18° #415012

La Rose au Centre de la Croix

Auteur:

E∴ R∴

Obédience:
Non communiqué
Loge:
Non communiqué

1) Le phénomène Rose-Croix

L’étude du mouvement Rose+Croix fait apparaître, outre le nom, d’évidentes analogies avec le 18ème degré du REAA.

La Rose-Croix serait un ordre hermétiste légendaire à l’origine de la publication de trois écrits au début du 17ème siècle : Il semble probable que ces textes aient été écrits au sein d’un groupe d’intellectuels luthériens appelé Cénacle de Tübingen.

Le sens général de ces trois ouvrages affirmait que la vraie réforme ne pouvait se faire de l’extérieur comme le proclamaient penseurs et législateurs, mais qu’elle devait être intérieure, spirituelle et mystique. Nous sommes très proches de la future démarche maçonnique et nous voyons poindre déjà l’opposition entre une vision politique de l’évolution de la société et une vision plus spiritualiste qui est encore d’actualité aujourd’hui.

Ces écrits exercèrent une influence certaine en Allemagne mais surtout en Angleterre. De nombreux historiens estiment même qu’ils furent à l’origine de la mutation opérée par la franc-maçonnerie opérative anglaise qui donnera naissance à la maçonnerie spéculative.

Ce groupe promouvait notamment l’imitation de la vie de Jésus-Christ et dans leur langage, le terme de « Rose-Croix » désignait un état de perfection spirituelle et morale et c’est la première idée que je chercherai à mettre en exergue ce soir.

2) Venons-en maintenant au symbolisme du centre

D’une manière générale, le centre peut être assimilé au point où se concilient et se résolvent toutes les oppositions constitutives du monde dans lequel nous vivons.

Ce symbole du centre se retrouve à de nombreux degrés du Rite.

Le rituel du 1er degré fait déjà référence à l’Unité et tous les déplacements en Loge symbolique s’exécutent autour d’un centre virtuel.

Au 3ème degré, le centre est clairement mentionné : « Si un Maître était perdu, on le retrouverait entre l’équerre et le compas ou bien au centre du cercle ».

Le 13ème degré s’avère extrêmement intéressant au regard du thème abordé ce soir. Eclairés par des torches, les trois compagnons franchissent neuf portes donnant accès à des voûtes obscures et enfin à la neuvième voûte, brillamment éclairée. C’est là qu’ils découvrent la pierre d’agate et le nom ineffable gravé sur le triangle d’or. Ils sont parvenus au « Centre de l’Idée ».

Le Centre de l’Idée, l’endroit le plus sacré de la Terre, l’endroit où nous sommes descendus pour chercher un Trésor (Je cite le rituel), repose sur un cube, lui-même posé sur un autre cube. Or, la croix n’est pas autre chose qu’un cube déployé. Alors, le rapprochement est inévitable entre cette pierre cubique qui porte le nom ineffable et la Rose qui se trouve au centre de la Croix.

La Rose serait donc symbole de perfection voire de divin. Notez que nous retrouvons l’idée déjà exprimée lorsque j’ai parlé du mouvement Rose+Croix.

Devant des similitudes aussi frappantes et même si l’on sait que les différents degrés ne font que dévoiler ou éclairer ce qui existe déjà en puissance dès le 1er degré, on a presque envie de poser la question : Mais qu’est-ce qui différencie alors le 13ème du 18ème ?

Mon Second Surveillant disait que notre Rite était une bien belle boîte à outils dans laquelle chacun pouvait venir puiser en fonction de ses sensibilités personnelles et le 18ème degré ne déroge pas à la règle. Il nous fournit une clé qui devrait permettre à chacun, sinon de parvenir au centre de l’Idée, mais au moins de s’approcher toujours un peu plus, de cette Rose au centre de la croix ; ce mode d’emploi, c’est tout simplement l’Amour.

Il est symbolisé par la Rose rouge au centre de la Croix, ce rouge qui constitue la couleur dominante du Chapitre. Il ne s’agit pas de l’amour « Eros » par lequel on cherche essentiellement à posséder l’objet aimé ; non plus de l’amour « Philia », l’amour de l’autre qui ne réclame plus la possession mais qui est échange et communion. Nous parlons maintenant d’une troisième forme d’amour : l’agapè qui inonde tout le 18ème degré et qui glorifie sans le dire tout en le disant, le Grand Initié qu’était Jésus. Par son exemple en paroles et en actes, il a dressé comme d’autres Grands Initiés avant lui, et grâce à la force de son Amour pour les hommes, les fondations d’un temple invisible, bien plus solide que n’importe quel temple de pierre.

Il ne s’agit donc plus d’aimer son prochain parce que c’est un devoir imposé de l’extérieur mais parce que je reconnais la Loi d’amour, le guide dont nous parle le rituel, fruit de la mise en pratique des trois vertus théologales : Je possède L’ESPERANCE d’une humanité de plus en plus tolérante, de plus en plus généreuse et de plus en plus verticalisée.

Je possède la FOI dans un cosmos organisé par une Intelligence Suprême qui se manifeste en ce bas monde. A ce titre, ce qui est en haut est comme ce qui est en bas et toute conscience, étincelle individuelle, est à même de choisir la voie qui lui permettra d’œuvrer à la réintégration dans l’unité perdue.

J’ambitionne enfin toujours un peu plus de la CHARITE qui me fait reconnaître et aimer toute personne comme un autre moi-même, parce qu’étincelle de la même Lumière divine primordiale.

Belle chimère, me direz-vous ! Effectivement, la tâche s’annonce extrêmement rude. C’est peut-être la raison pour laquelle les trois globes FOI, CHARITE, ESPERANCE sont éteints. N’oublions pas cependant (je vais citer encore une fois le rituel) qu’on peut les reconnaître même dans l’obscurité la plus profonde, qu’il reste toujours une petite Lumière qui brille à l’Orient et que même à l’article de la mort physique ou spirituelle, une petite voix peut toujours s’élever et annoncer une Lumière nouvelle : le même Génie sans doute qui nous parlait déjà au 12ème degré. Nous possédons le mode d’emploi et nous sommes Chevaliers ! Alors, il s’agit maintenant de passer à l’action.

En une phrase et pour conclure cette minute du rituel, je dirai que la Rose au Centre de la Croix symbolise un état de perfection, un aboutissement spirituel, tel qu’ont pu le connaître certains Grands Initiés. C’est le terme d’un très long et très difficile voyage dont le véhicule est l’Amour.

J’ai dit.

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