Les tapis de loge du 18ème degré
J∴ G∴
Il y a deux Tapis. Le premier, que je préfère nommer (pour éviter toute confusion) TAPIS DE DEUIL, et le second que je préfère nommer (pour éviter une autre confusion) TAPIS DE LA PAROLE RETROUVĖE.
En Tenue ordinaire, les travaux sont repris avec le Tapis de la Parole retrouvée (ce qui est logique, la Tenue ayant été suspendue dans ce contexte), il sera recouvert par le Tapis de deuil lorsqu’en réponse à la question du TSA, le 1er Surveillant répond : « C’est l’heure où le voile du Temple se déchire, où les Ténèbres et la consternation se répandent sur la terre, où les outils de la Maçonnerie se brisent, où l’Etoile Flamboyante s’éteint et où la Parole est perdue ».
On éteint l’Etoile Flamboyante à 7 branches, on déroule le Tapis (de deuil) sur le Premier (Tapis de la Parole retrouvée).
En effet, sur ce Tapis nous pouvons voir le soleil et la lune dans un ciel obscurci par les ténèbres, les outils épars et abandonnés et les Colonnes brisées.
Voici la description complète du Tapis de deuil :
Celui ci est un carré long formé par des triples lignes, dans lesquelles est écrit dans les extérieurs force, sagesse et beauté, dans les intérieurs orient, occident, midi, septentrion.
La houppe dentelée à l’orient comporte les sept noeuds divins des Parfaits Maçons.
Dans les angles du midi et septentrion, le soleil et la lune dans un ciel parsemé d’étoiles, mais dont les nuages sont obscurcis par des ténèbres.
Dans la première partie de l’orient un aigle planant dans les airs qui peut-être comparée à la Suprême Puissance. Le Phénix, oiseau mythique, était dans l’ancienne Égypte l’animal du Dieu Ra, et en cela attaché au culte du soleil, donc de la Lumière, de l’esprit qui éclaire le monde. Le Phénix, pour les Égyptiens qui voyaient en lui l’âme d’Osiris, était le symbole de la renaissance cyclique à l’image du soleil… Il figure la résurrection et l’immortalité. Pour les chrétiens, le Phénix est le symbole de la personnalité divine du Christ ressuscité. Il donne sa forme à la volonté de survie de l’homme et donc à l’Espérance, vertu théologale.
Nous notons aussi, trois carrés sur lesquels sont trois circonférences, sur celles-ci trois triangles pour former le sommet ce qui est allégorique pour représenter le Mont Calvaire, le Golgotha, colline sur laquelle les Romains crucifiaient les condamnés.
Sur le sommet, une pierre cubique suant sang et eau pour représenter le Fils de l’homme dans cette situation. Sur cette pierre cubique, une rose, qui peut nous suggérer la rose de Jéricho symbolisant une probable résurrection et la lettre J dans son milieu qui veut dire Jehovah, autrement dit Yahvé qui est le nom de Dieu, la Parole expirante.
En haut sont représenté la lune et le soleil obscurcis par les ténèbres, annonçant les difficultés qui vont se présenter pour le voyage à entreprendre dans la quête de la parole perdue.
Au bas sont tous les anciens instruments et outils de la Maçonnerie, épars, brisés et abandonnés et les colonnes, elles aussi brisées diminuées en plusieurs parties pour marquer que tout l’ouvrage ne pût être mis en œuvre à la mort de celui qui en était le maître, toute partie dépendante de l’ouvrage des Maçons n’est présente que pour être mis en cendres.
Pour marquer aussi que tout travail cessa, et que la division se répandit de toutes parts et tout cessa d’être.
Nous pouvons voir aussi, comble de la désolation, le voile du temple qui se déchira en deux parties.
A la suspension des travaux, le Tapis de deuil et retiré de dessus le Tapis de la Parole retrouvée quand à la question du TSA le 1er Surveillant répond : « C’est l’heure où la Parole fut retrouvée, où la pierre cubique s’est changée en Rose, où l’Etoile Flamboyante a reparu dans toute sa splendeur, où les outils ont repris leurs formes antérieures, où les ténèbres se sont dissipées, où la Lumière est revenue dans tout son éclat et où la Nouvelle Loi doit régner désormais dans les travaux des Souverains Chapitres ».
On allume l’Etoile Flamboyante, on roule le Tapis de deuil et on le retire de dessus le Tapis de la Parole retrouvée.
Sur le Tapis de la Parole retrouvée nous pouvons constater que le ciel n’est plus obscurci par les ténèbres et que les outils sont en bon ordre.
Voici la description complète du Tapis de la Parole retrouvée : Celui ci dans ce second appartement qui doit représenter l’instant de la Résurrection et doit être tendu d’une tapisserie lumineuse, éclatante et pleine de gloire sera conforme à la description du tableau.
Le tracé sera un carré long représenté par des quadruples lignes dans lesquelles sera écrit dans l’extérieur Foi, Charité (ou Amour) et Espérance.Dans les intérieurs Orient, midi, occident, septentrion.
Nous y retrouvons également la houppe dentelée à l’orient qui comporte les sept noeuds divins des Parfaits Maçons, mais aussi les trois carrés sur lesquels sont trois circonférences, sur celles-ci trois triangles pour former le sommet ce qui est allégorique pour représenter le mont Golgotha.
Une croix entourée du midi et septentrion, du soleil et la lune dans un ciel de gloire dégagé des ténèbres et d’un nuage rempli par sept têtes d’ange. Sur cette croix une rose épanouie, plus bas une étoile flamboyante à sept branches luisant avec toute splendeur dans le milieu de la quelle sera la lettre J. ladite étoile représente allégoriquement le Fils de l’homme ressuscité dans toute sa gloire. Sur le coté au midi un pélican sur son nid, perçant son sein d’où sortent sept tiges de sang pour nourrir les sept petits qui l’environnent, image de la tendresse paternelle.
Le Pélican figurant, lui, la nature humaine du Christ et son sacrifice pour l’humanité, il est clairement le symbole de la Charité, autre vertu théologale.
Au septentrion certains rituels placent un aigle planant dans les airs, image de la Suprême Puissance, mais pour ma part, je préfère y voir une colombe symbolisant la paix et l’amour retrouvé. Plus bas est le tombeau ouvert symbolisant la résurrection, la renaissance. Puis viennent les outils et les matériaux de construction retrouvés. Sur la ligne du milieu de l’orient à l’occident, le compas, la planche à tracer, et l’équerre. Sur la ligne du midi, la pierre cubique et son marteau, la règle et le niveau. Sur la ligne septentrionale, la pierre brute et son marteau, la truelle, le ciseau, le levier, la ligne d’aplomb ou perpendiculaire.
Voila mes FF Chevaliers R+C, mon
ressenti sur les symboles de ces tapis de Loges, mes
réflexions ne sont pas exhaustives, je compte beaucoup sur
les vôtres pour me faire avancer sur le chemin de leur
compréhension.
Quelques petites remarques ce pendant avant de clore ce travail : En me
plongeant dans nombre de rituels, il m’est apparu, au
départ, que ce degré à son origine
avait de fortes connotations christiques.
Mais j’ai du réviser mes appréciations car je me suis aperçu qu’il se rattache aussi clairement à la tradition rosicrucienne et à ses sources hermétique et alchimiste, avec l’addition de symboles issus de la Maçonnerie opérative et aussi, bien sur, du christianisme… Tel qu’il est proposé dans le cheminement initiatique maçonnique il est un sommet, une clef de voûte, un degré phare, celui de la sagesse… Au 18ème degré, l’initié découvre que le Temple doit être de nature spirituelle et que l’outil pour le construire c’est l’Amour.
Le ressort secret de la démarche, c’est « La Parole » qu’il faut retrouver…
Guénon défend l’idée selon laquelle ce terme de R+C, désignerait non pas un ordre défini, mais avant tout la réalisation d’un certain degré initiatique particulier, à savoir l’accès à « ce qu’on peut appeler la perfection de l’état humain ».
Mais ceci, mes FF Chevaliers R+C, est une tout autre histoire.
J’ai dit.