La Chevalerie Spirituelle
G∴ M∴
A la Gloire
du Grand Architecte de L’Univers
Ordo Ab Chao – Deus Meumque Jus
Sous la juridiction du Suprême Conseil pour la France des Souverains
grands Inspecteurs
Généraux du 33ème et dernier Degré du Rite Ecossais Ancien et
Accepté
Introduction
Quand l’on parle de Chevalerie l’on se rappelle nos livres d’histoire et immédiatement ce qui viens à l’esprit. C’est l’image d’un guerrier sur son destrier maniant l’épée, seul ou en formation militaire. Cette chevalerie est celle des armes. Au-delà de cette Chevalerie des armes, il y a la Chevalerie légendaire c’est celle de la table ronde, cette Chevalerie celtique liée à la Chevalerie Templière ou historique et enfin celle qui couronne ou rassemble la Chevalerie Spirituelle.
Cette Chevalerie Spirituelle est en quelque sorte l’aboutissement la synthèse de la Chevalerie légendaire et de la Chevalerie Templière par la pratique des vertus qu’elle incarne.
La Quête Initiatique dans la Franc Maçonnerie.
Dans les premiers degrés de la maçonnerie de métier ou artisanale nous avons appris à nous connaître nous même, pour nous construire ou nous reconstruire, c’est le début d’un processus initiatique par la pratique des grades de construction au travers de la légende de la construction du temple de Salomon. Ils s’étendent du 1er degré au 13ème degré. Après avoir reçu la lumière, suivit l’étoile flamboyante, s’être élevé pour construire notre temple intérieur maitrisant notre moi. Le temple fut construit, puis détruit, la parole perdue. Les grades suivants nous ont permis de poursuivre la quête en élevant notre esprit vers le très haut renonçant aux ténèbres, à la vengeance pour continuer notre recherche de la grande lumière. Nous avons accompli notre devoir à la recherche de la parole perdue en quête de la lumière et du nom de l’ineffable.
Cette construction intérieure ce renoncement à la matérialité a permis à l’élu de se rapprocher de la divinité. De recueillir en lui cette parcelle de divin qui le rapproche de la spiritualité avec le choix préférable de la vertu par rapport au vice, il assumé sa part d’ombre et entrepris de s’orienter vers la grande lumière, il est l’élu au 14ème degré. Ayant accepté de se transformer, sa progression continue, elle n’est plus interrompue, les travaux ne sont plus fermés mais suspendus. Sommes nous, pour autant en permanence dans l’espace sacré ?
Le Chapitre et les grades Chevaleresques.
Parvenu à l’élévation au 18ème degré, la quête initiatique se décline d’une manière différente, ayant abandonné la construction du temple pour se consacrer à d’autres constructions plus spirituelles. Le Chevalier sur son destrier ou à pied part à la conquête du monde armé de sa truelle, mais aussi de son épée symbole de la force acquise et maîtrisée.
Les chevaliers vont portés au dehors du temple, la paix, la foi, la charité et l’espérance. Le chevalier spirituel a fait un choix il partira combattre les ténèbres que sont l’ignorance, l’ambition, l’égoïsme. Il a fait au sens stoïcien le choix préférable de la vertu par rapport au vice, il sait qu’il se situe entre le ciel et la terre et il aspire à cette parcelle de divinité qui lui permettra de se transformer et de transformer le monde qui l’entoure avec l’aide du grand architecte de l’univers.
Le chevalier spirituel est celui qui combat sans cesse pour sauver sa lumière intérieure qui lui vient de DIEU. Il veut faire taire en lui son ego. Le chevalier après avoir construit, agit maintenant pour être en permanence auprès de DIEU.
Le devoir du chevalier Rose Croix est de combattre pour porter dans le monde temporel, la lumière spirituelle, d’introduire du sacré dans le profane. Il cherchera le rapprochement des vertus cardinales qui sont : la tolérance, la prudence, la justice et la force, avec les vertus théologales qui sont la Foi, la Charité et l’espérance. Il y parviendra après son renoncement à la matérialité, par sa générosité, sa modestie, son humilité, sa rectitude et sa fidélité à la parole donnée.
Cette marche vers le divin, cette quête vers le GRAAL est réservée à un petit nombre d’élus choisis par leurs prédécesseurs, ils constituent ensemble une chaine reliée par leur amour fraternel. Sans lequel ils ne pourraient prétendre faire partie de cette chevalerie spirituelle, qui est récompense de leurs efforts passés mais surtout exigence permanente des efforts à accomplir, pour atteindre ce que l’on qualifie de supra lumière inaccessible sans le secours des autres et l’aide du grand architecte.
La chevalerie spirituelle est donc cette marche vers le divin, et comme me le disais récemment un frère plus expérimenté, arrivé à ce stade, le renoncement est rare voire impossible. Mais il faut beaucoup de courage et de force ce sont là également des qualités requises pour poursuivre ce chemin.
Les différentes Sources de Chevalerie Spirituelle
Il existe plusieurs sources de chevalerie spirituelles traditionnelles elles vous sont pour la plupart connues, je me contenterais de les citées rapidement sachant que leur but commun est la recherche de la tradition primordiale de l’un.
Je citerais donc la Chevalerie du Graal et ces trois chevaliers mythiques : Lancelot, Perceval, Galaad. Qui passeront de la faute, de l’égarement à la révélation, puis l’expiation et la purification. Je citerais les templiers qui tentèrent de réunir ce qui est épars en rapprochant les traditions d’orient et d’occident pour en faire une synthèse métaphysique. Je citerais également la chevalerie Islamique et le soufisme, ésotérisme de l’islam.
Ces chevaleries spirituelles dont la quête initiatique commune est un voyage vers l’un, qui doit s’accomplir après avoir reconstruit son temple intérieur, c’est la progression du V I T R I OL à l’ I N R I. De la recherche de la pierre cachée à la purification par le feu grâce à l’amour.
Le Combat du Chevalier Spirituel
Quel est en définitive le combat du chevalier spirituel ? C’est la recherche du beau, de l’un, de la vérité ou pleine lumière, du centre, de DIEU.
La quête du chevalier spirituel s’accomplit d’abord en lui-même, il devra descendre dans le monde des ténèbres, le monde d’en bas. Ce chevalier de l’apocalypse devra accomplir ce cycle pour remonter vers le ciel.
Le chevalier spirituel doit admettre de se reconstruire, de s’ouvrir vers un moi spirituel véritable. Comme le dit Henri CORBIN de se régénéré en un être imaginal et non pas imaginaire. Dans cet être imaginal, réel se rassemblent toutes les forces physiques et psychiques au centre, au milieu, le corps recréé, rénové en quelque sorte aboutit en une nouvelle juvénilité, ou les combats matière et esprit n’ont plus court, une harmonie originelle est retrouvée.
Arrivé à ce stade de régénération le chevalier spirituel, doit se garder de prétendre à un pouvoir personnel le ramenant à son égoïsme, tant combattu ou au mysticisme, qui le placerais hors du monde qu’il envisage de conquérir. Le chevalier spirituel, devient dans cette harmonie retrouvée serviteur de DIEU. Il doit reconnaissance et fidélité, il était en quelque sorte en état de mort spirituelle et DIEU lui a donné une nouvelle vie. Le chevalier doit maintenant transmettre, il sera porteur de lumière grâce à sa juvénilité retrouvée. Il doit poursuivre sa quête dans le monde.
Etes- vous Chevalier Rose – Croix ? J’ai ce bonheur.
Il y a de toute évidence un lien entre le Chevalier Rose-Croix et la Chevalerie Spirituelle. En examinant la classification que fait PLOTIN des hommes et en réfléchissant à mon parcours initiatique au sein de la Franc-Maçonnerie de tradition. J’ai peut être l’explication de ce bonheur. En effet la classification de PLOTIN semble convenir au Chevalier Rose-Croix. Plotin décrit trois sortes d’hommes :
1) les charnels : ils ne se préoccupent que des choses matérielles, leurs joies sont la bonne chère, les femmes et l’amitié. Les charnels peuvent être fraternels. Ils seront initiés pour leur fraternité et qu’ils sont en général de bonne compagnie et gais. Les hommes étant perfectibles ! Ils auront leurs places en loge bleue.
2) les psychiques : les hommes psychiques vont plus loin que les hommes charnels, ils se préoccupent de choses qui ne sont pas matérielles. Ils sont sensibles à la beauté, instruits ils aiment à philosopher, il leurs arrivent même de rêver à un monde meilleur. Par contre ils nient toute croyance ils sont en général athées. Initiés pour leur bel d’esprit, leurs qualités intellectuelles, leurs connaissances philosophiques. Néanmoins leurs progressions initiatiques seront limitées, ils ont également leur place en loge bleue. Ils peuvent connaître l’illumination.
3) les spirituels : ces derniers vivent par l’esprit, ils imaginent que l’univers ne se limite pas à ce qu’ils voient. Ils croient en un principe supérieur, créateur et qui s’est révélé aux hommes. Ces hommes sont des initiés en puissance. S’ils sont initiés, leur progression initiatique les mènera vers le divin, ils auront ce bonheur.
Le maçon initié au rite écossais ancien et accepté ayant en lui les germes de l’homme spirituel grâce à sa pratique régulière du rite, à sa vigilance et sa persévérance, à la recherche de son être intérieur, de son double spirituel qui est son ange protecteur il va parcourir le chemin qui le mènera de l’homme charnel matérialiste, vers l’homme spirituel universel. Vivant dans le monde il fait ce chemin en fraternité avec ses frères. Ces frères armés de la truelle et de l’épée construisent d’abord en eux-mêmes et ensuite au sein de l’humanité une fraternité de chevaliers spirituels.
Le chevalier spirituel adoubé le genou à terre en signe de modestie et d’humilité, mais aussi armé de sa force intérieure maitrisée, aura pour mission de transmettre le message d’amour. Amour fraternel seul capable de nous relier au Divin. Le chevalier spirituel devient alors ami de Dieu, c’est le but ultime de sa recherche.
Mais ce n’est que grâce à la force de l’agapaé de ses frères que l’on peut prétendre à dire « j’ai ce bonheur ».
Ce bonheur n’est pas béatitude définitive en effet le chevalier est le maillon d’une lignée ininterrompue, qui se régénère de chevalier en chevalier. Qui ont choisis le monde spirituel, et ont promis de le parcourir tels de bons pasteurs pour y rechercher les brebis égarées.
Le chevalier spirituel peut prétendre y parvenir grâce à sa foi qui est la poursuite de sa réalisation spirituelle, en pratiquant la charité qui permet le renouvellement universel et avec le secours de l’espérance.
Sa mission ne pourra se réaliser qu’avec l’aide des ses frères chevaliers et du grand architecte de l’univers.
J’ai dit Très Sage Athirsata et vous tous mes frères Chevaliers Rose-Croix
Bibliographie :
Rituel du 18ème degré
J’ai ce bonheur de Claude Guérillot
L’homme et son Ange de Henri Corbin
Tradition Ecossaise N°19
Le Littré