18° #415012

L’ésotérisme du tableau du grand conseil

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T S A et vous tous mes FF Chevaliers Rose Croix.

Le Rituel du 17ème Degré, Chevalier d’Orient et d’Occident est manifestement calqué sur la description du Livre de l’Apocalypse de Jean.

En Grand Conseil, les titres, décors, le tableau de Loge, sont empruntés aux chapitres 1 et 4 du Livre.

Le Chapitre 4 nous décrit le trône de DIEU et la Cour Céleste. Nous y trouvons la présence de l’Arc-en-ciel que nous retrouvons en Loge au-dessus du Trône du Très Puissant entre le Soleil et la Lune. Nous y voyons les sept torches, représentées en loge par les sept étoiles placées sur les plateaux des sept premiers officiers… Les 24 vieillards qui entourent le trône de DIEU correspondent aux 24 respectables anciens de la loge. Le bassin rempli d’eau de rose devant le plateau du Très Puissant correspond à la « Mer Vitrifiée » décrite par Jean.

Enfin, à la droite du Très Puissant se trouve un livre clos par sept sceaux… Dans l’Apocalypse nous lisons : « Et je vis sur la main droite de celui qui était assis sur le trône un livre écrit en dedans et en dehors, scellé de sept sceaux ».

Notre tableau de Loge représente :

– Un heptagone inscrit dans un cercle, avec à chacun de ses angles les lettres B, D, S, P, H, G, F : dont la signification est Beauté, Divinité, Sagesse, Puissance, Honneur, Gloire, Force.

– A l’intérieur de l’heptagone un vieillard, debout, en robe blanche avec une ceinture d’or, des pieds de bronze, sept étoiles autour de la main droite, une épée à double tranchant dans la bouche, cheveux et barbe blanche, et tête entourée d’une Gloire.

Entourant le vieillard, nous découvrons sept chandeliers avec, au pied de chacun, les lettres H, D, O, I, P, T, C, qui signifient : Haine, Discorde, Orgueil, Indiscrétion, Perfidie, Témérité, Calomnie.

Si nous nous reportons à l’Apocalypse, nous pouvons lire :

« Et je me retournai pour voir la voix, qui parlait avec moi. Et m’étant retourné, je vis sept lampadaires d’or et au milieu des lampadaires, quelqu’un de semblable au fils d’homme, vêtu d’une robe talaire et ceint à hauteur de poitrine d’une ceinture d’or. Sa tête et ses cheveux étaient blancs, comme de la laine blanche, comme de la neige, et ses yeux comme une flamme de feu, et ses pieds semblables à du bronze qu’on aurait purifié au four. Et il avait dans a main sept étoiles et de sa bouche sortait une épée à double tranchant et son visage était comme le soleil quand il brille dans toute sa puissance ».

Le vieillard vêtu de blanc représente Le Tout Puissant, les sept lampadaires : les sept églises d’Asie Mineure et les sept étoiles : les sept anges des sept églises.

Notre tableau de loge diffère de la description de l’Apocalypse par la présence de l’heptagone, du cercle et des lettres placées aux angles de celui-ci et aux pieds des chandeliers.

Le sept occupe une place prépondérante dans la symbolique du grade à travers le récit de l’Apocalypse et notre Rituel.

1. – Que nous dévoile l’Apocalypse de Jean ?
2. – Que représente la symbolique du tableau de loge du Grand Conseil et comment je la reçois, moi, à ce stade de mon parcours initiatique ?

L’Apocalypse c’est une mise en garde adressée aux sept églises d’Asie Mineure, une exhortation à se ressaisir. C’est la révélation de l’imminence de la fin des temps, la venue du Jugement dernier et l’apparition d’un monde où s’est effectuée la fusion de la matière et de l’Esprit, où Ciel et Terre ne font plus qu’un, où l’homme retrouve son état primordial. Nous assistons à la fin d’un cycle : le temps et l’espace n’existent plus :

« Il n’y a plus de temps »

Dans ce nouvel état, le créé et le Principe se rejoignent, ce qui est en haut est comme ce qui est en bas. On entre dans l’intemporalité.

Par ses références à l’Apocalypse, par son inspiration du livre de l’Apocalypse, par la légende du grade assise sur une Chevalerie idéale Templière, le degré de Chevalier d’Orient et d’Occident marque l’achèvement d’un cycle et le début d’un nouveau. C’est un passage de l’Ancien au Nouveau Testament. La légende, les sources symboliques nous emmènent de la matière à l’Esprit.

Après avoir bâti pour la seconde fois ce qu’il croyait être son Temple Spirituel, le Chevalier d’Orient et d’Occident prend conscience que sa quête de la Parole Perdue et de la Vérité doit se faire par une élévation spirituelle. Armé Chevalier de l’Esprit, le F M va devoir faire sa propre Apocalypse.

Le tableau de loge du Grand Conseil, inspiré du Chapitre 1 de l’Apocalypse, représente un heptagone inscrit dans un cercle avec à l’intérieur les symboles issus de la vision de Jean :

  • Le vieillard tel que nous l’avons décrit auparavant.
  • Les chandeliers.
  • Les lettres aux pieds des chandeliers et à chaque angle de l’heptagone.

Ce tableau représente pour moi, d’une manière symbolique, ce que doit être mon DEVOIR, l’Action qui doit être la mienne, arrivé à ce degré, le sens de mon parcours initiatique.

En maçonnerie, tout est symbole, et le Rituel du 17ème degré, indépendamment de toute conviction personnelle, n’est pas là pour nous entraîner vers une religiosité qui doit rester l’expression individuelle d’une conviction métaphysique, mais plutôt vers une spiritualité qui aurait pu tout aussi bien s’imposer à travers une autre symbolique.

Etant moi-même de tradition judéo-chrétienne, cette approche symbolique me convient tout-à-fait.

La première chose qui m’interpelle face à ce tableau de loge c’est l’heptagone inscrit dans le cercle. Il me remémore le carré inscrit dans le cercle, symbole du grade du Maître Parfait qui nous ramène à la quadrature du cercle.

Le carré, le cube, symbolisent la perfection de la Matière, du créé, de la Terre.

Le cercle symbolise l’Esprit, le Ciel.

L’heptagone, avec ses sept côtés, se rapproche de la circonférence du cercle, la touche en sept points et nous suggère que nous sommes dans une démarche qui nous élève en spiritualité, nous rapproche du Principe. Le passage de l’heptagone au cercle et du cercle à l’heptagone est plus aisée que du carré au cercle. Il me semble que nous sommes là, en train de vivre une transformation depuis le moment où nous avons commencé à pénétrer dans les hautes sphères de la Connaissance.

Les sept lettres placées aux angles de l’heptagone sur le cercle, initiales des mots Beauté, Divinité, Sagesse, Puissance, Honneur, Gloire et Force, sont les vertus, voire les états, auxquels doit accéder le Chevalier d’Orient et d’Occident, Chevalier de l’Esprit. Il est d’ailleurs écrit dans l’Apocalypse :

« Tu es digne notre Seigneur et notre Dieu de recevoir la Gloire et l’honneur et la puissance » (chapitre 4)

Et plus loin, chapitre 5 :

« Il est digne, l’Agneau qui a été égorgé, de recevoir la Puissance et la richesse, et la Sagesse et la Force et l’Honneur ».

J’y vois bien là des attributs réservés à celui qui est dans la Lumière, qui a atteint la plénitude de la Lumière.

Notre but est de tendre à acquérir ces vertus qui sont celles du Chevalier de l’Esprit.

Comment ? En cheminant, en voyageant sur les sept côtés de l’heptagone, de l’Orient à l’Occident et de l’Occident à l’Orient, armé des sept qualités suivantes : Fraternité, Union, Soumission, Discrétion, Fidélité, Prudence, Tempérance, qui sont les sept étoiles qui doivent me guider et que je porte dans ma main droite.

En voyageant ainsi, je vais éteindre les sept chandeliers qui brillent d’un éclat trompeur, porteurs de haine, discorde, orgueil, indiscrétion, perfidie, témérité, calomnie.

Je vais les éteindre chez l’autre, mais je vais aussi veiller à ce qu’ils ne se rallument pas en moi.

J’ai souligné auparavant l’importance du nombre 7 dans l’Apocalypse, notre rituel, notre tableau de loge. Le nombre 7 symbolise la perfection. C’est : 4 + 3, quatre, symbole de la Terre, trois, symbole du Ciel. Dans la vision finale de l’Apocalypse, la Terre et le Ciel, la matière et l’esprit, le corps et l’esprit ne font plus qu’un : l’Unité Primordiale est retrouvée. C’est l’avènement de la Jérusalem Céleste.

Cette symbolique du nombre 7 confère au grade toute sa puissance spirituelle, qui consiste à retrouver l’unité à partir de la dualité : matière et esprit ne font plus qu’un.

Le vieillard placé au milieu des chandeliers représente dans l’Apocalypse le Tout Puissant : c’est le Principe Divin.

Personnellement, j’y vois, ainsi placé au milieu de l’heptagone, la représentation symbolique de cette Lumière qui est en nous et qu’il nous a été demandé de découvrir dès le premier jour de notre initiation à travers la formule V.I.T.R.I.O.L.

Cette exhortation à descendre dans les profondeurs de la Terre, nous l’avons mise en application lorsque, Chevaliers de Royal Arche, nous avons traversé les 9 voûtes et découvert le Tétragramme que nous avons gardé dans notre cœur, dans un lieu sûr et sacré.

La couleur blanche (cheveux, barbe, robe) indique la pureté de cette intériorité, l’épée à double tranchant, la puissance qui peut s’en dégager pour combattre tous les obstacles qui empêchent notre élévation. Avec cette épée, nous allons vivre notre propre Apocalypse, faire table rase de nos défauts et nous régénérer.

C’est pourquoi sans arrêt nous allons voyager sur les côtés de l’heptagone, de l’Orient à l’Occident.

Ainsi ce tableau de loge éveille en moi plusieurs choses :

Tout d’abord ce vieillard, c’est le sacré qui est en moi, le germe enfoui et secret, qui doit grandir et éclore pour produire tous ses effets.

La présence du nombre 7 me dit que si je veux atteindre cette perfection, cette haute spiritualité à laquelle j’aspire, il me faudra travailler, lutter contre mes propres défauts.

De plus mon devoir est de porter à l’extérieur de moi-même ce que j’y ai trouvé à l’intérieur. Je suis un Chevalier de l’Esprit, je dois contribuer au perfectionnement de l’autre, mon Frère en Humanité.

Dans l’Apocalypse de Jean, cinq des 7 lettres B, D, S, P, H, G, F sont des attributs de la Divinité : Sagesse, Puissance, Honneur, Gloire, Force. Ce sont là certainement les qualités du Chevalier d’Orient et d’Occident, Chevalier de l’Esprit, que nous devons tenter d’acquérir.

Utopie, inaccessible étoile, peu importe car comme le disait Le Taciturne :

« Il n’est pas nécessaire d’espérer pour entreprendre ni de réussir pour persévérer ».

Ce tableau me dit que j’ai tout en moi pour pouvoir m’élever spirituellement, me débarrasser de tous les vices, mener un combat contre moi-même, pour m’approcher d’une dimension qui, aujourd’hui me dépasse, me dépassera toujours, mais dont la quête constitue la raison de ma démarche…et puis…espérons… Saint Augustin met sur les lèvres de son Dieu cette belle réponse :

« Tu ne me chercherais pas si tu ne m’avais pas déjà trouvé ».

T S A, et vous tous mes FF Chevaliers Rose Croix,

J’ai dit.

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