28° #425012

Les 3 S

Auteur:

C∴ L∴

Obédience:
Non communiqué
Loge:
Non communiqué

Dans le Rituel, plusieurs significations sont données à ces trois lettres « S » : Stellato Sedet Sede. Il siège sur un siège étoilé ou Soli Sanctissimo Sacrum Consacré au Soleil très saint Ou Scientia Sapientia Sanctitas Science Sagesse Connaissance que je traduirais aussi par :

Scientia : science – connaissance
sapientia : sagesse – intelligence – prudence
sanctitas : caractère sacré – probité

Certains auteurs maçons évoquent encore d’autres significations, telles que : Stellato Sedet Solio il siège sur un trône étoilé et 3 yods qui, au cours du temps, seraient devenus, peut-être par ignorance, peut-être par volonté, 3 « S ».

Toutes ces interprétations m’ont laissée assez perplexe.

Il est certain que le « Soleil » imprègne tout le Rituel : nous sommes devenues « Chevaliers du Soleil » l’heure d’ouverture de nos Travaux se situe au moment où « Dans nos cœurs, le Soleil brille de tout l’éclat de Midi plein » et le Rituel ajoute : « Puisque le Soleil brille dans nos cœurs, profitons-en pour progresser sur la route qui mène à la Vraie lumière ». Et là, sans doute, les progrès peuvent se baser, entre autres, sur Scientia – Sapientia – Sanctitas.

Pour ma part, j’y aurais ajouté deux autres significations, sans oublier que ces trois « S » se situent à chacun des angles du triangle qui comprend un soleil en son sein et est entouré d’un cercle, irradiant lui-même.

Ces trois « S » ne pourraient-ils être trois Soleils, tels les trois « ors », rappel du Rituel du XXVIème degré, aux interprétations évolutives au fil de notre métamorphose ? Force végétative et source principale de vie (or matériel) ; Source d’énergie qui insuffle l’esprit (or philosophique) ; Soleil alchimique des philosophes, image de l’Unité (or spirituel).

Mais aussi : Sol – Stibium – Sylphus : Soleil – Antimoine – Sylphe. Je placerais, à la base du triangle, Stibium et Sylphus, et au sommet, Sol. Stibium, Antimoine des Alchimistes, « Première matière de toute chose », métal noir, suppose une expérience transmutatoire.

Les Sylphes, génies ailés, aimant les sciences, ennemis des sots et des ignorants, esprits curieux, seraient symboles de beauté, de sagacité, d’aspiration spirituelle. Et, au sommet, le Soleil représente l’Unité que je cherche en me basant sur le travail des deux « S » de base (transmutation et aspiration spirituelle). En effet, au fil des métamorphoses, j’aspire à réunir Anima et Animus, à reconstituer le « rebis » alchimique.

Telle celle de l’alchimiste, cette quête de l’unification n’est-elle pas le principe même de ma recherche : intégration des contraires pour devenir mon propre libérateur ? En transmutation permanente, je dois veiller à ce que cette transformation soit évolution et non régression ; mon énergie – et le Rituel le rappelle – devrait me conduire vers la nature angélique et non me dégrader vers une condition infernale.

Sur le tapis, le triangle, pointe en haut, m’invite à l’élévation du cœur. Mais ce triangle – qui comprend un soleil – est bordé lui-même d’un cercle irradiant. Le cercle, forme enveloppante et protectrice, par sa forme circulaire, exprime l’unité, la plénitude. Il s’amplifie et irradie, visage de la connaissance intuitive qui infiltre mon cœur et m’encourage à agir avec ardeur.

L’ensemble de ce symbole – soleil dans triangle dans cercle rayonnant – me montre l’objectif de tout initié : devenir moi-même soleil, essayer de découvrir, en mon centre, la Lumière (de la Vérité ? de l’Amour ?), pour rayonner ensuite.

De plus, ce Rituel me propose une méthode pour y parvenir. La mise à l’ordre me le suggère : la main sur le cœur rappelle l’écoute de ses vibrations et l’index levé vers le ciel montre la direction à adopter.

Ce Rituel est une confirmation de l’éveil à une intuition sans laquelle il y aurait risque d’abandon du cœur, perte du sens initiatique. Cette route d’éveil mobilise toutes mes ressources, les dégrossit, les oriente, les travaille comme l’alchimiste qui transmute. Toutes les fenêtres s’ouvrent et m’annoncent une liberté infinie. Cette voie d’éveil m’encourage à arpenter le monde avec tous ses soleils, avec amour, cette puissance transfiguratrice, chemin long, ardu, qui s’égare dans le ciel mais qui a besoin de l’homme vivant, entier.

La lumière, c’est aussi la prise de conscience d’un monde céleste tout en conservant les pieds sur terre. En effet, le cercle – tel que je le comprends ici – comporte, au-dessus, un dôme majestueux et, en-dessous, une terre creuse arrondie accueillante : être à juste distance entre la mesure divine et ma part corporelle. Ne suis-je pas un jeu entre ombre et lumière ? Ne suis-je pas une histoire d’amour qui oscille entre crépuscule et clairière ?

En conclusion, ce Rituel brise mes cordes et m’incite à être lucide et libre, à intégrer une complémentarité de plus en plus consciente des voies intérieure et extérieure. Il fait tomber le Voile des ténèbres, de la faiblesse, de la légèreté, de l’iniquité, de l’égoïsme, de la démesure. Et il propose un chemin d’amour, d’équité, de discernement, de sagesse, de gratuité, de Lumière qui ne se coupe de rien, qui voit l’or briller en chaque chose. La voie est large mais pas facile. Elle me sort de moi-même : être présente à ce que je vis, m’offrir à ce qui se présente, être disponible.

Amour infini – Beauté immense – Joie sans déclin – Folle liberté ? Quel chemin ! Chemin large où Force, Justice, Prudence et Tempérance ne devraient pas être oubliées devant Foi, Espérance, Charité, et devraient être enflammées par Eros, lumière de l’amour.

« Si la lumière est le symbole du bien, du beau, du vrai, la Source lumineuse par excellence, le soleil, ne pourra être que Dieu » Van Gogh.

J’ai dit.

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