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Par l’extinction de la personalité est anéantie la conscience puis sont anéanties les perceptions
L∴ D∴ K∴
Par ordre du TR Mahatma, j’ai un agréable devoir de vous présenter mon deuxième morceau d’architecture au 26e degré du Rite. Le thème à commenter est intitulé : « Par l’extinction de la personnalité est anéantie la conscience ; par l’extinction de la conscience sont anéanties les perceptions ».
Déjà dans mon Cabinet de réflexion, j’ai découvert V.I.T.R.I.O.L., devise alchimique qui me permet de travailler sur moi-même pour dégrossir la pierre brute ; ce à quoi je m’attelle quotidiennement. Au second degré, j’ai découvert l’étoile flamboyante, la lettre « G » et le bâton du voyageur qui me sert d’appui moral et physique pour surmonter les difficultés de la route. Chemin faisant, j’ai découvert le nom hébreu imprononçable YHVH qui est le nom de dDieu communiqué à Moïse dans un buisson ardent (Exode :3,13) et qui devient en français «JE SUIS CE QUE JE SUIS ». J’ai aussi travaillé à la reconstruction du Temple au retour de Babylone avec Zorobabel. Je suis arrivé au 18e degré du Rite comme Chevalier Rose-Croix et j’ai retenu la Grande Loi de l’Amour.
De même que le 18e degré m’a fait réintégrer le monde de la Parole, une fois traversé un feu qui consume mais ne brûle pas ; de même le 26e degré m’a fait revenir dans le monde de la Vérité, une fois surmontées des eaux qui purifient mais « ne mouillent pas ».
J’ai constaté au 25e degré que le Chevalier du Serpent d’Airain est asservi et que le serpent qui guérit la douleur intérieure symbolise l’énergie qui cicatrise le mal existentiel et qui prépare ainsi le 26e degré, degré du dévoilement s’il en est.
L’enseignement moral du 26e degré, dirigé surtout vers le développement de la charité et de l’abnégation, convient particulièrement au bouddhisme qui, suivant l’avis unanime des historiens, est en premier lieu une religion de bienfaisance et d’amour à l’égard de toutes les créatures. Il convient d’ailleurs d’observer que le titre de Prince de Mercy fait songer au qualificatif de Seigneur de la Compassion, conféré à Bouddha.
C’est donc après tant d’années de travail constant et assidu en Franc-maçonnerie que je découvre à l’élévation au 26e degré du Rite, un palladium symbolisant la Dame de Vérité, la Divine Mère Isis pour les uns, Asset pour les autres, associée aux préceptes du bouddhisme. Je vais donc essayer d’expliquer cette idéologie orientale afin de mettre en évidence comment passer par l’extinction de la personnalité pour anéantir la conscience d’une part ; et d’autre part par l’extinction de la conscience pour anéantir les perceptions.
Le développement du présent morceau d’architecture se fera donc selon le plan ci-après :
1-L’enseignement ésotérique au 26e degré,
2-Commentaire des enseignements pour atteindre l’Eveil.
1-L’enseignement ésotérique au 26e degré
Mais au paravent, je présente un sommairement un essai de définition des mots clés dudit thème à commenter :
Extinction signifie l’action d’éteindre ce qui était allumé, de refroidir ce qui était incandescent. Destruction, disparition c’est-à-dire lutter jusqu’à l’extinction de ses forces.
La conscience, c’est la faculté qui pousse à porter un jugement de valeur sur ses propres actes ; sens moral. C’est aussi le sens du devoir, d’un soin scrupuleux. C’est également le siège des sentiments personnels, des pensées intimes : chercher à scruter les consciences.
La personnalité, c’est l’ensemble des traits physiques et moraux par lesquels une personne est différente des autres ; aspect par lequel une personne est différente des autres. C’est également une personne d’une certaine importance sociale. A titre d’exemple personnalité du monde des finances.
Quant à la perception, c’est l’action de percevoir par les organes des cinq sens. C’est aussi l’idée, la compréhension plus ou moins nette de quelque chose. C’est aussi le recouvrement des impositions par le percepteur des impôts. La perception est également l’évènement cognitif dans lequel un stimulus ou un objet, présent dans l’environnement immédiat d’un individu, lui est représenté dans son activité psychologique interne, en principe de façon consciente ; fonction psychologique qui assure ces perceptions.
Sur le plan ésotérique, à ce degré, j’ai appris que le premier devoir des Princes de Mercy est d’être compatissant envers tous les êtres et toutes les douleurs du monde. A cet effet, la Confrérie est comparée au Maitre de la Compassion qu’est Bouddha ; celui qui, par ses seules forces et son seul entendement, atteignit l’Eveil.
J’ai également appris que, Prince de Mercy, je dois m’identifier à ceux qui placent leur recours dans le triple refuge du Bouddha, de la Loi et de la Confrérie.
J’ai appris aussi, que le prince Gautama était devenu le Bouddha, l’Illuminé qui exprima comme suit les étapes de son illumination : « Par l’extinction de la personnalité est anéantie la conscience ; par l’extinction de la conscience sont anéanties les perceptions.
Par l’extinction des perceptions est anéanti le contact ; par l’extinction du contact est éteinte la sensualité ; par l’extinction de la sensualité est éteint le désir et par l’extinction du désir est éteint l’attachement.
Par l’extinction de l’attachement est éteinte l’existence ; par l’extinction de l’existence est éteinte la naissance ; par l’extinction de la naissance sont éteintes la vieillesse et la mort, en même temps que les peines, les chagrins, les douleurs et le désespoir. Ainsi s’éteint la somme des misères humaines. »
J’ai également retenu que : « Il y a deux voies qu’il ne faut pas suivre, mais fuir : c’est, d’une part, celle qui consiste à rechercher avant tout la jouissance et qui est vile, commune et vulgaire et, d’autre part, celle qui, consistant à se mortifier soi-même, est triste, mesquine et vaine. Mais entre les deux, il est un Chemin du Milieu qui donne la vision et la connaissance, qui conduit à la paix intérieure, à la sagesse et à l’extinction des désirs pervers. Ce Chemin du Milieu est le noble sentier octuple comportant : la vue juste – la pensée juste – la parole juste – l’attention juste – la concentration juste – l’action juste – la nourriture juste et l’effort juste. C’est suivant ce Chemin du Milieu que l’homme est capable de comprendre les quatre grandes vérités. »
J’ai découvert les 4 grandes vérités que sont : l’existence de la Douleur, la cause de la Douleur, la suppression de la Douleur et la voie de la Délivrance. J’ai ensuite proclamé les 7 vertus transcendantes : la charité, la continence, le calme, la patience, le courage, la contemplation et le savoir.
J’ai retenu avec mes FF à travers la prédication de Bouddha à trouver notre refuge en nous-mêmes et uniquement en nous-mêmes ; que la haine ne s’apaise pas par la haine, mais avec l’amour ; que la bienveillance maîtrise la colère et la méchanceté ; que la générosité confond l’avarice et que le don de la vérité surpasse tous les autres parce qu’il est la seule source des joies véritables.
J’ai appris les 5 préceptes à respecter c’est-à-dire des règles auxquelles ma conscience doit obéir : « Je me donne pour règle de ne pas ôter la vie – Je me donne pour règle de ne point prendre ce qui ne m’a pas été donné – Je me donne pour règle de ne point être débauché – Je me donne pour règle de ne point mentir – Je me donne pour règle de ne jamais m’enivrer au point d’en perdre la raison ».
J’ai ensuite appris à connaitre les quatre états sublimes : amour et bienveillance envers tous les êtres ; compassion envers ce qui souffre ; joie pour tout ce qui est heureux et égalité d’humeur dans toutes les vicissitudes.
2-Commentaire des enseignements pour atteindre l’Eveil
De part ces enseignements, le Maitre de la Compassion a atteint l’Eveil par ses efforts et c’est ce que je m’évertue à faire en m’appliquant depuis des années à travers mon cheminement dans l’ésotérisme judéo-chrétien et particulièrement dans la Franc-maçonnerie. Il faut souligner que depuis notre initiation, nous avons reçu plusieurs enseignements visant à nous préparer à développer notre moi-intérieur avec l’aide de nos Frères. Il s’agit d’un travail de sublimation ayant deux dimensions : verticale et horizontale.
Le travail vertical consiste à mettre en évidence la foi, rester dans l’espérance et faire la charité pour arriver à communiquer avec le Grand Architecte de l’Univers. Il faut dire que déjà à l’augmentation de salaire, le Bâton du Compagnon reçu continue de me servir d’appui pour me défendre et défendre l’Ordre tandis que le Miroir continue de refléter mon image pendant les prières et méditations quotidiennes.
Quant au travail horizontal, c’est globalement toutes les actions d’assistance, d’aides et/ou de charité à l’égard de mes Frères Francs-maçons ou non. Poursuivant mon cheminement, je suis parvenu à une étape où la Franc-maçonnerie s’ouvre à d’autres voies de connaissance telle que le bouddhisme qui reste l’épicentre de la connaissance orientale.
La méthode la plus recommandée par le Bouddha pour obtenir le Grand Eveil est celle des méditations et des recueillements de manière à atteindre la vacuité presque totale de l’esprit. Ces exercices visent à produire une transformation en profondeur du psychisme. Il faudrait aussi retenir que le thème sur lequel je travaille à savoir : « Par l’extinction de la personnalité est anéantie la conscience ; par l’extinction de la conscience sont anéanties les perceptions. » constitue la première étape d’une série d’actions à mener par l’adepte ou le fidèle sur la voie de la réalisation de soi et de l’Eveil. La réalisation de soi est un exercice productif mais lent et passe par une série de segmentation. A ce stade, il faut reconnaitre qu’il existe une multitude de moyens à notre porté pour réaliser la méditation notamment en partant d’une assise normale avec les mains posées sur les genoux ou sur les cuisses, tout en effectuant quelques respirations profondes suivies de la vocalisation des mantras, les yeux fermés et dans une concentration totale jusqu’à parvenir à un état de vide mental, l’extase, accompagné d’un oubli de soi ou de l’égo, symbole de la personnalité. Arrivé à ce stade, l’adepte ou l’initié ne se retrouve plus au point à sentir son existence réelle à travers sa conscience, d’où l’anéantissement de la conscience. La répétition quotidienne de cet exercice conduira l’adepte, à termes, à ne plus être conscient de la perte de sa perception des cinq sens. N’étant plus conscient de la conscience, il ne pourra pas être à même de percevoir : c’est donc l’extinction de la conscience qui anéantira les perceptions. Ces étapes régulièrement observées devront être suivis de fréquents recueillements (silence en référence à l’Apprenti sur la colonne du nord) devant amener l’initié à une vacuité presque totale de l’esprit. Ce faisant, nous parvenons à la réalisation de soi qui constitue un pas non négligeable pour parvenir à l’Eveil.
La doctrine bouddhiste fait partie sans aucun doute du patrimoine constitué par les acquis d’une quête millénaire de l’humanité pour la connaissance et mérite, à ce titre, tout notre respect, d’autant qu’il s’agit, par définition, d’une doctrine de l’Eveil, c’est-à-dire une philosophie à vocation initiatique.
Il convient de souligner que plusieurs autres expériences peuvent se faire avec d’autres courants de pensées ésotériques notamment la kabbale, l’alchimie, l’Ordre de la Rose-Croix (Max Heindel), l’Ordre de la Rose-Croix (AMORC), etc.
D’un autre point de vue, il est possible d’expliquer l’expérience de la réalisation de soi en psychologie. Pour cela, je me réfère aux travaux du Dr Joseph MURPHY dans son ouvrage : « Expliquez la puissance de votre subconscient ». Il y a deux niveaux à notre esprit : le niveau conscient ou rationnel et le niveau subconscient ou irrationnel. Nous pensons avec notre esprit conscient et tout ce que nous pensons habituellement s’enfonce dans le subconscient, qui crée selon la nature de nos pensées. Notre subconscient est le siège de nos émotions, c’est l’esprit créateur. Si nous pensons bien, le bien s’ensuivra ; si nous pensons mal, le mal se manifestera. L’essentiel est que lorsqu’une idée est acceptée par le subconscient, il commence à la mettre en exécution. Ainsi, lorsque nous sommes admis à l’initiation, nous acceptons les basics de l’association ou de l’Ordre dont les enseignements nous formatent dans un sens donné, celui de la Réalisation de soi puis de l’Eveil. Tout cela obéit à un processus lent pour les uns ou rapide pour d’autres selon le niveau vibratoire atteint par le postulant dans cette incarnation-ci. Nous avons sans doute compris à présent que notre conscient est le « veilleur » et que sa fonction première est de protéger notre subconscient contre les impressions fausses. Nous savons que l’une des lois fondamentales de notre esprit est que notre subconscient est sensible à la suggestion. Notre subconscient ne fait ni comparaisons, ni contrastes, pas plus qu’il ne raisonne ni ne réfléchit par lui-même. Le subconscient ne fait que réagir aux impressions données par notre conscience. Il ne montre aucune préférence pour un plan d’action ou pour un autre. Cela veut dire que tout le travail que chacun fait en franc-maçonnerie se capitalise au niveau du subconscient qui, à terme pourrait aboutir à la réalisation de soi et finalement à l’éveil durant la présente incarnation ou après. Avant la réalisation de soi, nous devons observer évidemment la loi de l’amour dans l’espérance que notre foi nous amènera à la compassion, à partager ou à aider nos frères sans contrepartie, voire sans conditions.
Conclusion
Somme toute, il convient de retenir que la doctrine fondamentale du bouddhisme repose sur deux principes qui avaient déjà été formulés parmi les écoles philosophiques de l’Inde, mais qu’il a été peut-être le premier à combiner :
1-L’un, c’est l’application d’un aphorisme qui nous est familier, puisqu’il est la définition même de l’idée de loi : Pas de cause sans effets, pas d’effets sans cause. Les hindous en avaient fait la théorie du Karma, c’est-à-dire de l’impérissabilité des fruits de l’acte, et, appliquant ce principe à la vie morale, ils s’en étaient servis pour justifier leur vieille croyance à la transmigration de l’âme, en admettant que la renaissance de l’individu dans telle ou telle condition, était déterminée par les actions bonnes ou mauvaises de l’existence antérieure.
2-L’autre, c’est l’affirmation du phénoménalisme universel, telle qu’elle a été reprise de nos jours par Hume et par Comte. Il n’y a dans l’univers que des phénomènes qui se déroulent suivant des lois. La personne, le moi, est uniquement la succession, le flux, le processus des états intellectuels qui s’engendrent et se suivent l’un l’autre, d’où la théorie de la négation de la permanence de l’âme.
Eu égard à tout ce qui précède, la pratique de toutes les vertus et surtout de la charité au sens le plus large se place, à côté de la connaissance, comme moyen d’abolir les manifestations de l’égoïsme, qui forment la dernière affirmation de l’amour de soi-même : « Vaincre l’opiniâtreté du moi est vraiment la Suprême béatitude ». Les bouddhistes ont découvert que la meilleure manière de s’anéantir, c’est encore de se dévouer : « Comme je traitais jadis le prochain, je traiterai le moi ; comme je traiterai le moi, je traiterai le prochain ».
C’est un équivalent des maximes chrétiennes et maçonniques qui s’affirment notamment dans les vieux rituels du 26e degré : « Ne faits pas à autrui ce que tu ne voudrais pas qu’on te fit » et « Fais à autrui ce que tu voudrais qu’on te fit ».
TR Mahatma, dignitaires qui illuminez le Saint des Saints et vous tous mes Frères Ecossais Trinitaires- Princes de Mercy en vos grades et qualités.
Je n’ai pas la prétention d’avoir satisfait vos attentes en ce grade intermédiaire en raison de ma petitesse derrière vous. Néanmoins, je me réjouis de soumettre à votre bienveillante appréciation mes explications sommaires du thème susvisé.
J’ai dit !