être entre deux étages, si je peux dire cela. A la fois au dessus mais largement en dessous. Le signe et le contre signe, qui montre l’infiment grand et l’infiniment petit, me semble confirmer notre position.


Mais continuons le rituel :
« nous allons échanger nos accolades fraternelles et faire circuler le message de paix grâce au pain et au vin. Ainsi nous renforcerons d’avantage les liens qui nous unissent et notre amour fraternel en sera fortifié ».


Le pain et le vin et nos accolades sont donc le ciment de notre action. Le rituel nous donne donc la force qui nous portera en dehors du temple : il s’agit, comme toute construction et comme nous l’avons appris depuis notre initiation, d’avoir des bases solides : ces bases sont celles des liens qui nous unissent, liens qui sont tout le cheminement que nous avons fait, pas forcément ensemble, mais dans nos temples et dans nos loges, à des dates différentes, mais toujours sur le même chemin initiatique. Nos liens sont prioritaires. Cela veut dire aussi, que sans cela, nous serions inefficaces. Sans nos bases, c’est à dire, sans tout ce que nous avons appris en loge, nous ne sommes rien, nous devons, nous avons l’obligation en plus être unis.


Un chevalier Rose Croix n’est pas seul. Il fait partie de la chaîne des francs-maçons. Nous sommes tous différents, mais nous faisons partie d’un ensemble.
On parle parfois d’égrégore en loge bleue, mais souvent, il paraît difficile d’exprimer ce que cela veut dire. Aujourd’hui, je comprends que l’égrégore est « le courant énergétique» qui passe entre nous et plus nos liens fraternels sont forts, plus cette Fraternité, cet Amour au grade de Chevalier R+C est amplifié et perceptible par les autres. Nous avons tous la même mission et la compréhension simultanée de ce que nous sommes et de ce que nous devons faire est comme amplifié.


Le pain et le vin sont importants : ce sont des produits finis, fabriqués par l’Homme. Ils ont tous les deux, comme l’homme, évolué. Et ils s’améliorent de jour en jour. Il est d’ailleurs plus sympathique d’offrir du vin et du pain, réponse aux besoins essentiels des Hommes que de leur serrer la main ou de leur offrir une accolade fraternelle. Mais offrir chaleureusement et fraternellement ces 2 aliments a un autre impact.


La fin de la citation me rappelle la sentence du 4ème : «sachez que les meilleurs de la maçonneries sont ceux qui le mieux travaillent et le mieux s’entendent avec les hommes ». Cette vérité, ramenée au niveau du chevalier R+C est la base de notre évolution maçonnique. S’entendre avec les hommes vient après le travail : c’est le ciment qui nous construit et le socle de la réussite de notre mission. Sans cela, c’est clair, nous ne sommes toujours rien.


L’Amour fraternel est une obligation et un vrai travail, c’est comme cela que je le ressens aujourd’hui.


Poursuivons le rituel :
« prenez et manger et donnez à manger à ceux qui ont faim »


« prenez et buvez et donnez à boire à ceux qui ont soif »


Ces 2 phrases sont claires et sont pleine d’amour : elle rappelle la Cène d’origine, mais la, le message n’est pas de se souvenir du Christ, mais donne et définit une de nos missions : donner à manger à ceux qui ont faim et à boire à ceux qui ont soif. Cette tache est vaste, mais s’agit-il la de charité? Nous avons appris qu’après liberté, égalité et fraternité, nous rajoutions solidarité. Dans le grade, nous avons vu la trilogie : Foi Espérance Charité.


L’un des symboles du grade Chevalier Rose Croix est le pélican. Son choix a été de s’ouvrir le flan pour donner à ses petits son sang. Jésus, en offrant le vin qui symbolisait son sang et le pain qui symbolisait son corps, a-t-il la même volonté? Le don de soi veut-il dire qu’en mangeant et buvant ce qui est fourni par son M.°. on devient une partie du M.°.? Jésus a surement voulu dire cela, que chacun aura une partie de lui en mangeant le pain et en buvant le vin et qu’il en resterait une trace intérieure.


Dans le rituel de la Cène, nous, chevalier R+C, nous ne le disons pas, mais ce message est sous entendu : nous sommes prêts à aller jusqu’au don de soi pour donner à manger et donner à boire à ceux qui sont dans le besoin. Ceci signifie que sommeille en nous un pélican et qu’il est prêt à s’éveiller à tout moment.Prêt au sacrifice de soi après avoir cherché l’Amour en suivant la trilogie de notre grade, Foi, Espérance et Charité.


Cette obligation de sacrifice est une obligation des apprentis que nous étions et que nous sommes toujours un peu, et rappelle le serment que nous avons prêté le soir de notre initiation : « Je promets de travailler avec zèle, constance et régularité à l’ œuvre de la Franc- Maçonnerie ; je promets d’aimer mes Frères et de mettre en pratique,en toutes circonstances, la grande loi de solidarité humaine qui est la doctrine morale de la Franc-Maçonnerie.


Je pratiquerais l’ assistance envers les faibles, la justice envers tous, le dévouement envers ma famille et ma patrie et envers l’ Humanité, la dignité envers moi-même ».



Tout était déjà dit. Pour ceux qui n’ont pas relu ce serment, il est temps de rappeler que déjà, nous étions engagés à un point que nous ne soupçonnions pas.

Mais lors de cette Cène, avant ces 2 phrases, un message est transmis à chacun des F.°. à charge qu’il revienne sans faute : il s’agit du mot de passe du grade : Emmanuel et sa réponse Paix Profonde.


Pourquoi, dans la Cène, le mot de passe et sa réponse doivent-ils circuler? La Cène raconte l’histoire de Jésus et de son dernier repas. Emmanuel, en hébreu, signifieDieu est avec nous. Nous francs- Maçons, en tant que Chevalier R+C, nous avons atteint la conscience de ce que nous sommes et que nous considérons avoir retrouvé la parole perdue. Emmanuel est aussi le premier nom donné à Jésus par les bergers de Bethléem, car dans la prophétie d’Isaïe, il était annoncé que la mère enceinte donnerait ce prénom à son fils.


Paix Profonde ou La Paix avec Vousou en Vous, cette réponse, semble contenir ce que doit être le chevalier R+C : par le sens Dieu est avec nous, nous, Francs-Maçons, nous pouvons penser autre chose, comme Grand Architecte de L’Univers ou aussi comme Force Cosmique, ou Puissance au dessus de tout ou tout autre appellation qui indiquerait quelque chose de supérieur. Supérieur parce qu’à une autre échelle, celle de l’Univers.


Le fait d’être conscient de ce que nous sommes et de ce que représentons à l’échelle de l’infiniment grand, est le signe du bon cheminement et de l’évolution nécessaire que tout homme, après avoir été initié et suivi le cheminement dans son temple intérieur, peut affirmer que l’univers, l’immensément grand est aussi dans l’infiniment petit.Et réciproquement.


La conséquence : une forme de sérénité. Une vision du monde plus claire, vue d’un niveau un peu plus élevé que l’homme ordinaire. Un sens du devoir.


Continuons à lire le rituel :
Après le retour du mot de passe que le Gardien de la Tour a bien reçu venant des 2 côtés, le Très Sage dit « Que ce pain nous maintienne en force et santé! Que ce vin nous élève! »


le Très Sage émet alors ce qui ressemble à un vœux : que le pain nous maintienne en force et santé : la nourriture terrestre – ce qui représente, dans la Cène,le corps de Jésus, et cela afin de nous maintenir en force et en santé pour poursuivre notre mission. Le pain représente la matière. Une matière comme je l’ai déjà dit, fabriquée par l’Homme, produit fini.


Le vin nous élève , le vin représente alors l’esprit. Dans la Cène, elle représente le sang du Christ. Cet esprit que nous récupérons en buvant ce vin, nous élève. Élévation spirituelle nécessaire aussi pour continuer notre mission.


Nous retrouvons ici, à un autre niveau, l’équerre et le compas. La domination de l’esprit sur la matière. Mais jamais l’un sans l’autre.


Une grande précision : c’est ce pain et ce vin là, ici pendant la Cène, à cette occasion, le pain et le vin que nous prenons ensemble. N’importe qui peut manger du pain et boire du vin chez lui. Nous Chevalier R+C, nous mangeons et buvons ensemble. Ceci contribue à nous unir et à maintenir entre nous le lien fort. Le symbole d’un acte commun et collectif de pensée et de deux actions, boire et manger, représente l’importance donnée à un travail maçonnique de chacun mais tous ensemble.


« Et maintenant mes FF.°., prenez et mangez et donnez à manger à ceux qui ont faim, prenez et buvez et donnez à boire à ceux qui ont soif »
Dans cette phrase, le Très Sage redit ce qu’il a déjà dit avant la circulation du mot de passe. S’agit-il d’une manière de commencer et de finir, ce qui veut dire que ce qui est important est ce qu’il y a entre les deux phrases ?Je remarque tout simplement que la demande du très Sage est de prendre et de manger d’abord et de donner à manger après et de prendre et de boire avant de donner à boire… Cela me rappelle qu’il faut d’abord travailler sur soi-même et la pierre brute avant de pouvoir prétendre transmettre quelques choses à d’autres. Les bases de notre temple intérieur doivent être solidement implantées.


Faisons attention aux dernières paroles du Très Sage après avoir frappé les 7 coups avec sa canne :
« Tout est consommé…


Mes FF.°., retirons-nous en Paix et souvenons nous que nous avons juré de propager toutes les vertus qui naissent de la Fraternité. »


Tout est consommé…. :
une phrase étonnante : à première écoute, j’ai envie de dire ben oui, nous avions faim en cette fin de matinée et il ne reste plus rien!!! mais le sens n’est pas celui-la. Jésus, sur la croix, l’aurait dit cette phrase et pour lui, cela annonçait la fin de sa mission sur terre. En allant sur la croix, il a terminé la dernière étape de sa mission, qui l’amène ou le ramène auprès de Dieu.
Mais si tout est consommé, cela veut dire que ce que nous avons en nous, après cette Cène, après avoir rompu le pain , l’avoir mangé et bu le vin, que tout ce qui est en nous, constitue une intégration importante de la fin d’un événement. Ces 2 éléments forment ensemble le corps et l’esprit et, en nous rassassiant d’abord, indique que, si notre travail commence par nous-même, nous sommes prêts, par la suite à aider les autres. Un peu de Aides toi et le ciel t’aidera? Non, notre travail a un sens, même si on comprend un but, mais je dirais un sens de fonctionnement. Depuis l’apprentissage jusqu’au grade de Chevalier Rose+Croix, le travail est fait sur nous-même pour mieux le faire sur les autres.


Un parallèle avec Jésus, qui a fait tout un cheminement pour partir de sa naissance jusqu’à sa mort, mais en laissant un message très fort et très riche.


La Cène se termine par un rappel à notre serment de Chevalier R+C, toujours avec cette insistance sur la Fraternité qui est notre force et toutes les conséquences de cette Fraternité. Vertus, comme en donne la définition du dictionnaire :
« Disposition habituelle, comportement permanent, force avec laquelle l’individu se porte volontairement vers le bien, vers son devoir, se conforme à un idéal moral, religieux, en dépit des obstacles qu’il rencontre. Amour, triomphe de la vertu; aimer, appeler, pratiquer la vertu; croître, grandir en vertu ».



Et la Cène se termine cette fois par le mot de passe : Emmanuel avec la réponse Paix Profonde.


En conclusion, je retiens que notre rituel, en intégrant la Cène avant la suspension des travaux du grade de Chevalier R+C, ne nous ramène pas à la religion chrétienne mais, nous oblige à réfléchir sur l’un des symboles forts, propre à notre grade.


Cette Cène traverse le temps, elle représente une tradition, une démarche, un symbole qui est universel et bien au dessus des dogmes et des religions et concerne toute l’humanité. Elle rappelle des valeurs, voire des vertus que tous les hommes n’ont pas ou ne pratiquent pas et donne un sens au travail du Franc-Maçon, qui, lors de son cheminement, devient apte à transmettre. Mais pas n’importe comment.


Cette planche est sans doûte superficielle, mais ouvre vers un certain nombre de questions, dont vous trouverez un plaisir et un devoir d’y répondre, comme par exemple :


Peut-on suivre une chemin initiatique et s’égarer en chemin ? 
Un Chevalier R+C peut il prétendre d’office à un poste de commandement ?  


Comment un Chevalier R+C sait-il qu’il peut transmettre et servir de référence ?


J’ai dit, Très Sage.

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