Le signe d’ordre/title>
N∴ M∴
A la Gloire
du Grand Architecte de L’univers
Deus Meumque Jus
Rite Ecossais Ancien et Accepté
Au Nom et Sous les Auspices du Suprême Conseil de France
Ordo Ab Chao
Liberté – Égalité –
Fraternité
Le signe d’ordre, dit du Bon Pasteur, est un guide pour notre action, le signe de reconnaissance relativise ou bien confirme-t-il la foi dans notre engagement ?
Dès le premier degré, le Rituel nous dessine par ces phrases le cadre de notre progression : « Ne fais pas à autrui ce que tu ne voudrais pas qu’il te fût fait à toi-même », et aussi : « Fais aux autres tout le bien que tu voudrais qu’ils te fissent à toi-même ».
Ces recommandations sont, je cite le même Rituel, les « Principes de morale sublime » qui couronnent l’épreuve du feu, où il est souhaité que ce feu se transmue dans le cœur de l’Apprenti en un amour ardent pour ses semblables et que la Charité inspire désormais ses paroles et ses actions. Ainsi, le chemin du maçon est tracé ; il va le conduire, au R.E.A.A., en passant par les 4 vertus cardinales des degrés de perfection et les trois vertus théologales du Chapitre, vers l’Amour Universel car cet Amour englobe toutes les vertus.
Le Signe d’ordre, dit du Bon Pasteur, symbolise bien ce chemin, ce but à atteindre, le projet du Chevalier Rose – Croix et représente aussi, à mes yeux, en plus du guide qui doit accompagner en permanence son action, un devoir.
Lors de la cérémonie du Premier Temple, le Chevalier Elémosinaire définit en parlant de la Charité les devoirs des futurs Chevaliers Rose-Croix ainsi : « Les Chevaliers Rose-Croix, héritiers de la Chevalerie qui s’érigea en défenseur des faibles et des opprimés, la conçoivent sous l’aspect du dévouement total à leur semblables qu’ils sont tenus d’aider, d’assister et d’aimer ». Le terme « tenus » indique bien une obligation, donc un devoir.
Cela résume la mission du Chevalier Rose-Croix qui a déjà fait alliance au 14ème degré avec la Vertu et les hommes vertueux et qui intègre au 18ème degré la Foi, la Charité et l’Espérance et part à travers le monde pratiquer toutes ces vertus couronnées naturellement par l’amour du prochain car c’est son action dans la société et la nature de cette action qui lui feront mériter réellement ce titre de Chevalier.
L’instruction nous dit que : « le signe du Bon Pasteur n’est autre que le geste de serrer contre la poitrine l’agneau symbolique. Il signifie que les Chevaliers Rose-Croix renferment dans leur cœur la paix et l’amour. Il traduit également la bonté et le dévouement des Chevaliers Rose-Croix prêtant assistance au faible en danger ».
Mais cet Agneau symbolique qui est la brebis égarée que nous devons ramener au troupeau n’est – il pas aussi l’Agneau qui nous rappelle le sacrifice de notre exemple et que nous devons accomplir pour accéder à la Vraie Lumière ?
Le 18ème degré étant un degré à caractère christique, nous permet d’interpréter ce signe comme un mouvement reconstituant la Croix, si présente à ce degré, dans le but de se l’approprier, d’intégrer son symbolisme et se sentir proche du plus humble de tous.
Effectivement, dans ce geste, les bras se croisent au centre de la poitrine, au cœur, siège de l’amour. Par ce croisement ils forment la Croix de Saint –André confirmant le symbolisme de l’amour et du sacrifice car l’un ne va pas sans l’autre. Il n’y a pas de don de soi sans sacrifice; mais le sacrifice au 18ème degré particulièrement est porteur de vie à l’image du Pélican.
Le devoir du Chevalier Rose-Croix est de « propager sur la terre toutes les vertus qui naissent de la Foi et de la Charité », nous dit le Rituel, il a donc l’obligation de transmettre cet amour, le besoin de le transmettre, car l’amour n’est rien sans preuve d’amour. Il fait ce signe au moment de recevoir de l’Orient, du Très Sage, le pain et le vin nourriture spirituelle et symbole de la Connaissance et il doit les transmettre à son prochain, les partager avec lui.
Inspiré par le « modèle parfait », par le plus humble de tous car il est le plus éclairé, le Chevalier Rose-Croix prend la lumière qui vient d’en haut et devient à ce degré non pas chercheur de lumière mais porteur lui-même de lumière. Le signe d’ordre symbolise à mes yeux cette possession de la lumière -due à sa faculté de réceptivité- lumière qu’il doit transmettre à celui qui a faim et soif, c’est-à-dire à celui qui est en quête de cette lumière. Il y a là bien sûr une notion de transmission, transmission de lumière, de parole de paix, de La Parole retrouvée provisoirement, terminée par le baiser fraternel symbole d’amour.
Le signe d’ordre symbolise aussi la volonté de rassemblement et de protection. Le Chevalier Rose-croix, médiateur entre ciel et terre n’est il pas un Pasteur dont le devoir est de protéger et rassembler « les brebis » pour sauvegarder la paix et l’harmonie dans la société, à l’image de l’Eternel en tant que Pasteur Suprême de son peuple ?
Quant au signe de reconnaissance je pense qu’il confirme et relativise en même temps la Foi dans notre engagement, ce qui me permet de le considérer comme un symbole d’équilibre et d’harmonie. Saint-Paul dit de la foi « qu’elle est une ferme assurance des choses qu’on espère, une démonstration de celles qu’on ne voit pas » (Epitre aux Hébreux, X1-1). C’est bien l’idée que se fait de la foi le Chevalier Rose-Croix –en tout cas c’est la mienne – en lui donnant son sens étymologique c’est -à –dire : confiance. Confiance dans l’utilité et l’efficacité de sa mission, confiance dans son perfectionnement et dans celui de l’humanité et le triomphe, un jour, du bien sur le mal, de l’amour sur l’égoïsme et la haine.
Avec l’index pointé vers le ciel, le Chevalier Rose-Croix confirme sa Foi en le GADLU et indique la source de le Lumière primordiale vers laquelle il tend. Le Chevalier sait, à l’instar de son Exemple Parfait, que toute inspiration vient d’en haut. Par le signe de reconnaissance le Chevalier Rose-Croix « affirme qu’il existe une puissance supérieure à l’homme et pour arriver à la comprendre l’esprit doit dominer la matière », nous dit le Rituel.
L’engagement du Chevalier Rose-Croix est basé sur la pratique de la Foi, de la Charité et de l’Espérance. L’instruction nous dit : « Pour les Chevalier Rose-Croix, la Charité procède de l’Unité du Cosmos » (…) Ils sont « donc responsables de son évolution (…) la Charité les porte alors à s’identifier par un acte d’amour à tout ce qui vit ». Ainsi, l’index pointé vers le haut confirme l’appartenance du Chevalier Rose-Croix au Cosmos. Ce signe affirme les rapports analogiques de l’homme et de l’Univers, rapports définis par ce qui a été écrit sur la Table d’Emeraude que nous connaissons tous, et qui veut dire que les choses d’en haut et celles d’en bas ont une origine commune et peuvent se rejoindre à nouveau. Le devoir du Chevalier Rose-Croix n’est il pas de d’accomplir en soi l’union de la terre et du ciel pour relier en dévouement l’homme au divin ?
Le signe de reconnaissance symbolise le lien permanent- je dirai l’alliance renouvelée et consolidée en permanence – avec le divin et aussi le va- et- vient incessant que nous devons pratiquer, à savoir rechercher la Lumière en haut et redescendre à l’intérieure de nous même pour continuer le travail de perfectionnement. Ce perfectionnement se situe entre la nature divine et la nature humaine, entre le Ciel et la terre, entre le Haut et le bas.
Je pense que le signe de reconnaissance affirme la foi et l’espérance du Chevalier Rose-Croix dans la descente un jour sur terre de la Jérusalem Céleste, ville où règnent la paix et l’amour. Bien qu’il confirme donc la Foi dans notre engagement, je pense que ce signe relativise notre engouement total éventuel dans le spirituel, ce qui risque de nous éloigner de notre réalité humaine dans le sens où, malgré le degré élevé de spiritualité que nous pourrions atteindre, il ne faut pas oublier que nous resterons des hommes, que nous vivons sur la terre avec d’autres et que nous ne devons pas négliger le côté matériel de la vie. D’ailleurs, l’instruction nous le précise en parlant du 18ème degré en disant : « sans abandonner le Temple matériel, il consacre l’investissement de l’homme par l’esprit ».
Je pense que la clairvoyance du Chevalier Rose-Croix, assimilé à l’Aigle réputé avoir une vue perçante, lui permet de savoir que la distance qui sépare l’Idéal de la réalité est grande et qu’il ne sera jamais « celui qui » car il est de nature humaine.
Daniel Béresniak dit à propos de cette question : « si nous méprisons le plan dit « inférieur », nous détériorons du même coup les plans les plus élevés ». Lors de la dernière Fête Pascale notre frère Gérard Darnaud nous a dit dans son intervention en parlant de l’action du Chevalier Rose-Croix : « c’est dans la posture du « plus humble de tous » qu’il doit agir, sans pour autant renoncer aux plaisirs du temps, sans pour autant s’écarter à l’excès de la norme des hommes ». Et notre passé souverain Grand Commandeur Hubert Greven dit aussi : « les Chevaliers Rose-Croix sont des « pasteurs des peuples » […]. Leurs préoccupations visent tout autant l’épanouissement matériel de l’homme que son épanouissement spirituel ».
Aussi, et dans ce sens, on peut interpréter le signe et le contresigne comme symbolisant les deux personnages bibliques Néhémie et Esdras qui se sont associés pour gouverner la Judée harmonieusement ; le premier étant fortuné symbolise le matériel et le second étant prêtre symbolise la spiritualité, ce qui représente une indication sur notre conduite à tenir.
D’autre part, le signe de reconnaissance nous rappelle notre dualité à savoir : matérialité et spiritualité coexistent, nous devons en être conscients mais garder toujours la primauté à la spiritualité.
Finalement, le signe d’ordre et celui de reconnaissance résument la mission du Chevalier Rose-Croix comme je la comprends : Amour inspirés par Le Principe Créateur notre Guide Suprême et don de soi et sacrifice inspirés par Le Plus Humble de tous notre Modèle Parfait.
En accomplissant cette mission, le Chevalier Rose-Croix peut dire Emmanuel : Dieu est avec moi et entendre en écho Pax Vobis : Que la paix soit avec toi.
Très Sage et vous tous mes F F j’ai dit.