Le chevalier d’Orient et d’Occident est chevalier de l’esprit
Non communiqué
Il
convient de souligner en préambule, l’apport de la
Chevalerie moyenâgeuse,
en soulignant son rôle dans la société
médiévale, au côté des
moines comme des
bâtisseurs de cathédrales. Je juge utile de
remettre en mémoire le code
d’honneur de la Chevalerie, tout en laissant de
côté les trois premiers
articles, qui ne concernent essentiellement que la religion :
l’article 3 nous
dit ceci : Tu auras le respect de toutes les faiblesses et
t’en constitueras le
défenseur. En maçonnerie on dirait
qu’il faut défendre la Veuve et
l’Orphelin.
Article
4 : tu aimeras le pays où tu es né
Article 5 : tu ne reculeras pas devant l’ennemi, en
maçonnerie c’est nous même
l’ennemi !
Article 7 : tu t’acquitteras exactement de tes devoirs
féodaux, s’ils ne sont
pas contraires à la Loi de Dieu
Article 8 : tu ne mentiras point et sera fidèle à
la parole donné
Article 9 : tu seras libéral et feras largesse à
tous
Article 10 : tu seras partout et toujours le champion du droit et du
bien
contre l’injustice et le mal.
Observons que le code de la Chevalerie s’inspire de
l’enseignement du Christ !
Voilà
brièvement résumé le code moral de la
Chevalerie, code qui fut repris par
la maçonnerie spéculative sous une autre forme,
mais dont le fond reste le
même. Mais l’on voit aussi qu’il
n’est nullement question des armes physiques
du chevalier comme l’épée,
l’essentiel étant pour le Chevalier les valeurs
morales et l’Esprit qui doit l’animer.
Revenons
donc à la question qui nous préoccupe
à savoir la matière et l’esprit.
La
matière :
Lors de son initiation le maçon est si je puis dire, dans
une gangue de
matière, le profane nouvellement initié
n’est pas à proprement dit encore un
maçon. C’est le rôle des trois premiers
grades de par l’enseignement
maçonnique, qui vont progressivement par le travail qui
s’en suit, dégager le
plus possible le maçon de sa prison de matière.
Le silence de l’apprenti permet
à mettre un peu d’ordre en lui-même,
ensuite le compagnon apprend à utiliser
les outils nécessaires à la contemplation de
l’Etoile Flamboyante, ébauche pour
lui de ce qu’est l’Esprit, puis le maitre sait
qu’il lui faut mourir à
lui-même, pour pouvoir construire le sanctuaire qui
recueillera l’esprit. Au
trois premiers degrés de la maçonnerie, il y a
des indices qui si l’on est
attentif ouvre un peu la porte qui doit nous conduire vers
l’Esprit. Les pas
maçonniques progressivement vont passer du contact sur le
sol terrestre, à une
première élévation dans
l’espace avec le grade de maitre. Nous commençons
à
nous affranchir de la pesanteur de la matière pour
éprouver la légèreté de ce
que peut être l’esprit dégagé
des contingences matérielles.
C’est la première étape dite de la
pierre brute et de la pierre taillée. Mais
comme constructeurs nous sommes toujours tributaires de la
densité, de la
dureté de la matière, et si nous contemplons la
Vouté étoilée, nous avons
toujours les pieds sur Terre et sommes toujours empoisonnés
par les
contingences matérielles, que sont
l’égoïsme, la suffisance,
l’orgueil, pour ne
citer que ces trois là.
L’espoir étant que nous pouvons faire le choix de
nous alléger en nous
débarrassant du fardeau de nos défauts !
La phase suivante, étant les ateliers de perfectionnement,
qui sont à cheval
sur le monde matériel et sur le monde spirituel. On se doit
d’apprendre à
maitriser nos sentiments les plus matérialistes, comme la
vengeance, afin de
pouvoir tourner la page de la mort d’Hiram, en toute
quiétude, considérant que
ce qui est fait est fait, que nous avons mieux à faire que
de nourrir des
sentiments vulgaires. Il nous faut construire le sanctuaire qui recevra
l’Esprit, construire bien entendu, mais pas
n’importe où. Nous avons quitté
l’équerre et le compas et nanti de ces deux
outils, c’est dans notre cœur que
nous devons aménager le sanctuaire destiné
à l’Esprit. Nous sommes encore dans
le monde matérialiste, ils nous restent à
franchir le pont qui relie les deux
rives du monde.
Pour
aborder le monde de l’Esprit, le Chevalier se doit de
maitriser sa propre
monture, qui est lui-même ! Cheval qui
jusqu’à présent, n’avait ni
rênes, ni
guides, mais peut être un jour qui deviendra
Pégase.
Et
l’esprit planait au dessus des eaux…
Le monde d’esprit, nous fait entrer de plain pied dans la
métaphysique, car il
ne vient pas de la Terre, mais du GADLU, il est
l’énergie atténuée du GADLU,
pour que tout fonctionne le mieux possible dans l’harmonie et
suivant les plans
du GADLU. Il n’est pas une création de
l’homme. Je pense que pour Etre, le
GADLU a besoin des existences terrestres et dont l’homme est
la forme la plus
achevé et la plus utile pour répondre au plan
divin du GADLU. Pour mettre en
marche la matière dont l’homme est
composé, il faut un moteur, l’Ame ou
l’anima, qui est l’activateur de cet
agglomérat de cellules que l’on appelle la
Vie ; Il y a une controverse que je me borne à souligner,
sans prendre partie
faute de la connaissance nécessaire, les animaux ont-ils une
Ame ? Certains
disent non, d’autres parlent d’une Ame collective.
Le
duo corps physique/Ame, existe, mais il manque si j’ose dire
l’essentiel, le
carburant où l’ESPRIT qui va faire fonctionner
tout cela. C’est une partie de
l’émanation du GADLU ; mais ce n’est pas
le GADLU lui-même, car sa puissance
est telle que l’homme ne pourrait pas supporter son contact.
Ceci étant posé,
reste à savoir comment les hommes vont utiliser cette
énergie. Il y a plusieurs
cas de figure, que l’on peut classer suivant cet ordre : ceux
qui nient toute
existence métaphysique, ceux qui ignorent tout simplement et
ceux qui au cours
des siècles ont élaboré ce que nous
nommons les religions.
Cette
émanation que nous nommons esprit à besoin pour
s’intégrer dans le couple
matière/âme, de trouver, un réceptacle
favorable à son épanouissement. C’est
l’énergie la plus puissante que l’homme
a à sa disposition. L’énergie/Esprit
est indifférencié, elle n’est au
départ ni bien, ni mal. Tout dépend de son
utilisation ou de sa non utilisation, par l’Homme.
Un
petit détour vers l’Alchimie pour mieux
comprendre. L’adepte de l’Alchimie,
part de la matière grossière pour arriver
après de nombreuses manipulations à
la matière subtile, c’est la même chose
pour l’homme qui au départ est mal
dégrossi, certes l’esprit est présent
depuis le début (encore une fois je
n’entre pas dans le débat qui s’instaure
sur le moment où le fœtus devient un
individu sexué) mais, trop souvent, il n’utilise
pas les possibilités que
l’esprit lui offre, disons que c’est la
majorité de l’humanité ; puis vous avez
l’homme qui cherche à savoir ce qu’il
fait ou ce qu’il doit faire sur Terre, il
a le choix entre deux voies, la religieuse, où en
règle général, on lui
expliquera le monde métaphysique mais
généralement il restera spectateur ; et
puis il y a le monde initiatique, et si dans un premier temps on lui
explique
le monde métaphysique, dans un second temps on lui confie
les outils pour qu’il
puisse utiliser l’Esprit afin que lui aussi participe
activement au monde
métaphysique. C’est en quelque sorte la
finalité de l’enseignement initiatique.
A
notre niveau initiatique, le Chevalier devient l’instrument
éclairé du GADLU.
Ii doit avoir fait en lui l’unité. N’est
il pas recommandé de rassembler ce qui
est épars ! Pour mieux agir dans la sagesse, et non dans la
précipitation.
La question étant au départ celle-ci : la
matière et l’esprit ont-ils une
existence indépendante ?
Si l’on considère que le GADLU est le principe
unitaire, il me semble difficile
de penser que son émanation sur Terre soit binaire et
plurielle. Mais nous
allons entrer dans le paradoxe, car si au départ la
création est unitaire, une
fois créée, elle devient plurielle en
franchissement la frontière qui sépare le
monde métaphysique du monde physique. Les
créatures que nous sommes, deviennent
pendant leur existence terrestre, plurielle et multiple. Mais nous
avons en
nous, insufflé par la création du GADLU le
principe de vie qui lui est
unitaire. Ne faisons pas comme ce chirurgien maçon de sont
état, qui disait
péremptoirement « sous mon scalpel, je
n’ai jamais trouvé l’Ame ! »
La matière est là, tout comme l’Esprit,
mais ce dernier est inactivée, il est
comme dans les contes, il attend son Prince charmant, il attend que
l’on vienne
l’utiliser pour le meilleur.
Pour
mieux comprendre le rôle du Chevalier, j’emprunte
au Soufisme, la citation
suivante : Maintenant la maison est prête, l’Esprit
peut y habité !
Pour moi, il n’y a pas de dichotomie entre la
matière et l’esprit, en nous le
principe unitaire c’est fait binaire, pour coller au mieux
des possibilités de
l’Homme, qui a cette suprême faculté, le
choix, soit de servir la matière, on
la bien vu dans certaines philosophies très
matérialistes comme aussi bien le
communisme ou encore son alter égo, le capitalisme, ou de se
consacrer
uniquement à l’Esprit, ce que fit pendant un
certain temps la chrétienté disant
que sur la pourriture du corps devait fleurir la rose de
l’Esprit. Pour nous
Chevalier Rose Croix, c’est ni l’un ni
l’autre, car notre but est de réunir les
deux pour un seul but, servir le dessein du GADLU, être les
intermédiaires, les
intercesseurs du principe unitaire afin de faire ce que nous a
demandé d’une
façon relativement claire le GADLU, lors de la
Création, et que l’on trouve
dans la Genèse en nommant les animaux, c’est
d’être les architectes de la
Création terrestre
Pierre LENGYEL