18° #415012

Le but ultime de l’Alchime est la transmutation de l’Alchimiste

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Le plan que je me propose d’adopter pour buriner cette planche est le suivant :

Introduction


I-Alchimie et Franc-maçonnerie


II-Le but ultime de l’alchimie par rapport à l’alchimiste.


Conclusion

INTRODUCTION

« Le mot alchimie, ‘’ al-kimiya, ‘’ la Terre noire (l’égyptienne) a été donnée par les savants arabes, lors de la découverte qu’ils firent, à l’époque de la grande expansion de l’islam dans les territoires du Moyen Orient et en Perse, à la science secrète que pratiquaient les adeptes de confréries initiatiques installées sur ces territoires » 

L’alchimie, telle qu’elle était découverte, pratiquée et développée, est l’union d’une technique et d’un art qui rétroagissent l’un sur l’autre. La technique concerne les métaux et les végétaux. Les deux procédés qui la caractérisent sont la purification et la distillation.

La purification concerne les minerais et les métaux afin de les rendre purs, aussi purs que peut-être l’or. Si certains alchimistes se sont investis dans une quête alliant technique et réflexion métaphysique pour opérer la transmutation des métaux vils en or, l’objectif du plus grand nombre est de poursuivre la technique ancienne des artisans travaillant les métaux.

La distillation concerne les végétaux et d’autres objets et substances. Les savants et les médecins arabes et perses l’ont beaucoup développée, créant des remèdes, des élixirs, des alcools et des acides, fondant une pharmacopée chimique.

La question dont on peut se préoccuper est de savoir si les alchimistes ont effectivement réussi à faire de l’or ou autre matière noble. C’est un problème qui ne présente que peu d’intérêt pour qui a l’habitude de laisser ses métaux à la porte du temple. Que l’alchimie fut une pratique opérative, fructueuse ou vaine, est une évidence historique. En revanche, il est une question qui ne peut laisser indifférents des chercheurs de lumière : L’alchimie est-elle une opération spéculative, une quête spirituelle ? Existe-t-il un message hermétique ?

Si oui, quels sont des rapports entre l’alchimie et la franc-maçonnerie ? Quel est le but ultime de l’alchimie par rapport à l’alchimiste


I-ALCHIMIE ET FRANC-MACONNERIE

L’alchimie ‘’opérative’’ devient, avec les Rose+Croix, l’alchimie spéculative et spirituelle. Et c’est par c’est par la Rose+Croix que la franc-maçonnerie a intégré l’enseignement alchimique, et, à travers cet enseignement, des éléments importants de la kabbale et de la théosophie.

Elle enseigne de voir le monde comme un ‘’athanor’’, comme le lieu où s’opère une transformation comme un ‘’devenir’’. Travailler à ‘’séparer le subtil de l’épais ‘’. Etre les acteurs d’un univers qui devient et non les simples spectateurs passifs d’un monde qui est’’. »

Des termes communs aux traditions maçonniques et hermétiques sont nombreux. Ainsi, le Grand Œuvre ou l’Art Royal sont des mots employés tant par le maçon que par l’alchimiste pour désigner leur quête respective.

On connaît l’importance du symbole en franc-maçonnerie, ce langage universel est également fort prisé des alchimistes.
Le soleil, la lune et les étoiles qui ornent nos temples maçonniques sont également des symboles alchimiques. Le soleil représente le principe mâle, le soufre, tandis que la lune est le principe féminin, le mercure. Sept étoiles symbolisent les 7 distillations nécessaires à l’alchimiste pour réussir le Grand Œuvre. On retrouve ici la symbolique des nombres chère à toute tradition initiatique.


Notons ensuite, que les 4 éléments et la pierre jouent un rôle fondamental en alchimie et en franc-maçonnerie. Il est possible, d’aller plus loin encore que le simple constat d’un langage commun entre l’alchimie et la franc-maçonnerie en abordant leur but et leur méthode qui sont les mêmes.


Le but du Grand Œuvre est le mariage du soufre (pôle masculin) et du mercure (pôle féminin) par l’action du sel ; principe neutre et élément ternaire qui scelle les deux autres. La légende veut que l’alchimiste, au terme de sa quête, devienne hermaphrodite. L’importance du nombre 3; le ternaire qui permet de dépasser les oppositions en une nouvelle synthèse, se retrouve en maçonnerie afin de rassembler ce qui est épars selon la formule alchimique,  tout est un et tout se ramène à l’un. C’est là un enseignement initiatique important présent dans nombre de traditions.


On distingue deux sortes d’unités : l’unité initiale et l’unité finale, l’alpha et l’oméga, symbolisé par l’image célèbre du serpent qui se mord la queue, souvent présente dans les traites alchimiques. Du magma initial surgit l’ordre final, entre les deux, les alchimistes devinent tout le circuit de la matière transmuée. Chacun sait que le but de tout alchimiste est de trouver la fameuse pierre philosophale. On s’est souvent perdu en conjectures pour deviner la nature réelle de cette pierre. Peut-être est-il possible d’y voir plus clair en raisonnant en maçon et en se demandant si la pierre philosophale ne serait-elle pas notre pierre taillée ? Ne symboliserait-elle pas l’adepte accompli ? Quelle différence entre passer du vil plomb à l’or alchimique et passer de la pierre brute à la pierre taillée ? Deux terminologies différentes peuvent fort bien traduire une même réalité. En franc-maçonnerie, on comprend vite que la pierre n’est autre que le franc-maçon lui-même, et le travail initiatique, un travail sur soi. De leur côté, bien des alchimistes ont reconnu que la coction finale avait lieu simultanément dans l’athanor de briques et dans celui du cœur.


Pour ce qu’il en est de la méthode, retenons que l’initiation maçonnique, en particulier l’épreuve de la terre, résumait l’essentiel du processus alchimique. Lors de l’initiation maçonnique, le récipiendaire est tout d’abord dépouillé de ses métaux. La première opération alchimique consiste à débarrasser la matière première, nous parlerions nous de la pierre brute, de toutes ses aspérités. Ensuite, le futur franc-maçon est placé dans le cabinet de réflexion où il mourra en tant que profane. En alchimie, la putréfaction ou Œuvre au noir, se déroule dans l’Œuf philosophique hermétique, scellé.


Au sein du cabinet de réflexion se trouvent de nombreux symboles alchimiques. A commencer par le sel, le soufre et le mercure ; éléments essentiels du Grand Œuvre dont le rôle a été évoqué précédemment. N’oublions pas le coq qui annonce le lever du soleil et qui, selon Fulcanelli, symbolise un autre élément alchimique, le vif argent. Enfin, bien sûr, la célèbre formule alchimique + V I T R I O L : visita interiora terrae, rectificando invenies occultum lapidem. (visite l’intérieur de la terre et en rectifiant tu trouveras la pierre cachée.)

Le franc-maçon et l’alchimiste étaient à la fois maître d’Œuvre et matériau ; la formule V I T R I O L, qui invite à l’introspection indispensable à toute initiation va dans ce sens. N’est-ce pas en visitant les profondeurs de l’Homme, dans les ténèbres intérieures, que le psychanalyste va chercher la lumière, la vérité de l’être ? 

Chaque épreuve de l’initiation maçonnique correspond à une étape du processus alchimique. L’épreuve de l’air : le subtil se dégage de l’épais. L’épreuve de l’eau : la purification par l’eau, la distillation ou Œuvre au blanc. L’épreuve du feu correspond à la calcination, l’Œuvre au rouge qui annonce l’aboutissement du Grand Œuvre. L’initiation maçonnique et l’Œuvre alchimique peuvent se résumer en une suite de purifications successives tendant à la pureté absolue.

On peut également noter que le travail de l’alchimiste, tout comme celui du maçon, doit s’effectuer à couvert ; condition sine qua non de la réussite du Grand Œuvre. Ainsi de nombreux auteurs hermétistes soulignèrent le fait qu’il doive toujours y avoir à la porte du laboratoire, une sentinelle armée d’un glaive flamboyant pour examiner tous les visiteurs et renvoyer ceux qui ne sont pas dignes d’être admis. Le rapprochement avec le frère couvreur et le tuilage est évident.

Il apparaît donc que le but de l’alchimie semble bien être le même que celui de la franc-maçonnerie, à savoir le perfectionnement constant de l’initie.

Par rapport à l’alchimiste, le but ultime de l’alchimie n’est- il pas de régénérer l’homme ?


II-LE BUT ULTIME DE L’ALCHIMIE PAR RAPPORT A L’ALCHIMISTE


Les doctrines mystiques montrant la voie à la réintégration de l’homme dans son état primitif, élaborées par certains précurseurs reprennent en compte des idées rosicruciennes.

« La doctrine ésotérique des Rose+Croix part du postulat suivant : qu’il y a eu une chute et que cette chute a eu pour conséquence d’atrophier en l’homme ordinaire certaines facultés. On trouve là le principe fondamental de l’alchimie. »

L’Alchimie c’est avant tout une métaphysique, c’est-à-dire une voie de réintégration. C’est l’idée que nous venons d’un tout et qui pose la question, « comment va-t-on y retourner ? ».

L’alchimiste ne transforme pas, il transmute. C’est-à-dire qu’il rend à la matière son état originel, celui de la lumière. Toutefois, certains auteurs affirment que l’essentiel de la recherche alchimique n’est pas la transmutation des métaux, phénomène secondaire, mais la transformation de l’alchimiste lui-même.

Si l’Art Royal ou Grand Œuvre fait partie intégrante de la Tradition rosicrucienne, les Rose-Croix actuels s’adonnent plutôt à l’alchimie spirituelle. Celle-ci consiste à travailler sur nous-mêmes, afin de transmuter nos faiblesses et nos défauts (nous en avons tous) en leurs qualités opposées : pessimisme en optimisme, impatience en patience, paresse en courage, orgueil en humilité, intolérance en tolérance, etc. Le but d’une telle alchimie est de devenir meilleur sur le plan humain, avec tout ce qui en résulte de positif pour nous-mêmes et pour autrui. Malheureusement, trop peu de personnes ont conscience de l’intérêt et même de la nécessité de se livrer à cette transmutation mystique, ce qui explique en grande partie l’état quelque peu chaotique du monde.

Certes, il est difficile de transmuter un défaut, car tant qu’il n’est pas maîtrisé, il fait partie intégrante de notre personnalité et tend à s’exprimer chaque fois que les circonstances lui sont “favorables”. Pour réaliser sa transmutation, il ne faut surtout pas le combattre, car un tel combat le nourrit et lui donne encore plus d’importance. Comme précédemment dit, on doit s’évertuer à lui substituer graduellement la qualité opposée. À titre d’analogie, le seul moyen de vaincre l’obscurité est d’y apporter la lumière. Au début, un tel processus est difficile, mais avec le temps, il vient un moment où cette qualité nous devient “naturelle”. Dès lors, le défaut concerné a été transmuté.

Si l’alchimie spirituelle est fondamentale pour transmuter graduellement nos défauts en leurs qualités opposées et en venir ainsi à exprimer ce qu’il y a de meilleur en nous, une autre forme de transmutation est tout aussi nécessaire : celle qui consiste à remplacer toute pensée négative qui nous vient à l’esprit par une pensée positive. Par « pensée négative », il ne faut pas entendre uniquement les pensées empreintes de méchanceté, de rancune, de jalousie, de vengeance, etc. Il faut entendre également les pensées générées par la crainte, l’angoisse, le pessimisme, le manque de confiance en soi, etc. Que nous en ayons conscience ou non, elles nuisent à notre bien-être général et sont à l’origine de nombreux troubles psychologiques et physiques.

En franc-maçonnerie et au sujet de la réintégration abordons la légende du 18è degré. Mais avant, il y a lieu d’expliquer que le Grand Œuvre alchimique et la Construction du Temple sont en réalité des allégories en miroir. Ils se projettent l’un dans l’autre. Ils signifient l’art de faire de l’homme aliéné, esclave de ses passions, un homme libre de ses actes, capable de distinguer l’action de la réaction. La finalité de l’alchimie est donc de sauver l’homme de sa servitude.

Cela étant dit, allons à la légende de ce grade qui permet de savoir que suite à la réédification du Temple, il est arrivé que la force et la beauté fassent place à la discorde et au vice. « Le Grand Architecte de l’Univers se résolut alors à manifester sa gloire en abandonnant le Temple et en élevant, par sa Suprême Géométrie, un Temple spirituel dont l’existence ne dépendrait plus de l’humanité et qui existerait pour l’éternité. Cette puissante résolution se manifesta aux hommes par un phénomène miraculeux, prodige des prodiges : la pierre cubique à pointe suant sang et eau. Ils en souffrirent toutes les angoisses de l’âme. »

Après des événements surprenants, le Grand Architecte de l’Univers rendit à la Lumière tout son éclat et cela parut être un nouveau miracle, les outils reprirent leurs formes antérieures, l’Etoile flamboyante reparut avec un plus grand éclat et la sublime Parole fut retrouvée.

Depuis cette époque, la Maçonnerie a réapparu aux hommes éclairés, et les bons maçons ne bâtissent plus aucun édifice matériel, mais seulement des ouvrages spirituels. Ils renforcent leurs travaux à l’aide des trois vertus théologales : la Foi, l’Esperance, et la Charité, ainsi que les quatre vertus cardinales : le Courage, la Justice, la Prudence et la Tempérance.

« L’âme libérée des consciences limitées et trompeuses du corps et de la terre s’élève au dessus du chaos originel pour réintégrer en une pureté intégrale de l’Univers Supra lumineux. »

La vie dans l’Univers Supra lumineux est une vie d’amour. Seul l’amour nous permet de le rejoindre, d’être en phase, d’être en harmonie avec lui. Seul l’amour est le véritable signe que nous vibrons au même rythme que la supra lumière, vivante en nous, que nous avons pénétré dans l’éternité et avons éveillé la partie éternelle dont nous sommes porteurs. Sur Terre tout passe, seul l’amour ne meurt jamais, seul l’amour a la texture de l’éternité.

CONCLUSION

L’alchimie est d’origine égyptienne mais le mot alchimie provient du nom donné par les arabes à la science secrète que pratiquaient les adeptes des confréries initiatiques installées au Moyen Orient et en Perses.

Les buts et pratiques en alchimie présentent beaucoup de similitudes avec ceux de la franc-maçonnerie qui les intègre par le truchement de la Rose+croix.

Les Rose-Croix actuels s’adonnent plutôt à l’alchimie spirituelle. Celle-ci consiste à travailler sur nous-mêmes, afin de transmuter graduellement nos faiblesses et nos défauts (nous en avons tous) en leurs qualités opposées. 

Une nouvelle voie d’élévation morale est offerte aux maîtres maçons, notamment les chevaliers afin qu’ils puissent devenir des hommes sages dont les actions sont entièrement guidées par les trois (03) vertus théologales, ainsi que par les quatre (04) vertus cardinales.

Dans cette posture le chevalier découvre la Parole perdue (I.N.R.I.) et progressivement est inondé d’amour.et chemine ainsi vers son état originel. Le but ultime de l’alchimie est ainsi la transmutation de l’alchimiste

Quel intérêt y a-t-il à pratiquer l’alchimie spirituelle et mentale ? La réponse à cette question tient en un seul mot : s’améliorer. Mais pourquoi s’améliorer ? En premier lieu, pour devenir une meilleure compagnie pour soi-même, car tout défaut majeur est une cause de mal-être et fait de nous un ennemi de nous-mêmes. En second lieu, pour devenir une meilleure compagnie pour les autres, qu’il s’agisse de nos proches, de nos amis, de nos collègues de travail, de nos voisins, etc. En troisième lieu, pour devenir un meilleur citoyen et contribuer ainsi à l’amélioration de la société. Mais d’un point de vue rosicrucien, ces trois raisons se confondent en une seule : si nous vivons sur Terre, c’est pour nous parfaire en éveillant ce qu’il y a de plus divin en nous, ce qui suppose d’avoir une approche spiritualiste de l’existence.

J’ai dit.

L DK

Bibliographie :


Rituel du 18è degré RAPMM


Instructions du 18è degré RAPMM


Du Chevalier d’Orient…au Chevalier Kadosch de Jean Claude Mondet


La formation maçonnique de Christian GUIGUE


L’influence de l’alchimie sur le symbolisme maçonnique WWW.academie-maçonnique

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