18° #415012

Le chevalier d’Orient et d’Occident est chevalier de l’esprit

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Très Sage et vous tous mes FF chevaliers Rose + Croix

Il convient de souligner en préambule, l’apport de la Chevalerie moyenâgeuse, en soulignant son rôle dans la société médiévale, au côté des moines comme des bâtisseurs de cathédrales. Je juge utile de remettre en mémoire le code d’honneur de la Chevalerie, tout en laissant de côté les trois premiers articles, qui ne concernent essentiellement que la religion : l’article 3 nous dit ceci : Tu auras le respect de toutes les faiblesses et t’en constitueras le défenseur. En maçonnerie on dirait qu’il faut défendre la Veuve et l’Orphelin.

Article 4 : tu aimeras le pays où tu es né
Article 5 : tu ne reculeras pas devant l’ennemi, en maçonnerie c’est nous même l’ennemi !
Article 7 : tu t’acquitteras exactement de tes devoirs féodaux, s’ils ne sont pas contraires à la Loi de Dieu
Article 8 : tu ne mentiras point et sera fidèle à la parole donné
Article 9 : tu seras libéral et feras largesse à tous
Article 10 : tu seras partout et toujours le champion du droit et du bien contre l’injustice et le mal.
Observons que le code de la Chevalerie s’inspire de l’enseignement du Christ !

Voilà brièvement résumé le code moral de la Chevalerie, code qui fut repris par la maçonnerie spéculative sous une autre forme, mais dont le fond reste le même. Mais l’on voit aussi qu’il n’est nullement question des armes physiques du chevalier comme l’épée, l’essentiel étant pour le Chevalier les valeurs morales et l’Esprit qui doit l’animer.

Revenons donc à la question qui nous préoccupe à savoir la matière et l’esprit.

La matière :
Lors de son initiation le maçon est si je puis dire, dans une gangue de matière, le profane nouvellement initié n’est pas à proprement dit encore un maçon. C’est le rôle des trois premiers grades de par l’enseignement maçonnique, qui vont progressivement par le travail qui s’en suit, dégager le plus possible le maçon de sa prison de matière. Le silence de l’apprenti permet à mettre un peu d’ordre en lui-même, ensuite le compagnon apprend à utiliser les outils nécessaires à la contemplation de l’Etoile Flamboyante, ébauche pour lui de ce qu’est l’Esprit, puis le maitre sait qu’il lui faut mourir à lui-même, pour pouvoir construire le sanctuaire qui recueillera l’esprit. Au trois premiers degrés de la maçonnerie, il y a des indices qui si l’on est attentif ouvre un peu la porte qui doit nous conduire vers l’Esprit. Les pas maçonniques progressivement vont passer du contact sur le sol terrestre, à une première élévation dans l’espace avec le grade de maitre. Nous commençons à nous affranchir de la pesanteur de la matière pour éprouver la légèreté de ce que peut être l’esprit dégagé des contingences matérielles.

C’est la première étape dite de la pierre brute et de la pierre taillée. Mais comme constructeurs nous sommes toujours tributaires de la densité, de la dureté de la matière, et si nous contemplons la Vouté étoilée, nous avons toujours les pieds sur Terre et sommes toujours empoisonnés par les contingences matérielles, que sont l’égoïsme, la suffisance, l’orgueil, pour ne citer que ces trois là.
L’espoir étant que nous pouvons faire le choix de nous alléger en nous débarrassant du fardeau de nos défauts !
La phase suivante, étant les ateliers de perfectionnement, qui sont à cheval sur le monde matériel et sur le monde spirituel. On se doit d’apprendre à maitriser nos sentiments les plus matérialistes, comme la vengeance, afin de pouvoir tourner la page de la mort d’Hiram, en toute quiétude, considérant que ce qui est fait est fait, que nous avons mieux à faire que de nourrir des sentiments vulgaires. Il nous faut construire le sanctuaire qui recevra l’Esprit, construire bien entendu, mais pas n’importe où. Nous avons quitté l’équerre et le compas et nanti de ces deux outils, c’est dans notre cœur que nous devons aménager le sanctuaire destiné à l’Esprit. Nous sommes encore dans le monde matérialiste, ils nous restent à franchir le pont qui relie les deux rives du monde.

Pour aborder le monde de l’Esprit, le Chevalier se doit de maitriser sa propre monture, qui est lui-même ! Cheval qui jusqu’à présent, n’avait ni rênes, ni guides, mais peut être un jour qui deviendra Pégase.

Et l’esprit planait au dessus des eaux…
Le monde d’esprit, nous fait entrer de plain pied dans la métaphysique, car il ne vient pas de la Terre, mais du GADLU, il est l’énergie atténuée du GADLU, pour que tout fonctionne le mieux possible dans l’harmonie et suivant les plans du GADLU. Il n’est pas une création de l’homme. Je pense que pour Etre, le GADLU a besoin des existences terrestres et dont l’homme est la forme la plus achevé et la plus utile pour répondre au plan divin du GADLU. Pour mettre en marche la matière dont l’homme est composé, il faut un moteur, l’Ame ou l’anima, qui est l’activateur de cet agglomérat de cellules que l’on appelle la Vie ; Il y a une controverse que je me borne à souligner, sans prendre partie faute de la connaissance nécessaire, les animaux ont-ils une Ame ? Certains disent non, d’autres parlent d’une Ame collective.

Le duo corps physique/Ame, existe, mais il manque si j’ose dire l’essentiel, le carburant où l’ESPRIT qui va faire fonctionner tout cela. C’est une partie de l’émanation du GADLU ; mais ce n’est pas le GADLU lui-même, car sa puissance est telle que l’homme ne pourrait pas supporter son contact. Ceci étant posé, reste à savoir comment les hommes vont utiliser cette énergie. Il y a plusieurs cas de figure, que l’on peut classer suivant cet ordre : ceux qui nient toute existence métaphysique, ceux qui ignorent tout simplement et ceux qui au cours des siècles ont élaboré ce que nous nommons les religions.

Cette émanation que nous nommons esprit à besoin pour s’intégrer dans le couple matière/âme, de trouver, un réceptacle favorable à son épanouissement. C’est l’énergie la plus puissante que l’homme a à sa disposition. L’énergie/Esprit est indifférencié, elle n’est au départ ni bien, ni mal. Tout dépend de son utilisation ou de sa non utilisation, par l’Homme.

Un petit détour vers l’Alchimie pour mieux comprendre. L’adepte de l’Alchimie, part de la matière grossière pour arriver après de nombreuses manipulations à la matière subtile, c’est la même chose pour l’homme qui au départ est mal dégrossi, certes l’esprit est présent depuis le début (encore une fois je n’entre pas dans le débat qui s’instaure sur le moment où le fœtus devient un individu sexué) mais, trop souvent, il n’utilise pas les possibilités que l’esprit lui offre, disons que c’est la majorité de l’humanité ; puis vous avez l’homme qui cherche à savoir ce qu’il fait ou ce qu’il doit faire sur Terre, il a le choix entre deux voies, la religieuse, où en règle général, on lui expliquera le monde métaphysique mais généralement il restera spectateur ; et puis il y a le monde initiatique, et si dans un premier temps on lui explique le monde métaphysique, dans un second temps on lui confie les outils pour qu’il puisse utiliser l’Esprit afin que lui aussi participe activement au monde métaphysique. C’est en quelque sorte la finalité de l’enseignement initiatique.

A notre niveau initiatique, le Chevalier devient l’instrument éclairé du GADLU. Ii doit avoir fait en lui l’unité. N’est il pas recommandé de rassembler ce qui est épars ! Pour mieux agir dans la sagesse, et non dans la précipitation.
La question étant au départ celle-ci : la matière et l’esprit ont-ils une existence indépendante ?
Si l’on considère que le GADLU est le principe unitaire, il me semble difficile de penser que son émanation sur Terre soit binaire et plurielle. Mais nous allons entrer dans le paradoxe, car si au départ la création est unitaire, une fois créée, elle devient plurielle en franchissement la frontière qui sépare le monde métaphysique du monde physique. Les créatures que nous sommes, deviennent pendant leur existence terrestre, plurielle et multiple. Mais nous avons en nous, insufflé par la création du GADLU le principe de vie qui lui est unitaire. Ne faisons pas comme ce chirurgien maçon de sont état, qui disait péremptoirement « sous mon scalpel, je n’ai jamais trouvé l’Ame ! »
La matière est là, tout comme l’Esprit, mais ce dernier est inactivée, il est comme dans les contes, il attend son Prince charmant, il attend que l’on vienne l’utiliser pour le meilleur.

Pour mieux comprendre le rôle du Chevalier, j’emprunte au Soufisme, la citation suivante : Maintenant la maison est prête, l’Esprit peut y habité !
Pour moi, il n’y a pas de dichotomie entre la matière et l’esprit, en nous le principe unitaire c’est fait binaire, pour coller au mieux des possibilités de l’Homme, qui a cette suprême faculté, le choix, soit de servir la matière, on la bien vu dans certaines philosophies très matérialistes comme aussi bien le communisme ou encore son alter égo, le capitalisme, ou de se consacrer uniquement à l’Esprit, ce que fit pendant un certain temps la chrétienté disant que sur la pourriture du corps devait fleurir la rose de l’Esprit. Pour nous Chevalier Rose Croix, c’est ni l’un ni l’autre, car notre but est de réunir les deux pour un seul but, servir le dessein du GADLU, être les intermédiaires, les intercesseurs du principe unitaire afin de faire ce que nous a demandé d’une façon relativement claire le GADLU, lors de la Création, et que l’on trouve dans la Genèse en nommant les animaux, c’est d’être les architectes de la Création terrestre

Pierre LENGYEL

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