18° #415012

Le Pélican

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GODF
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AESLADGC du REAA du GODF
SOUVERAIN CHAPITRE


Le Pélican tient son nom du grec pelekus, étant une hache à double tranchant, à l’image de la forme de son bec.


Cet animal, symbole du sacrifice du Christ qui déversa son sang pour les autres, nous pouvons le trouver au musée de la Sagrada Familia et il était destiné au Portail de la Naissance ou sur un détail de la cathédrale Saint-Etienne de Metz ou encore sur un vitrail de la Cathédrale de Chartres et sur bien d’autres monuments, je présume.


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Le pélican était au Moyen-âge, symbole de piété. Toutes ces oeuvres architecturales sont de grands livres d’images que d’aucuns peuvent lire à loisirs et interpréter à leur façon.


Le symbolisme est omniprésent, on ne peut le nier, à telle enseigne que Gaudi, architecte fou et ingénieux de la Sagrada Familia de Barcelone, est soupçonné d’avoir appartenu à la franc- maçonnerie.



Le pélican est la représentation à double tranchant, comme son bec, de la mort et de la résurrection, car il se disait qu’il ressentait un amour si fort pour ses enfants que, lorsqu’ils avaient faim, il s’ouvrait le ventre avec son propre bec pour les alimenter.



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Selon une autre version, irrité par ses petits qui ne cessaient de lui donner des coups avec leurs ailes, il les tuait, puis, repenti, il se suicidait en s’enfonçant le bec dans le ventre. Selon une dernière version, le suicide et le fait qu’il s’enfonce le bec dans le ventre sont écartés et elle raconte que ses larmes ressuscitent ses petits morts.



Le 18ème degré a pour symbole le pélican, entouré de ses enfants, prêt à s’ouvrir le ventre. Sur sa tête il y a une croix avec une rose rouge ainsi que la légende I.N.R.I. Dans la symbolique chevaleresque, le Pélican évoque le rédempteur. Par son sacrifice, il image parfaitement la charité.


Le pélican représente l’étincelle divine latente qui se niche au sein de l’homme, son sang est véhicule de vie.



Symboliquement et de la même façon, en nourrissant leur couvée, nos pairs et nos prédécesseurs, auxquels nous rendons régulièrement hommage dans la chaîne d’union, assurent leur régénération.



Le pélican nourrit ses petits en dégorgeant les poissons emmagasinés dans sa poche membraneuse. Pour la vider, il presse son bec contre sa poitrine qu’il semble frapper, d’où la légende qu’il se perce le flanc pour nourrir ses enfants. Ainsi, il redonne, par son sang, la vie à ses petits morts de faim.


D’une illusion d’optique est née la légende, l’erreur est humaine et ce grand oiseau blanc mérite cette idée de l’amour parental et de l’amour du prochain. Et si cette poche recelait la connaissance, nourriture spirituelle, qui régénèrera l’Homme.


En offrant cette nourriture, c’est le signe de générosité et de partage de la connaissance qui est mis en exergue, c’est bien le symbole de la charité au sens étymologique du mot c’est à dire de l’amour.



Le Phénix


Le phénix construit son nid au sommet d’un palmier. Le mot palmier se dit en grec phoinix, arbre s’élevant haut vers Dieu, pour aller vers l’unicité divine qui, selon l’Islam, s’installe dans un coeur sincère et se traduit par des actes qui consolident la foi.


Le Phénix, roi des oiseaux, est présenté sur son « immortalité N c’est-à-dire en langage héraldique’ dressé sur son bûcher.


Le symbolisme attribué au phénix qui met fin à ses jours pour revivre est proche et complémentaire de celui du pélican qui se sacrifie pour nourrir les siens. Il renaît de ses cendres.


‘ Héraldique : science des blasons, étude des armoiries développée dès le moyen-âge



Nous sommes ici dans la pure tradition chrétienne, celle de la résurrection. La mort est pour le phénix la vie.


Le dictionnaire des symboles relève qu’à l’heure de sa mort le phénix construit lui-même son nid de brindilles et y met le feu. 0n en fit au moyen âge le symbole du Christ et de sa nature divine et solaire. Le pendant est le pélican qui est, lui, de nature humaine. Si le pélican représente donc le corps, le phénix évoque, lui, l’âme.


Le phénix était associé au cycle de la crue du Nil et au cycle journalier du soleil qui naît, se consume et renaît le lendemain.



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La couleur rouge du phénix, figure également dans la symbolique chinoise. D’autres civilisations ont utilisé le symbolisme lié au phénix.


Une autre tradition, moins localisée, place le fameux Simurgh, le roi des oiseaux, au sommet de la montagne cosmique Qaf. Farid-ed-dîn Attâr rapporte qu’un groupe de nombreux oiseaux, cherchant leur roi, partit en voyage, et traversa moult obstacles au cours desquels la plupart laissèrent la vie. Arrivés peu nombreux en haut de la montagne, ils comprirent que le Roi recherché s’était identifié à chacun d’entre eux.



La présence du Roi en chacun des disciples nous rappelle étrangement l’histoire d’Hiram. La quête de la parole perdue, cette parole ne réside-t-elle pas en nous ?


Le « Corpus Herméticum » d’Hermès Trismégiste nous parle d’un vêtement de feu que l’être intellectuel revêt en se libérant du corps et qu’il ne pouvait garder ici-bas car une seule particule de ce feu aurait suffi pour détruire la Terre. L’âme, ainsi parée, revêt une nouvelle individuation qui, selon les civilisations hindoues, « triomphe de la seconde mort N. A notre tour, pour figurer notre mort profane, nous revêtons les décors qui nous aident à passer d’un état à l’autre.


La mort devient alors une partie de notre être. En effet, l’état suprême de l’initié est au-delà de l’être et du non-être.



La matière est résorbée par le feu, et l’initié subsiste. Il est donc bien un être « royal N et la couleur rouge est la sienne. La démarche initiatique consiste bien à faire mourir le vieil homme pour que naisse le nouvel initié. La cérémonie d’exaltation à la maîtrise montre une nouvelle fois au travers du récit de la légende d’Hiram qu’après la perte charnelle d’Hiram, le maître dépasse la mort. Lors de son initiation au quatrième grade, le maître secret doit se ganter de deuil dans un espace recroquevillé sur la perte de la parole perdue, ses doigts suturent la bouche pour éviter que les mots s’en envolent. Ainsi, le parcours du Franc-maçon, sur le chemin symbolique est un maillage de changements liés aux rites de passage et d’alternance entre la vie et la mort.


D’autre part, il est légitime de rattacher l’œuvre au blanc aux « petits N mystères et l’œuvre au rouge aux « grands N mystères. Les deux ont promis l’immortalité. Mais dans les petits mystères, ceux du pélican, cette immortalité est dans la vie, et donc liée à la manifestation de l’être en chair.



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Au contraire, dans les grands mystères, ceux du phénix, elle est supra cosmique, proche des dieux sur le palmier. Celle-ci est liée à l’être divin. C’est un fait constant, en hermétisme, que le blanc soit toujours subordonné au rouge. La lumière est ainsi subordonnée au feu parce qu’elle naît du feu.


Le phénix est symbolisé par le rouge, symbole de purification et d’éternité, ne dit-on pas dans le rituel d’initiation que le profane passé par les flammes est purifié par le feu.



Le pélican est symbolisé par le blanc à l’instar des atours de l’apprenti et des gants qu’on lui demande de ne pas souiller, ce blanc symbole de pureté des sentiments dans l’amour filial et du don de soi au travers des actes de charité.


Toutefois, on peut s’interroger sur un aspect particulier du symbolisme du phénix, qui, à mon sens, fusionne la symbolique lunaire de régénération et la symbolique solaire du feu purificateur qui sont, en général, séparées dans la plupart des mythes. Cet oiseau serait-il capable de naviguer entre purification et régénération, entre soleil et lune, entre homme et femme…



L’aigle


En 0ccident, l’aigle est très souvent comparé au phénix, et qui plus est, on lui attribue le pouvoir de rajeunir.


0n raconte ainsi que, pour retrouver toute sa vigueur, il se plonge dans l’eau après s’être longtemps exposé au soleil. De nombreux individus font la même chose, l’été sur la plage mais j’y vois là, tout le symbolisme de la purification par l’eau dans toutes les cérémonies baptismales ou d’initiation. Par ailleurs, dans de nombreuses traditions, un


aigle tenant un serpent dans son bec représente la victoire du bien sur le mal.


Il est comme le phénix, roi des oiseaux, incarnation, substitut ou messager de la plus haute divinité ouranienne, le firmament, et du feu céleste, le soleil, que, lui seul ose fixer sans se brûler les yeux. L’aigle fixant le soleil, c’est le symbole de la perception directe de la lumière intellective un peu comme s’il était doté du troisième oeil capable de discerner l’aura.


L’aigle est un symbole si considérable qu’il n’est point de récit ou d’image, historique ou mythique, dans notre civilisation comme dans toutes les autres, où l’aigle n’accompagne quand il ne représente pas les plus grands dieux comme les plus grands héros ; ainsi, il est l’attribut de Zeus ou Jupiter et du Christ, l’emblème impérial de César et de Napoléon, et, dans la prairie américaine comme en Sibérie, au Japon, en Chine, comme en Afrique, chamans, prêtres et devins aussi bien que rois et chefs de guerre empruntent ses attributs pour participer à ses pouvoirs.


L’aigle couronne le symbolisme général de ceux-ci, qui est celui des états spirituels supérieurs.


Il est aussi le symbole du père, sa vue perçante en fait un clairvoyant. L’aigle est l’un des emblèmes de l’orgueil et de la suprématie. Il est symbole de puissance, de force, de liberté, il incarne un avenir meilleur, celui de l’espérance.



Dans « Le Symbolisme de l’Espérance », Claude Delbos, général du cadre de réserve et franc-maçon du Grand 0rient de France, pose avec lucidité les questions que soulève l’engagement dans la « voie initiatique maçonnique. Il porte sur l’initiation, le rite et le symbole aux trois degrés de la maçonnerie bleue, le regard de l’homme de la fin du vingtième siècle, respectueux de la tradition certes mais décidé à la mettre à l’épreuve des connaissances de notre temps. Le symbolisme maçonnique y est présenté en proposant une réflexion sur ce qui le rattache aux traditions initiatiques antérieures et aux grands courants philosophiques, tout en caractérisant les spécificités qui le distinguent des philosophies et des religions ou des ésotérismes des sectes. La voie initiatique maçonnique apparaît comme une quête de spiritualité, ce qu’elle est, mais à la recherche d’une spiritualité laïque, acceptable par tout esprit ouvert et tolérant, quelles que soient ses origines culturelles, religieuses ou ethniques. D’ailleurs, je vous livre quelques unes de ses questionnements.


« ll m’a semblé que « l’Espérance H était un terme emblématique autour duquel tournent toutes les questions que l’on peut se poser à propos du cheminement initiatique en général et donc du cheminement initiatique maçonnique en particulier. Quelle est l’Espérance capable de donner à l’homme des raisons de vivre ? Quelles espérances font courir le franc-maçon se rendant le soir après son travail à ses réunions rituelles ? La voie initiatique maçonnique est-elle de nature, en comblant les espérances de maçon, à proposer une réponse à la soif d’espérance de l’homme ? Et si cette espérance, cette foi en l’avenir était matérialisée en franc- maçonnerie par la chaîne d’union qui nous vient du passé et tend vers l’avenir.


Dans l’antiquité méditerranéenne, on interprète le vol des aigles dans l’espoir de percevoir les volontés divines.


Pour les grecs, les aigles partis de l’extrémité du monde suivent la trajectoire du soleil qui coïncide avec l’axe du monde.


Chez les aztèques, le cœur des guerriers sacrifiés sert d’aliment à l’aigle solaire. 0n les appelle les gens de l’aigle. Les hommes sacrifiés à l’aigle solaire nourrissent le soleil et l’accompagnent dans sa course.


La racine latine du mot aigle, aquila, avant de rappeler son bec « aquilin N, renvoyait à sa couleur de plumage « aquilus » qui signifiait brun. Il aurait pu signifier aigu, aiguisé. Ce bec marque le caractère impérial et impétueux du fonceur qui a foi en l’avenir et fait preuve d’« agilité N, et oui sa racine tient de là aussi, proche de l’élément eau d’ailleurs « aqua » .



En grec, son origine est « ornis N qui rappelle que, plus généralement l’ornithologue est spécialiste des oiseaux et que donc l’aigle est le générique de l’oiseau et c’est normal puisqu’il existait, selon la légende, avant Zeus.



Conclusion


Au terme de cette rapide promenade parmi les oiseaux, il nous apparaît que le phénix et l’aigle remplissent une fonction fondamentale de la symbolique solaire.


Le pélican et le phénix illustrent l’analogie de la mort sacrificielle et de la résurrection, moments passagers, fondus dans un même chemin bien plus général, celui de l’initiation mais aussi, dans la chrétienté, l’image du Christ qui devait mourir pour que les hommes se nourrissent du verbe du père.


Le phénix est le complément indissociable du pélican avec lequel il matérialise les deux voies de la chevalerie : voie terrestre et charnelle du pélican et voie céleste et intellective du phénix. Dans ce sens, la paire symbolique des deux oiseaux se rattache à la dualité « petits mystères N et « grands mystères N. Ce qui est en haut est comme ce qui est en bas.


Le pélican personnifie la vocation d’une chevalerie bienfaisante ici-bas, ponctuée d’actes de charité et aspirant à une spiritualité élevée, à l’instar du phénix, matérialisée par le concept, animé par la foi, de Cité Sainte, Jérusalem céleste des initiés, lieu auquel on accède après avoir fait le sacrifice de Soi.


La puissance de l’aigle, son incarnation du père comme pour le pélican qui représente l’amour parental est l’espérance en l’avenir, celui de voir ses petits grandir un peu comme, symboliquement, les idées maçonniques font leur chemin en traversant les âges dans l’intemporalité.



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Tous trois, représentent des oiseaux d’envergure et de puissances aériennes libérées des pesanteurs de ce monde. La plume, outil de l’écriture et de la transmission de la connaissance, est symbole de clairvoyance, celle de l’aigle, de divination, celle du phénix, de sacrifice, celui du pélican. Associer l’homme et l’oiseau est fréquent et apparaît presque comme un dessin d’art. Et que dire des fonctions, le pélican ou le phénix renvoient à l’artiste et l’aigle au politique. Au symbole lié à l’ascension, il faut, selon moi, privilégier l’envol vers l’intériorité et la lumière…



Je voudrais clore mon propos sur les paroles d’une chanson de Michel Fugain « Fais comme l’oiseau, ça vit d’air pur et d’eau fraîche un oiseau … mais rien jamais ne l’empêche, l’oiseau, d’aller plus haut. Alors, mes FF∴ allons plus haut, gravissons les sentiers de la connaissance avec ou sans aile mais avec l’aide de nos FF∴.


A l’invitation de Richard Bach, auteur de Jonathan Livingston Le Goéland: « Brisez vos limites, faites sauter les barrières de vos contraintes, mobilisez votre volonté, exigez la liberté comme un droit, Bref: soyez et abandonnez vous à ce que vous êtes… N N’est-ce pas l’essence même de l’enseignement maçonnique ? Ainsi, les trois vertus charité, foi et espérance que nous cultivons au 18ème sont gravées dans l’écorce du temps avec les plumes du pélican, du phénix et de l’aigle.



J’ai dit



FJ G


Synthèse pour le F S
Après avoir donné les raisons qui l’ont animé à intituler sa planche, les oiseaux, notre F∴ fait un focus sur ces oiseaux de grande envergure et nous invite à un survol de la symbolique du Pélican, du Phénix et de l’Aigle.


Le Pélican, symbole de la charité et de la dispense de l’amour à ses prochains, est connu pour son sacrifice pour nourrir sa progéniture, la connaissance dont nous nous enrichissons n’est-elle pas issues des sacrifices que nous consentons. Le Phénix en renaissant de ses cendres, fait une large part au symbolisme du feu et à la génération du profane en initié, en s’élevant haut dans le ciel, vers dieu il marque sa foi dans le divin céleste.


L’Aigle tutoie le soleil et le divin, en incarnant un avenir meilleur, il s’appuie sur l’espérance dans le futur.


Ainsi, trois vertus cultivées au 18ème sont mises en exergue, la charité, la foi et l’espérance. Il nous faut désormais privilégier l’envol vers l’intériorité et la vraie lumière, celle dont la flamme brûle encore dans nos cœurs.



NOTES


Pourpre, le phénix, doré, l’aigle royal et blanc le pélican… les couleurs des souverains, de la naissance à la mort. La conjugaison de ces trois symboles ovipares est la manifestation sensible de la pensée rayonnante et de l’esprit parfait. La quête maçonnique en quelque sorte…


Brassens:


Les oiseaux de passage, hymne à la liberté… et contre les bourgeois et au verbe avoir, il vaut mieux le verbe être.



Ô vie heureuse des bourgeois


Qu’avril bourgeonne


0u que décembre gèle,


Ils sont fiers et contents



Ce pigeon est aimé,


Trois jours par sa pigeonne


Ça lui suffit il sait


Que l’amour n’a qu’un temps



Ce dindon a toujours


Béni sa destinée


Et quand vient le moment


De mourir il faut voir



Cette jeune oie en pleurs


C’est là que je suis née


Je meurs près de ma mère


Et je fais mon devoir



Elle a fait son devoir.


C’est à dire que Onques.


Elle n’eut de souhait


Impossible elle n’eut



Aucun rêve de lune


Aucun désir de jonque


L’emportant sans rameurs


Sur un fleuve inconnu



Et tous sont ainsi faits


Vivre la même vie


Toujours pour ces gens là


Cela n’est point hideux



Ce canard n’a qu’un bec


Et n’eut jamais envie


0u de n’en plus avoir


0u bien d’en avoir deux



Ils n’ont aucun besoin


De baiser sur les lèvres


Et loin des songes vains


Loin des soucis cuisants



Possèdent pour tout cœur


Un viscère sans fièvre


Un coucou régulier


Et garanti dix ans



Ô les gens bien heureux


Tout à coup dans l’espace


Si haut qu’ils semblent aller


Lentement en grand vol



En forme de triangle


Arrivent planent, et passent


0ù vont-ils? … qui sont- ils ?


Comme ils sont loin du sol



Regardez les passer, eux


Ce sont les sauvages


Ils vont où leur désir


Le veut par dessus monts



Et bois, et mers, et vents


Et loin des esclavages


L’air qu’ils boivent


Feraitéclatervos poumons



Regardez les avant


D’atteindre sa chimère


Plus d’un l’aile rompue


Et du sang plein les yeux



Mourra. Ces pauvres gens


0nt aussi femme et mère


Et savent les aimer


Aussi bien que vous, mieux



Pour choyer cette femme


Et nourrir cette mère


Ils pouvaient devenir


Volailles comme vous



Mais ils sont avant tout


Des fils de la chimère


Des assoiffés d’azur


Des poètes des fous



Regardez les vieux coqs
Jeune 0ie édifiante


Rien de vous ne pourra
monter aussi haut qu’eux



Et le peu qui viendra d’eux à vous


C’est leur fiente


Les bourgeois sont troublés


De voir passer les gueux



Communiquer, aider, partager, aimer, amitié, lutte, combat, volonté, handicap, foi, vie, nature, espoir, tolérance et bien d’autres valeurs sont mises en lumière dans ce poème de 1876 de Jean Richepin, libertaire, qui lui valut un mois de cage.


La scène se déroule dans une basse-cour, la peinture des oiseaux représente la société dans toute sa splendeur.

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