L’origine du degré de Chevalier Rose-Croix
G∴ D∴
A la gloire
du grand Architecte de l’univers
Ordo ab chao
Deus Meumque Jus
Le T I F Pierre ESCANDE 33ème, a écrit : « Il apparait dans l’Ecossisme du milieu du 18é siècle, un degré qui occupe une place charnière dans l’articulation de deux visions : Initiatique, et eschatologique, le grade de Chevalier ROSE-CROIX, repris dans sa version primitive au sein du Rite de perfection et du REAA version 1804 ».
Quelle est : la justification de ce grade, et de son positionnement dans l’ordre de la progression spirituelle.
En un mot, Quelle est donc sa finalité et qu’apporte t-il ?
Je vais essayer de vous traduire ci après mon sentiment sur ce point.
Voyons en d’abord, l’aspect initiatique
Depuis mon accession au 4ème degré, poursuivant ma voie initiatique, je « cherchais », toujours. Je n’étais pas encore passé de l’errance à la quête, dans ma réalisation spirituelle, car aucun but précis n’orientait ma recherche, aucun vecteur ne me donnait vraiment une direction pour trouver.
Lorsque je fus reçu au, 13ème degré, j’entendis : « que le trio guidé par GUIBULUM dans son voyage souterrain, s’attendait à trouver » : « quelque chose d’extraordinaire », mais sans savoir quoi, et l’ouverture de la 11ème porte ayant fixé la limite de leur recherche car elle s‘était ouverte sur l’inaccessible à leur entendement, je n’étais pas plus éclairé.
Mais je trouvai néanmoins un mérite reconnu à la persévérance de leurs efforts, car pour la 1ere fois le titre de Chevalier leur avait été donné, en même temps qu’ils avaient reçu les lettres Véritables du mot de Maitre, mais qui leur étaient restées inconnues, parce qu’inconcevable à ce degré.
Avant d’être reçu au 18ème, je reçu communication des 15,16, et 17ème degrés, tous Chevaleresques.
Mais lorsque je me présentai à la porte du Temple, lors de la cérémonie de réception au 18ème j’entendis le1er grand Gardien indiquer au Très Sage, qu’il s’agissait de Chevaliers d’Orient et d’Occident qui se « s’étaient égarés dans les ténèbres », et qui allaient un instant plus tard solliciter du Très Sage : « Un guide pour les conduire ».
Ainsi rien n’était encore révélé qui réponde à l’espérance de Lumière de l’impétrant que j’étais.
J’observai néanmoins que m’étant égaré dans les ténèbres pouvait signifier que j’avais avancé mais en me trompant de chemin, et qu’il me fallait donc un guide. Car même si passé de l’errance à la quête (par le 13ème et 14ème), j’avais enfin un but, je ne l’avais toujours pas trouvé. (même si finalement je subodorais que le voyage était le but en soi)
Il allait falloir (mais je l’ignorais encore) changer de référence mentale. La révélation des degrés suivant allait me le confirmer. Car il fallait bien que le Rite contienne à un moment un degré qui soit une voie d’aboutissement de cette quête, afin d’ouvrir l’esprit à d’autres orientations.
Comme presque toujours dans la progression Maçonnique, l’analyse des degrés antérieurs permet d’y trouver une autre voie de réflexion, préparatoire à la réception au degré considéré.
Le 15ème surtout (pour ma part), dont la symbolique ouvre sur autre voie de réflexion qui met fin à l’emprisonnement « babylonien » du mental dans les limites monde du sensible.
La L D P : passage mais surtout révélation du monde intelligible, et d’une voie possible d’accès à partir du sensible par le pont de l’imaginal.
C’est un degré de révélation, qui m’est apparu très important, car pour passer sur une autre rive, encore faut-il : 1) l’imaginer, 2) la concevoir, la découvrir, et 3) y trouver pour passer ce pont, qui existait en moi, mais que je ne savais pas utiliser.
Mais l’homme a-t-il besoin du connaissable pour prétendre à l’inconnaissable ?
Et le chemin s’est continué « jusqu’au 17ème qui travaille » à faire jaillir la Lumière, s’inspire de l’Apocalypse de Jean et prépare ainsi à la vision eschatologique du grade de Chev R+C.
Eschatologique parce qu’au de la du monde sensible, il ouvre l’accès à l’intelligible, il consume la mort de l’apparence, par une palingénésie vers l’intelligible.
C’est la raison me semble t-il, qui fait que le rituel de réception du 18ème degré est séquencé par le bicamérisme : du Temples noir ou la Lumière des Vertus Théologales, est dans les Ténèbres mais encore invisible) et dont les impétrants dont j’étais toujours en quête, en recherchions l’accès, avant de pénétrer dans le Temple Rouge ou il nous à semblé que nous avions trouvé la « Parole perdue »…Changement de Monde…
Il ya là pour la première fois lors d’une réception un changement de lieu, d’espace et de valeurs.
La quête est terminée,puisque le but se laisse deviner, la Lumière à jailli des Ténèbres une autre voie s’ouvre, celle du chemin de la Vérité, qui s’adresse à la raison par l’intelligence.
Identifiée à l’Amour par la Charité elle même contenue dans l’Esperance, et par la Foi, symbolisée par le bijou du grade : le Pélican.
En effet le second Temple construit par les Hébreux après leur retour de captivité va s’effondrer et Israël sera dispersé.
Un 3ème temple mystique celui là va être fondé sur une nouvelle loi, désormais : « l’Amour devra tempérer et sanctifier » l’Autorité et la justice, c’est là l’enseignement majeur du 18ème.
J’ai découvert que le Temple doit être de nature spirituelle, et que l’outil pour le construire est l’Amour Universel.
Le degré de Chev R+C place chacun d’entre nous à la croisée de 2 démarches : perfectionnement personnel et ouverture sur le monde.
Ce dernier point est un changement radical dans l’orientation du regard spirituel.
Si je considère que l’amour symbolisé par la rose Rouge est la compréhension de l’Unité universelle, placée au centre de la croix intersection de la verticale et du niveau, il ya là une représentation du caractère dual de la réalisation personnelle maçonnique, synthèse entre la démarche à la rencontre de l’autre et affirmation de soi.
Cette synthèse a reçu une première solution avec la Fraternité, le 18ème par la voie de l’Amour universel propose une perception plus élevée permettant de réunir plus intimement les deux démarches, en les rendant indissociables.
L’Agape Pascale, concrétise cette vision : elle se fait SUR la croix lieu du message d’amour et du sacrifice, c’est le symbole de l’amour suprême que l’on peut qualifier de divin.
Il est symbolisé par la rose qui nous indique sa nature hermétique quêteuse de sens.
L’extinction des Lumières symbolise le sacrifice du Christ, mais pour nous c’est la crucifixion de notre « ego » et la mort de l’apparence.
La réanimation des Lumières se réfère à Saint-Jean (renaissance, retour au principe dans lequel est la Parole) c’est le logos des stoïciens, la raison humaine exprimée par la pensée, et cette parole retrouvée doit réaliser une harmonie entre Raison et Amour.
Le 18ème est « Christique », en dehors de toute considération dogmatique, les références incontestablement Chrétienne de la Cène, du Calice, et de l’Agape Pascale, doivent s’entendre comme symboliques de ce qui précède.
Il ne s’agit pas de « l’imitation de Jésus Christ » chère aux édiles Chrétiennes du 19ème siècle, mais c’est parce qu’il réalise son projet initiatique complètement en sacrifiant son « EGO » pour devenir pleinement Chev R+C par les vertus théologales que chacun d’entre nous peut dire « Tout est consommé ».
Le degré de Chev R+C se veut donc un degré charnière de renouvellement du schéma mental de chacun.
I.N.R.I. : La nature est entièrement renouvelée par le feu.
Ce feu est l’énergie universelle animant le monde et tout ce qui vit, symbolisé par la couleur rouge.
Quel est t-il ? Sinon l’Amour universel, régénérateur qui, doit maintenant inspirer la réflexion de l’esprit.
Ainsi le 18ème degré est -il autant la fin du mythe Hiramique, que l’ouverture vers la voie du monde intelligible, et ce en complément des 3 degrés qui le précèdent.
Il est eschatologique par l’ouverture de l’âme à une autre dimension que le monde sensible, par le feu qui renouvelle tout, et par la conscience de l’Universel à laquelle accède le Chev R+C.
Pour finir, et en forme de conclusion : une question me semble pouvoir être posée : Chercher à accomplir en soi le Grand Œuvre, élever l’esprit au dessus de la matière est-il une démarche mystique ?
J’ai dit.