18°
#415012
Le Symbolisme du Feu : de V.I.T.R.I.O.L à I.N.R.I
J∴ P∴ D∴
A La Gloire Du Grand Architecte
de l’Univers,
Au nom et sous la Juridiction des Souverains Grands Inspecteurs généraux
du 33ème et dernier degré du Rite Ecossais Ancien,
Ordo ab Chao
Deus Meumque Jus
Au nom et sous la Juridiction des Souverains Grands Inspecteurs généraux
du 33ème et dernier degré du Rite Ecossais Ancien,
Ordo ab Chao
Deus Meumque Jus

Très Sage Athirsata, Très Illustres Frères et vous tous mes Frères Chevaliers Rose-Croix.
Depuis le 1er degré, l’initié est familiarisé avec le Feu. Après son séjour dans le cabinet de réflexion où il découvre V.I.T.R.I.O.L et le reflet de sa propre flamme, il va être purifié par l’air, l’eau et le feu pour enfin recevoir des mains du Vénérable Maître une rose rouge, à la fin de la cérémonie.
Il lui faudra atteindre le 18ème degré après un long cheminement pour comprendre le sens du message symbolique qui vient de lui être adressé.
Il prend connaissance du mot sacré I.N.R.I : La Nature est Entièrement Renouvelée par le Feu.
Que de chemin parcouru depuis le cabinet de réflexion de V.I.T.R.I.O.L, du feu extérieur, purificateur, reçu par l’initié, à I.N.R.I., au Feu intérieur qui embrase son cœur, de la fraternité, la philia à l’Agapè, de la Dualité initié-Feu à l’unité initié=Feu., du solve au coagula, de la recherche de la parole perdue à partir du 3ème degré à la Parole retrouvée.
On peut distinguer plusieurs types de feu :
–Le Feu du monde terrestre : c’est le feu ordinaire qui représente les passions.
–Le Feu du monde intermédiaire : les éclairs de foudre prolongement de la lumière.
–Le Feu du monde céleste représenté par le soleil, celui figurant sur le sautoir du 1er grand gardien.
Depuis le 1er degré, le prologue de Jean établit un lien entre Parole, Vie et Lumière.
Par l’épée flamboyante, le VénérableMaître apporte la vie à l’initié et le crée Franc-Maçon tout en réorganisant sa matière.
Désormais, Parole, Lumière, Vie et Feu, bien que distincts, sont indissociables.
Le Feu dévoile ses différents aspects : purificateur (il élimine les scories), psychopompe (il assure le passage du profane au sacré) et créateur (il anime la matière inerte).
Au 3ème degré, la perte de la Parole entraine la séparation entre la matière et l’Etre, entre la manifestation et la Cause, entre la multiplicité et l’Unité, entre le monde relatif et l’Absolu.
La situation particulière du maître lors de sa verticalisation et son relèvement par les cinq points parfaits de la maîtrise définit ses futurs objectifs :
Spiritualiser la matière et incarner l’Esprit.
Mettant en œuvre V.I.T.R.I.O.L, il ne cessera de visiter l’intérieur de la Terre, et de rectifier, pour tenter de trouver la pierre cachée.
Il sait qu’il vient en loge pour vaincre ses passions, soumettre sa volonté à ses devoirs et faire de nouveaux progrès en franc-maçonnerie.
Dorénavant, il cherchera la Parole perdue, réunira ce qui est épars et répandra partout la Lumière.
C’est avec cet enseignement qu’il aborde la Loge de Perfection dont la mission est de lui permettre de spiritualiser la matière par une démarche intérieure symbolisée par le scellement des lèvres par le sceau du secret.
L’espoir renait car la grande Lumière commence à paraître.
Il y apprendra à garder le secret, à être obéissant et à rester fidèle pour que la volonté de Dieu soit faite.
Cette triple voie (illuminative, purgative et unitive) est une mise en ordre progressive (Ordo ab Chao) pour que par l’intermédiaire de l’initié, la volonté de Dieu se réalise (Deus Meumque Ius) et ce par l’exécution du Devoir qui est la promotion de la Justice.
Il est déjà couronné par le laurier et l’olivier, emblèmes de victoire et de triomphe. Ces prémisses de ses succès futurs dans sa marche pour la Vérité rappellent que la Justice née de la Vérité s’appuie sur la clémence qui apporte la paix de l’olivier et sur la rigueur du combat dont l’issue victorieuse est récompensée par le laurier.
Avec le Z, symbolisant l’éclair du Feu intermédiaire fulgurant, le Rite plante l’arbre de vie dans le cœur de l’initié qui sera le Temple de l’Homme.
Le 5ème degré clôturera les degrés de maîtrise en traçant le futur spirituel du maître : réaliser la quadrature du cercle c’est-à-dire mettre son cœur, symbole du centre, en conformité avec l’enseignement d’Hiram, l’homme juste, fidèle à son devoir jusqu’à la mort, contenu dans son cœur embaumé.
Après la reconstitution du ternaire et la réorganisation du chantier, le rectificando reprend ses droits.
On ne peut reprendre les travaux qu’après avoir annihilé les menaces qui persistent. Il faut donc rechercher, trouver et juger les mauvais compagnons, auteurs du crime, qui symbolisent l’ambition ou l’orgueil, le fanatisme et l’ignorance.
En combattant les vices émergent les vertus opposées : l’altérité, l’ouverture d’esprit et la connaissance.
Purifié, l’initié deviendra Emerek, homme vrai en toute circonstance, prêt à remplacer Hiram et à reprendre les travaux.
Le solve alchimique l’a préparé à une double révélation.
La première est celle de l’immanence dont le génie qui parle au Grand Maître Architecte n’est qu’une expression.
Il va pouvoir construire son Temple intérieur c’est-à-dire ébaucher dans son imaginal l’Image du Temple.
La deuxième sera celle de la transcendance au fond du puit du 13ème degré. Elle va préciser l’image du Temple par la découverte du Temple d’Enoch et de la conception suprême Iod.Hé.Vav.Hé cachée par un nom de Dieu sur la pierre cubique d’agate, l’occulta lapidem de V.I.T.R.I.O.L.
Au centre de l’Idée, l’initié se trouve au centre de l’esprit humain, foyer de la connaissance qui projette la Lumière sur les choses de la nature et en réfléchit l’image ou idée.
La conception suprême est la représentation que se fait l’homme du principe mais c’est aussi le nom ineffable que Dieu révéla à Moïse lorsqu’il se manifesta à lui dans le buisson ardent.
Celui-ci brulait sans se consumer.
L’éclair de Lumière dont la source est dans l’En Soph baigne l’arbre séphirotique planté dans le temple de l’initié et réunit la couronne à son royaume, le monde d’en haut et le monde d’en bas.
La spiritualisation de l’homme est accomplie.
Toutefois, l’expérience de la 11ème porte montre les limites de l’homme : l’absolu ne lui est pas encore accessible.
Il lui faut dépasser les limites de l’esprit humain c’est-à-dire dépasser les limites supérieures de son âme pour accéder à la partie spirituelle qu’il a en partage avec l’Etre et qu’il a hérité de lui. C’est-à-dire la parcelle d’éternité qui habite les enfants de Dieu, ces hommes lumineux qui ont reçu la Parole dont parle Jean dans le prologue.
La marche centripète du Grand Elu de la Voute Sacrée se poursuit, il sait qu’il a à se perfectionner.
Pour dépasser le carcan minéral de la pierre, il lui faut abandonner les dernières traces de matérialité, les honneurs, même l’anneau qui l’unit à la vertu et aux hommes vertueux.
Mais le rectificando continue : il change de plan. Désormais, l’initié vivra l’exil de la Parole, donc de la Lumière et de la Vie pour mieux faire émerger le Feu en lui.
L’incarnation de l’esprit commence.
Il va mesurer l’importance de la devise de Guillaume d’Orange : « Il n’est pas nécessaire d’espérer pour entreprendre, ni de réussir pour persévérer. »
Faisant le devoir parce qu’il est le devoir, le chevalier d’Orient va passer le pont de Kandara en livrant de durs combat contre les dernières manifestations de l’ego.
Ils ne seront pas inutiles : il se libère et retourne à Jérusalem pour y réédifier le temple de l’Esprit.
Désormais, sa réalisation individuelle (le Moi) passe par la participation à la réalisation collective (Le Soi)
Du Temple d’Enoch abritant la pierre d’agate, l’initié élabore une nouvelle image du Temple en lui : la nouvelle Jérusalem , la ville de la Paix pour y abriter l’humanité toute entière.
Le prince de Jérusalem entrevoit le divin pour la première fois. Il porte le titre de prince : celui qui est habité par le Principe.
Après avoir intégré l’arbre de vie, vecteur de sa propre justice, il doit affronter la justice divine au 17ème degré.
Le chevalier d’Orient et D’Occident réunit Babylone (La porte des Dieux) et Jérusalem (La cité de la paix). A la septième sonnerie, la Jérusalem de pierre est détruite entrainant dans l’abime les vices de cette matérialité.
Il n’y a plus de temps, plus d’espace.
Nous sommes définitivement dans l’Esprit.

Désormais, les travaux ne s’arrêteront plus, ils seront seulement suspendus. Ils reprennent à l’heure où la Lumière décline et les ténèbres se répandent sur la Terre : la Parole est perdue.
Les Chevaliers Rose-Croix se réunissent en chapitre pour la retrouver avec le concours du Très Sage Athirsata.
Car sans elle, ils ne peuvent atteindre leur but : combattre l’orgueil, l’égoisme et l’ambition pour faire régner le dévouement et la charité.
L’heure du repos spirituel dans le monde d’en haut est aussi l’heure de la reprise de la spiritualisation de la matière dans le monde d’en bas.
Retrouvant la Parole I.N.R.I. avec le concours du Très Sage, le chevalier Rose-Croix retrouve la Lumière.
A l’intersection de la matérialité de sa condition et de l’Esprit se trouve son unité, son centre, son cœur d’où éclot la rose, d’où jaillit le Feu.
Alors que la mort était partout, l’annonce de sa venue était annoncée par la voix mystérieuse qui, comme le génie, s’éleva du fond de l’initié pour murmurer en s’éloignant une parole révélée par le Très Sage Athirsata.
Il n’y a pas de doute à mes yeux, le chevalier Rose-Croix est bien habité par le divin comme l’indique le mot de passe Emmanuel : Dieu avec nous ou en nous.
Participant à la Lumière vivifiante, le Chevalier Rose-Croix devient un collaborateur du Principe.
Il ne s’appartient plus, par l’humilité dont il fait preuve et le don de soi, il devient le pélican de son bijou qui se sacrifie pour ses frères et l’humanité toute entière. En se sacrifiant, il établit le sacré en lui. Il est le Temple et se rend prêt à recevoir la Lumière qui va le traverser puisqu’il a les oreilles pour entendre (la voix) et des yeux pour voir (La Lumière).
Ainsi le Pélican (à l’avers du bijou) se transforme en Phénix (à l’envers du bijou), symbole de l’être parvenu à l’achèvement de l’œuvre, soufre rouge des alchimistes.
Le Très Sage Athirsata guide le Chevalier Rose-Croix dans sa réalisation spirituelle : le Feu qui émane de lui, symbolisé par le Shin à l’avers de son bijou, est la cause du feu de l’amourqui embrase son cœur, il est représenté par la rose à l’envers du bijou.
Le Phénix personnifie le Feu principiel.
Les scientifiques expliquent que le feu n’existe pas par lui-même. Il est la résultante de l’action d’une source de chaleur sur la matière.
Le Feu du Chevalier Rose-Croix est la résultante de l’action de la Lumière sur sa matière purifiée, c’est parce qu’elle est purifiée que le feu ne la détruit pas.
Il représente l’amour inconditionnel de toute vie, la sublime charité.
Il régénère totalement l’initié qui retrouve sa condition primordiale d’Adam Kadmon.
Répandu sans condition comme le Feu source dont il est issu, cet Amour est un don et un partage, il induit le Par-Don.
Animé par un mouvement centrifuge, il jaillit pour régénérer la nature toute entière.
L’étoile flamboyante réapparait en la personne du Chevalier Rose-Croix, intermédiaire entre le monde d’en haut et le monde d’en bas comme l’indique le signe et le contre-signe. Mais elle se transforme en rose à 5 pétales qui n’est que la quadrature du cercle appliquée à l’Etoile. La croix elle-même n’étant qu’une autre représentation du carré.
Ce qui fait du 18ème degré, non plus une superposition entre les deux mondes symbolisés par le carré et le cercle, mais bien le lieu de passage entre ces deux mondes.
Désormais, le règne minéral est dépassé, c’est l’avènement du règne animal.
Le dépassement de la pierre cubique à pointe qui sue sans et eau la transforme en pélican qui donne son sang et ses entrailles à ses enfants, lui-même annonçant le phénix qui brule éternellement. Ce dernier n’étant qu’issu de la transformation du premier et n’existerait pas sans lui.
La cérémonie de la Cène demande au chevalier Rose-Croix de donner à manger à celui qui a faim et à boire à celui qui a soif.
Cela confirme l’extrême disponibilité du Chevalier Rose-Croix pour les souffrances du monde quelles qu’elles soient.
Le lien Parole, Lumière, Vie et Feu constaté au 1er degré est plus que jamais présent mais, contrairement à l’Apprenti, le Chevalier Rose-Croix est en capacité de donner ce qu’il a reçu.
Immanence et transcendance se conjoignent dans la Rose, point de passage entre l’Absolu et le relatif, entre le monde d’en haut et le monde d’en bas.
Par la Rose et par le Feu, s’exprime l’agapè indissociable du sacrifice.
En étant en capacité de la transmettre, le Chevalier Rose-Croix incarne l’esprit qui l’habite.
Ayant réintégré le monde de la Parole, le Chevalier Rose-Croix n’est plus en recherche de la Parole, Il est la Parole et conquiert un état inconditionné objet de sa recherche depuis le 1er degré.
La montée de la Jérusalem terrestre établie au 16ème degré, vue au 17ème degré, appelle la vision de la descente de la Jérusalem céleste puisque tout ce qui est en haut est comme ce qui est en bas. C’est à sa descente que désormais l’initié doit se consacrer afin de poursuivre sa marche vers le principe.
Poursuivant sa mise en ordre, puisse-t-il devenir l’Ordre lui-même et le faire régner dans le monde.
J’ai dit.
