18° #415012

La Notion de Centre du 1er au 18ème

Auteur:

G∴ R∴

Obédience:
Non communiqué
Loge:
Non communiqué
A la gloire du Grand Architecte de l’Univers
Ordo ab Chao
Deus meumque jus
Au nom et sous la juridiction du Suprême Conseil des Souverains Grands Inspecteurs
Généraux du 33ème et dernier degré
du Rite Ecossais Ancien et Accepté pour la France

La Notion de Centre du 1er au 18ème

La notion de Centre

La notion de Centre est riche de multiforme. La notion la plus courante est le point d’où irradie l’énergie universelle (phénomène de systole) et où elle vient en retour se concentrer (phénomène de diastole). Cette notion de centre fait immédiatement penser au cœur de l’homme et à la manifestation de l’univers. Le centre fait penser à beaucoup d’autres choses et sa représentation est multiple.

D’un point de vue spirituel, le centre n’a en réalité aucune localisation précise (dictionnaire des symboles).

Pascal citant Hermès Trismégiste : « Dieu est une sphère dont le centre est partout et la circonférence nulle part » – ce qui signifie que sa présence est universelle et illimitée, qu’elle est au centre invisible de l’être, indépendamment du temps et de l’espace.

Dans la loge symbolique, la notion de centre est perceptible dès la cérémonie d’initiation au grade d’apprenti.

La première épreuve, « l’épreuve de la terre », à laquelle est soumis l’impétrant à lieu dans un lieu de méditation clos, obscure, rappelant une caverne, appelé cabinet de réflexion.

Le cabinet de réflexion symbolise une descente intérieure au centre de la terre. Le passage d’un cycle à l’autre s’accomplit dans l’obscurité, ce qui correspond également à un changement d’état. Ce peut être aussi le retour dans le ventre maternel, à l’origine, au centre.

Le cabinet de réflexion marque le point de départ d’une vie nouvelle. Les objets symboliques, les figures et les devises doivent éveiller la spiritualité qui est latente dans l’homme et que la réalisation spirituelle de ce dernier passe par le retour au centre : V.I.T.R.I.OL.

Dés que le profane pénètre dans le temple, il sent la pointe d’une épée à l’endroit du cœur.- le cœur qui a été évoqué au début est probablement, par analogie à VITRIOL, l’endroit le plus sacré dans l’homme. Nous connaissons son importance dans le fonctionnement physiologique de l’homme, nous avons appris la sémantique en relation avec l’amour, la fraternité, la charité, etc. liée à cet organe.

La pointe de l’épée est retirée lorsque le profane répond au Vénérable Maître qu’il met sa confiance en Dieu qui, ici, est symbolisé par le cœur de l’homme; c’est-à-dire son centre spirituel, car Dieu est au centre de lui-même.

Lorsque le profane prête son serment sur la coupe des libations, l’Expert lui fait mettre sa main droite sur son cœur, c’est-à-dire sur le principe divin en l’homme.

En ce qui concerne la purification du profane par le feu, elle se fait au centre de la loge sous le fil à plomb, c’est-à-dire sur l’axe du monde afin qu’il puisse vivre son éveil spirituel.

Lorsque le récipiendaire prête son serment sur les trois grande lumières de la Franc Maçonnerie, le Maître de cérémonies le fait agenouillé sur le genou gauche, place sa main droite sur les trois grandes lumières et met dans sa main gauche un compas ouvert dont une des pointes est appuyée sur le cœur, l’autre dirigée vers le ciel – De la sorte le compas ainsi placé forme un trait d’union entre le Créateur, le Principe et la créature manifestée. Nous pouvons dire que l’homme participe dans la manifestation à l’œuvre de Dieu, la pointe du compas appuyée sur son cœur, sur son centre en témoigne, le Créateur et une petite parcelle de la créature ne font qu’Un. La confirmation du serment solennel se fera de la même façon.

La notion de centre au deuxième degré apparaît nettement avec l’Etoile Flamboyante. Comme son l’indique, elle flamboie avec éclat de son centre et ses cinq pointes figurent les sens de l’homme porteur de lumière. Au centre de l’Etoile Flamboyante figure la lettre G qui représente la Géométrie, symbole par excellence de l’intelligence humaine, mais aussi G comme Grand Géomètre de l’Univers qui porte en lui l’Intelligence Suprême. Là aussi, nous retrouvons l’Univers entre le Créateur et sa créature, entre l’Intelligence Suprême et l’intelligence humaine qui passe par le centre fusionné du monde intelligible et du monde sensible. L’Etoile Flamboyante est le guide permanent de la quête du Compagnon car elle représente le Principe divin dans l’homme.

Nous observons que la marche de l’apprenti s’effectue sur une ligne médiane qui passe par le centre de la Loge ; Les deux pas du compagnon qui suivent les trois pas de la marche de l’apprenti, avec un pas vers la droite par le pied droit, puis un pas vers la gauche par le pied gauche pour reprendre l’alignement initial médian dans un mouvement vers le centre de la Loge.

Le troisième degré apporte une notion encore plus marquée de centre avec notamment le thème de la circumambulation en décrivant un cercle autour du récipiendaire. Le thème de la circumambulation est vieux comme le monde ; les anthropologues représentent parfois nos ancêtres primitifs déambulant les uns derrière les autres autour d’un feu central, d’un moribond, d’un homme frappé de mort récente… Le rite de circumambulation met en évidence et crée en quelque sorte « le centre ».

Le thème évoque au troisième degré le tout début de la réorganisation de l’endroit pour pouvoir réintégrer la Chambre du Milieu. Neuf Maîtres vont tourner en martelant leurs pas et formant ainsi un cercle sonore.

Dans ce passage de l’œuvre au noir, le candidat peut néanmoins comprendre que, s’il y a un centre, il pourrait être au centre et il pourrait même devenir le centre. Toujours animé de son intuition spirituelle, le candidat comprend que tout ce qui est épars peut alors se rassembler dans un mouvement de la multitude vers l’Unité, vers le Centre.

Le thème de l’acacia dans le mythe d’Hiram joue un rôle déterminant parce qu’il symbolise la mort physique habitée par l’immortalité de l’esprit. Et l’Esprit c’est le centre, le Principe Divin d’où tout émane et où tout est réintégré. A la lueur du crépuscule une branche d’acacia est aperçue sur le tertre, elle s’arrache de la terre comme le doigt s’arrache de la mort, mais la couleur verte de l’acacia indique sa nature persistante c’est-à-dire que l’esprit continue à vivre sous une apparence de la mort. L’acacia planté sur la sépulture du Maître ne reflète définitivement pas la mort mais l’Esprit immortel du Maître, celui qui ne meurt jamais. – Le retour au Centre, le retour à l’Etre, le retour à l’Un.

Le thème de la palingénésie évoque lui aussi la notion de centre. – Le Très Vénérable Maître accomplit les cinq points parfaits de la maîtrise et s’exclame à voix haute : « Dieu soit loué ! Le Maître est retrouvé et il reparait aussi radieux que jamais ! »

Le nouveau Maître rayonne parce qu’il se trouve au centre du cercle et qu’il exprime la voie qui mène désormais vers l’accomplissement, l’ordre, la fraternité et l’excellence, vertus qui appartenaient intégralement à Maître Hiram. – Ce dernier était le Centre, le nouveau Maître s’en rapproche étroitement pour à son tour rayonner sur son environnement.

Au quatrième degré, il y a changement de plan. Une nouvelle orientation s’offre au Maître Secret avec la verticalité. – S’éloigner du géocentrisme vers l’héliocentrisme implique forcément une notion de centre différente. Dans ce mouvement ascensionnel il est dit que « l’éclat du jour a chassé les ténèbres et la Grande Lumière commence à paraître ». – Par analogie, cela veut dire que l’homme, ayant pacifié son animalité en assimilant notamment la connaissance de Soi, c’est-à-dire la machine mécanique, le Moi égotiste, avec les trois premiers degrés, peut alors, dans un mouvement inverse, aller à la découverte de son Essence, de l’Etre en lui, de son Etre intérieur qui rayonne en lui. Cet Être intérieur, c’est notre source d’où tout émane et où tout retourne, c’est la partie la plus sacrée de l’homme, son Centre divin, son Saint des Saint. Le mouvement ascendant et descendant est centré sur un même axe, celui de la verticalité, afin de parvenir à l’éveil véritable de l’Etre et de s’ouvrir l’accès aux secrets de la structure intime de l’Univers dont l’homme fait naturellement partie. Le rituel du 4ème degré fait état explicitement, parfois implicitement, des différents états qui habitent l’homme. – Les états physiologique, biologique, émotionnel, psychologique et spirituel de l’homme qui sont épars autour de son Être et que le Maître Secret va devoir relier à son Centre. – Le chemin de l’épars vers le Centre, vers l’Unité est le message essentiel de la Loge de Perfection notamment au 4ème degré. – Car c’est au Centre d’un Temple intérieur harmonieusement construit que l’Etre peut s’éveiller, s’animer, se développer pour tenter d’édifier un Chef d’œuvre.

Au cinquième degré, il est rapporté que le cœur d’Hiram Abif fut scellé dans une urne funéraire transpercée d’une épée et placée au sommet d’un obélisque. Le corps du Maître fut enterré dans une salle indépendante du Temple, identifié par un magnifique monument de marbre blanc et noir.

L’obélisque par sa verticalité est symbole de l’esprit qui s’élève de la terre vers le ciel, lien ou jonction entre deux mondes (l’axis mundi). Être Maître Parfait, c’est dresser le corps comme un obélisque entre la terre et le ciel qui forme un trait d’union pour marquer sa double appartenance dans le monde.

L’urne est un écrin qui renvoie au symbolisme de la demeure, du refuge comme la caverne ou la mère qui contient la matrice du centre universel du monde et de l’homme.

Le cœur peut être considéré comme le centre humain mais aussi le centre divin, le siège des sentiments élevés mais aussi de l’intelligence et de la sagesse.

Le cœur du Maître assassiné qui symbolise le centre placé dans une urne transpercée d’une épée, elle-même symbole de l’esprit éclairé et de la direction de sa quête.

Lorsque le Roi Salomon contemple le mausolée, l’obélisque etc. et s’exclame « Tout est parfait », il manifeste sa satisfaction à la vue de la beauté du travail accompli qui sur le plan matériel et spirituel met en évidence l’épanouissement et l’achèvement du centre perfectible de l’homme.

Au neuvième degré, le rituel nous dit que la caverne représente la conscience humaine, la lampe représente la lumière qui éclaire la conscience alors que le buisson représente l’ignorance et les préjugés qui empêchent la Lumière d’éclairer la conscience. – L’eau de source permet d’assouvir la soif (de vengeance), elle symbolise en général l’origine de la vie.

Il s’agit pour le Maître Elu des Neuf de retrouver le centre de son Être intérieur animé par la conscience éclairée de l’homme en quête d’élévation qui le pousse à faire appel à sa Raison afin de ne pas être esclave des passions induites par le mental, lesquelles ne peuvent qu’entrainer une perpétuelle succession de réactions et donc de souffrances (pulsion de vengeance sous couvert de la justice).

Au 12ème degré, la notion de centre pour le Grand Maître Architecte est la construction en lui du Temple Universel, en prenant l’exemple du Temple de Salomon comme modèle d’une réalisation parfaite. Le temple bâti par Salomon est l’image du cœur qui abrite la chambre secrète où séjourne l’Eternel – le Saint des Saints.

L’homme possède lui aussi son Saint des Saints, la partie la plus sacrée en lui, celle où il va se centrer pour bâtir son Temple intérieur.

Citant Saint Paul : « Ne savez vous pas que vous êtes un Temple de Dieu, et que l’Esprit de Dieu est en vous ? »

La construction du Temple intérieur est un acte spirituel comme l’était aussi tout acte d’édification matérielle chez nos ancêtres. Sa mission est de poursuivre l’œuvre de la Création de Dieu, s’approcher de la perfection car Dieu est la perfection. C’est l’esprit qui est en lui, comme le centre l’est au cercle, qui fait jaillir la Connaissance sur les choses de la Nature pour en réfléchir l’image ou l’idée. Mais ce n’est que lorsque la faculté du « vouloir » (d’où le nom bien approprié de cette loge de GMA en tant que « lieu où l’on veut ») est mise en œuvre, que la divine intelligence s’exprime et que le Génie parle en lui, que le Temple Intérieur pourra s’édifier basé sur ses connaissances, après avoirs symboliquement éliminé les obstacles en une claire vision de ce que nous voulons.

Aborder la notion de centre aux 13ème et 14ème degrés devient difficile puisque nous côtoyons le monde divin, dernier palier de la progression de l’homme avant la transcendance suprême qu’il serait bien prétentieux d’évoquer, en raison de l’infirmité humaine. Mais dans notre quête spirituelle, cela ne doit plus nous empêcher d’aborder les aspects de la création (Créateur et créatures) afin de rechercher sur terre ce que nous sommes véritablement, authentiquement, interrogation permanente du mystère de la création. C’est précisément avec l’identification de son centre originel que nous tentons d’y parvenir, toute une vie durant.

Selon la légende du Chevalier de Royal Arche, le chef des mages, animé par un acte volontariste, va s’emparer du bijou sacré d’Hiram au fond du puits. Une fois remonté à la surface, le chef des mages et ses deux compagnons, poussés par leur intuition, décident de s’enfoncer plus profondément à partir de la porte de bronze précédemment identifiée par le chef. De porte en porte, de voûte en voûte, les trois mages vont progresser jusqu’à la neuvième voûte où se trouve la Pierre d’Agathe posée sur l’autel du Temple d’Hénoch et qui est le siège de l’immanence.

La Pierre d’Agathe de par sa nature et ses qualités a le pouvoir de capter en son centre la vibration principale et de la décliner en vibrations secondaires. Cette pierre reçoit l’Essence Principiel Y.H.V.H. et la transforme en un nom Adonaï qui n’est qu’un symbole respectable. Y.H.V.H. est l’Essence Principielle qui relie tout ce qui existe à Elle, même ce qui embrasse tout dans le Soi-Suprême et Universel. Cette Essence émane du Centre Principiel et descend de palier en palier sur l’échelle séphirotique et parvient au plus profond de l’être humain, au centre de sa partie la plus sacrée, son Saint des Saints. Le tétragramme Y.H.V.H., le mot sacré par excellence, le mot ineffable qui ne doit pas être prononcé relie avec chacun de ses lettres le Centre Principal au Centre Divin en l’homme.

Y révèle le monde de l’Emanation, H le monde de la Création, V le monde de la Formation et H la présence divine dans le monde terrestre. Ces lettres représentent la conception Suprême, le Centre de l’Idée. Mais le Centre Principiel, l’Immuable, l’Inaltérable, ne peut être nommé, le tétragramme ne fournit que la trame du Nom de Dieu car prononcer ce Nom serait réducteur, voire opposé à l’UN car impliquant de la sorte la séparation du Principe, ce qui est inconcevable. Et puisque le Principe ne peut être prononcé, le Chevalier de Royal Arche doit simplement, en toute humilité, le vivre en lui, pour contribuer à la participation de l’œuvre divine. Il le peut car il sait que le Centre Principiel est en permanence relié à son centre le plus sacré, son immanence.

La notion de centre au 18ème degré est l’Amour. Le champ lexical maçonnique de l’Amour au 18ème degré est la Rose, le Feu, le Cœur.

Avant de venir s’épanouir au centre de la croix, la rose a subi bien des métamorphoses. Convergence de trois symbolismes, celui du REAA, de l’alchimie et du Christianisme ; elle est la quintessence de ce qu’il y a de plus élevé et de plus noble dans l’homme, car elle représente l’homme, l’homme primordial reconstitué.

La rose des alchimistes comporte sept roses réparties sur la croix. Il faut y voir une analogie avec les sept églises de l’Apocalypse, avec les sept chakras de l’Indouisme représentant les sept niveaux de conscience qui structurent l’homme. L’emblème des Chevaliers Rose-Croix est la rose placée au centre de la croix, c’est-à-dire à l’emplacement du cœur du Christ, le Sacré Cœur. Le cœur de Jésus Christ est considéré comme organe de son humanité et symbole de son amour pour les hommes. La rose au centre de la Croix est la sixième rose des alchimistes. – C’est le plan où l’homme à la faculté de se rapprocher de Dieu, d’être le plus près possible du divin comme il n’a jamais pu l’être et le faire avec tout son cœur et toute son âme afin de générer l’unité entre l’adorateur et l’adoré. C’est le lieu du centre, le lieu de la réunion.

La rose au centre de la croix montre la voie a emprunter pour tenter de parvenir jusqu’a la Supra conscience, l’Atmâ des théosophes, atteindre la 7ème rose ou le 7ème plan de conscience qui symbolise la fusion avec le divin, juste au dessus de la 6ème rose, au dessus du centre à l’endroit où est placé l’inscription I. N. R. I., seul passage où peut entrer l’Esprit Saint qui, comme au jour de la Pentecôte, frappa le sommet de la tête des Apôtres, et qui se manifesta par des lames de feu. – La 7ème rose c’est la perfection achevée, la naissance à la vie de l’esprit, à l’immortalité. – Le Chevalier Rose Croix, comme la 6ème rose, se trouve au centre de la croix. Il peut alors mesurer le long chemin, le plus probablement qu’il lui reste à parcourir pour dépasser ce centre. Il lui faudra beaucoup d’amour, de charité, de foi et d’espérance pour se réaliser dans sa globalité comme le Christ l’a si bien montré avec sa résurrection afin de révéler ce qu’est la véritable nature de l’homme, son Essence divine, car l’homme est une âme habitée par un corps et non un corps habité par une âme.

Pour terminer cette tentative d’approche de la notion de centre, j’emprunterai à Sophie Pérenne dans son ouvrage intitulé « L’obscure lumière des sages, introduction à la voie ésotérique ».

« Si l’ésotérisme considère l’ego comme secondaire et extérieur, c’est que pour lui l’homme est capable de changer de fonctionnement, d’accéder à une autre dimension qui a été appelée le cœur, le logo, le bouddha, le pneuma, l’âme de l’âme, l’homme intérieur, le sage intérieur, le soi réel, le soi splendide. Nous la nommerons Soi. Ce n’est pas une entité qui survit après la mort mais la vraie nature de l’homme.

Contrairement à l’ego, le Soi est un état de conscience sans manques ni limites, ne dépendant d’aucune condition, permanent, en harmonie avec tout ce qui est, et donc dégagé des lois du monde ».

J’ai dit.

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